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[Requête] Coeur d'Urh

[Requête] Coeur d'Urh - Page 2 Brandw10
Mer 22 Mai - 12:10

Cœur d'Urh

L'inconscient mouton noir en compagnie d'Artémis, Seraphah, Duscisio, Ryker et Ellendrine

La nuit, dans le camp de fortune, avant l'apparition de l'aéronef, un homme était venu à sa rencontre. Un proche de Séraphah, propriétaire d'un Félistaak bien dressé, qui avait eu un peu de mal à trouver le sommeil du fait des enquiquinants moustiques. Un aramilan plutôt sympathique avec qui elle avait échangé quelques mots. Nostell en avait profité pour faire dévier la conversation sur son curieux animal de compagnie, au sujet de ses habitudes notamment, de son régiment alimentaire et de tout un tas de petites choses qui méritaient d'être communiquées. La conversation n'avait pas duré plus de dix minutes, certes, mais la strigoi en était ressortie plus instruite vis-à-vis de cette créature qui la fascinait, et de son maître qui vivait depuis plus longtemps qu'elle en terre aride.
La veille, le pauvre Maëlstrom, bien qu'il n'ait sans doute pas regretté son approche, s'était réveillé avec une tête de déterré. Preuve comme quoi il existait en Urh des suceurs de sang beaucoup plus cléments que ces maudits insectes...


Le jour levé, tous semblaient partager les doutes de la mercenaire vis-à-vis de l'Agent Exerus. Venant d'Artémis, Nostell ne trouvait pas cela étonnant ; elle le savait méfiant - souvent à juste titre. Mais le plus important relevait de ce que lui avait révélé son employeuse : il serait proprement insensé d'accorder confiance à un Tartare, un agent par définition soumis aux lois du Magistère.
Ce qui signifie que cette collaboration n'est justifiée que par l'idée que nos intérêts sont plus ou moins les mêmes.
Nostell hocha sombrement la tête.
"Plus ou moins". La bât blessait à cet endroit-là. Cette zone sombre susceptible d'abriter un danger en territoire suffisamment hospitalier tel qu'il était.
Séraphah jouait très bien les entremetteurs. Ce fut lui qui prit la décision du groupe en acceptant de faire un crochet, si c'était chose vraiment possible, vers le campement opalien. Sa prise de parole permit en outre d'apaiser les tensions qui régnaient dans l'équipe, la plus importante étant celle de l'élémentaire végétal qui, comme de juste, n'appréciait pas du tout l'idée que quiconque prenne possession d'un arbre aussi gigantesque qu'unique en son genre.
Une opinion manquant quelque peu de finesse mais qui, de toute évidence, brûlait d'une froide envie de sortir.
Ne ressentant guère le besoin de surenchérir, la strigoi suivit le mouvement, toujours en queue de file, légèrement en retrait par rapport aux autres. En bonne pionnière, Lady Brightwidge se réjouissait d'avoir l'opportunité de se rapprocher des cénotaphes et des mystères qu'ils renfermaient. Elle avait été la seule à s'exprimer dans l'instant, ce qui, après un blanc sonore, laissa largement à Nostell le temps de rebondir dessus :

- Votre curiosité pourrait bien virer contagieuse.

Quand bien même s'en méfiait-elle, la mercenaire ne répugnait pas le danger ; elle gagnait sa vie de cette manière-là et avait appris à s'en contenter. Pour une ex-assassine, c'était un grand pas en avant, loin des morts à la pelle et des effusions de sang justifiés uniquement par le gain et l'avarice.
A sa manière, elle vit bien qu'Ellendrine gérait la troupe. L'archéologue calait sa marche en fonction de ce qu'elle avait à souffler à chacun de ses équipiers. Artémis, Farouk et sa chère mercenaire eurent droit à leurs consignes : en cas de pépin, user de leur environnement pour aller aux renseignements.
Nostell approuva d'une secousse de la tête. Point de mot en ce cas : les autres n'ayant point besoin d'être mis au courant.
Durant cette même marche, Duscisio, en parfait défenseur du corps expéditionnaire, s'était lancé dans la distribution de roses blanches. Une pour chaque tête. Ce qui voulait dire dans le langage de l'élémentaire...
Plus de corde à tenir. Une sécurité plus légère à l'image d'une alarme qu'il est le seul à pouvoir entendre.
La strigoi trouvait cette initiative beaucoup plus maligne que la précédente. Aussi, si Nostell constata une certaine méfiance vis-à-vis d'elle chez le donneur mutique, elle n'en fit rien, se contentant simplement d'accrocher la fleur à son vêtement avant de remuer la tête en un geste de remerciement parfaitement silencieux.
C'est à la suite de cet intermède que la vigilante mercenaire s'aperçut de l'absence d'un des membres de l'expédition. Un scientifique, qui s'était volatilisé alors qu'ils étaient sur le point de rejoindre le campement. Attiré par une présence qui ne pouvait pas lui vouloir du bien, Edmond Bartès en avait profité pour s'écarter du groupe à pas feutrés.
Nostell finit par le repérer à une distance déjà plus qu'honorable de leur position.

- Il manque quelqu'un à l'appel, déclara-t-elle en réajustant ses lunettes polarisantes.

L'homme de science était même parvenu à passer outre le périmètre de sécurité de Duscisio. Gardien sylvestre qui, soudainement, dénonça bruyamment la présence du monstre appelé "Nagora".
Tout n'était pas encore dit.

- Gardez vos lunettes sur le nez. Je vais assurer le retour de la victime.

Epaulé par la végétation, Duscisio était déjà sur le coup. Une aide de plus ne pouvait néanmoins pas lui faire de mal. Dague au poing, Nostell s'était enveloppée dans sa cape d'invisibilité en vue de rejoindre le spécialiste de la flore. En cas d'attaque en traître pendant qu'il opérait "manu militari", la mercenaire s'apprêtait à intervenir dans la seconde.


Résumé:
Ven 24 Mai - 23:49

Maître de Jeu


L’agent opina du chef face aux diverses réactions des membres de l’expédition. Son masque ne trahissait aucune émotion et il se contentait d’une stature protocolaire. Il observa avec mutisme les mécontentements et diverses remarques. A vrai dire, toutes les questions revenaient à la même chose. Une menace à peine voilée et un timide sous-entendu qu’ils avaient intérêt à être dans le même camp. Depuis quand le Magistère oeuvrait-il contre ses propres intérêts ? Le Tartare n’était visiblement pas là pour leur donner un change philosophique sur la position de sa nation dans le conflit, mais les sévices récemment infligés à Opale en témoignaient bien assez.

- Merci de votre coopération. Je suis satisfait que nous ayons pu trouver un terrain d’entente profitable à nous tous. Comme vous l’avez souligné : nous visons tous à secourir Opale. conclut-il avant d’indiquer le chemin d’un geste du bras.

Il prit la tête du groupe, avança d’un pas preste et assuré. Il paraissait glisser sur la surface du sol, ses enjambées ne faisaient pas le moindre bruit. Il laissa l’élémentaire le toiser et ne répondit pas. Sa remarque n’était-elle pas une évidence ? Puis la petite troupe se mit en route jusqu’à ce qu’un alerte au Nagora ne soit hurlée. L’agent Exerus poussa un soupir et observa la cohue se mettre en place. Branle-bas de combat de la troupe hétéroclite.

L’agent frôla son masque puis porta la main à son arc. Il observa la course de Nostell qui parut disparaître au regard des autres en revêtant une étrange cape. L’élémentaire s’agita et commença à faire pleuvoir des ronces. Le Tartare fit glisser une flèche hors de son carquois puis parut changer d’avis. Il la laissa retomber.

- Dépêchez-vous de le récupérer et d’avancer. Les Nagoras risquent de nous poursuivre après cela, nous avons dérangé leur territoire. Accélérez le mouvement, surveillez les moins aguerris de votre groupe. Il reste encore du chemin jusqu’au camp et il n’y aura de sécurité que là-bas. lâcha-t-il d’une voix sèche et qui ne souffrait pas de réelle répartie.

Il attendit tout de même que l’étourdi fut saucissonné puis indiqua au premier à le suivre la direction. Il commença à trottiner et, avec une aisance déconcertante, entama de faire lui-même la reconnaissance sur la route à venir. Plusieurs fois, ceux du peloton de tête purent le voir s’éloigner et revenir, comme s’il cherchait à prévenir les maux que le groupe pourraient rencontrer sur la route. Bien entendu, cela n’engageait pas un voyage sans encombre, mais l’agent semblait se border à n’intervenir qu’en cas de danger avéré … ou que l’expédition ne fut pas en mesure de gérer par elle-même. Vu les membres de ce convoi, c’était peu probable.

Quoi qu’il en fût, il ne fallut pas plus de deux heures avant que l’agent ne revienne à eux et ne se fige, un poing en l’air. Le signal international de l’arrêt. Son rythme avait dû mettre à mal le groupe mais pas un souffle n’émergea de son masque lorsqu’il proféra d’une voix posée une nouvelle rassurante.

- Nous sommes sur la bonne voie. Nous approchons la première couronne de Cénotaphes. Cela reste encore une longue route pour votre destination, mais le camp du Magistère vous permettra de vous reposer.

Le Tartare laissa un petit silence s’écouler, puis fit volte-face. Il inspecta les environs de son masque impavide. De nouveau il posa la main sur son arc puis se ravisa. Plus ils s’enfonçaient, plus les dangers devenaient mortels. Et ils n’étaient qu’au début de leur périple.

- Dépêchons-nous. Toute cette agitation a, en effet, attiré une faune hostile.

Perçant l’orée des bois, le groupe déboucha dans une clairière. Le vent chaud les cueillit aux premiers pas et leur apporta les effluves piquants de la forêt ainsi que le vrombissement des milliers d’insectes occupés à butiner un tapis multicolore de fleurs. Le spectacle était magnifique mais la sente qui longeait les arbres ne trompait pas : rien n’osait déranger ce parterre. Plus au nord, on devinait le ballon dégonflé du dirigeable du Magistère qui émergeait à peine des arbres. Mais l’agent Exerus pointa du doigt un reflet de l’autre côté de la trouée fleurie lorsque le fracas d’une explosion retentit dans cette direction. Il fit signe au groupe de le suivre par le sud sans donner la moindre explication. Il activa la paire de nascents disposée sur ses bottes et commença à prendre de larges enjambées.

Il ne fallut pas très longtemps pour qu’ils arrivent face à ce qui ressemblait à un avant-poste opalien. Des pylônes frappés de Nascents de barrière énergétique fermaient l’entrée du camp qui s’étalait au sein des bois. Exerus toucha cette dernière du bout des doigts. Une défense très coûteuse. Le Tartare soupira et appela. Au bout de quelques secondes, un Tartare en armure verte et dorée se présenta. Il salua Exerus puis mit fin au champ énergétique pour les laisser passer.

- Agent Exerus.
- Agents Ceros.


Les aventuriers purent alors découvrir que des palissades avaient été construites tout le long de ce camp de fortune qui s’étalait tout droit jusqu’à entourer une curieuse stèle de plusieurs mètres de haut. Abîmée par le temps, on la devinait à peine depuis l’entrée mais à en juger par les tentes déployées autour arborant l’or et le rouge du Magistère, ainsi que les ustensiles déployés autour qui ronronnaient aux piles de Myste, il était important. Des tentes de fortunes avaient été déployées tout le long de la palissade et le Magistère semblait s’être organisé autour de la structure qu’ils étaient en train d’étudier. Il devait y avoir une bonne dizaine de personnes dans ce camp mais mis à part Ceros et Exerus, pas d’autres Tartares en vue. Ce dernier fit signe aux explorateurs de le suivre.

- Prenez vos aises, déposez votre fardeau. Je vais vous faire mander ma responsable. Elle pourra répondre à vos nombreuses questions si elle le souhaite. Suite à quoi, je me plierai à ses ordres.

L’endroit semblait protégé et il y régnait une sorte de tension palpable. Vous n’étiez pas les seuls sur qui la forêt pesait. Les scientifiques du Magistère se retournèrent pour vous contempler. Des hommes et femmes fatigués, usés, mais dont votre vue sembla raviver un peu d’espoir. Ils chuchotèrent sur votre passage comme s’ils n’en croyaient pas leurs yeux. Exerus avait réussi sa mission. Comme toujours.
Dim 26 Mai - 18:42
L’avis semblait se plier à suivre le Tartare mais avec un brin de méfiance bien placée. Il acquiesça avec les propos d’Ellendrine même s’il avait une aversion toute particulière pour Opale et sa façon de traiter la Brume. Il y avait quelque chose qui lui était désagréable au regard et au contact de ces Nascents. Quelque chose qui ne cessait de s’intensifier à mesure qu’il marchait à proximité d’Exerus. A partir du moment où ils étaient dans le territoire d’Opale, cet endroit n’était pas vierge de danger. A vrai dire, c’était plutôt un manque de foi envers l’humanité dans son ensemble qui lui donnait ce sentiment. Depuis qu’il avait découvert ce que l’Eglise avait fait à Demephor.

- Merci.
répondit-il à l’attention de Duscisio lorsque ce dernier lui offrit une fleur.

Il ne fallait pas être devin pour comprendre qu’il y avait là un autre dessein que de décorer Ryker avec ses belles lunettes roses. Il la boutonna à sa poitrine et continua de surveiller le Tartare. Opale n’avait pas d’intérêt à leur nuire, c’était vrai. Opale avait toute latitude pour les aider, c’était vrai aussi.

- Méfiez-vous tout de même des Cénotaphes, Ellendrine. Je n’ai jamais entendu du bon sur l’état mental de ceux qui s’en sont approché trop près … murmura Ryker au gré des échanges, lorsqu’un cri à l’arrière de la troupe les alerta.

Cela faisait un petit moment qu’il avait arrêté d’user de ses cristaux pour se préserver en vue d’une échauffourée avec le Magistère. Pas paranoïaque du tout, le Patrouilleur s’était focalisé sur l’avant du groupe. Ainsi, il sursauta lorsqu’il se retourna et vit Duscisio se ruer dans les broussailles en hurlant le nom fatidique du Nagora. Le Patrouilleur jura mais se retint d’avancer lorsqu’il aperçut Nostell s’élancer à sa suite. Mieux valait rester sur ses gardes ici. Au cas où … quelque chose d’autre se passe. Les deux parvinrent à ramener sans trop d’affres le scientifique qui avait laissé tomber sa paire de lunettes. Après une bonne paire, de claques, ses esprits lui revinrent bien que passablement chamboulé. On lui remit les lunettes sur le nez en espérant que les séquelles ne seraient pas trop … durables. Les scientifiques étaient le cœur de l’expédition : ils étaient là pour répondre aux questions sur les racines de l’Arbre-Dieu. Leur disparition viendrait mettre fin à tout espoir.

- Collez-les, on peut pas se permettre d’en perdre un seul. chuchota Ryker à l’un des gardes censés escorter le groupe. Vous ou moi, c’est notre seul rôle : s’assurer qu’ils arrivent en vie à destination.

Il s’assura que les soldats eussent compris ce qu’il entendait par là. Ils opinèrent du chef, bien qu’encore chamboulés par la mort de leur camarade. Ryker en profita pour vérifier la présence de ses cristaux. On s’assura que le pauvre Edmond ne cède pas à nouveau en l’attachant puis la marche repris. Le Tartare semblait avoir quelques informations sur les lieux : après-tout il avait dû faire le chemin inverse pour les retrouver … mais les branches s’agitaient autour d’eux et il avait raison. Ces créatures étaient territoriales. Le Patrouilleur soupira. L’expédition reprenait.

Ils rencontrèrent quelques tracas sur la route, entre ronces et agitation de la faune. Ils avaient pressé le pas pour fuir les Nagoras mais la biodiversité de cet endroit était hostile. Le Tartare semblait glisser sur le sol, impavide face aux dangers de la forêt. Mais le reste d’entre eux était en danger à chacun de leurs pas. Toujours engoncé dans son tissus, le Patrouilleur évitait les moustiques et les autres inconvénients de la forêt. Les autres ne pouvaient pas tout à fait en dire autant. Il dû ralentir plusieurs fois pour aider le groupe à passer, ou lorsqu’Artémis remarqua le passage d’un imposant prédateur qui les obligea à faire un détour. L’humidité était pesante et chacun de leurs pas commençait à peser lorsque le Tartare les arrêta pour la première fois. Deux heures qui semblaient en avoir duré huit. Le petit groupe commença à marquer une pause. Or, l’impudent ne les laissa même pas prendre le temps de se reposer.

- L’idée est d’y arriver entiers … bougonna Ryker en se relevant.

Les expéditions n’étaient pas à même de le mettre en difficulté, sa vie en était une après tout. Mais ce n’était pas le cas de tous. Ils ne pouvaient demander à des scientifiques ou citadins la rigueur d’une vie sur les routes. Le Tartare s’arrêta une fraction de seconde avant de continuer la route.

- Nous ne sommes vraiment plus loin. répondit l’agent Exerus au Patrouilleur.

En effet, car ils débouchèrent dans une immense clairière dont on pouvait apercevoir un semblant de technologie de l’autre côté. Une explosion s’en suivit mais cela ne sembla pas … tracasser le Tartare le moins du monde. Ryker leva un sourcil et accrocha sa main au pommeau de son épée pour ne plus l’en décrocher. Il s’assura ensuite que tous empruntent la sente et se faufilent sur les pas du Tartare. Cet endroit semblait dangereux et éloignait les créatures : cette clairière était beaucoup trop calme. Et belle. Tout ce qui était beau était dangereux dans la nature. Ce qui était moche aussi, d’ailleurs. Il s’assura que les scientifiques ne manquent pas à l’appel, qu’ils suivent bien les consignes et que pas un pied ne dépasserait du chemin mené par le Tartare. Il exagéra peut-être un peu les dangers de la flore et des conséquences de ceux qui manqueraient le chemin puis reprit la route derrière le Tartare après être certains que les consignes étaient comprises et seraient respectées. Au bout d’un temps trop long, ils finirent par arriver aux abords du camp.

- On ne peut plus reculer maintenant … murmura-t-il à l’attention d’Ellendrine. Quoi qu’ils nous veuillent … je vous conseille de ne pas les croire et de ne rien leur révéler. Même si leur nation est en danger, il y aura toujours une chance que je choisisse d’aider le Mandebrume plutôt que le Magistère …

Ce n’était pas tout à fait vrai, surtout depuis qu’il avait appris la véritable identité de ce dernier. Mais la révéler n’était pas l’objet de cette expédition. Ils croisèrent un autre Tartare, plus lourdement armé qu’Exerus. Ryker lui offrit un sourire aussi peu sincère qu’il était de bonne humeur. Le camp s’étendait sur une longue surface et s’ouvrait directement sur un Cénotaphe. Les engins du Magistère, auxquels il ne comprenait rien, semblait s’affairer autour de celui-ci. Il se dégageait une impression de puissance de cette sculpture qui faisait froid dans le dos. Il semblait ancien et curieusement préservé. Le Patrouilleur marqua un léger temps d’arrêt dessus et reprit ses esprits lorsque ses camarades le dépassèrent. Il chercha Artémis du regard, avec la sensation très nette que quelque chose de louche se tramait ici.

Le groupe s’avança vers le centre du camp et en usant de son cristal d’écholocalisation, le Patrouilleur put très distinctement entendre ce que murmuraient les scientifiques sur leur chemin. Etonnés, effarés. Soulagés, aussi. Ils n’étaient plus seuls et l’alliance d’autres forces d’Uhr était un gage de réussite. Réussite pour quoi, il n’aurait su le dire. Peut-être à sauver leur nation de la Brume et de ses ravages. S’ils savaient, les pauvres … Zénobie serait le lieu de la prochaine guerre et il frémissait rien qu’en y pensant.

- Ils sont … curieusement soulagés. murmura-t-il à Seraphah lorsque ce dernier passa à sa hauteur. Je ne sais pas pourquoi, mais le Magistère a posé quelques espoirs sur nous.

Exerus les abandonna aux abords d’une sorte de cantine avant de les laisser là. Le petit groupe commença à déposer ses effets les plus lourds mais le Patrouilleur ne quitta pas ses armes. Il observa autour de lui, attendit de voir comment les choses évoluaient. Jusqu’à ce que, au bout d’une dizaine de minutes, l’agent revienne. Accompagné d’une autre silhouette.
Ven 7 Juin - 16:04


Coeur d'Urh


Conquête Sacrée

Artémis, Ellendrine, Nostell, Ryker






Maelström a vraiment mal dormi. Malgré tout, il sait qu'il peut compter sur la présence de Valerio à ses côtés pour être ses oreilles vu que de son côté, il prend soin à ne pas trébucher en raison de paupières qui se fermeraient malgré lui. La présence du Magistère il n'aimait pas. Il connaissait le passé de Seraphah en lien à ce dernier et depuis dix ans qu'il se connaissait il avait fait en sorte de les éviter le plus possible. Mais vu l'ampleur de leur mission, il aurait été fou de croire qu'il aurait pu continuer sur cette joie de ne pas les croiser.

La conversation avec Nostell avait été agréable. Bien sûr, cela portait avant tout sur son compagnon de voyage, mais au-delà de ça, il était réellement admiratif face à qui elle semblait être. Notamment cette loyauté qu'elle déployait envers Madame Brightwidge, qui lui rappelait sa propre loyauté envers Seraphah.

Pendant ce temps, ce dernier était attentif aux paroles d'Ellendrine. «Vous dîtes bien très chère. Restons attentifs, notamment à ce qu'ils ne voudraient pas que nous fassions.» Peu de paroles, mais il restait sur ses gardes autant que son bras droit.

C'est avec un hochement de tête qu'il accepta la rose de Duscisio. Ce dernier se montrait à ses yeux beaucoup plus alerte que lorsqu'il se trouvait dans sa tanière. À croire qu'être en compagnie de personnes ayant les mêmes valeurs venait rehausser ses valeurs de soutien envers le groupe. Il se doutait que ces roses qu'il distribuait à chacun, était une façon de rester en contact. Il voyait là toute la différence avec son propre élément qui était beaucoup plus égoïste quelque part.

Le temps avançait au rythme de leurs pas, quand Valerio vint prévenir Maelström d'un mal qui sévissait. Il allait se mettre à la poursuite du scientifique, mais l'élémentaire végétal fut beaucoup plus rapide que lui. C'est ainsi que ce coup d'adrénaline lui permit de garder son attention au haut fixe durant le reste du trajet. Exerus n'arrêtait pas de faire des allers et venues, signe qu'il captait lui aussi - bien entendu - les dangers qui se tramaient dans les fourrés.

Après un chemin qui parut bien long pour la majorité des marcheurs, le camp du Magistère se dévoila à eux. Seraphah perçut immédiatement ce qui maintenait hors de cette clairière les éventuels prédateurs. Le myste était précieux et le Magistère en avait à revendre. Il en allait bien entendu de la survie d'Opale elle-même, mais à voir tous ces scientifiques s'affairer autour des cenotaphes et revêtir un visage de soulagement, le fit tressaillir. Quelque chose n'allait pas. Pourquoi étaient-ils attendus?

Il observa tout le matériel affiché et vint glisser à Ellendrine: «Même si vous ne pouvez vous approcher des cenotaphes, je présume qu'il existe des rapports si vous savez faire usage de vos charmes.» Un sourire en coin, attentif à Exerus qui venait de saluer un certain Ceros, et qui parait en quête de l'investigatrice d tout cela. Il se doutait de qui elle était...

Aux paroles de Ryker, il opina simplement avant d'ajouter: «C'est ce que j'ai moi-même remarqué. Le tout reste à découvrir pourquoi le sont-ils? Que voient-ils en nous?» De façon plus basse: «Le Magistère a toujours un agenda secret. Mais je pense que vous le savez déjà. Leurs paroles ne sont jamais dénuées d'intérêts au-delà des apparences.»

Maelström alla aider certains scientifiques afin qu'ils fassent en sorte de déposer leurs outillages au même endroit. Bien qu'aucun animal ne pouvait pénétrer en ces lieux, il avait moins confiance en l'humain.

Quand Exerus revint accompagné, Seraphah, toujours aussi digne dans sa posture était prêt à saluer dignement celle qui avait besoin d'eux?

Cette dernière semblait souriante à priori, et en écho il lui sourit, attendant qu'elle se présente pour ne pas risquer d'impair.




Spoiler:


Ven 7 Juin - 18:40

Malgré les dangers rencontrés, le groupe ne reculait devant rien, pour le plus grand désespoir du l’ermite, habitant de cette forêt des plus hostiles. Ils acceptèrent l’aide du Tartare sur lequel on ne pouvait absolument pas faire compter. Exerus était un larbin du Magistère, voué à donner sa vie pour son employeur. Et son employeur lui demandait d’escorter ce groupe vers leur campement. Leurs intentions ? Si Artémis n’était du genre à proférer des conclusions hâtives, une idée des manigances du Magistère trottait dans sa tête. Le groupe avait cependant décidé d’y aller et, ayant accepté de les suivre, il devait lui aussi s’y plier. S’il pouvait éviter d’affronter ces monstres suréquipés, ça l’arrangerait.

Durant le trajet, le Change-Peau utilisa les sens de son canidé pour flairer et anticiper les dangers, réadapter la direction pour contourner les mésaventures. Le Tartare, lui aussi, semblait peu rassuré à l’idée de trainer dans les parages. Amateur, songea le vagabond avec amusement. Ils eurent quelques passages techniques à passer, mais ils furent relativement attentifs aux consignes des plus expérimentés. Peu de temps après, ils atteignirent une clairière, au-delà de laquelle se trouvait le campement tant recherché. L’ensemble était protégé d’une sorte de barrière énergétique, semblable à celles que le vagabond pouvait créer. Comme à leur habitude, le Magistère ne lésinait pas sur les moyens mis en œuvre.

Ils entrèrent à la suite d’Exerus. Des scientifiques, au départ apeurés, puis presque soulagés à la vue du nouveau groupe. Artémis ne comprenait pas d’où venait ce soulagement. Il observa quelques Tartares qui se baladaient dans le campement, l’un d’entre eux salua Exerus, avant que ce dernier ne retourne à l’intérieur d’une cantine. L’atmosphère était assez étrange. Elle empestait le danger. Ryker échange un regard avec son partenaire d’infortune, lourd de sens. L’homme aux cheveux d’albâtre profita de ce moment pour s’échapper et visiter le campement. Il n’espérait pas y trouver quoi que ce soit, mais il n’aimait pas attendre sans rien faire. Ceux qui croisèrent son regard ne virent aucune émotion. Simplement une paire d’yeux brillants, à la fois chauds et froids, qui pouvaient s’enfoncer dans les profondeurs des ténèbres.

Et lorsqu’il revint de son tour, une nouvelle silhouette se trouvait aux côtés d’Exerus, revenu également. Qui était cette personne ? On l’ignorait. Artémis s’assit sur une caisse, probablement remplie de technologie, et observa la situation en retrait. Ses sens éveillés, il était prêt à dégainer à tout moment. Palpable est le danger, se dit-il soucieusement. Travailler autour de l’Arbre-Dieu était une chose, mais un plus gros danger se préparait du côté de Zénobie. Ryker le savait aussi. Inutile d’inquiéter tout le monde avec cette histoire, cette expédition avait aussi une utilité. Peut-être plus exploitable que la destination finale. A la fois songeur et vigilant, une petite tension s’instillait en lui. Il préféra ainsi éviter les discussions avec le reste de son groupe. Simplement écouter ce qu'il se disait, anticiper les danger, obtenir des vérités.


Résumé: