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[PARTIE 2] LE SECRET DES PYRAMIDES

[PARTIE 2] LE SECRET DES PYRAMIDES Brandw10
Ven 15 Déc - 16:30

Le soleil est étouffant, presque écrasant. Où que vos yeux portent, du sable. Du sable à n’en plus finir. Du sable à vous en donner la nausée. Alors que vous avancez péniblement à travers ce désert, vous ne pouvez vous empêcher de vous sentir malmenés par la chaleur. Charmante compagnie, vous voilà en route pour la grande pyramide d’Aramila après y avoir semé le chaos pendant quelques heures.

Pour seul point de repère, la silhouette distante de la pyramide qui se découpe comme une reine sur les dunes alentour. Impossible de la manquer, la forme pointue vous appelle comme autant d’astras que vous imaginez dormir sous ses fondations. La promesse est folle; depuis votre précédente aventure, l’idée de retrouver les trésors de la pyramide vous suit comme une ombre, mais vous avez la sensation omniprésente que vous pourriez bien y découvrir bien plus…

Du sable, encore du sable… C’est peut-être l’occasion de relire les notes, non? Elles sont plutôt claires; et parlent d’une entrée dissimulée à l’arrière de la pyramide; accessible que par les rares qui connaissent son existence. Votre point de départ pour prendre d’assaut l’édifice. Une joie à votre première lecture, rapidement éclipsée par la mention d’un piège dans les premiers mètres du lieu… Vous ne pensiez pas que ce serait une promenade de santé?

Après plusieurs heures de marche, la pyramide est presque à portée de main. Le soleil se couche à l’horizon, l’occasion d’installer un dernier camp avant la grande approche. De quoi établir un plan, discuter, et repasser sur les notes… D’ailleurs, la page mentionnant l’entrée est presque vide… Etrange. Dissimule-t-elle un mystère? Découvrez le vite, la pyramide n’attendra pas.  
Dim 17 Déc - 10:53

Le Pion avance

Le Secret des Pyramides - Partie 2



“Alors mon petit, tu n’imagines pas comment j’ai dû me démener pour qu’on te laisse une autre chance après la dernière fois. Sans rire… D’autres que toi se sont infiltrés et… Tu me connais, tous étaient là à dire que c’était ta faute, que tu avais attiré les rapaces sur nous avec tes bourdes… Je t’ai soutenu, j’ai dit que tu allais régler ça, pas vrai ?”

Toujours à me regarder avec son œil torve, son regard carnassier. Comment pouvait-il faire croire qu’il s’intéressait le moins du monde à mes marchandises alors que son regard ne cessait d’aller vers ma main ? Elle se remettait à peine, jeu d’esprit ou autre chose là-dessous mais les picotements reprennent de plus belle là où les ongles repoussent. Les mouvements lents de cet acheteur indécis me faisaient légèrement suer. Ressaisis-toi Arno, tu ne vas pas continuer à vivre dans la peur de ce sauvage. Il finit par indiquer un sac d’épices quelconque que j’allais peser alors qu’il continuait ses palabres.

“Tu as entendu parler de cette histoire de loup aux portes de la ville ? Il était énorme paraît-il, mais déjà bien amoché par des tirs d'armes à feu… Chez nous tu te rends compte ? Bref, apparemment, il y aurait une tête que tu connais déjà dans le lot, c’est super de retrouver des connaissances non ? Mais faudrait pas te faire reconnaître si vite bien sûr, on sait jamais… Tiens mon brave, tu as encore les noix de la dernière fois ? Ma femme les adore.”

Et s’en était fini, il partait en sifflotant, laissant une petite bourse derrière lui et faisant déjà l’idiot en lançant des graines en l’air qu’il faisait atterrir habilement dans sa bouche. L’avoir envoyé lui, c’était un message de l’ordre. Ne foire pas sinon… Et bien ce qu’il y a dans la bourse sera le cadet de tes soucis. Je n’y prête même pas attention à cette vieille phalange bien conservée, c’est plutôt ce qu’il y a à côté, ce cristal. Je sais à quoi il sert avec ce doigt arraché. Un outil, une menace. Bien joué.

Il fallait ranger, il fallait se mettre en route. Ils n’allaient pas faire long feu après les échauffourées et je savais où ils allaient, merci au vieil ivrogne, j’aurais au moins évité la confrontation avec un loup. Les Pyramides de Saleek seraient ma prochaine destination, à moi de trouver le bon convoi. Je me préparais à partir, arnachant mes sacs d’épices et autres herbes sur mon Tamanain.

Bingo.


Un convoi de taille moyenne, des silhouettes disparates, un visage qui ne trahissait pas, c’était donc Violette la tête connue. Pas de hasard, elle ne rentrait pas à Xandrie pour sûr. Elle était dans l’affaire. C’était sûr. Le risque étant son côté électron libre, est-ce que ça valait le coup ? Oui, j’allais pas jouer le jeu de ce boucher. Merci pour le cristal, mais on trouvera de meilleures façons de l’utiliser. Je m’approchais de la Portebrume, de ma partenaire de crime en lui donnant un sourire franc que j’accompagnais d’un signe de la main. Je ne devais pas être là par hasard moi non plus.

Bonjour, c’est agité en ville n’est-ce pas ? Vous allez à Qadsak maintenant ?



Le sable et rien d’autre, c’était bon de quitter la furia de la ville pour revenir vers ces étendues plus sauvages. Les gens y sont plus vrais vous savez ? Plus simples aussi. Comme si le sable pouvait les polir, enlever les couches de vernis, enlever la crasse, arriver au cœur. Je tentais tant que faire se peut de m’intéresser à ce groupe hétéroclite, y allant par petites touches, ne pas être envahissant surtout aux yeux de ceux que je ne connaissais pas. Ils l’appelaient Zahl, un nom plus local, un nom d’emprunt. Ocÿan, Leonin, Aleph, c’est joli aussi, c’est charmant, c’est chantant, mais ça sonne faux. Arno a le mérite de sonner vrai, Dalmesca d’avoir déjà été entendu par des marchands et ce visage d’avoir déjà été aperçu. Vous en rappellerez-vous plus tard ? Pas sûr, je ne suis qu’un grain de sable après tout.

Votre secret est bien gardé, pour l’instant, loin de moi l’idée de vous griller la priorité sur cette aventure. En plus, vous avez réussi là où j’ai échoué. Donc, si je peux aider, je le fais, affable, serviable, local. J’éloigne les autres marchands qui peuvent être suspicieux, j’oriente les conversations, je détourne les gardes du convoi. J’échange quelques paroles avec vous, sans en faire trop, un sourire par-ci ou un clin d'œil par-là quand je dévie les questions des curieux. Mes amis, comptez sur moi pour que vous arriviez sans heurt au carrefour le plus cosmopolite d’Aramila. Votre secret est bien gardé dans le nid à rumeur que cette expédition jusqu’aux Dunes de Saleek représente.



Finalement, les couleurs jaillissent au milieu de l’ocre, les ombres grandissent au-dessus de dunes plus hautes et triangulaires, adieu les mirages, bonjour Qadsak. Je ne dirais pas que j’en suis un expert, mais j’ai déjà eu à venir quelquefois ici pour une raison ou pour une autre, pour vendre des herbes ou en acheter de plus intéressantes et introuvables par exemple. Le convoi se disloque, il s’égoutte entre les tentes et les étoffes, il se liquéfie et n’existe déjà plus. Chacun va aller de son côté et de son objectif, garder un œil distant sur le groupe, ici, leur identité n’a pas à être aussi mystérieuse qu’à Aramila, ils ne seront pas en danger à moins de s’adresser aux mauvaises personnes.

Un éclair blanc, une odeur d’agrume, le cliquetis discret d'une chaine. Je saisis la main agile d’un Narangpé qui essayait de voler ma bourse. Alors bonhomme ? On tente le diable ? Il m’affiche un immense sourire sauvage. Brave bête, petit voleur. Je lui lance un morceau d’orange confite que j’échangeais contre une pièce au moitié marchand, moitié voleur propriétaire de l’animal exotique.

Combien pour la bestiole ?

Le Narangpé sur l’épaule continuant à suçoter son fruit, il avait rapidement tourné casaque, les marques à ses poignets et sur son dos m’avaient alerté. Au moins, je ne te ferai pas de mal petite bête, j’espère par contre que tu te rendras au moins utile pour rembourser ta dette. Son visage simiesque innocent, couvert de jus et de pulpe affichait un air serein et rassasié. Petite tape douce sur sa tête alors que l’odeur enivrante d’agrume se fait plus fort. C’est puissant, mais pas forcément désagréable après n’avoir senti que la chaleur du sable pendant des jours.

Je recroissais la silhouette d’Aleph dans la foule, hasard vous dites ? Je m’approchais pour échanger des banalités avec celui que j’avais fini par identifier comme le plus proche d’un chef de groupe. J’avance enfin mes pions suite à ce que j’avais pu glaner comme informations durant notre voyage. Je demande, je n'implore pas, car je sais ce que je vaux. Mon regard planté dans les flammes du sien.

Aleph, j’ai bien compris que votre voyage ne s’arrête pas à ce bazar. Laissez-moi vous accompagner je vous en prie. Vous allez au-devant d’aventures plus folles et moi je me trouve coincé dans cette vie d’habitude lasse entre Aramila et le désert. Je suis fatigué de ça. Laissez-moi une chance.

Résumé:
Mer 20 Déc - 2:43

Nouvelle Recrue

Le Secret des Pyramides - Partie 2



La discrétion était à l’image des ombres. On ne la voyait pas. Elle ne laissait aucune empreinte. Elle n’a jamais existé. Contrairement à nous.

Après l’enthousiasme de se sentir « en sécurité ». Après le succès de pouvoir déchiffrer ces fameuses pages que l’homme-loup avait volé contre des vies. L’humeur de l’élémentaire s’assombrit, son regard se portant sur celle qu’on nommait Zahl, débrouillarde...mais peu observatrice. « À quoi cela vous sert-il de vous fondre dans les ombres si c’est pour agir comme une pétarade à la première occasion? » Derrière sa politesse, sa colère n’était pas voilée. Ils avaient attirés l’attention. Les rumeurs allaient rapidement dans des villes où l’unique spectacle restait des acrobates ou des combats à l’ancienne. Utiliser son arme avec tellement pas de vergogne était un acte idiot. Même si oui, aucune parole ne serait proférée à leur encontre...mais son arme n’avait-elle pas à la place hurler?

Il fit promettre du bout des lèvres à Zahl de les accompagner pour la suite, uniquement si elle n’agissait plus de la sorte. À savoir que les pyramides recèleraient d’autres ennemis que ceux du concile, alors le « de la sorte » voulait avant tout dire « sans prendre en considération » les conséquences de ses actes. Surtout parce-qu’elle n’était pas seule, même s’il était clair qu’elle aurait préféré.

Pour le reste, il fut décidé qu’ils n’allaient pas traîner en ville. Et c’est ainsi que les sacs se retrouvèrent sur leur dos et qu’ils se moulèrent à un convoi en direction des dunes de Saleek.



Seraphah semblait plus renfermé qu’à l’habitude, laissant le soin à Maelström et Kesha de se murmurer des mots à l’oreille avant de sourire et même rire par moment. Depuis ce voyage, les deux jeunes hommes semblaient s’être rapprochés au-delà des cours de combat que le premier donnait au second. Il n’en restait pas moins que le Porte-Brume restait attentif aux visages croisés, aux mots échangés. C’était d’ailleurs lui le principal intermédiaire quand quelqu’un du coin avait une demande, vu qu’il est natif d’Aramila. Il donnait mieux le change, même si venant d’Andoria, l’élémentaire n’était pas mal non plus. C’est ainsi que c’est lui qui fit les présentation quand un certain Arno les rejoint et se montra des plus aimables. Seraphah garda le silence, l’observant, se demandant s’il serait un indésirable ou s’il pourrait leur être utile d’une quelconque façon. Déjà qu’il avait obtempéré pour Violette que l’appât du gain menait du bout du nez, il ne faudrait pas un autre qui ne cherchait que l’or...ou pire les secrets qu’il espérait bien de son côté dénicher.

Finalement, alors que les pyramides pointaient le bout de leur sommet au loin, c’est au marché noir que le convoi se disloqua. Il fut entendu qu’ils se devraient de repartir d’ici une heure, temps imparti pour que chacun se trouve des vivres ou toutes trouvailles qui en vaudrait la peine.

Seraphah se dirigea vers les étoffes d’un rouge carmin, avant de décider de faire le point sur certaines herbes difficilement trouvables à Epistopoli et qui ne l’alourdiraient pas en chemin. Au contraire, elles pourraient même être utiles en tant que médecine s’il arrivait malheur.


Il venait à peine de s’installer sur un rocher un peu en retrait des échoppes que l’homme au regard saillant se repointa. Son regard était franc et ses paroles tout autant. Le regard ambré du dirigeant glissa jusqu’au Narangpé à son épaule. Il ne pensait pas devoir utiliser ses herbes immédiatement mais finalement… « Voulez-vous me faire croire que vous êtes un jeune homme en quête d’aventures? » À tes paroles, c’est ce que l’on pouvait deviner...Et pourtant tu étais avec un nouveau compagnon à tes côtés, et ta progression au sein du convoi semblait pointer uniquement vers leur groupe. C’est ce qu’il avait pu observé, ses conclusions n’étant bien entendu que subjectives.

À peine avait-il prononcé ces paroles, qu’il sortit de son sac de l’amoiré, une plante rougeâtre, peu connue du grand public, assez rare car elle ne pousse qu’en plein désert, sous des roches. Il sortir également un petit récipient, dans lequel il se mit à écraser la plante, de façon à créer une poudre. « Vous me semblez des plus expérimenté, et si je vous permets de nous guider, c’est uniquement en raison de cela... » Son regard était posé sur ce qu’il faisait, dénotant une confiance en ses aptitudes vis à vis de ton comportement. Il ajouta à la poudre ainsi créer une substance visqueuse, ce qui créa une crème. Il se leva, baissant la tête vers toi, et plus spécifiquement vers ton compagnon. « Me permettez-vous? » Oui, il s’adressait au Narangpé en ces termes, prenant un peu de crème sur ses doigts et venant en déposer sur les marques à ses poignets. Il te tendit le restant après avoir fermé ce qui était un pot.

« Appliquez lui trois fois par jour...D’ici trois jours, les marques devraient quasiment avoir disparues. »

Il se réinstalla, et son regard vint plonger dans le tien. « J’aimerai qu’à chaque jour que nous passerons ensemble jusqu’aux pyramides et jusqu’à notre retour, vous soyez honnête envers moi. Et qu’à chaque jour vous répondiez à l’une de mes questions...sans mentir bien sûr. Acceptez-vous? »

Il voulait en savoir plus sur tes intentions, mais il partait du principe que l’endroit pourrait mériter des compétences complémentaires aux leurs. Tandis qu’il attendait ta réponse, les autres membres du groupe débarquèrent, Maelström étonné, les bras se croisant, sa confiance difficilement attrapable. « Chers tous, je vous présente Arno, notre guide pour notre prochaine destination. »

Résumé:
Mer 20 Déc - 15:20

Promouvoir l'agriculture

Ft. Arno/Kesha/Seraphah



Visiblement, les trois loustics avaient mal pris sa décision de faire taire définitivement le vieillard. De son côté, Violette ne le regrettait absolument pas, et même plus elle le pensait plus elle estimait qu’elle avait raison et que sa décision avait été la plus rationnelle et pragmatique qui fut.

Ne réagissant tout d’abord pas aux différentes remontrances qui lui étaient adressées, elle soupira. Ces gens étaient encore trop bon et trop pur, trop gentil pour faire ce qui devait être fait. S'attendait-il à devoir apporter de la valeur à la vie alors que leur objectif comportait des secrets et des intrigues liés au pouvoir, vecteur de toutes les pires horreurs que l’humanité pouvait produire ?

Il n’y avait pas de place pour les émotions et la pitié dans ce monde. Si une personne devait mourir dans l'intérêt de l’un et bien elle mourrait.

Même si la Xandrienne ne regrettait rien, elle se décida tout de même à leur répondre, ne serait-ce que pour expliquer à ces civils, la raison de son acte. Mieux valait éviter qu’ils tergiversent éternellement en bavant leurs pralines moralisatrices.

La discrétion n’est plus depuis qu’une foule de gardes par dizaines sont inconscients dans le palais de pays. Toucher au cœur et au symbole même du pouvoir et des puissants, cela a toujours bien plus importé à l’Etat qu’un simple assassinat d’anonyme.

Son regard passait successivement sur ses camarades du jour tandis qu’elle croisait les bras, le visage neutre et froid.

Je pense que vous n’avez pas très bien saisi qui je suis. Je ne suis pas une assassin, je ne suis pas une espionne, je suis une mercenaire. Mon objectif n’est pas d’être une ombre, il est comme cela est de mise pour tout mercenaire d’effacer les paramètres et les vecteurs d’incertitude dans le cadre d’une optimisation de la réussite d’une opération.

Sans doute l’élémentaire pensait qu’elle était autre chose à cause de son pouvoir, l’utilisation qu’elle en faisait n’avait rien à voir avec ses propres habitudes. Toutefois, comme tout mercenaire expérimenté sans être un expert de la discrétion capable de rivaliser avec un espion professionnel, elle était en mesure de s’adapter.

L’éliminer est une décision mûrement réfléchie. Dès lors que le pouvoir de sommeil de notre ami allongé les gardes, il est probable que les aramilans fassent un inventaire de leurs pertes. Une enquête aurait avec ou sans mon intervention était laissée. Si le vieux se fait prendre, il peut nous balancer ou bien mentir sur notre dos, d’autant qu’il sait ce que vous cherchez et où vous allez. Et même dans le cas où il voudrait se taire, au vu de la gravité qu’est une effraction dans un siège d’un pouvoir central, il aurait été probablement soumis à la question.

Elle s’approcha de l'élémentaire, le regardant droit dans les yeux.

En clair, ne serait-ce que pour notre sécurité ou pour retarder la prise d’information des autorités, à défaut d’être ramené avec nous, il devait être immédiatement éliminé. La balance coût/bénéfice impliquait sa mort. Ou alors prouve moi le contraire.

C’était sans doute ce qui était le plus terrible pour un humain avec une mentalité normale. C’était clairement un meurtre de sang-froid. Il n’y avait rien d’impulsif dedans et c’était ce qui rendait la chose encore plus froide et effrayante, si ce n’était pour la troisième et dernière balle.

De son côté tout cela n’était rien pour Violette, la manière dont elle fonctionnait était la même que celle du Cartel. En effet, contrairement aux criminels épistotes, les xandriens étaient soumis à la puissance du Guet, les coups d’éclats étaient toujours ainsi mesuré en matière de Coût/Bénéfice. Aujourd’hui le bénéfice du silence de l’homme était supérieur aux conséquences en matière de réaction des autorités. Dommage pour lui.

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Bref, l’ambiance n’était pas tout à fait à son beau fixe et tandis que Seraphah restait dans son coin tout seul, Violette faisait mine de siester pendant les pauses pour faire pareil de son côté.

Qu’elle ne fut pas sa surprise de voir alors Arno se pointer devant elle si bien que la demoiselle en resta stupéfaite un instant avant de sourire légèrement avant de lui répondre.

Le commerce et l’aventure c’est toujours proche. Après le travail, le tourisme disons…

Qu’est-ce qu’il faisait là bordel ? Elle allait devoir faire gaffe maintenant et rester professionnelle pour ne pas qu’il se doute de quelque chose de louche. Bon, elle avait toujours sous-entendu ne pas être une herboriste normale donc elle n’avait pas besoin de se nier, mais il fallait sans doute éviter d’aller trop loin.

Sa compagnie restait toutefois plus agréable pour elle que celles des autres, en bon espion il savait y faire pour ne pas brusquer ses cibles. Et puis les ordures étaient souvent bien plus compatibles entre elles que vis à vis des gens encore normaux et sains mentalement.

Elle le laissa ensuite faire ses affaires, faisait elle-même un tour avant de finalement revenir vers le groupe pour apprendre que le dit Arno venait de l’intégrer. Violette le regarda de haut en bas avant de répondre à l’élémentaire.

On se connait déja.

Son attention se déportait vers Arno.

Je vois que comme moi tu as plusieurs métiers… Après les dattes et le blé, tu décides maintenant d’élever des singes ?

Sam 23 Déc - 21:17

Romance exotique

Le Secret des Pyramides - Partie 2



La bouffée d’adrénaline de leur fuite rugissait encore dans ses veines quand ils quittèrent Aramila en se mêlant à un convoi marchand. Il n’était de toute manière pas envisageable de passer plus d’une nuit dans une chambrette pourvu de deux lits simples à quatre -la faute à la première auberge qui avait brûlée.

Leur frasque réussie et le succès grisant de tenir les instructions Ader’rhazak entre les mains pour accéder aux trésors de la pyramide de Rhilek rendait l’humeur joyeuse, sauf Seraphah dont le regard voilé se faisait plus taciturne. Ainsi quittèrent-t-il le reg d’Aramila pour pénétrer sur l’erg sablonneux des dunes de Saleek ; pareils à des fourmis nonchalantes, les dromadaires se suivaient à distance régulière à perte de vue sur la crête ocre et or d’un soleil de plomb. L’air en devenait à peine respirable en pleine journée, tout en devenant glaçant le soir. On passait du blanc irradiant au bleu profond et à toutes les nuances de roses et de gris aux abords d’oasis verdoyantes.

Au loin, le groupe aperçut même la silhouette titanesque de Lugrins, vers géants assez effrayants, que les marchands semblaient révérer comme des guides porteurs d’une sagesse ancienne. La caravane évita scrupuleusement de s’approcher trop près de leur sillon. Keshâ survivait à la canicule, emmitouflé dans son turban d’indigo qui ne laissait transparaître que ses yeux lavande. Le reste de son corps disparaissait dans une ample étoffe de lin blanc et de gants cuisant, dans l’espoir de se protéger de la morsure du soleil.

Comme ils cheminaient vers l’est, le soleil couchant se trouvait dans leur dos quand la journée s’étirait. Mais le matin, il était si ébloui par l’éclat de ses rayons, qu’il préférait bien souvent fermer les paupières et rester aveugle durant de longues minutes, noyé dans un univers rougeoyant.

La nuit, Seraphah se faisait conteur autour du feu, aux couleurs dansant la sarabande sur ses traits. Il remportait un franc succès auprès des marchands. Le jeune homme le suspectait de ressortir des histoires plus vieilles que le monde, du temps où il n’était lui-même qu’une flamme libre parcourant le désert des Terres Brûlées. Il restait parfois avec lui quand les autres allaient dormir à se perdre dans les étoiles. Si nombreuses. Si lumineuses. Sur cette toile infinie qui s’offrait à la vue, loin de la pollution d’Epistopoli. Un sentiment d’effroi et de magnificence l’emplissait.

Mais il finissait toujours par avoir besoin de rentrer, frigorifié. Au fil du temps, alors qu’il dormait, il finit par se rapprocher de plus en plus près de Maëlstrom, jusqu’à se couler dans les courbes de l’Aramilan. D’abord discret, d’une lenteur comique dans son approche millimétrée, il finit par trouver sa place régulière pour se lover contre lui. Dans un accord tacite sur l’inconscience de leurs corps durant le sommeil, aucun n'évoquait les bras qui se resserraient et les souffles qui s’échangeaient.

Jusqu’au jour, où, eh bien, le contrôle absolu du portebrume sur le royaume du son s’avéra bien utile. Mais ceci est une autre histoire. N’en restait pas moins que Keshâ planait sur la mer de sable, étourdi de cette chaleur écrasante, comme sur un petit nuage, dont les ondes de réverbérations étaient autant de mirages enchanteurs.

Arrivé à Qadsak, il mourrait d’impatience de découvrir le marché comme un véritable visiteur. Aramila ne leur avait pas laissé l’allégresse de la badinerie. C’était le moment ou jamais de s’imprégner de cette culture colorée. Et ne le cachons pas, de traîner autour du marché noir. Maëlstrom lui avait dit depuis longtemps que c’était là qu’il avait trouvé son totem de Félinimbus. Lui aussi espérait ardemment trouver le sien à un prix défiant toute concurrence. Il sut tout de suite qu’il arriverait bien après le délai souhaité par Seraphah.

Ce qu’il ignorait, en revanche, c’est qu’à travers les étals bruyants et les vapeurs des poêles à frire des cuisinières de rue, ses yeux glisseraient d’un point d’intérêt à l’autre, pour se retourner sur la foule grouillante sans y trouver Maëlstrom. Une impression de vide tout autour de lui, comme si plus jamais il ne saurait retourner à Epistopoli depuis Qadsak.

Il était seul, avec son totem de Félinimbus, un nouveau foulard en soie et un sachet de dattes pour butin, à s’enfoncer toujours plus entre les chalands et les négociants. Presque à en bousculer certains pour tenter de percer du regard un visage connu. Il s’écrasa vertement contre un corps musculeux… Une vieille connaissance… Farce improbable du destin.

Quand il revint, donc, finalement, le dieu des boussoles s’étant penché sur son chemin, après quatre heures, Seraphah vibrait d’impatience, Violette de consternation. Et, pour une raison inconnue, Maëlstrom paraissait courroucé. En réalité, son visage était de marbre froid, ses dents serrées et ses paupières imperceptiblement plissées. Keshâ se perdait dans les sangles de cuir serrées à hauteur de ses yeux sur le flanc d’une monture pour ne pas croiser les regards agacés de ses compagnons. Mais surtout pour fuir l’aura tempétueuse de Maëlstrom qui niait son existence.

La présentation de leur nouveau guide et de son superbe narangpé le sauva du malaise. Enfin, si ce Arno connaissait Violette, peut-être était-il aussi un peu contrebandier. Car le pauvre animal semblait arborer des marques, comme s’il avait été attaché ou enfermé.

La discorde pesant sur ses épaules, ils reprirent la route en se séparant du convoi. La fraîcheur des oasis et le marché de Qadsak coincé entre les reliefs vallonés disparurent, pour laisser place à une plaine aride de sable, véritable vallée de mort dardée des flèches solaires. Ils se rapprochaient des pyramides à chaque heure. Plusieurs fois, Keshâ se pensait arrivé, mais leur taille ne grandissait pas sur l’horizon. Voire même, elles paraissaient se jouer d’eux et reculer à leur avancée. Ce n’était pas possible ! Tôt ou tard, ils buteraient sur la mer !

Il tenta vainement de parler à Maëlstrom, mais ce dernier l’ignora. Il en fut très blessé et ne comprenait pas son attitude. Un peu désemparé, il se joint à Arno en tête de cortège pour se rassurer :
-« J’imagine que les voyageurs vers les pyramides ne sont pas si nombreux. C’est un peu le bout du monde. Il faut les mériter ! A la conjonction entre le désert de Rheel et de Saleek. Vous faites ce métier depuis longtemps ?... Et Zahl ? Une amie à vous ?... Mmm je vois… mais alors, il faut me dire un grand secret ! » A ces mots, ses yeux d’améthyste plongèrent avec une solennité dans ceux du camérier.  Sa boucle d’oreille longue terminée par une gemme de spinelle violet taillé en pointe – cristal de pouvoir inconsciemment exposé ? Le sérieux de son expression était renforcé par le théâtre d’espace infini qui les accueillaient. « L’avez-vous jamais surprise à sourire ? »

Il soupçonnait quelque commerce coupable. Son intention principale était néanmoins de passer le temps en oubliant la cuisson lente qu’ils subissaient et la rancœur tranchante de son ami. Et puis, si Violette pouvait trouver l’amour, et son cœur, dans une quête magique vers les pyramides d’Aramila, il était intéressé par les potins.


Résumé:
Ven 29 Déc - 14:39

Quatre, cinq, six… Le groupe a grossi à vue d'oeil à la faveur du bazar, étoffé maintenant d’Arno, guide de circonstance et pas dénué de ses propres intentions, lui-même rejoint par un narangpé aux stigmates encore visible. Tout le monde porte ses propres chaînes, même les plus petits d’entre eux.

Le désert vous révèlera-t-il les siennes? Alors que le désert vous attend, il faudra vous remettre en route. Le désert vous ouvre ses portes, maintenant. Hâtez vous, foulez du pied des millénaires de grains de sable, certains encore vierge de tout contact. Certains auront en tête la romance, d’autres les astras, d’autres encore la rédemption.

Mais la pyramide n’aura pour vous aucun sentiment, surtout si vous ne parvenez pas à y entrer. Les notes, les notes… Seraphah les garde précieusement.

Foncez vers la pyramide: elle se refusera peut-être à vous. Prendre le temps de réfléchir? Une perte de temps, peut-être.

Les notes…

Découvrez leur secret; le désert est capricieux, la marche longue et chaude. Pour l’instant, pas de dangers en vue. Mais encore faut-il pouvoir espérer rentrer.

Lun 1 Jan - 17:53

Nouvelle Recrue

Le Secret des Pyramides - Partie 2



Après avoir passé un savon à Keshâ pour son retard. Après avoir perçu une connivence entre Arno et Violette. Les voilà tous à prendre la route vers les fameuses pyramides.

Le voyage était encore plus silencieux maintenant qu’ils n’étaient qu’entre eux. Il ne gardait nulle rancune envers Violette, même si cette dernière se croyait vraisemblablement au-dessus de la masse. Elle n’avait pas saisi que le problème n’était pas de tuer ce bougre d’infortune, mais la façon dont elle l’avait tué. Elle était désormais à ses yeux comme une bombe plutôt que comme un sniper. Il irait porter préjudice à son contact qui le lui avait référé pour préciser les choses. Dans l’Absolu, là où ils se retrouvaient c’était dans la finalité. Malgré son côté humaniste, l’élémentaire savait avoir une vision utilitaire, surtout dans ce genre de situation. Les sentiments ou les bonnes pensées, restaient à la porte.

D’après Arno, leur guide dont il avait beaucoup à découvrir, c’était la dernière nuit qu’il passait avant d’arriver aux pyramides. L’élémentaire se décida alors, autour du feu, de parler des notes qu’il avait récupéré. « Nous ne savons pas ce que nous allons trouver au sein de ces pyramides. Par conséquent, j’aimerai que nous restions groupés, ou du moins que personne ne s’aventure seul dans une direction, si jamais nous devions nous séparer. » Étrangement, son regard se porta sur Zahl, mais aussi sur Ocyan. Son comportement dans le marché n’était pas sécuritaire...Même s’il le suspectait de ne pas lui avoir tout dit concernant son escapade. Surtout à voir la posture adoptée par Maelström depuis ce retard.

« Les notes parlent de pénétrer par l’arrière des pyramides. Il y aurait une entrée dissimulée...Est-ce que l’un d’entre vous a des capacités particulière en terme de détection? » Son regard se posa sur Arno à ce moment-ci, vu qu’il était le nouveau membre de la troupe. « Quoiqu’il en soit, il y a également mention d’un piège dans les premiers mètres du lieu. » Son regard était presque trop vibrant en cet instant, entre le sérieux qui était sien et les flammes qui se reflétaient en dedans. « J’appelle à votre prudence et votre intelligence...Aucune précision sur le type de piège. Toutefois, il y a un chemin qui est mentionné pour quand on sera à l’intérieur...D’où le restons groupés. Je vous demanderai de rester à l’écoute également, parce-qu’il y aura d’autres pièges au fur et à mesure de notre progression. » Concernant la mention du vieil Urhois, il n’en parla pas. C’était un langage qu’il connaissait vu qu’il l’avait appris à Andoria, dans la grande bibliothèque.

Il avait du faire preuve d’astuce de son côté, en utilisant son feu pour venir dévoiler des passages invisibles des dites notes. N’en restait pas moins que d’autres passages étaient effacés, donc en fonction de votre progression, il sera le premier à être en vigilance.

Ses yeux allèrent chercher ceux de Maelström. Sans doute qu’il pourrait se faufiler sous sa forme aérienne, ce qui pourrait être aidant dans certaines situations…


___

Un peu plus tard, pendant que les autres se nourrissaient, il invita Arno dans sa tente. L’élémentaire cachait toujours sa chevelure de feu, ayant un turban autour de la tête. À ce moment-là, il lui tendit un verre d’Ambrerois. Une boisson typique d’Aramila qui réchauffait lors des nuits froides du désert. « J’ai toujours à coeur de mieux connaître les personnes avec qui je m’aventure...sur des chemins qui peuvent s’avérer dangereux. Donnez-moi votre main je vous prie. Il y a une honnêteté qui passe par le toucher. Une preuve d’ouverture au-delà de ce que raconte notre esprit. » Il te tendait sa propre main, paume ouverte, afin que tu y déposes la tienne. Tout cela avec une infinie délicatesse.

Avant de poser sa question, il attendait que tu déposes ta main. Pour lui, c’était un premier acte de sincérité.

Il approuva que tu te prêtes au jeu. Ta main ainsi déposé, comme un pacte ancien, il te demanda: "Notre rencontre n'est pas le fruit du hasard, n'est-il pas? Vous nous cherchiez spécifiquement, non?"

Il te faisait confiance. Sinon il ne risquerait pas la vie de ses proches en t'ayant accepté comme guide et plus encore. Toutefois, il ne pouvait rester dans l'ignorance. Il voulait savoir à quel point tu étais un allié ou un fourbe qui les doublerait à la moindre occasion.

Résumé:
Jeu 4 Jan - 9:44

Le Pion avance

Le Secret des Pyramides - Partie II



L’accord semblait se décider et, même s’il avait des réserves, pas sûr que l’élémentaire trouverait de meilleure alternative que votre serviteur. Au-delà même de cet échange, je ne pus que retenir un sifflement d’admiration entre mes dents. Tout le monde ne se trimballait pas avec de l’amoiré dans son sac, ni ne savait réellement s’en servir. Le fait d’en donner comme ça pour un petit Narangpé tout juste rencontré montrait au moins, que s’il y avait malice, il n’y avait pas méchanceté. Que voulez-vous, je suis pareil, je n’allais pas supporter de voir un animal qui aurait été bien mieux dans la forêt, subir la cupidité d’un marchand du bazar alors que je pouvais faire quelque chose. Je remerciais celui qui allait devenir mon nouveau chef, si j’acceptais sa demande.

Par les Douze, j’aurai juré voir une flamme brûler dans son regard, va savoir dans quoi je m’embarquais, mais il me fallait le faire pour espérer voir le bout de cette aventure. J’acceptais, bien sûr, voyons lequel de nous deux arrive le mieux à jouer au chat et à la souris. Nous finissions par rejoindre le reste du groupe. Violette la première, un sourire entendu, chacun venait avec son bagage personnel dans cette mission, un bagage plus ou moins lourd.

« Ravi de vous revoir, et oui… Enfin c’est surtout qu’il me faisait de la peine plus qu’autre chose. Et ça fera de la compagnie à la ferme à mon retour. D’ailleurs… J’espère être rentré à temps pour finir de préparer votre commande ! »

Les échanges courtois et avec le sourire avaient cela de merveilleux que c’était très facile d’y glisser un sous-texte pour qui le voulait. Si nous étions partenaires commerciaux d’un côté, peut-être pourrions-nous aussi devenir alliés dans cette aventure.

La troupe se mit en route et, curieusement ou par chance, le trajet se fit de façon assez silencieuse, à la lourdeur de l’air aride s’ajoutait un parfum de ressentiment qui s’orientait vers le retardataire du premier jour. J’en profitais pour mener Mül, mon Tamanain, d’oasis en oasis à la recherche de plantes médicinales. Ça pouvait toujours servir. Je les laissais macérer dans les ressentiments des uns et des autres, loin de moi l’idée de m’immiscer dans ces relations, mais heureux de voir qu’elles existaient. Tout ce beau monde n’en était pas à leur première rencontre pour sûr, même si Violette restait indéchiffrable, le reste se connaissait d’avant leur effraction au Concile. On avait donc pas affaire à un lambda groupe de mercenaires, ce qui venait me confirmer ce que j’arrivais à glaner de mes échanges avec notre chef, il y avait du personnel, donc forcément des failles. Reconcentre-toi Arno, il te parle le Ocyän, lui, ses yeux envoûtants et toute sa fougue. Je lui souriais tant que faire se peut, perdu au milieu de mes étoffes qui me protégeaient du soleil et du sable. Je lui tendais une gourde d’eau fraîche, lui qui semblait subir plus que de raison leurs attaques insidieuses. On était tous logés à la même enseigne, mais j’imagine que ce qui est à la limite du supportable pour moi, ne l’est pas pour tout le monde.

« En effet, le coin a toujours été boudé, loin de tout… Seules des questions sur leurs constructions arrivent à attirer les érudits et chercheurs du pays. En dehors de ça, y a pas grand-chose à en tirer, c’est plus un point de repère dans le désert qu’autre chose. Et encore, grognais-je, quand c’est pas seulement un mirage ! »

La suite en revanche m’intéressa tout à fait, Violette ou Zahl comme elle se faisait appeler, n’était donc pas une connaissance du reste. Un point de plus alors que je le voyais zieuter ma boucle d’oreille. Loin d’être aveugle celui-ci et, même si pour l’occasion c’était une réplique, il avait l’œil. Mon maître m’avait appris cette astuce, expose à la vue du monde ce que tu souhaites le plus cacher. Pas besoin de maquillage, de déguisement pour te cacher, il y a des artifices qui marchent mieux que ça. Si j’ai déjà vu Violette sourire ? J’échangeai un regard entendu avec mon compagnon en tête de cortège. Il y avait bien plus de chance qu’elle me plante une lame entre les côtes que de lui tirer un rire franc.

« J’imagine que c’est la même chose depuis que vous la connaissez, à moins qu’elle m’ait réservé ce traitement spécial pendant que nous commercions ensemble. »

J’apprenais à connaître tout ce petit monde plus ou moins, là où j’avançais à couvert dans la première partie du voyage, il me fallait aussi jauger avec qui j’allais m’aventurer dans les secrets des pyramides.


-

La nuit avance, le camp reste calme alors que seul le bruit des raclements des gamelles vient contrebalancer les petits ronflements du Narangpé et le crépitement du feu. La pommade lui a déjà fait du bien, presque autant que la liberté retrouvée. Avec un peu de chance, il serait bien portant avant que nous arrivions à notre destination. Le pacte que j’ai fait avec notre chef allait donc avoir son premier tour ce soir, la toile de sa tente s’ouvrit et je pénétrais dans cette atmosphère plus calfeutrée. Je prenais le verre qu’il me tendait, Ambrerois, possible de cacher quelque chose dedans, mais à quoi bon ? Qui voudrait d’un guide malade, ou pire, pour vous guider dans l’aridité du désert ? Je levais mon verre en buvant une gorgée alors que mon hôte me demandait ma main.

Étrange demande, j’imaginais quelques maléfices, mais… J’avais promis et je n’ai qu’une parole quand ça compte. Il n’y a que ça qui importe pour un marchand après tout. Je posais ma main sur la sienne. C’était chaud, pas de beaucoup, mais légèrement plus que ça aurait dû. Était-ce à nouveau une étincelle que je voyais dans ces yeux ou bien le reflet d’une flamme ? Intriguant que vous êtes… J’attendais l’attaque, j’attendais la première question que ce diable souhaitait me poser, appuyant sur mon pied fourbi du voyage pour me donner bonne mesure.

« Si j’étais taquin, je dirais que ça fait deux questions, dis-je en souriant en coin, mais vous avez raison, je ne suis pas là par hasard, pas plus que vous ne venez faire du tourisme aux pyramides. »

Je prenais une nouvelle gorgée qui tomba directement dans mon estomac. Si il lui paraissait évident que les aléas aurait trop bien fait les choses pour me mettre sur leur route, l’élémentaire devait aussi se rendre compte qu’il n’était pas dans une position de force si absolue. L’Ordre avait réussi à les retrouver en moins d’une nuit, la chance jouait en sa faveur car c’est moi qu’on avait envoyé plutôt qu’une énergumène avide de sang. Chacun son terrain de jeu et chacun ses cartes. Je donnais un peu plus de grain à moudre.

« J’ai reconnu notre amie dehors, une nuit seulement après un vol au Concile et qu’on ait entendu des coups de feu dans les rues… On peut apprécier beaucoup de choses chez elle, mais la discrétion n’en fait pas toujours parti. Ça faisait trop de hasards pour que ce soit fortuit… Donc oui, je vous cherchais, pas vous spécifiquement, mais les personnes accompagnant Violette, ou Zahl comme vous l’appelez, pour savoir où tout ça allait mener. Parce que j’avais moi-même tenté de rentrer dans les Archives. »

J’avais répondu et même plus, plaçant mes premières cartes en confiance. Reste à savoir si Aleph deviendra un partenaire de jeu, ou bien un adversaire. Je retirais ma main de la sienne, pointant du menton la bouteille qu’il avait ouverte pour me servir un verre d’accueil.

« Je vous en sers un aussi ? »

-

Après plusieurs jours, nous arrivions, si je ne me trompais pas, ce serait notre dernier bivouac avant d’arriver à notre destination. C’était aussi le moment où notre chef se décida enfin à révéler une partie de son jeu. Ainsi donc, nous allions bien profaner ses édifices séculaires. Je comprenais mieux pourquoi on m’avait choisi pour cette mission. C’était un risque à prendre et les plus dévots auraient eu bien du mal à accepter de pénétrer la dernière grande pyramide. Les notes qu’ils avaient récupérées étaient partielles et, alors que les questions fusaient, je machinais. Si la femme de Pietro avait été là, j’aurais été sûr que la solution serait venue d’elle, mais ils allaient avoir à faire avec un autre genre de Dalmesca qui n’avait pour seule connaissance que quelques manigances, quelques subterfuges et le cours du prix des plantes, ainsi que des doses nécessaires pour les transformer en calmants, légers ou définitifs.

Jaruk allait mieux, le petit Narangpé s’était fait au convoi et les blessures avaient disparu. Il ne restait plus qu’à attendre que le poil pousse à nouveau pour recouvrir les derniers stigmates. J’observais mes compagnons à la lueur des flammes, grattant la tête du petit singe qui, lorsqu’il en eut sa claque, partit se réfugier dans un sac vide accroché à la selle du Tamanain. Non, pas de capacité de détection à proprement parler de mon côté au-delà de ce que je pourrais observer, je n’ai pas un radar ou autre. Un affaissement au niveau du sable indiquant une trappe ou une fissure ? La sensation d’une brise fraîche venant de l’intérieur ? Ça oui, mais c’était peut-être trop peu. J’informais l’équipe de ces possibilités, mes yeux seront les leurs et j’avançais même un peu plus.

« Peut-être certaines pierres cachent-elles un mécanisme quelconque pour rentrer ? Dans tous les cas, nous pourrons mieux nous en rendre compte demain matin en passant à l’arrière de la pyramide. On part aux premières lueurs, dis-je en me redressant, les prochains jours risquent d’être très chauds dans désert, reposons-nous tant qu'on peut.»

Le sable ne mentait jamais. Même eux devaient bien voir que l’avancée était plus pénible, que le sol devenait plus fuyant, que les pas de Mül et des dromadaires s’enfonçaient plus que d’habitude. Le ciel semblait plus bas, le soleil plus près. Bientôt ce que nous réussissions à récupérer de la fatigue grâce à la fraîcheur de la nuit ne suffirait plus. Quant aux pièges… Sans plus d’informations il nous faudrait voir sur l’instant, rester vigilant et attentif, peut-être qu’il faudrait dévoiler certaines pièces pour avancer, soit. Car si cette pyramide a toujours résisté à ceux qui se sont échinés à percer ses mystères, ce n’était pas sans raison. Je continuais de réfléchir, écoutant le reste des échanges. Y avait-il autre chose d'autre à aller chercher dans les documents qu’ils avaient emportés des Archives ? Il faudrait que je demande à Aleph lors de notre entrevue du soir, s’il m’autorisait à consulter les notes. Peut-être un message codé y était-il caché ?

Nous aurions le temps d’y réfléchir avant de faire marche demain matin.

Résumé:
Ven 5 Jan - 22:56

Promouvoir l'agriculture

Ft. Arno/Kesha/Seraphah



Coup du destin probablement, voilà que désormais c’était Arno qui faisait son apparition. Violette, bien qu’elle ne le montrait pas, avait du mal à savoir comment prendre la chose. A vrai dire, cela pouvait autant être bénéfique que problématique. D’un côté, cela retirait une partie d’inconnue sur la personnalité et les activités d’un producteur de colafée qui désirait devenir plus, de l’autre l’inverse était également possible contre elle.

La vie lui avait appris que l’on ne pouvait avoir décemment confiance en personne. Encore plus vis à vis des gens qui n’affichaient pas intentionnellement leurs vices et leur caractère néfaste. La bonté n’existait pas, elle n’était qu’hypocrisie.

Aux dires d’Arno sur la commande, elle se contenta de hausser les épaules nonchalamment avant de soupirer.

Ça vous regarde vous. C’est vous et vous seul qui perdez ou gagnez dans cette affaire en fonction de votre talent et de votre motivation.

Jusqu’à preuve du contraire, Arno n’était à ses yeux rien d’autre qu’un individu classique, un simple producteur comme elle en a rencontré des dizaines. Rien n’est dû, tout se doit. C’était à lui de prouver qu’il était digne d’être considéré et d’avoir de l’importance aux yeux des autres, pas l’inverse.

Le voyage continua dans un désert qui n’était toujours pas du goût de la portebrume. Trop chaud, trop de sable, beaucoup de trop. Mais bon, il fallait prendre sur soi. Malgré l’environnement, son attention restait pleine et entière, habitude de maraudeuse et de criminel. Une attention qui restait la plupart du temps focaliser sur les autres et notamment sur Arno, la nouvelle incertitude de cette petite mission. A force, elle comprenait, ou tout du moins pensait comprendre, la manière dont fonctionnaient ses camarades du moment. Lui, elle ne le connaissait pas vraiment mais ce serait l’occasion.

C’est ainsi qu’elle surprenait la conversation entre Kesha et Arno à son sujet. Malheureusement pour l’epistote, la xandrienne avait appris à lire sur les lèvres des gens. Une chose obligatoire pour réduire le risque de se faire trahir par qui que ce soit. Malgré tout, la maraudeuse restait silencieuse. Inutile d’intervenir, libre à lui de la prendre pour ce qu’elle n’était pas. De chercher à se prouver des choses idéalistes et utopiques à travers elle et qui n’auraient pour seules conséquences que l'échec. Cela faisait désormais presque 15 ans que Violette n’avait pas rit une seule fois dans sa vie de manière sincère et cela n’était pas prêt de s’arrêter, enfermée dans la spirale de négativité qui était la sienne.

Le temps passait ensuite jusqu’à l’arrivée aux pyramides où l’élémentaire se permis un petit commentaire face aux incartades présumées que certains pourraient y faire, Violette faisait partie des concernée. Pour toute réponse, elle se contenta de hausser nonchalamment les épaules en regardant ailleurs.

Qui pensait-il être pour lui donner des conseils et des ordres ? Tous les gouvernements de l’histoire récente du continent, tous les puissants qui avaient vécu sur ses terres, aucun n’avait jamais réussi à pleinement dresser ses chiens sauvages qu’étaient les maraudeurs. Des bêtes aux crocs si effilés qu’ils étaient indispensables mais si implacables qu’aucun collier ni même carotte n’était en mesure de les tenir définitivement en place. Les mercenaires, Maraudeurs en tête, avaient pour réputation de faire ce qu’ils avaient envie quand ils avaient envie. Seraphah ne s’était pas adressé au bon monde pour avoir des camarades fiables et respectueux de toute forme d’autorité aussi minime qu’elle soit. Enfin, d’une certaine manière il avait de la chose, car en matière de sauvagerie, Violette n’était pas des pires, loin de là même, sinon Kesha ne serait plus de ce monde depuis quelques mois.

Restait qu’elle ferait ce qu’elle estimait être devoir fait en dehors de la volonté de qui que ce soit d’autre qu'elle-même.

Une fois véritablement proche, le groupe réfléchissait à un moyen de trouver un passage secret qui serait à l’arrière de la pyramide. Soit une sorte de mécanisme, soit quelque chose d’ensablée. Il était vrai que dans cette situation, la meilleure méthode pour trouver l’entrée serait un pouvoir de détection tel que la vision thermique. En l’absence de cela, et bien à moins d’une illumination de ceux qui analysaient les cartes, elle était sans doute la plus capable de trouver cette entrée par le biais de sa nébula.

Comment faire pour trouver une entrée secrète avec la fortune ? Il y avait bien entendu la méthode la plus simple qui consistait à marcher au hasard en attendant un déclic. Mais ce n’était pas du goût de Violette qui voulait préserver son énergie vitale et surtout ne pas se remettre à des procédés aussi hasardeux.

Si vous trouvez pas, par défaut je m’occuperai de découvrir le bon endroit.

Elle ne s’étendait pas trop sur le sujet, n’ayant pas envie de dévoiler l’ensemble de ses pouvoirs à qui le désirait. Une des premières règles que l’on apprenait dans un monde où les jeux de pouvoir pouvaient être sanglants c’était de ne révéler ses pouvoirs que lorsque cela était nécessaire. Informer tout le monde, c’était donner un avantage à ceux qui voulaient te nuire ou qui pourraient un jour devenir tes ennemis. D’autant qu’on ne savait pas où ce genre d’information pourrait finir. Il y avait déjà les renseignements opalins qui étaient au courant de sa nébula depuis que Jerry l’avait contrainte à lui révéler un flingue sur le front ce qui était déjà trop.

De son coté, elle attendit donc le départ du groupe pour commencer son petit manège dans son coin mais proche du groupe tout de même. Pour ne pas vexer l'élémentaire plus que nécessaire il était inutile de le défier maintenant.

Son astuce, un simple dé à 6 faces qu’elle tenait dans sa main.

Aux yeux de la xandrienne, il y avait en effet deux types d’utilisateurs de pouvoirs, les imbéciles et les gens intelligents. L’imbécile se contente stupidement d'exécuter simplement son pouvoir. Feu, Glace, Force, peu importe. L’être doté d’un minimum de neurone va plus loin que d’être un simple exécuteur ignorant. Il connaît son pouvoir, chacune de ses facettes, chacune de ses propriétés, de ses modalités.

L’ignorant ne voit dans la glace qu’un bloc d’eau gelée. Celui qui sait voit la multitude de paramètres qui la compose. Le froid, le processus de solidification, les différentes variations amenant les différents type et nuances de glace. Manier la glace sans savoir ce qu’était scientifiquement la glace, risible. Il en était de même des utilisateurs de fortune qui remettaient leur destin entre les mains d’un pouvoir appelé chance. Il n’y avait ni chance ni hasard dans ce monde, car ces concepts étaient ontologiquement liés au chaos antonyme aux règles et aux lois du monde qui structurant toute chose de manière logique et universelle.

La fortune avait pour essence d’intervenir là où il y avait des probabilités et des variables mathématiques et physiques. Si dans une situation X, celle-ci menait à une conséquence 1 dans 30% des cas et une conséquence 2 dans 70% des cas. Alors la fortune permettait de rebattre les cartes naturelles en pouvant mener à la conséquence 1 dans 90% des cas.

Ainsi dès lors que Violette avait un but clair, à savoir trouver une entrée fut elle invisible à ses yeux ou ses sens, cela suffisait pour pouvoir manipuler les dés. Le reste n’était encore une fois que manipulation mathématique.

Un dé à 6 faces. Chacun de ses chiffres représente une direction dans laquelle elle avançait de 10 pas. Si d’ordinaire chacune de ses faces avait un nombre égal de chances de tomber, le chiffre était tronqué par une fortune qui avait un but précis. Il y avait toujours une marge d’erreur par l’impossibilité d’arriver à un résultat parfait qu’était le 100% de réussite. Mais le nombre de lancer de dé avait pour objectif de la corriger dès lors qu’elle maintenait des probabilités à une valeur particulièrement élevée.

[
Lun 8 Jan - 16:57

La pierre aveuglante

Le Secret des Pyramides - Partie 2



Le mirage devenait leur réalité tangible. Ils feraient tout pour faire céder le secret des pyramides qui avaient ruiné les ambitions de tant d’explorateurs avant eux. On comprenait néanmoins pourquoi le coin était boudé, comme le disait Arno, avec cette fournaise écrasante qui donnait l’impression d’être un gigot cuit à l’étouffée.

-« Non, je crois qu’il faut lui reconnaître la constance et la transparence comme qualités. Mais ne désespérons pas. »

Alors que Seraphah tenait concile avec Arno pour son étrange rite de vérité et l’étude des notes, Keshâ partit se coucher après avoir fait au mieux un brin de toilette. Il attendait toujours le soir pour exposer sa peau sous le ciel moiré. Les économies d’eau étaient à l’ordre du jour, sous le joug d’un rationnement sévère de leurs ressources. Les mesures d’hygiène n’en étaient pas facilitées et en appelaient à l’innovation.

Keshâ expérimentait depuis quelques temps la toilette sèche en s’exfoliant le corps à l’aide de poignées de sable qu’ils frottait à pleines mains sur son corps. Il enduisait ensuite son corps d’une concoction d’herbes assainissant à l’aide d’un linge humide et y passait de l’huile de palme pour lutter contre la sécheresse. Enfin, ses dents se voyaient offrir un baton d’écorce de Siwak pour garder un minimum de confort. Il était un peu jaloux de Seraphah qui n'avait qu'à s'embraser sous le ciel, une fois Arno et Violette endormis, pour retrouver un teint frais.

Dans la tente, Maëlstrom était déjà là. Lorsqu’il se glissa le plus silencieusement possible sur sa couche, le duvet du portebrume se retourna dans un froissement vers la toile extérieure de la tente. La réconciliation n’était pas gagnée.

Le sommeil finit par l’avoir à l’usure, mais cette pression ne lui réussissait pas. Entre le soleil qui le cuisait, l’incertitude de la mission, leur statut de fugitif et l’hostilité plus ou moins larvée de Violette et Maëlstrom, il se réjouissait de pouvoir converser avec leur guide sur les us et coutumes du pays. Son petit singe Jaruk jouait souvent à lui chiper de la nourriture lors des repas. Il lui en donnait encore plus ensuite, par jeu. S’il n’avait pas aimé que Seraphah lui passe un savon et le mette dans le même sac que Violette, il n’allait pas non plus rayer un des derniers noms restants sur la liste de ses amis pour le voyage.

Au pieds des pyramides, ils étaient exténués. Ces pauvres dromadaires et ce curieux animal qu’était le tamanain se tassaient sous l’ombre de fortune qu’avait eu la riche idée de leur fournir Arno. Quant à eux, ils déliraient éveillés au-dessus des notes d’un Inquisiteur d’un autre millénaire. Que nous réservait le vieux Ader’rhazak ?

Chacun y alla de ses suppositions. L'aveuglante majesté des pyramides les laissaient pantois. Keshâ qui n’était pas le plus grand des lettrés ressentait une certaine frustration. Son intervention se voulait porteuse d'une vision créative. Peut-être que les rimes ou le début de chaque lettre renfermait un message secret? Après tout, il ne perdait rien à essayer. Quand on lui refit la lecture des instructions, il fit remarquer qu’un vocabulaire étonnant était parfois utilisé pour décrire à grande pyramide de Rheel. Il parlait notamment d’ «inversion » et « d’acoustique ». A ce mot, une lueur s’alluma dans les yeux verts de Maëlstrom, qui partagea un regard empli d’une compréhension instinctive avec Seraphah. Ces deux là n’avaient même plus besoin de parler et encore moins d’un cristal de télépathie pour se comprendre.

-« Keshâ… » c’était la première fois qu’il disait son nom, ou même qu’il lui adressait directement la parole depuis des jours. « Je voudrais que tu émettes une note parfaite, pas nécessairement fort, mais longtemps… un peu comme un diapason. Je vais essayer d’utiliser le son pour « lire » la paroi de la pyramide. En concentrant le faisceau sur la pierre et en amplifiant le retour, on devrait pouvoir entendre l’irrégularité si une entrée est cachée. »

Sans être sûr de la faisabilité de ce plan, le jeune homme était trop content de pouvoir se racheter aux yeux de Maëlstrom pour émettre des doutes. Mais avant de commencer, ses sourcils se plissèrent légèrement.
-« Qu’est-ce qu’elle fait ? » demanda-t-il, perplexe, en désignant Violette du menton. Elle marchait en crabe d’un côté et tenait un étrange objet qu’elle fixait dans sa main.
-« Zahl a des procédés étranges, mais elle ne semble pas agir de manière erratique. On dirait que c’est un dé. »

Ils l’observèrent faire quelques instants. Elle semblait convaincue de pouvoir localiser l’entrée à elle seule. Le chanteur défit son turban d’indigo et le laissa couler le long de son corps telle une traine, avant de prendre une grande inspiration. La vibration d’une voyelle cristalline s’éleva et il sentit le son échappé de ses lèvres immédiatement capturé par les mains de Maëlstrom pour devenir un murmure contenu, avant d’être transformé en faisceau concentré qu’il balayait lentement de haut en bas et de droite à gauche. L’écho resplendissant sur la paroi aveuglante et pentue de la pyramide se réverbéra amplifié vers eux comme un souffle vibrant.

Hélas, le résultat n’était pas celui escompté. Si porte il y avait, elle était peut-être ensevelie sous le sable depuis des siècles. Ou alors les nombreuses anfractuosités de la roche parasitaient leur recherche sonore. L’érosion naturelle trahissait leur ingéniosité. Et d’ailleurs compromettait la sécurité de l’édifice, car la chambre d’écho ébranlait de petits débris, des rideaux de sables roulant depuis les hauteurs vers le bas.

Finalement, la suspicieuse méthode de localisation de Violette les rapprochait plus d’une piste concrète. Devançant sa communion avec le dé, les autres se retrouvèrent à palper la façade à mains nues en quête de détails visibles ou d’irrégularités. Ce n’est qu’au terme d’un hasardeux travail en commun que quelqu’un s’écria : « Cette pierre est différente ! Son usure a l’air… volontaire. »

S’approchant pour le constater, Keshâ avisa Maëlstrom : « Les reflets du soleil sont si blancs… je me disais, tu pourrais peut-être sacrifier un ou deux de tes fusains pour noircir les arrêtes et la profondeurs des creux ? On verrait peut-être un motif se dessiner ? »

Comme personne n’avait l’air d’avoir de meilleure idée que de patauger en palpant un mur résolument lisse, les autres adoptèrent l’idée. Violette était constante dans son effort et avait l’air d’obtenir quelque chose. Il espérait qu’elle aurait une conclusion moins énigmatique à leur partager.

Si c’était si facile, d’autres seraient parvenus à entrer depuis des siècles, n’est-ce pas ? Le bouclier thermique du désert ne pouvait pas à lui seul expliquer que le mystère des pyramides soit à ce jour entier.

Spoiler:
Mar 9 Jan - 10:22

La grande pyramide vous fixe, véritable témoin sournois de votre tentative d’intrusion. Après une route aux accent d’ambre et de menthe, vous êtes finalement parvenu sur les lieux du crime, bien qu’à l’heure, celui-ci peine encore à être commis.

Cependant, vous redoublez d’effort, chacun à votre façon. Seraphah, grâce à ta nature élémentaire, tu as pu révéler une partie des notes. Celles-ci exposent, d’une écriture fine et élégante, qu’une entrée mène bien à l’intérieur de la grande pyramide vers ce qui semble être une antichambre, profondément dans son cœur. Y accéder ne sera pas simple, pourtant. Heureusement pour vous, le chemin est décrit, avec des descriptions des pièges que vous pourriez rencontrer. Tous? Non. Deux paragraphes sont manquants. Espérons que ça ne soit pas votre perte, car le temps semble avoir définitivement enseveli ces mots.

Devant la pyramide, Violette se charge de trouver l’entrée, jusqu’ici en vain. Il semblerait que la porte s’en soit une que sous certaines conditions. Heureusement pour vous, vous avez fini par trouver ce qui semble être un précieux indice. Une inscription… En vieil uhrois.
Quelqu’un connaît ce langage n’est-ce pas. N’est-ce pas?

Si vous parvenez à la déchiffrer, voici ce que les notes vous disent sur ce qui vous attend alors:

Ici, la persévérance est la clef. Il faut suivre ce chemin: troisième en partant de la gauche, haut, haut, droite, haut, haut, gauche, bas, gauche, haut, haut, droite, droite, haut. Treize pas, pas un de plus, pas un de moins… Tout faux pas est puni. Attention au vertige au moment de l’échange.

Curieux… Curieux. Entrez d’abord, entrez. Venez découvrir la pyramide.


Ven 12 Jan - 23:26

Nouvelle Recrue

Le Secret des Pyramides - Partie 2



Les conversations avec Arno étaient agréables et surprenantes. Le diplomate trouvait de nombreuses qualités dans ce jeune homme dont il apprenait ce qu’il voulait bien lui dire, mais toujours avec honnêteté d’après ce qu’il percevait sous sa main. Ce dernier jouait la carte de la franchise, bien qu’en raison de son âge, il se doutait qu’il travaillait à la solde de quelqu’un d’autre. Que les informations qu’il obtenait n’étaient pas que de son fait. Il avait beau connaître Violette, d’après la description qu’il en avait faite, démontrant qu’ils avaient du trainer ensemble quelque fois, il n’était pas aussi omnipotent, ou « chanceux » qu’il voulait le laisser paraître…

Un simple marchant n’aurait pas risqué sa vie, à savoir sa liberté, pour se rendre au concile d’après les dires d’un fou. Et plus vous avanciez dans le désert, plus il se rendait bien compte de ta trempe qui avait plus à voir avec un aventurier ou un caravanier...surtout en ces territoires. C'est ce qui l'amena à te refuser ses notes dans un premier temps. "Une fois dans les pyramides, je vous les remettrais." Ce qu'il fera.

Au fur et à mesure des jours, Seraphah revint vers Keshâ. Il était loin de tenir rancoeur à celui qu’il avait pris sous son aile il y a environ deux mois. Il ne revint pas sur l’incident horaire du marché, il préférait continuer à t’enseigner les constellations, affiner ta perception du désert afin de comprendre quand l’air tournait, ou quand les oasis n’étaient pas si loin.

Pendant ce temps, Maelström demanda à Arno s’il était originaire d’Aramila et s’il avait envie d’aller vivre ailleurs que dans cette région au températures jugées lourdes par les étrangers. Il n’était pas au courant de ce que vous échangiez avec Seraphah. À dire vrai, il n’en avait cure. S’il y avait véritablement un danger, l’élémentaire serait tout aussi efficace que lui-même, si ce n’est plus.

___
Le fusain révéla autre chose que le contour d’une roche. Il mit en relief des inscriptions que la majorité ne put reconnaître. Le procédé fut presque magique, vous cinq, en plein désert, en pleine hallucination, vous voici des aventuriers hors pair qui découvrez ce qui pourrait vous amener là où vous le désirez.

Toutes les tentatives précédentes parurent grandiloquentes face à cette phrase en vieil Urhois que l’élémentaire reconnu pour l’avoir étudié jadis en compagnie du grigori et ami à Andoria. Langue qu’il avait eu loisir de rencontrer dans de nombreux lieux détenant des mystères sur le monde qui est le vôtre.

Le regard vert de Maelström se tourna vers Seraphah. C’était chacun son tour de montrer l’étendue de ses capacités, même si le spectacle de chant vibratoire n’avait rien donné, il avait eu le mérite de souligner la complicité qu’il avait développé avec Keshâ. Tandis que Violette avait pu montrer ses talents de danseuse au rythme du dés, ce qui avait permis au Diplomate d’identifier l’un de ses talents secrets.

C’est sous le poids mordant de la chaleur du désert. C’est après tous ces échanges avec Arno, leur guide local dont les intérêts cachés ne lui échappaient pas, qu’il prit la parole : « Du vieil Urhois...Comme indiqué dans les notes, ces quelques phrases vont nous aider à entrer. »
Il se pencha légèrement avant de prononcer les mots suivants à haute voix : « “Ici, la persévérance est la clef. Il faut suivre ce chemin: troisième en partant de la gauche, haut, haut, droite, haut, haut, gauche, bas, gauche, haut, haut, droite, droite, haut. Treize pas, pas un de plus, pas un de moins… Tout faux pas est puni. Attention au vertige au moment de l’échange.”

Pendant qu’il prononçait ces mots en langage intelligible, Maelström nota les indications. « Troisième en partant de la gauche... » Son regard se tourna du côté gauche de la pyramide. Est-ce une indication pour trouver ce qui ouvrira la porte, ou bien…

L’élémentaire prononça ensuite en vieil urhois les inscriptions, comme s’il s’agissait d’une incantation, s’attendant à ce que la porte s’ouvre à l’image d’un sésame ouvre toi…

Que ce soit le cas ou pas, il y avait quelque chose d’assez théâtral dans le procédé qui sembla l’amuser beaucoup.

Résumé:
Dim 14 Jan - 12:43

Le Pion avance

Le Secret des Pyramides - Partie 2



Bien que les échanges avec l’élémentaire s’avéraient enrichissant, j’avais peut-être été trop présomptueux. La situation faisait nécessiter pour moi, qui sais ce qui nous attendait dans les pyramides ? On parlait de pièges et je devrais me mettre en retrait pour consulter des notes à la lueur tremblotante d’une torche ? Pas des plus faciles, mais celui que je continuais à appeler Aleph avait au moins le mérite d’être prudent. Je pense pouvoir dire que nous avions une bonne relation. Je continuais à alimenter le feu comme je le pouvais, soir après soir. Il fallait avouer que les discussions étaient intéressantes, ça nous faisait un point commun. Pas grand-chose, mais quelques regards entendus une fois les échanges libérés des pactes prouvaient que nous gardions chacun des atouts dans nos manches.

Le tableau était maintenant plus complet, comme je m’en doutais, les trois compères étaient bien des relations, leurs noms d’emprunts, bien que communs, n’étaient pas la seule chose les reliant. Trop de tension, trop de sous-textes, la dernière pièce était ce Leonin. Nous échangions brièvement et j’en retirais deux choses: il était le plus aramilan du quatuor m'accompagnant, mais il ne l’était plus ou en tout cas le ressentait moins. Va savoir ce qui lui était arrivé pour ça, mais les échanges où il me demandait ce que je pensais de ce pays… Oui, il fait chaud, indubitablement, oui, le sable est sournois, oui, nous mettions des jours à atteindre les Pyramides, affrontant les éléments, plutôt que via une agréable croisière en zeppelin. Mais en même temps, n’étions-nous pas le pays qui comptait le plus sur l’humain pour réussir ? Parce que je crois que le sable, polis aussi bien les corps que les âmes, les nettoie, les affine, les rend plus douces. Non, de ce que j’avais vu ailleurs au cours de mes voyages, je ne me voyais pas vivre sous d'autres pavillons, là où l’homme laisse peu à peu la place à autre chose, que je ne suis pas sûr qu’il sache contrôler.

Arrivé à l’arrière des Pyramides, j’observais tout ce petit monde s’agiter, beaucoup révélant des choses sur eux qu’il n’aurait pas fallu mettre entre toutes les mains. Cristaux, objets ou même Nébulas comme nos Sentinelles ou une certaine personne de ma famille que je ne nommerai pas. Ils tentaient des choses, avec plus ou moins de succès. Je regardais surtout vers Violette alors que je me cantonnais pour l’instant à monter un camp et une protection pour nos montures, qui sait combien de temps nous serions là. Elle avançait d’une façon qui semblait aléatoire au début mais peu à peu, ça s'affine à mesure qu’elle regardait l’objet dans sa main. Finalement, la solution vint d’elle, le bout du chemin ou le début selon la façon dont on voyait les choses.

Je plissai les yeux à l’approche de la pierre, la blancheur de celle-ci réverbérant le soleil de façon agressive. Pourtant, je sentais mon corps palpiter, excitation juvénile, notre amie avait trouvé la première étape. Merci vieux fou de m’avoir mis sur cette piste, maintenant la suite, qu’est-ce que tu as vu là-dedans Ader’rhazak, est-ce que tu y as caché des choses ? Quel danger pouvais-tu représenter pour nous…

Le fusain s’étala, révélant plusieurs choses, des aspérités, bien moins naturelles que le reste de cette Pyramide, comme si cette roche avait été ajoutée à raison, venait d’ailleurs, qu’elle avait été travaillée. Des aspérités et des mots, dont je n’en reconnaissais que quelques-uns encore utilisés dans certains codes obsolètes. Notre chef d’équipe prit la parole, prit soin de traduire. Vous parlez donc le vieil urhois en plus de le comprendre ? Comment avez-vous réussi ça en une vie, Aleph… Nous nous trouvions face à une première épreuve, avec son énigme et bien sûr, sa première mise en garde.

J’écoutais la fin de la phrase de l’élémentaire, je n’allais pas manquer une occasion d’entendre le son d’une langue quasiment éteinte. Une petite coquetterie de ma part si vous voulez. La réplique de Séraphah sembla faire effet, on aurait cru un tremblement de terre quand, finalement, la pyramide nous permit d’entrer. J’épongeais la sueur sur mon front avec un pan de turban, rien d’aussi sophistiqué que les autres, ni de couleurs aussi riches, avant de pénétrer dans l’édifice. Il y a une certaine poésie que je devinais chez les pilleurs de tombes et les archéologues, quand ils emboîtaient le pas des siècles passés. Pas besoin de regarder autour de moi quand nous arrivions devant le couloir, qui de mieux que votre serviteur, ultime pièce rapportée et intégrée dans cette expédition pour tenter sa chance le premier. Allons-y après tout, ouvrons le chemin pour ce beau monde, ne disait-on pas aussi premier arrivé premier servi ?

Allons-y Arno, assez tergiverser, on se retrousse les manches. Mon pied prit appui sur la troisième dalle. J’aimerais vous dire que ça a été facile d’y aller, mais la soudaine obscurité, la pesanteur de l’air renfermé, les yeux dans mon dos, ça mettait une certaine pression. Je ne sais pas si un élément en particulier ou un tout, mais je sentis un léger vertige. Respire Arno, ça va bien se passer. Je réouvrais les yeux, qui devaient me jouer des tours. Qu’est-ce que je faisais là ? Jaruk, interloqué depuis l'extérieur, vint s’enrouler autour de mon cou. Petite boule de poil aux agrumes, l’odeur m’évite le haut le cœur, tout revient en ordre, sauf que Ocyän se retrouve à ma place sur la dalle.

Quelle est cette sorcellerie ? dis-je entre mes dents. Ça allait être moins simple que prévu. Maintenant, il faut tenter de comprendre cette magie, cette énigme et sa logique. Le Narangpé regarde la scène avec des yeux joueurs, que c’est amusant de voir ainsi les chaises musicales se jouer avec un supplément d’extraordinaire.

Résumé:
Mar 23 Jan - 5:41

Le Secret des Pyramides - Partie 2

La marelle démoniaque



L’équipe attroupée autour de la dalle tentait d’en arracher les indices. La retranscription de l’adage en viel urhois les occupa, sous la houlette de Seraphah dont l’érudition transpirait par tous les pores de sa peau. Mais qui se serait attendu à ce que la pierre obéisse aux inflexions de sa voix profonde. Il était tellement beau dans sa conviction en prononçant les incantations.
Comment le mécanisme pouvait-il répondre aux préceptes scientifiques ? Il n’en savait fichtre rien.

Arno fut le premier à se porter volontaire. Tous le laissèrent aller dans un consentement silencieux. Et ce n’était certainement pas Violette qui allait l’en dissuader. Keshâ retenait son souffle avant qu’il ne pose le pied sur la dalle, s’attendant à ce que le vide l’aspire des centaines de mètres plus bas dans une fausse à pieux.

Il ferma les yeux par anticipation. Tout à coup, une sensation de frais l’enveloppa, ça sentait la poussière. Ses jambes se dérobèrent sous lui et ses paumes frappèrent durement le sol. Heureusement, il n’avait pas débordé de la dalle où il était apparu. Une part de son esprit semblait avoir pris du retard et le rejoindre seulement maintenant alors qu’il scrutait le noir insondable au fond du couloir. Il était très difficile de toiser cet abysse sans avoir l’impression d’un mal inexorable tapis au fond des âges.

-« Je n’ai rien fait de spécial. Ca venait de vous, Arno ? » dit-il comme il avait repris son souffle.
« Je vais reculer. Ensuite, je vais recommencer à marcher sur cette dalle. Et on verra si Arno revient à sa place ou bien s’il n’y a aucune logique à cet étrange phénomène. »

Lorsqu’il posa à nouveau le pied sur la pierre, Violette, Maëlstrom et Seraphah se succédèrent, sans y voir de conséquence logique apparente. La pyramide jouait simplement à les inverser et à remuer leurs tripes comme s’ils tournaient dans un panier à salade. Enfin, il se retrouva à nouveau sur la dalle. Retour au point de départ. Il n’en était pas très satisfait. Il retrouvait ce noir sans limite qui le fixait de son orbite cave.

-« D’accord. On intervertit nos position de manière aléatoire sur cette dalle. Et ça donne mal au cœur. »
Il se retourna vers les autres : « Combien y avait-t-il d’étapes sur le bas-relief ? Huit ? Dix ?... »
-« Quinze. "précisa Seraphah.

Il en eut le vertige. Chaque étape était une chance supplémentaire de se tromper. Les conséquences ne pouvaient être que mortelles.

-« Il faudrait qu’on ait tous un morceau de papier avec la séquence complète et qu’on actualise à chaque échange la position de chacun, sans bouger jusqu’à une confirmation vocale certaine. Il va aussi nous falloir de la lumière… »
Il se pencha pour sortir de son sac sa propre lampe à pétrole.
-« Je vais essayer la rangée de dalle suivante pour voir si son effet est différent … » annonça-t-il, la gorge un peu serrée, quand tout le monde avait l’air de s’être fait à l’enjeu de ce casse-tête collectif.
-« C’était quoi déjà ? Droite ? »
-« Haut. » rectifia Maëlstrom.

Ca commençait bien. Il espérait qu’ils ne perdraient pas leurs repères dans l’espace et que leurs esprits réunis garderaient assez de pugnacité pour triompher. Il serait trop dommage d’échouer à l’entrée après tout ce chemin parcouru et tous ces efforts pour obtenir les notes d’Ader’rhazak. Cette idée raffermit sa résolution lorsqu’il marcha sur la troisième dalle en partant de la gauche de la 2ème rangée.

Violette se retrouva à sa place. Soudainement sous le soleil, la chaleur lui donna le vertige et il se raccrocha à Arno.
-« C’est infernal. Même si nous réussissons… un seul d’entre nous parviendra jusqu’au bout, après quoi, il faudra tout recommencer pour tous les autres. "

C’est ce qu’il comprenait de l’énigme. Si l’un d’eux parvenait jusqu’au bout, ils sanctuarisaient une traversée. A cela s’ajoutait la question que personne n’avait encore prononcer à haute voix : comment cela se passerait-il au moment de ressortir de la pyramide ? Son estomac dans les talons, il se demandait s'il parviendrait jusqu'au bout. Le nombre ne plaidait pas en leur faveur dans cette épreuve de coordination et de collaboration.



Spoiler:
Dim 28 Jan - 16:52

Promouvoir l'agriculture

Ft. Arno/Kesha/Seraphah



S’il y a bien une chose que n’appréciait pas Violette, c’était de se faire balader de droite à gauche sans ne pouvoir rien y faire. Rien de plus énervant que de devoir faire des choses dont elle n’avait aucune envie. Et justement le fait de se faire téléporter sur des dalles obscures tout en subissant des effets de nausées et d’étourdissements en faisait partie.

Initialement, le fait qu’Arno se décide à passer en premier ne la dérangeait pas. Il faisait ce qu’il voulait de sa vie. S’il avait l’intention de la risquer par désir d’aventure ça le regardait. A l’inverse, elle fut beaucoup ouverte à accepter les objectifs aventureux de Kesha et Arno, une fois qu’elle fut impliquée de force dans cette histoire à cause de ces téléportations aléatoires.

Une fois que Kesha provoqua pour une énième fois sa téléportation, la portebrume commença à s’énerver sérieusement.

MAIS ARRÊTEZ PUTAIN DE BORDEL DE MERDE. LE PROCHAIN QUI SAUTE DESSUS SANS RÉFLÉCHIR JE LUI EN METS UNE DANS LE MENTON.

A cause de la nausée, elle avait des sueurs froides. Passant une main sur son front pour relever ses cheveux tout en essuyant la sueur. Reprenant sa respiration, elle reprit sur un ton plus calme.

Vous avez l’intention de forcer votre délire jusqu’à ce qu’une personne s’effondre. 13 pas PUTAIN 13 pas. C’est que le TROISIEME et tu penses que tout le monde va tenir TREIZE PUTAIN DE PAS.

Ses yeux passaient sur les reliures sur les murs. Elle ne les reconnaissait pas n’étant adepte ni d’histoire ni de religion ni d’art.

Même si elle est secrète c’est une porte. Elle est donc faite pour être utilisée, sinon suffisait de construire un mur. Et faudrait être un sacré sado maso pour sciemment créer une porte où soi-même et ses sbires se tapent 13 pas de souffrance à chaque entrée.

Y a forcément un truc.


Ses yeux tombèrent sur les dalles. Déjà la première question c’était le pourquoi la téléportation. Il n’existait après tout rien d’inexplicable dans ce monde. Tout avait des règles, une logique. Rien ne naît du néant, tout avait en quelque sorte un sens. Ce mécanisme de téléportation devait avoir des règles. Il était temps d'arrêter de foncer dans le mur et de réfléchir un minimum avant d’agir.

Elle posa alors son sac sur la dalle suivante. Rien, il restait en place. Elle mit un pied dessus, elle fut téléportée, échangeant sa place avec quelqu’un d’autre.

C’est pas la pression qui provoque la téléportation…

Mer 31 Jan - 18:05

Curieuse pyramide, pointue comme le clou dans la poupée vaudou: elle porte vos mèches de cheveux. Est-ce vraiment une malédiction? Comme la houle, voilà que la vague vous ramène perpétuellement sur la première marche. Si nous continuons sur cette lancée, il se pourrait bien que vous restiez bloqués ainsi pendant longtemps.


Cela fait de longues minutes que vous vous acharnez à lutter contre le chemin, dont vous devinez grâce à vos étranges appareils qu’il fait à peu près huit dalles de long. A chaque pas, vous sentez le vertige monter - treize pas. Pas un de plus. Mais seriez vous à ce point maudit qu'une migraine et quelques hauts le coeurs vous paralyseraient? Vous sentez la bile monter, votre crâne taper. Mais c'est à force d'essais et d'acharnement sur les mêmes pierres lisses. Avancez, peut-être bien que vous pourrez lutter contre ces maux. Doivent-ils vous abattre dés l'entrée, ou est-ce une façon de vous affaiblir avant la suite du chemin?

Jarouk vous regarde, impassible petit singe, son esprit semblant vide et dans le plus grand brouillard à vous regarder, grands bipèdes habiles, vous tordre pour avancer sur ces dalles étroites. A deux, vous tenez à peine - mais vous tenez. Oui, vous tenez à deux… Avec un peu d'astuce et de coordination, vous pourriez bien tenir à quatre.

Patience est mère de vertue, petit singe, tu l’as appris dans tes pires heures sur le comptoir d’un marchand véreux qui ne voyait en toi qu'un objet et du temps perdu. Mais de la patience, tu n’en as plus. Tu avances sur les dalles, devant toi: dans la flamme de l’instant, vous découvrez avec horreur ou avec appréhension le narangpe s’élancer seul, avec la hâte de découvrir lui aussi les mystères qui se cachent devant vous. Il avance, il avance, posant ses pattes partout sauf sur les dalles que vous aviez identifiées comme étant celles des notes. Il avance et… Rien ne se passe. Vous le voyez disparaître dans le fond du couloir.

Une farce, un jeu? Mécanisme étrange, mais sûrement plus simple que ce que vous imaginez. Le couloir lutte-t-il à ce point contre vous?
Sam 10 Fév - 23:12

Nouvelle Recrue

Le Secret des Pyramides - Partie 2



La fierté fit frémir jusqu'à l'extrémité de sa chevelure. Il y avait quelque chose de grisant que d'avoir retrouver le vieil urhois et d'avoir ce bruit sourd de pyramide qui clame: bienvenue!

Il n'était alors plus le centre d'attention, l'écriture ayant donné une marche à suivre semblait être ce qu'il y avait donc à faire. Et pourtant...Funambules ésotéristes ils étaient, chaque nouvelle dalle amenant son lot de téléportation et d'états de plus en plus nauséeux. Maelström comme lui-même était bien impacté, même si le porte-brume semblait plus résistant pour une raison obscure. En tous les cas, il put noter comme chacun était déterminé à entrer coûte que coûte...

Au bout de plusieurs essais, plus infructueux les uns que les autres, Violette se fit entendre. Ce n'est pas la pression qui amène la téléportation. Puis en parallèle voilà le familier d'Arno qui décide de marcher où il souhaite sans que rien ne se déclenche. Seraphah prit une profonde respiration et lança: «Je vais tenter une autre approche!» En vérité, il ne craignait pas pour sa vie. C'était ce qui lui donnait une telle audace, tandis qu'il posait son pied sur une dalle hors du chemin qu'ils prenaient. Tous ses muscles étaient en tension afin de s'évaporer si le moindre mécanisme s'enclenchait.

Maelström voulut l'arrêter, mais il était trop tard. La dalle commença à s'enfoncer avec un bruit sourd, une série de pieux prêts à transpercer l'élémentaire qui se transforma en un courant d'air. Il avait fait ce choix pour ne pas brûler par inadvertance qui que ce soit, vu que désormais il se dirigea vers le bout du tunnel. L'endroit de toutes vos espérances. Il prit le soin de bien se rematérialiser là où il n'y a pas ces fameuses dalles et entama d'allumer les torches qui se trouvaient au mur.

Première chose qui le frappa et qu'il vous lança: «Plus de nausée de ce côté! Je veux dire, plus rien du tout.» C'était intéressant à constater. Puis se souvenant de comment il était arrivé jusqu'ici: «Personne pour faire la même chose que moi?» Bien sûr que Maelström pouvait faire la même chose, mais il savait que Kesha ne le pourrait pas...et quant aux autres, il savait que le secret serait sans doute d'or avec ces derniers. «Il y a comme un capteur qui fait la différence entre un animal et un mortel....» Il ne le mentionna pas, mais il se demandait si ce n'était pas la présence des cristaux sur chacun d'entre eux qui créait ce tournis infini... «Et si vous tentiez de tenir sur une dalle à quatre...il n'y aurait plus personne à échanger.»



Il avait toujours fier allure, mais il avait pu voir à l'œuvre l'un des pièges, ce qui ne le rassurait pas pour ceux qu'il avait embarqué dans cette aventure. Il observa plus attentivement son côté du chemin, mais n'aperçut aucun mécanisme particulier...

Résumé:
Mer 14 Fév - 10:32

Le Pion avance

Le Secret des Pyramides - Partie 2



Au-delà de l’aspect ludique que nos chers lecteurs peuvent imaginer de voir votre serviteur et ses compagnons échanger leur place, il faut bien se rendre compte d’une chose : c’était pénible. D’autant plus quand, comme moi, vous n’êtes pas un foudre de guerre à la constitution éprouvée. Le premier avait été une surprise, les autres expérimentations faites par l’équipe, une épreuve. Ocÿan n’en avait pas mené large lors du premier échange en s’agrippant à moi, du nerf mon vieux, on va y arriver. Je remerciais silencieusement Violette d’avoir mis fin à cette folie, tout le monde avait au moins compris les effets du mécanisme.

Tout le monde ? Pas exactement, notre nouveau compagnon simiesque après s’être bien amusé de nous voir échanger nos places commençait à s’ennuyer. Le jeu n’était plus marrant, il fallait trouver autre chose avant de s’endormir. Aussi, fier aventurier du groupe, il s’était rué en avant, sans prendre garde aux endroits sur lesquels il marchait. Je pensais déjà perdre le petit investissement qu’il avait représenté. Au moins avait-il fini sa vie libre et au moins pourrions-nous voir ce que ça faisait quand on n’écoutait pas les recommandations des notes. Rien ne se passa, à notre grand étonnement à tous. Jaruk avait-il découvert par hasard que tout était une farce grotesque d’Ader’rhazak pour empêcher d’autres après lui d’aller plus loin ?

Impossible, et je pense que c’est ce que jugea notre chef d’expédition, nous n’aurions pas pu pénétrer dans la Pyramide sous ses directives sans les notes. Elles doivent montrer le chemin d’une manière ou d’une autre, à moins que leur transcription n’ait été altérée avec le temps. Audacieux tout de même que de tenter de suivre les pas d’un petit Narangpé, téméraire aussi quand j’entendis un bruit sinistre de mécanisme.

Par les Douze.

Je devais m’y attendre, je devais aussi jouer la surprise ébahie. Bien sûr qu’il cachait des astuces lui aussi ça ne faisait pas de doute, mais ça devait en faire au moins aux yeux des autres. Homme d’air, il se matérialise de l’autre côté, apportant plusieurs bonnes nouvelles, mais aussi plusieurs questions. On pouvait donc tricher ou gruger l’épreuve, ça paraissait faire sens, l’expédition précédente datait et sans doute que de telles anomalies n’existaient pas ou peu. D’autres peuvent-ils le suivre ? Maintenant que je vois mon point de chute, certainement. Hors de question d’en parler, comme je refuse l’idée finale.

Ça va pas le faire, grognais-je, avec un peu d'équilibrisme et de contorsions peut-être, mais le risque de finir poinçonné copieusement est là…

Il y avait de nouveaux paramètres à prendre en compte, autant prendre un peu de temps pour les digérer. Cette Pyramide est restée fermée pendant presque un millénaire, qu’est-ce que quelques minutes de plus ou de moins allaient changer ? À voir si d’autres voulaient rejoindre notre premier de cordée par des moyens détournés. Une bonne façon d’en apprendre plus sur nos amis en somme. Plus ils seraient de l’autre côté, moins on aurait à faire prendre de risque à ceux qui n’ont pas nos talents. Mes yeux allaient des uns aux autres, essayant de deviner qui cachait encore un atout dans sa manche. Dans son stoïcisme tout aramilan, le Leonin me semblait être un bon candidat.

Allez-y si vous le pouvez… Rappelle-toi Arno, qu’est-ce que ça faisait déjà. Jouant avec mes doigts dans les airs, j'essayais de visualiser l’espace comme je pouvais visualiser des chiffres, ou la meilleure façon de rentrer discrètement dans un bâtiment. La dalle centrale, calculais-je dans un souffle, c’est la dernière dalle du chemin.

A croire que les échanges m’avaient quand même un peu affecté, je n’aurais pas tenu le chemin normal. Je ne devais pas être le seul à avoir eu l’idée de remettre celui qui c’était ri de l’énigme dans la boucle. Je les laissais aller à leur plan et leurs propres calculs, mais c’était peut-être une façon facile de casser ce jeu dangereux.

Si j’avais été seul, ça aurait été encore plus simple.

Résumé: