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[REQUÊTE ÉVÉNEMENTIELLE] Les esprits sous la montagne (Monts Gilra)

[REQUÊTE ÉVÉNEMENTIELLE] Les esprits sous la montagne (Monts Gilra) Brandw10
Jeu 11 Juil - 16:01
La route semblait s'étendre jusqu'à l'horizon, bordée par quelques rares arbres noueux et décharnés, avant de disparaître de l'autre côté de la montagne. Du haut de mon perchoir, mes implants d'yeux réglés sur x5, je ne loupais rien du spectacle en contrebas. La lumière déclinée, le coucher de soleil rougeoyant à l'horizon contribuant à donner à cette scène une teinte sinistre et sanglante : ma vision faisant fi de l'obscurité et de la brume qui enveloppait le paysage, je pouvais clairement discerner les silhouettes errantes et décharnées, qui humaient l'air et le sol, comme pour continuer leur garde éternel. Je ne parvenais pas à apercevoir la gigantesque porte, mais je savais qu'elle était là. Juste derrière la terrifiante meute de chiens putréfiés, dont les yeux, brillants d'une lueur malsaine, fouillaient l'obscurité à la recherche d'une proie sur laquelle déverser leurs frustrations millénaires. 

Réduisant le zoom pour revenir à une vision normale, je soupira en enfourchant Gladyss. Décidément, ils ne faisaient jamais de pause, me dis-je en m'élançant dans les routes de montagne, la balise électrogène grésillant à l'arrière de la moto. Ces derniers mois, le monde semblait se tourner vers la Zénobie et les merveilles que semblait promettre cette contrée lointaine, poussant sur les routes un flot renouvelé d'explorateurs en quête de richesse ou de réponse. En ce sens, j'avais reçu pour consigne d'étendre mon secteur de patrouille, nourrissant mon quotidien de nouveaux paysages loin de ma terre natale, jusqu'aux anciens territoires Ipsiens. C'est au détour d'une de ces nouvelles routes que j'avais croisé le campement d'un groupe de scientifiques affilié à l'Alliance qui m'apprit la disparition récente d'un corps expéditionnaire dans les entrailles des monts Gilra. Ce qui m'avait mené, deux jours plus tôt, à prendre une rouste monumentale...

Alors que je m'approchais de la lueur du camp, je grimaçai en repensant à ma première tentative : Première sur les lieux, j'avais tenté une percée aux commandes de Gladyss. Il fut vite évident que conformément aux rapports, les incubes pullulaient dans la zone, mais la moto me permit de les prendre de vitesse. En-tout-cas, jusqu'à ce que je me retrouve bloqué devant une gigantesque porte dans la montagne... Cette dernière était bien fermée, et semblait bien verrouillée à double tour, et pendant ce temps, les créatures mort-vivantes s'étaient regroupées derrière moi... Me bloquant entre eux et l'entrée scellée des anciennes catacombes. Contrainte de forcer le passage avec Gladyss, elle ne s'en sortit pas indemne, et se mit à cracher d'inquiétantes étincelles durant la course-poursuite qui suivit... Une poursuite qui s'était conclue avec une prothèse de main inutilisable pour moi, ainsi qu'un violent coup à l'ego. Encore une fois, je pouvais remercier Bidouille, c'était seulement grâce à lui si ma prothèse fonctionnait de nouveau et que Gladyss ronronnait à présent aussi fièrement sur la petite route de montagne.

D'ailleurs, le gobelin fut la première chose que j'aperçus en approchant du campement, sa prothèse crachant des arcs électriques tandis qu'il semblait occupé à souder une étrange carcasse métallique. Le lieu de notre bivouac atteint, je coupa le contact, jetant un coup d'œil autour de moi. Les incubes ne semblaient pas venir jusqu'ici, on s'était donc installé dans un des anciens campements de l'équipe expéditionnaire, au versant Ouest de la montagne. Situé au pied de la falaise, et bénéficiant encore des barricades laissées en place par nos prédécesseurs, il s'agissait d'un endroit idéal pour attendre l'archéologue promis par l'Alliance, ainsi que les éventuels renforts. Mais toujours personne, songeais-je en cessant de scruter les lieux. Je commençais à trouver le temps long, n'ayant jamais vraiment été connu pour ma patience... L'un qui ne se plaignait pas, c'était Bidouille, pouffant et riant toute la journée, alors qu'il s'occupait en démontant les divers appareils laissés par les explorateurs pour les réassembler en de nouvelles créations délirantes… La veille, j'avais tenté de lui expliquer que si ils avaient laissé de l'équipement, c'était sans doute pour le récupérer au retour, sans succès. J'ai vite laissé tomber, au moins il n'essayait plus de lécher la balise électrogène ou de jouer avec le feu, et puis ce n'est pas comme si il pouvait s'en empêcher. 

Prit par son activité, il fallut un petit moment au petit gobelin pour remarquer la présence, et accessoirement, la lueur de la balise et le ronronnement de Gladyss. Sa main cessa de cracher des étincelles, puis il remonta ses lunettes sur son front pour tourner vers moi le plus grand de ses sourires. Il déversa sur moi un charabia guttural, d'un ton un peu trop joyeux à mon goût, parmi lequel un mot avait eu l'honneur d'être exprimé dans notre langue :

- ...Fini... ?
- Mais non, ce n'est pas fini. On a même commencé encore !


Il me répondit avec un gazouillis volontaire, d'un air détaché comme si tout ça l'importait peu. Mais il était comme ça, et je m'en voulus aussitôt d'avoir levé le ton. 

-Et toi, qu'est que à fait pendant que j'etais partie ? Dis-je gentiment, tu boss sur quoi ?

Bidouille me regarda perplexe, avant de poser le regard sur l'étrange machine inachevée aux airs d'œuvres d'art moderne. Si je ne le connaissais pas, j'aurais pu jurer que c'était la première fois qu'il voyait cet engin. Son sourire revenu, il le tourna vers moi, pour me baragouiner un charabia emprunt de naïvetés en hochant les épaules.

- Attends, mais comment ça, t'en sais rien ? C'est toi qui es en train... D'un geste de la main, je signala que j'abdiquais, ne voulant pas entrée sur ce terrain, laisse tomber. Amuse-toi bien.

Bidouille me regarda m'éloigner avec un nouveau haussement d'épaule, avant de reprendre son bricolage là où il l'avait laissé, sifflant bientôt d'un air enjoué sous le crépitement de son bras-chalumeau. Mon esprit tournait de nouveau vers les raisons de ma venue, je posa le journal de père sur l'une des rares tables qui avait échappé au démontage compulsif de mon ami gobelin. Je tourna les pages jusqu'à tomber sur de vieilles écritures naines que mon paternel avait autrefois recopier au crayon. Je me sentais proche de lui à cet instant, marchant sur ses traces, m'apprêtant à pénétrer dans une nécropole antique pour en découvrir les secrets. Bon, oui, je savais que j'étais là en qualité de sauveteur, voire d'enquêteur, mais je ne pouvais nier ressentir une certaine excitation à l'idée de découvrir les trésors et les mystères dont pouvait regorger la montagne. Je pouvais déjà sentir le frisson de l'aventure ! Et j'avais une revanche à prendre !
Je commençais à trouver le temps long...
Ven 12 Juil - 15:41



Les esprits sous la montagnes

Ginny — Ellendrine  — Tullia — Violette


Le danger l’accompagnait à chaque pas, à chaque souffle depuis son arrivée dans la région d’Ipsen. Cette folle aventure lancée par l’Alliance pour tenter de sauver leur sous-continent de l’ubris d’un seul homme charriait des rivières de sang des plaines d’Ox aux Monts Gilra. Les pertes étaient terribles, arrivé à mi-chemin de leur course vers Zénobie. Mais l’innovation culminait à des hauteurs stratosphériques, pas mêmes atteintes dans les rêves les plus échevelés d’Ellendrine.

Les cordons des bourses devenaient lâches, à grands coup de crédits et d’impression de titres de change des banques Xandriennes. L’aristocrate elle-même y était allée de son petit pari capitalistique pour approvisionner la flotte marchande et militaire de l’alliance en zeppelins cargos de nouvelle génération, à la fois robustes, autonomes et modestes en technologies. La brume les honnissait tant. Là aussi le pari était risqué, mais les rendements en valaient la chandelle, en plus du prestige et de l’aventure.

Tous les aventuriers y allaient de leurs spéculations. Beaucoup s’enrichissaient, pour mourir le lendemain. Toujours rares, les cristaux étaient néanmoins débusqués en plus grand nombre que jamais. Chacun voulait tenter sa chance de devenir un être au-dessus des masses...

Ce n’était pas le cas de Farouk. L’ancienne sentinelle à la peau sombre était de nature paisible et pieuse. Après avoir tout perdu, il ne s’attachait plus aux contingences matérielles. Ce qui lui permettait de garder la tête solidement arrimée aux épaules et le postérieur bien assis sur la selle de cuir noir dont il avait orné Crag, son nouveau compagnon. L’animal mesurait plus de deux mètres au collet. Il n’en restait pas moins un adolescent au regard de son espèce. Le Warg était encore insolent et indiscipliné, toujours à vouloir bondir à la moindre odeur de volatile ou à vouloir musarder lorsqu’il fallait se mettre au travail. Le gros chat avait su trouver rapidement sa place dans le cœur discret de l’Aramilan, pour qui les relations étaient les véritables richesses de cette vie.

Malgré sa supériorité hiérarchique, l’employeuse de Farouk préférait les suivre à pied.
-« Tu es sûre de ne pas vouloir monter cette fois, Ellendrine ? »

-« Sûrement pas ! Plutôt descendre cette falaise seulement à l’aide de mes dents ! La ravine descend déjà tellement à-pic, que sur son dos j’aurais l’impression d’être déjà morte… peut-être un jour, quand tu l’auras mieux apprivoisé. Ce « chaton » reste une arme de guerre. »

Les yeux d’émeraude de la noble dame se posèrent sur les dagues qui servaient de griffes à l’animal, cliquetant avec régularité sur la rocaille desséchée de la sente. Ils allaient plus lentement à son allure. Et c’était bien mieux ainsi. Chaque fois qu’elle se lançait dans une aventure, tout le monde n’avait qu’une idée en tête : courir, courir, toujours courir. La mort venait bien assez tôt.

Selon elle, mieux valait prendre le temps de cueillir l’instant, profiter des merveilles de ces paysages anthracites, au risque de les oublier. Cela lui laissait le temps de penser. Mieux elle pensait et plus elle était intelligente, après avoir rangé ses idées et les informations collectées dans les bonnes catégories et avoir créé des liaisons originales avec ses connaissances préexistantes. Après sa percée pionnière aux bois de Cicada, elle n’aurait jamais cru se retrouver si vite deux fois plus loin hors de l'Enclave. Sur les monts Gilra, elle menait la course avec ses collègues pour le titre de l’archéologue le plus éminent de son temps.

Les cristaux dont elle avait su s’équiper jouerait en sa faveur, pensait-elle. Et ceux qu’elle n’utilisait pas se monnayaient en influence. Avant de piller les trésors souterrains d’Oxenfurt, l’Alliance avait été plus qu’heureuse d’accepter sa candidature lorsqu’elle leur offrit un cristal de télékinésie purifié sur un plateau. Un butin de sa dernière expédition, arraché à un vilain aux idées de grandeurs… aujourd’hui encore, elle ne comprenait pas comment la mercenaire Violette avait pu laisser échapper ce trésor. Peut-être avait-elle connaissance que son esprit manquait de complexité pour manier des pouvoirs mentaux ?

En tout cas, ils étaient là. La balise ronronnait paisiblement sur le dos de Crag, pour repousser les tentacules de la brume. L’entité était frustrée de ne pouvoir jouer avec de nouvelles victimes. Ces offenses répétées se multipliaient avec ces humains qui perçaient un corridor en son ventre. Il allait falloir faire quelque chose contre leur audace !

Farouk, Crag et Ellendrine se retrouvèrent devant les barricades du campement.
-« Vous devez être Ginny Kadwell, je présume ? » demanda Ellendrine en guise d’introduction.
-« Lady Brighwidge Dalmesca. Je suis l’archéologue envoyée par l’Alliance pour rencontrer ces fabuleux vestiges. J’ai du flair. Cela sent la grande découverte. Vous pouvez m’appeler Ellendrine si vous préférez. »

Sa main gantée rencontra celle de l’augmentée. On avait jugé bon de la prévenir de cette caractéristique très voyante chez la jeune femme, qui restait des plus insolite, tant à Aramila qu’à Opale.

-« Et voici Farouk, mon ami. Et… Crag. Son ami. » dit-elle, comme si elle sous-entendait que le Warg n’était pas le sien.
L’immense ours-félin s’empressa de sauter le feu et d’aller au fond du camp pour renifler intensément la drôle de créature, qu’Ellendrine était en train de découvrir d’un air circonspect.

-« Vous connaissez cette créature ? Si oui, je me méfierais à votre place. Crag pourrait bien vouloir en faire son repas. »
« Recule, Crag ! Ça suffit ! » s’énervait Farouk d’une manière si inhabituelle que l’archéologue en vint à rire de bon cœur. Visiblement, il ne contrôlait pas la situation. C’était à se demander qui promenait qui. Le grand taiseux avec sa mitrailleuse Dexar en bandoulière était vaincu par un grand chaton.

Contre les apparences, Ellendrine restait vigilante, de manière à être prête à forcer le Warg à reculer par la force si nécessaire, en utilisant son pouvoir de domptage.

Elle ne portait pas réellement les gobelins dans son cœur. Sa dernière tentative de diplomatie avec les clans nomades des bois de Cicada s’était soldée par un lamentable échec qui entrerait dans les annales. Depuis, toute la région se hérissait de barricades et des têtes humaines plantées sur des pics décoraient l’entrée des campements gobelins. Le Mur Sanglant n’était pas une dragée facile à avaler…

-« Oh, mais ! Sont-ce des caractères nanniques ? Je parle un peu la langue des anciens nains. J’ai écrit une thèse sur la chute de leur Royaume en Urh il y a de cela quinze ans ! » partit-elle à regarder le carnet aux côtés de Ginny.

Dim 14 Juil - 21:12

Les Esprits sous la Montagne


Let's go Rock & Stone



Pour sûr, l'agitation était à son comble au Magistère. Déjà qu'on ne s'ennuyait pas avant, mais maintenant dès que j'étais convoquée pour une nouvelle mission, je pouvais sentir la tension grandissante et presque électrique parmi tous les gens de ce consortium. Et cela parlait beaucoup dans les couloirs, les chuchotements et les messes basses semblant maintenir un bruit de fond, même dans les départements de recherche. On se demande bien pourquoi.... Serait ce le danger imminent qui semble osciller au-dessus d'Opale, la Brume se faisant de plus en plus menaçante et les suspicions d'espions à vous en faire perdre la raison et toute confiance en qui que ce soit ? Ou alors, cette espèce de fièvre frénétique qui avait pris certains à la découverte de nouvelles zones à explorer en Zénobie, comme seul échappatoire à ce bourbier et à cette épée de Damoclès au-dessus de notre tête ? Non... je ne vois vraiment pas de raisons....

Quoi qu'il en soit pour moi, même si cela ne semblait pas me toucher personnellement vu mes dernières préoccupations, je ne pouvais nier que j'avais encore plus de travail avant. Et je pouvais encore m'estimer heureuse, au moins comme d'autres Tartare je n'avais pas à effectuer des missions de chasse aux sorcières pour débusquer le moindre agent potentiel du 13e Cercle. La chance d'une certaine façon me souriait, car je pouvais rester sur mes missions de prédilection: l'encadrement d'expédition. pour autant la requête était quelque peu particulière, au point que le commandant m'avais convoqué dans son bureau Pour bien confirmer ce qu'il y avait à faire. Je connaissais le commandant, un homme toujours occupé à quelque chose, prompt à prendre des décisions et tout aussi rapide à passer au sujet suivant. C'était pour moi un bon commandant, il n'était pas à piailler pour un rien ou bien à me traiter comme du bétail même j'étais une change-peau. Mais parfois, il avait tendance à oublier certains aspects pragmatiques des expéditions dans la Brume. Dans tous les cas, je savais que le point avec lui allait être expéditif, et que je n'aurais pas à rester pendant un demi-siècle dans ces bureaux déprimants. En arrivant sur place, j'avais à peine à annoncer mon arrivée à sa secrétaire que je fus invitée à rentrer. Devant juste baisser la tête pour passer la porte (on finit par avoir l'habitude après plusieurs coups sur le front), j'arrivais dans son bureau et me mettais au garde à vous, claquant mes bottes et faisant le salut d'usage.

"Officier de rang Von Raijer au rapport, commandant."

L'homme affairé derrière son bureau était en pleine paperasse, et il leva la tête pour me regarder derrière ses lunettes. Son regard était perçant, et il en imposait rien qu'avec sa voix autoritaire et sa façon d'être impérative.

"Ha, vous voilà.... Rompez. Je suppose que vous avez eu le résumé de mission."

Il s'était levé de son bureau pour s'avancer vers moi, mais ce simple acte ne suffisait pas vraiment à rattraper l'écart de taille entre lui et moi. Si en comparaison mes cheveux frôlaient le plafond, lui arrivait à peine à ma poitrine. Mais la taille ne fait pas tout, car sa simple présence et sa façon de vous regarder avait de quoi imposer le respect. Sa voix était profonde mais directe, sans jugement mais attendant des réponses. Je baissais mon bras de salut et lui répondis, baissant ma tête pour pouvoir mieux le regarder de mes yeux impassibles.

"En effet. La demande n'est pas vraiment... habituelle. Sommes nous au moins certain de la confiance de cette source ?"

Le commandant et moi, nous nous connaissions assez pour que je puisse faire ce genre de remarque. Il connaissait mon jugement et mon expérience en la matière, et ses yeux pétillant d'un certaine malice semblaient indiquer qu'il n'était pas vraiment étonné de ma réaction. Il se mit même à rire.

"Ha ha ha ! Je pense que vous pourrez juger par vous même. L'information semble provenir de quelqu'un que vous connaissez plutôt bien. Helmael est notre informante. Je suppose que vous savez ce que cela veut dire...."

Je fronçais légèrement des sourcils, seul signe sur mon visage sans expression de mon mécontentement. Et le commandant semblait s'en amuser. Violette Helmael.... Bien entendu que je la connaissais. Cette anguille sur qui j'avais enquêté maintes fois dans mes plus jeunes années de Tartare n'avait cessé de me filer entre les doigts. Soit par manque de preuves, soit parce qu'elle avait des contacts assez hauts placés pour que l'on m'intime de fermer les yeux sur son sujet. Je ne l'avais rencontré que rarement et très rapidement, mais son nom était assez fréquent quand il s'agissait d'informations douteuses et de situations problématiques. Pour autant... Je devais reconnaitre qu'elle avait son utilité et que les informations qu'elle avait fournis jusqu'à présent s'étaient toujours montrés justes. Je réprimais à peine un soupire, hochant de la tête et maudissant ce nom en même temps.

"Oui, commandant. Je suppose que cela explique bien des choses."

Car oui, si son nom était mentionné, c'est que la chose n'allait pas être facile. La requête de mission émanait d'un chercheur qui avait demandé à ce que l'on retrouve un corps expéditionnaire disparut dans les Monts Gilra. Une demande assez étrange, surtout à donner à un soldat Tartare, mais la motivation fut rapidement expliquée par le fait qu'un membre de cette expédition semblait être un ami de ce chercheur. Et comme ce chercheur était relativement bien placé et avait des relations au sein du Magistère... Ce genre de choses, cela ne m'étonnait presque plus à présent. J'étais dépitée sur l'état de corruption de notre groupe. Pas d'un point de vue d'espions comme maintenant, mais plus sur le fait que maintenant je ne peux plus m'empêcher de remarquer ce qui ne tournait pas rond au Magistère. Quoi qu'il en soit, le fait que Violette soit mêlée à cette affaire confirmait certaines choses. Et je savais que quoi qu'il arrive, je n'avais pas le choix.

"J'irais donc pousser les recherches dans cette zone. Zénobie... Ce n'est pas vraiment la porte à côté."

Les Monts Gilra étaient à l'entrée de la Zénobie, tout juste à la sortie d'Ipsen. Mais cela restait une zone plus éloignée de ce qui avait été exploré auparavant, et sans doute loin d'être un parcours de santé. Le Commandant lui semblait ne pas vraiment en avoir quelque chose à faire. Se mettant à faire les cents pas autour de moi, mains dans le dos et son regard dans le vague, il me donna plus de précisions qui n'étaient pas dans l'ordre de mission papier qui m'avait été donné.

"C'est pour ça que l'on vous envoie. Vous irez avec un contingent de Tartares et une équipe de recherche jusqu'à Oxenfurt, pour la forme. Mais ensuite, vous serez solo. Et puis ne vous plaignez pas, les Monts Gilra ce n'est pas non plus l'autre bout du monde... Retrouver autant d'informations que vous pouvez sur ce corps expéditionnaire disparut et revenez. Vous savez quoi faire selon les situations que vous... rencontrerez."

Il me lança un nouveau regard plein de sens, plein de sous-entendu silencieux. Les situations... Je savais qu'il entendait par là que l'usage de la force si nécessaire était autorisé, mais qu'il était également à ma discrétion de coopérer avec quiconque je pourrais rencontrer là bas. Ou bien les éliminer, si cela met en danger la mission. Je savais aussi que porter secours à ce scientifique n'était pas le seul objectif de cette mission. Le Savoir est le nerf de la guerre, aussi je dois pouvoir rapport la moindre information ou le moindre objet qui pourrait être utile pour les recherches du Magistère. J'ai été formée dans ce but, après tout. J'hoche donc de la tête, me mettant de nouveau au garde à vous pour demander en même temps de prendre congé.

"Je ferais ce qu'il faudra, Commandant. Je vais de ce pas me préparer."

Le commandant, satisfait que j'avais entendu son message et que je ne comptais pas rester dans ses pattes, Hocha de la tête silencieusement et fit un geste de la main pour me signifier de sortir. Je ne me fis pas prier, laissant le commandant de nouveau à sa paperasse. Les Monts Gilra... A mesure que je marchais dans les couloirs, j'essayais de rassembler les informations que je connaissais sur le lieu. Pas grand chose, malheureusement. Il faudra donc improviser sur place, une véritable mission d'exploration. Etrangement, l'idée d'aller aussi loin me mettre en danger me mettait de bonne humeur. Aussi, c'est avec un certain zèle que je préparais l'équipe avec laquelle j'allais partir, et mon propre matériel pour cette mission.

Bien des semaines après, je me retrouvais avec l'équipe de Tartare et les scientifiques à la ville d'Oxenfurt. Là, sous couvert de nos recherches dans la zone, nous discutions avec quelques scientifiques de l'alliance Aussi présence sur ce lieux. Ils confirmèrent la disparition du corps expéditionnaire des Monts Gilra, et purent également me fournir de précieuses information sur l'endroit précis où tout contact avait été interrompus. Un endroit peu facile à atteindre, pour sur. Mais j'étais loin d'être sans ressources. Une fois les informations nécessaires prises, je prenais congé de mon équipe et me préparais pour mon propre voyage. Là, dans un endroit un peu isolé, je me déshabillais et rangeais mes vêtements dans un sac spécial à très longues anses, avec ma balise grésillante activée par dessus. J'enfilais les anses trop grandes, et pris ma forme animale de Drake. Là, sous les craquements des os et le déchirement de mes chairs, je me concentrais pour que le sac à dos se positionne bien sur mon dos. Les anses à présent étaient parfaitement ajustées, et le sac ne bougeais pas de mon dos. Il m'avait fallait bien des essais pour parvenir à maitriser cette technique. Mais là, sous ma forme drake, je me sentais... plus libre.

Regardant le ciel, sentant l'impatience de prendre mon envol dans mes veines, je pris mon élan et m'élançais en plusieurs coup d'aile pour investir le ciel et monter en altitude. C'est étrange, mais depuis que j'avais visité ce temple je me sentais... mieux dans ma peau de drake. A présent, je me sentais plus en harmonie avec cette partie de moi, et le vol me procurait plus de plaisir que cette sensation d'être gauche en glissant sur les courants aériens. L'avantage d'être drake, c'est que non seulement j'étais à moi seule une arme vivante, mais qu'en plus en voyageant par les airs je rencontrais moins de danger. En contrebas, je pouvais voir par moment les bêtes viciées roder, qui pour autant soit ne pouvaient pas me voir si haut dans le ciel, soit n'avaient tout simplement pas l'envie ni l'énergie de me poursuivre. Utilisant les courants aériens pour voler en économisant un maximum mon énergie, et me reposant dans des endroits sécurisés que je pouvais repérer en hauteur, je faisais chemins vers les monts, que je voyais pointer à l'horizon. Je me demande ce que je vais bien pouvoir trouver là bas...

Mar 16 Juil - 12:30

Yo tout le monde c'est...

Ellendrine - Ginny - Tullia




L’argent était le nerf de la guerre. Une évidence qui faisait office de lapalissade, mais qui pourtant à chaque période de l’histoire restait toujours aussi vraie. Et à ce jeu là, la guilde des maraudeurs avait aujourd’hui besoin d’argent, beaucoup d’argent. Il ne s’agissait pas là de faire des simples prêts classiques chez les monétaristes pour continuer à investir dans l’équipement et dans l’immobilier afin de maintenir sa trésorerie. Non, il s’agissait là d’obtenir des mannes financières conséquentes pour assurer les liquidités nécessaires à la réorganisation d’un ordre face à la déliquescence prévisible de son propre pays. Xandrie était un état qui prenait son temps pour mourir, nul ne savait quand cela viendrait, mais cela viendrait certainement. Et mieux valait prévoir les événements plutôt que d’obligatoirement les subir.

Jusqu’à présent les mercenaires étaient liés à un contrat d’allégeance d’une certaine manière avec la couronne xandrienne. Mais pour combien de temps ? Si le pouvoir finissait par chuter, les maraudeurs accepteraient-ils de conserver leurs liens avec le nouveau pouvoir et bien prendraient-ils définitivement leur envol au même titre que la guilde des aventuriers avant eux ?

Tant de questions qui n’avaient ici de réponse que dans l’esprit des dirigeants de la guilde qui jusqu’ici restait dans un silence total. Se contentant de simplement sourire pour toute réponse aux questions qui pouvaient se poser sur leur loyauté envers le royaume.

Le chaos, le déclin et les risques de guerre amusaient ses démons cachés sous la peau des hommes…

Evidemment, certains étaient plus prévisibles que d'autres et à travers l’identité du chef du guilde qui nommait sa propre direction avec toutefois un certain respect des équilibres internes permettait de relativement pouvoir anticiper certaines relations. Si le précédent chef de guilde était un xandrien pur souche de la capitale par sa race et son ethnie, ce n’était pas le cas de sa successeure Violette, une omanaise originaire des steppes au nord de la cité ayant vécu ensuite au sein de la diaspora d’Oman à la capitale.

Ce réalignement “omanais” de la guilde entraîne plusieurs conséquences. La première était une plus grande sensibilité aux revendications multiculturelles en interne, la seconde était un rapprochement naturel avec l’est d’Uhr que ce soit Oman ou Opale, et enfin la dernière conséquence était une politique assurément nordiste de la part de la guilde notamment pour ce qui concernait la brume. Les maraudeurs préféraient désormais participer aux opérations de la brume du nord plutôt qu’à celle de l’ouest principalement.

Et justement, aujourd’hui c’était le thème.

Comme à chaque fois que l’on appelait les maraudeurs pour des expéditions dans la brume, c’était l’urgence. Une disparition de corps expéditionnaires, un besoin rapide de régler la situation couplée à une difficulté de rallier immédiatement des hommes avec la puissance de feu nécessaire pour ce genre d’habitude. Classique. Tout du moins dans la forme. Dans le fond, les choses étaient plus originales. Il était après tout particulièrement rare que ce genre d’expédition aille aussi loin. Peu de gens pouvaient aisément s’y retrouver. C’était donc à elle d’y aller. D’autant plus que c’était l’occasion pour elle de pouvoir enfin utiliser sérieusement ses pouvoirs là où dans les terres brûlées à cause de motifs politiques, elle avait dû tabler sur une prudence de principe qui limitait sa capacité à pouvoir apprendre d'elle-même.

Restait à y aller, quand bien même elle connaissait bien les aventuriers, leurs chemins et leurs avant-postes, il fallait rester prudent car le simple voyage pouvait être dangereux. Fort heureusement, les chemins des explorateurs, la tolérance que la brume avait à son égard en tant que portebrume et surtout le fait qu’elle était la personnification même de la chance était à son avantage. D’autant plus que désormais, elle avait un moyen de réduire considérablement ses déplacements en milieu hostile plutôt que de se soumettre à une marche efficace mais lente.

En effet, le spectre du manoir qu’avait affronté le redouté club des 5 avait eu une certaine influence sur celui- ci. Si Vladimir en avait été inspiré pour développer son utilisation des nascents avec des pouvoirs de chimères, Violette elle en avait profité pour découvrir toute l’utilité du pouvoir de surcroissance, dont les limites autre qu’énergétique n’ont pour seuls limites que l’imagination et la capacité d’adaptation de l’utilisateur.

Aux yeux de la maraudeuse, la surcroissance permettait de s’adapter à tout environnement et surtout aux plus hostiles à la vie humaine que ce soit l’environnement aquatique ou encore aérien.

Ainsi, plutôt que de marcher, utilisant ce pouvoir, Violette se faisait pousser des ailes. Quelle ironie. Elle n’était qu’une simple humaine des bidonvilles et des steppes, voilà que désormais elle pouvait se faire passer pour un grigori. Et pour n’importe quel type de grigori car combiné à son pouvoir de camouflage, la portebrume pouvait également modifier la couleur de ses ailes. Noires, blanches, colorées, peu importe. Ne sachant pas vraiment ce qu’elle pouvait rencontrer dans la brume, par principe, elle se dotait d’ailes noires du fait de ces quelques misérables connaissances sur le système grigori.

Volant d’avant-poste en avant-poste, Violette finit par arriver à destination. Atterrissant proche de personnes déja présentes qui discutaient. Elle du faire 5 pas pour s’arrêter, signe que malgré son hypervélocité, son expérience de vol était encore à travailler.

Yo. Ici le support demandé par l’alliance pour le groupe d’exploration.


Elle ne prit même pas la peine de se présenter en premier lieu, son attention était déviée par l’apparence de Ginny dans laquelle elle reconnaissait un amélioré. En la voyant, elle ne put s'empêcher de siffler.

Et bien… courageuse pour aller aussi loin dans la brume avec ta nature.

Bon, au moins on savait qui la brume allait viser principalement. Il fallait dire que par rapport aux humains et aux portebrumes, les améliorés avaient une affinité exécrable avec la brume.

Son regard s’arrêta ensuite sur Ellendrine, puis sur Farouk et enfin sur le warg qui semblait relativement sous contrôle. Probablement du fait d’un nascent ou d’un cristal. Il était peu probable qu’une personne comme Ellendrine commence à gaspiller son énergie via un totem pour rien.

Elle se retourna alors de nouveau vers l’opalo-aramilan.

Salut. Il semble qu’on va finir par faire toutes les montagnes de ce continent ensemble à force…

C’était déjà la 2e fois qu’elles se croisaient aux pieds des chaînes montagneuses.

Mais le Warg… il est dompté ou “dompté” ? Parce que ça risque d’être compliqué de le gérer en même temps que de se balader on ne sait où.

Elle s’arrêtait un instant.

Ah oui dernière chose. Il est à vous le petit dragon en train de foncer sur nous ?

Elle pointait du doigt Tullia en tant de se rapprocher sous une forme peu amicale.