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[Event] La cour des intrigants

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Sam 14 Oct - 16:22

La cour des intrigants

La Tour des Ases - RP libre

Rien. Plus rien n'est plus pareil depuis ce 21 Ioggmar de l'année 1900. Même pour les petites gens, qui souvent clament leur désintérêt des choses politiques et du monde, l'atmosphère n'est plus la même. On a beau se dire que ces conflits lointains ne regardent que les autres, qu'on est déjà bien assez occupé à devoir gagner sa croûte, on ne peut pas ignorer que quelque chose a changé en Uhr. Pas seulement au nord, près d'Oman et de ce qui reste de Dainsbourg. Pas seulement à Epistopoli ou à Xandrie. Non, partout. Il règne maintenant au-dessus de l'enclave quelque chose de plus sournois encore que la Brume elle-même. Quelque chose qui ne dit pas son nom mais qui s’immisce partout et en chacun. C'est la peur enfantine de vieilles histoires qui refont surface, l'angoisse de voir surgir du placard du temps un monstre dont on ne voulait pas même croire à l'existence en plein jour.

Rien de ce qui a été découvert par l'Alliance dans les souterrains de Dainsbourg n'est resté secret très longtemps. Rien de la trahison de Stolos, non plus. Faire taire des régiments entiers d'aventuriers est une tâche impossible, et leur retirer la possibilité d'expier leurs traumatismes en les partageant serait inhumain. Face au retour annoncé d'Arkanis, le faux dieu au vrai nom, chacun y est allé de sa réaction, mesurée ou non. Beaucoup des civils les plus proches de Dainsbourg ont pris peur, fuyant vers le sud, laissant à Opale et Xandrie le soin de gérer une vague migratoire sans précédents. D'autres, plus loin, suffoquant sous la chaleur du désert d'Aramila, ont choisi d'ignorer ce qu'ils ont placé sous le signe du blasphème. Mais les yeux de tous se sont posés sur Epistopoli, enfermant la Capitale du Savoir dans une cage de suspicion aux barreaux plus solides encore que le plus solide des aciers. Enfermés sous cette chape de plomb, les habitants eux-mêmes semblent ne plus pouvoir se regarder dans les yeux.

Opale grouille de son flot habituel et ininterrompu de passants. Les voitures se massent sur des avenues immenses qui paraissent pourtant ne pas pouvoir toutes les contenir. Il n'y a rien à voir d'autre au niveau du sol. Ici, tous se passe en hauteur. Les tours rivalisent toutes de splendeur, découpant le ciel bleu de cette matinée du 11 Uhr avec précision, transformant la voûte en forme géométrique complexe. Le soleil se reflète avec insistance dans les panneaux de verre qui ornent les habitations luxueuses, donnant à la Cité aux Mille Lumières le droit de porter son nom, même en plein jour. À première vue, c'est une journée comme une autre ici bas. À première vue seulement. Car depuis la gare ferroviaire et les différents aérodromes en bordure du centre-ville, hommes et femmes convergent en un seul et même point : la Grande Place.

Là, à l'ombre tranchante de l'immense Tour d'Opale, le Conseil des Cinq a fait dresser une gigantesque table ronde, au milieu d'un Colisée de gradins improvisé pour laisser se masser les curieux. Il faut dire qu'une telle réunion est pour le moins unique. Tous les chefs d'État ont été conviés par le Chancelier pour ce sommet de l'Alliance. Tous, dont le Régent, qui semble détenir la clé du mystère en cours. Beaucoup sont déjà là, attablés, échangeant des mondanités sans intérêt ou des salutations protocolaires qui n'intéressent qu'eux-mêmes. Le Conseil Œcuménique est au complet, le Conseil des Cinq aussi. Huan Qin Long a fait le déplacement de Xandrie avec ses fidèles ministres. Toute sa bonhomie crasse déteint sur le sérieux du moment. Son ventre bedonnant écrasé contre le rebord de la table, il plaisante avec ses amis d'Opale, qui savent lui offrir un rire convenu dès qu'ils les savent nécessaires.

- J'espère, tonne le Roi, que le banquet sera au moins aussi impressionnant que la table qui le recevra ! J'ai fait venir de Xandrie quelques viandes fumées que j'ai hâte de vous faire goûter. Je suis certain que mes amis du sud seront ravis de manger autre chose que du sable ! Sa main droite tape contre le bois, alors que son rire gras résonne au cœur de la place.

- Je crois, votre Altesse, que les préoccupations du monde portent actuellement sur des problèmes moins appétissants que le repas à venir.

Du coin méridional de la Grande Place, un cortège impressionnant fait son apparition. La délégation épistopolienne arrive, avec son lot de scientifiques de renom, de soldats aux aguets et de diplomates tout acquis à la cause de l'homme qui vient de prendre la parole. Elias Van Beck, Grand Sapiarque, a ce charisme dans lequel on a taillé beaucoup de grands hommes. Sa voix est calme, inflexible. Son sourire, poli, ne trahit rien de moqueur. Et pourtant, chacun a compris, le Roi Dynaste en premier, l'humiliation qui venait de lui être infligée en quelques mots. Vêtu d'un manteau de cérémonie vert émeraude, d'un pantalon droit noir et d'une chemise immaculée de blanc, il prend place, laissant à sa suite le soin de regagner les tribunes.

- Soyez le bienvenu, Grand Sapiarque. Tente Richard Almond, le plus vieux des Conseillers d'Opale. Derrière le voile gris de ses yeux et les rides de son crâne, nombreux sont ceux qui voient en lui le dernier rempart de sagesse contre la folie opalienne. Nous n'attendions plus que vous. Monsieur le Chancelier nous a informé de la non participation du Régent, que nous regrettons amèrement. Comme vous l'imaginez, nous co...

- Je laisse l'imagination aux rêveurs, conseiller. Je ne peux pas répondre des actes du Régent, et j'espère qu'il ne répond pas des miens, le coupe Elias sans se départir de son sourire.

- Il est pourtant difficile d'imaginer qu'aucun de vous deux n'était au courant des trahisons de Stolos. Ses révélations pour le moins surprenantes l'étaient-elles réellement pour vous, Grand Sapiarque ? L'archevêque de Doulek ne mâche pas ses mots et ne cache pas sa haine. Qui sont les prochains sur la liste du prétendu faux dieu ? Bien des subterfuges ont déjà été utilisés pour légitimer les annexions de nos terres.

- Archevêque, je vous prie de croire en ma sincérité. Si je voulais aujourd'hui envahir Aramila, croyez bien que je n'userais d'aucun subterfuge de ce type. Il me suffirait simplement d'en donner l'ordre.

Il n'a fallu que quelques secondes au sommet de l'Alliance pour se muer en pugilat. Les murmures ont cessé, toute l'attention de la Grande Place est désormais portée sur le Grand Sapiarque, pris en tenaille par tous les autres dirigeants du monde. Pourtant, même acculé, même coincé, il semblerait que ce soit bien lui qui attaque avec le plus de véhémence.
Sam 14 Oct - 22:52

Protéger le gros

Event



C’est là-bas ?

Violette descendait rapidement deux par deux les escaliers des gradins jusqu’aux rangs les plus bas. Derrière elle, un vieil homme accompagné de quelques brutes la regardait faire, une pipe entre les doigts avant de soupirer.

Doucement jeune fille. Il n’y a pas lieu d’aller trop rapidement, nos places ont déjà été réservées par la garde.


[Event] La cour des intrigants 3e963677382884a6fbaf2758eb1500d0
Le nom de ce vieil homme Arnold Kruger. Fieffé coquin selon les intimes, infâmes psychopathes pour ceux qui ne l’aiment pas. Qu’importe comment on le considère, il est rare que le maître de la guilde des maraudeurs laisse indifférent. Il faut dire qu’avec son air en permanence hautain doublé de ses expressions tout aussi narquoise que la plupart de ses paroles, il est capable de provoquer bien du monde…

La question était surtout, qu’est ce que pouvaient bien faire les maraudeurs ici. Il était certain que les affaires politiques ne les concernaient pas. Les mercenaires étaient des exécuteurs, tant qu’il y avait une prime, ils faisaient n’importe quoi, n’ayant que peu de considération pour les conséquences politiques de leurs actes, même vis-à-vis des intérêts de leur propre pays.

Non, ils avaient simplement été débauchés discrètement par Xandrie, son roi et sa garde rapprochée. La mission qui leur avait été confiée était extrêmement simple: défendre le roi et le gouvernement xandrien en cas de problème et de danger. Dans une réunion qui concernait la trahison d’une nation militariste doublée de révélation sur des soi disante divinités, mieux valait être trop prudent que pas assez. Surtout lorsque l’on était impopulaire jusque dans son propre pays.

Bon, protéger c’était relatif toutefois. Cela était plus du rôle de la garde royale. Les maraudeurs eux devaient plutôt assumer… Ce que la garde royale ne pouvait pas faire en cas de problème. C’était à dire tout ce qui touchait à sacrifier ou éliminer des civils, tout du moins risquer leurs vies pour permettre à celle de l’incompétent et du pantin de vivre. Mieux valait que ce soit la guilde des maraudeurs qui assume les crimes contre des opalins, des epistotes ou des aramilans que le palais royal après tout.

Ainsi, de manière officieuse, les maraudeurs suivaient la délégation xandrienne et aujourd’hui journée tranquille à regarder des débats qui seraient très probablement insipides et ennuyeux.

Se posant dans les deux premiers rangs des gradins derrière le roi xandrien, Arnold salua d’un geste de la tête le dispositif de sécurité du royaume qui lui répondait de même d’un air entendu.

Autour du groupe de mercenaire, des places vides pour les quelque courageux qui oseraient se mettre à côté d’eux. Il fallait dire que pour un civil lambda, ce genre d’individu faisait peur, entre ceux avec des cicatrices, les armoires à glace, et les regards de tueur que certains avaient (sentiment totalement avéré dans 100% des cas).

Dans le même temps, comme à son habitude, Violette posée à côté d'Arnold, râlait et se plaignait.

‘Tain. J’espère que ça pas durer 1000 ans cette merde.

Du calme, il faut le faire de temps en temps.

Le vieil homme répondait d’un air mielleux. C’était ça qui était énervant avec lui, il ne s’énervait jamais, n'insultez jamais. Pour les gens colériques, il n’y avait rien de plus frustrant que ceux sur lesquelles toutes les émotions négatives glissaient comme du savon.

Ce sont les affaires. Il faut parfois accepter de s’ennuyer.

Ouais…

Si l’homme était aussi complaisant avec elle, ce n’était pas pour rien. Voyez-vous, Arnold avait un problème. C’était un vieux croulant, et comme tous les cadavres en devenir il se posait sans cesse la question de sa succession. La chose n’était pas simple dans cette guilde où tout se faisait au talent et à l’improviste plutôt qu’en réfléchissant. Et malheureusement pour lui, ceux qui voulaient devenir chef étaient des débiles incompétents quand ceux qui en avaient la capacité, chacun pour diverses raisons ne semblaient pas intéressés par le poste. Sacré traquenard fallait dire de gérer une guilde d'électrons libres où l’autorité du chef était relative et composée de gens qui avaient tué, violé, torturé, souvent gratuitement pour rigoler en dehors du cadre de toute mission.

Violette comme d'autres appartenaient à la seconde catégorie. Et comme les autres, il tentait de la formater pour lui faire comprendre à quel point c’était génial de devenir le maître de cette guilde de détraqué.

Quoi qu’il en soit, tout le monde se posait écoutait d’abord leurs souverains s’humilier tout seul. Certains rigolaient de la chose quand d'autres comme Violette maugréait de passer pour des cons devant tout le monde.

Rapidement, la discussion devint un tribunal pour Epistopoli, les mercenaires écoutant tout cela d’une oreille discrète. Juger c’était pas leur métier. Surtout que ce serait bien hypocrite de leur part de critiquer les traîtres, vu ce qu’ils étaient.

Résumax:
Dim 15 Oct - 15:50

Être sur ses gardes

La Cour des Intrigants



Volute. De pensées. De divagations. De préoccupations. Les choses n’auraient pas du se passer comme ça. Le souvenir était tenace tout le long du vol jusqu’à Opale. Kesha qui écoutait dans le coin de l’oreille les mots de Maelström. Des excuses porteuses d’un message fort « Il croit en toi. Reviens nous entier. » Comment les choses avaient-elles pu aller si vite? En quelques mois, ils faisaient tous les trois parties du même bataillon. Qui s’était retrouvé séparé sous le poids d’obligations qui restaient encore troubles pour l’élémentaire qui n’était pourtant pas du genre à rechigner.

Au moins, le jeune chanteur aux talents tout autre pour la mission en quête du régent avait pu avoir quelques conseils de dernières minutes, faute d’avoir ses mentors auprès de lui.

___

L’arrivée à Opale avait toujours un quelque chose de grandiose. Était-ce du aux édifices parés de mille éclats? Était-ce du à cette opulence qui voulait faire croire à un paradis volé? Seraphah aimait l’architecture mais détestait les habitants. Bien sûr pas tous. On ne condamne jamais un peuple en son ensemble. Mais ceux des familles, et en particulier celle dont le nom lui avait apporté statut autant qu’un trauma cuisant : Von Arendt. L’histoire remontait à un siècle maintenant, mais il se souvenait du manque d’empathie du Magistère pour ne pas parler directement de cruauté...Alors pourquoi toujours porter ce nom? Pour leur faire affront, tout en honorant la mémoire de celle qui était devenue sa femme. Ce nom lui avait aussi valut un certain héritage qui avait à l’époque fait polémique au sein de la famille. A-t-il encore des relations avec cette dernière? Très peu. Il n’y avait qu’une branche de descendants avec qui une relation a pu se poursuivre…

Un regard vers l’emplacement dédié aux familles de la ville de lumières lui prouva qu’ils étaient tous présents. Aucun salut ni d’un côté, ni de l’autre. Ils étaient obligés de le reconnaître comme membre de leur famille, mais aucune démonstration en public. Cela a toujours été ainsi.

Il avait marché dans les pas d’Elias Van Beck, au même titre que toutes les têtes importantes d’Epistopoli qui raflait tous les regards à son arrivée. C’est que chacun avait le port noble et une démarche des plus assurées. Sans compter la suspicion ambiante qu’ils avaient tous à la vue de l’absence du Régent. Seraphah quant à lui se demandait ce qu’il faisait ici, son esprit ne pouvant s’empêcher de penser à la Brume et à la fuite du Régent. D’ailleurs, était-ce réellement une fuite ou un enlèvement? Était-il maitre de la situation ou lui a-t-elle échappé? Qui gagnait à faire tomber Epistopoli?

Ces interrogations restaient toutefois stériles, aussi sûrement que son utilité à ce moment-même à Opale. C’est avec un soupir non contenu qu’il prit place dans la foule afin d’assister au spectacle, ou devrait-il dire au jugement d’Epistopoli. Parce-qu’en l’absence du régent, le Grand Sapiarque devait user de sa stratégie préférée : attaquer pour se défendre. Tout cela avec un port altier et des demi-sourires qui laissaient passer des vérités totales. En son fort intérieur, il devait bien avouer qu’Elias possédait là un véritable talent.

Arkanis. Ce mot était sous toutes les langues et l’absence du régent mettait à mal la posture d’honnêteté de la cité des Technologies. « Nous ne devrions pas être ici. L’endroit peut se faire facilement encerclé. » Seraphah rit doucement : « Moi qui croyait que tu partageais mes pensées que nous ne devrions pas être à Opale...et encore moins en effet dans un endroit aussi peu adapté à tous les dirigeants présents. » Maelström avait toujours ce naturel à déceler les failles des endroits où ils mettaient les pieds. Il était sur ses gardes, portant comme à son habitude des dagues dissimulées, malgré les quatre garde du corps qui les entouraient afin de maintenir la foule en cas de mouvement de masse ou pire.

Il préféra rester debout, observant d’un œil hautain ces bancs qu’on avait mis à disposition des « invités ». Il n’allait certainement pas risqué que sa tenue de soie d’un rouge et noir en écho à son humeur, ne prenne le risque de se filer.

Résumons:
Mar 17 Oct - 21:32

La cour des Intrigants

Acte premier, Chapitre 2 - Opale

La foule bruyante mugissait dans un torrent sonore alors que se massait devant l'estrade fraîchement dressée une quantité phénoménale de ballots de toutes sortes. Au-delà des gradins où se bousculaient les spectateurs avides de trouver la meilleure place, la foule ne cessait de gonfler, rassemblant dans les rues avoisinantes des visages qui multipliaient origines lointaines et races exotiques. Toute Uhr semblait s'être déplacée et vibrait au rythme de ce sommet historique. Maël, grigori de son état, aurait presque pu passer inaperçu dans ce flot continu de personnages bigarrés. Pourtant maître de prudence, ses ailes sombres étaient finement retenues par une cape de velours sombre. Il observait le mouvement continu de ses yeux d'or, réfugié loin du brouhaha sur ce qui restait d'une grosse colonne tombée lors du dernier séisme en provenance de Dainsbourg.

Au pied du vestige, le garde opalin qui l'accompagnait se balançait nerveusement sur ses pieds. Son visage se tendait à mesure que l'agglomération prenait de l'ampleur, comme s'il doutait de sa capacité à contrôler un tel rassemblement. Bousculé de plus en plus régulièrement par les passants qui menaçaient de le déloger de son poste, l'homme se raidissait davantage à chaque minute. Y avait-il déjà eu une telle affluence dans les rues d'Opale ? Tant de choses pouvaient mal tourner ! Pourtant, Maël était profondément ennuyé. Comment pourrait-il être heureux d'être là, à devoir assister à une barbante et interminable réunion politique, alors que le Régent, le seul susceptible de pouvoir pimenter cette réunion, avait été aperçu en train de fuir la Cité du Savoir ? Oh, bien sûr, rares étaient les personnes au courant de l'expédition ayant été rassemblée dans la hâte et le plus grand secret pour le poursuivre.

Si l'Alliance était à l'origine de cette poursuite, elle était aussi instigatrice de ce sommet politique et avait rassemblé dans la Cité des Lumières une délégation conséquente de diplomates, juges et magistrats. Plusieurs aventuriers avaient également été mandatés pour assister à la rencontre. Pour autant, aucune place d'honneur n'était réservée à l'andorien, sa présence davantage considérée comme un symbole. Sur ses vêtements immaculés, le signe de l'organisation apparaissait toutefois de manière ostentatoire, donnant du poids à cette attitude hautaine qui caractérisait l'albinos. Tel le roi du monde, il observait la scène de haut, comme s'il lui-même ne faisait pas partie intégrante de cette foule monstrueuse, ignorant les commentaires qui fusaient lorsqu'on le remarquait.

La moue sur son visage fut rapidement remplacée par un sourire lorsqu'il reconnut dans la délégation epistopolitaine la chevelure flamboyante et familière de quelqu'un qu'il n'avait pas revue depuis très longtemps. Décidant qu'il était temps pour lui de se rapprocher, le grigori sauta agilement du promontoire où il s'était réfugié, bondissant dans l'espace laissé par un enfant chahuteur. Ignorant les protestations qui fusèrent, il planta là le garde censé le protéger pour se frayer péniblement un chemin jusqu'au vieil élémentaire. Il lui fallut de longues minutes pour progresser dans la marée de plus en plus compacte et un profond malaise s'empara de lui. Était-ce parce qu'il possédait des ailes qu'il se sentait aussi maladroit à marcher ainsi vers le cœur de la ville ? Celle-ci l'oppressait de ses édifices d'une hauteur interminable et des têtes qui le surplombaient. Il étouffait, mais continua malgré tout.

Il s'approcha de l'homme, concentrant son attention sur son objectif, quand le compagnon de celui-ci se tourna soudainement vers lui, comme s'il avait perçu son regard. Maël lui adressa un sourire et celui-ci se pencha rapidement pour murmurer quelques mots à l'oreille de l'homme de haut rang à ses côtés.

— Seraphah ! Quel plaisir de te retrouver ici ! s'exclama-t-il en le serrant amicalement dans ses bras. Regarde-toi, tu n'as pas changé d'un poil.

Rien de plus normal, pour un élémentaire. Lui-même avait aujourd'hui revêtu une apparence plus mature. Une barbe fine courait le long de sa mâchoire et des rides en pattes d'oie se creusaient lorsqu'il souriait.

— Vous devez être Maelström, présuma le grigori en serrant sa main. Seraphah ne tarit pas d'éloges à votre égard. Je suis ravi d'avoir l'occasion de vous rencontrer. Je suis Maël, diplomate de l'Alliance. Peut-être votre protecteur vous a-t-il déjà parlé de moi ?

Il n'en doutait pas vraiment. Après tout, ils étaient tous deux des amis précieux et si leurs fonctions respectives les empêchaient de se voir aussi souvent qu'ils l'auraient souhaité, leur correspondance était aussi fréquente que possible. Pourtant, que signifiait donc le temps pour des êtres pouvant vivre des centaines d'années sans que les années n'aient d'emprise sur leur corps ? Comme s'ils ne s'étaient jamais quittés, les deux hommes discutèrent pendant de longues minutes de leurs projets respectifs, profitant de ce moment pour échanger tout ce que le papier ne leur permettait pas d'exprimer. Rapidement, toutefois, leur attention s'orienta vers la raison de leur présence : les premiers échanges ayant eu lieu, les conversations se muèrent en murmures avant de peu à peu s'éteindre. Personne ne voulait perdre un mot de la joute verbale qui se jouait.

Résumé:
Mer 18 Oct - 13:00

Des yeux dans la foule

La Cour des Intrigants - Acte I, Chapitre 2



L’entrée dans Opale avait toujours quelque chose de dérangeant, que ce soit ces tours semblant dont les reflets miroitant les fonts ressembler à des lames aussi bien pour se libérer des chaînes du sol et de la gravité que pour déchirer le ciel. Les masses grouillantes se déplacent dans leurs attelages impies ou à pied, l’air en reste chargé de Myste et, comme souvent quand un convoi étranger arrive, les regards en coins convergent pour se moquer des voyageurs et de leurs obsolètes bêtes.

Opale, ma chère, tu n’es définitivement qu’une coquille où le paraître est plus important que l’être. C’est sans doute pour ça que, j’éprouve plus de plaisir à rester en ton sein, les espions et informateurs de l’Ordre peuvent facilement se glisser dans ton moule, là où ce qu’on nous apprend est le mode de vie normal.

Les opalins regardent, la caravane passe. Le voyage aura été long depuis Aramila, quelques péripéties en cours de route, mais quel trajet n’en avait pas de nos jours. On avait réussi à passer sans encombre et sans trop de pertes jusqu’à l’agitation de cette ville. Je préférais toujours le voyage par la mer, mais c’était un luxe que je ne pouvais pas me permettre. L’attelage s’arrête, j’approche de la tête du convoi et me prends directement une franche tape dans le dos. Chef content, pas mal pour une première à s’occuper des bêtes. Je souriais niaisement en feignant de rougir.

Un coup d’œil vers la dernière caravane de l’attelage et ce qu’elle contenait, ou plutôt qui. Au revoir petit être, on se reverra peut-être. Il fallait maintenant que je fausse compagnie a tout cet équipage, leur mission était finie alors que les marchands, ceux qui nous avaient accompagnés jusqu’au bout commençaient à se répandre dans les artères de la ville, se diluant en elle.

À moi de devenir goutte d’eau maintenant, de laisser le palefrenier couler pour se vernir d’une nouvelle couche. Disparaître au coin d’une rue de cette démarche aux jambes arquées d’avoir trop passé de temps sur une monture, rentrer dans une coursive, sortir de nouveaux vêtements de son chapeau, se redresser, être fier. Ça ne te prenait qu’un instant, force de l’habitude sans doute, mais l’illusion physique était là. En sortant, un énième opalin rejoignait la foule et regardait d’un air supérieur les Tamanains et le convoi qu’il venait de quitter sous une autre forme.

Tu devais finir ta mission maintenant, ton périple te faisait suivre les mouvements de la foule qui se rapprochaient de la Grande Place. Tu n’étais pas hermétique, tu entendais les rumeurs durant le voyage et elles se consolidaient de ce que tu apprenais, triais, retenais des discussions allant bon train. Il y avait de l’agitation dans cette marée humaine, tout Uhr s’était déplacé.

Tu en apprenais plus avec ton contact. Échange de bons procédés, les documents passent de tes mains aux siennes sans saccade, d’un geste fluide, à lui de les décrypter car ta mission s’arrête là. Il t’explique en détail ce qu’il a entendu, des arrivés d’émissaires de chaque pays, des délégations qui viennent des quatre coins des terres hors de la Brume. Les lieux de pouvoir ont ce charme qu’ils attirent. Le centre de gravité de l’enclave était clairement à Opale depuis quelques jours avec l’agitation autour de cette grande réunion. L’arrivée du défilé epistote remontant l’avenue principale depuis l’aérodrome devait être la dernière pièce pour lancer la machine.

« Apparemment, le Régent n’est pas de la partie. »

Tu hausses un sourcil, comme c’était curieux et quel hasard de calendrier de te retrouver là n’est-ce pas. De là à penser que des personnes tiraient les ficelles dans l’ombre, réunissant le maximum des tiens pour ne pas rater une miette des échanges et de ce qui se passe autour il n’y avait qu’un pas. Tu serres franchement la main de ton contact avant de prendre congé et de te diriger vers la place.

On aurait juré que, dans sa marche, d’une arcade à l’autre, un opalin avait disparu et qu’un simple aramilan avait pris sa place par quelque tour de passe-passe ou de l’espace.

J’arrivais finalement sur Grande Place, déjà bien remplies. Je balayais cette agitation du regard, la tension était déjà palpable et finit par éclater à l’arrivée du Grand Sapiarque et de sa cohorte. Prenant place sur un banc de fortune en bout de ligne, je reconnaissais quelques têtes connues, que ce soit dans les maraudeurs.

Intéressant.

Ou dans le cortège aramilian, un visage fin, une crinière solaire. Il fallait forcément que cet ambitieux soit là. Me reconnaitrait-il ? Difficile à imaginer dans cette foule et, même si c’était le cas, tu ne le montrerais pas, comme à ton habitude.


Résumé:


Dernière édition par Arno Dalmesca le Mar 12 Déc - 5:37, édité 1 fois
Sam 21 Oct - 13:02
Entourée de terre, le sable sous les ongles, une boule de poussière sur le bitume ardant.
Des yeux vers le ciel contemplent les hautes tours - plus rien des arbres, de la pluie, du vent.
Enfermée sous les voiles. Silencieuse, discrète.
Qu’est-ce qu’un caillou dans un puits de diamant?


Petit être discret, Lö. Recroquevillée dans la remorque, elle n’était plus que la flamme vacillante d’une bougie semi-éteinte, embrasée par le bruit de la ville qui n’était qu’un étouffant vacarme. Des jours à transiter comme un petit bagage interdit, à parcourir le monde sans ressource, sans l’esprit des lumières de ce siècle ravissant.
C’était une fournaise. Doucement, la tête comme un étau, elle tenta de discrètement passer le regard à travers les tissues de la caravane - comme une viande saucissonnée, les tissus étaient à la fois prison et à la fois barrière, piégeant le passager clandestin en lui offrant une protection digne des plus belles cages dorées.

Le spectacle que lui renvoyait ses yeux était atroce. Partout, des debouts par centaine, par millier, des mots qui ricochaient sur toutes les surfaces avec des sons barbares, des émotions qui lui coulaient dessus par vagues violentes, des rouleaux sournois qui n’avaient que faire du consentement et venaient s’écraser sur elle pour la piéger sous les rochers. Le monde était émotif, surtout aujourd’hui, surtout ici. Où était Lö?

Podrick parti, lui aussi. Elle était seule.

Elle était perdue.

Elle était à trouver.

Il fallait qu’elle se trouve, peut-être. Et qu’elle retrouve un chemin. Et des chemins, il y en avait partout autour d’elle, si seulement il n’y avait pas autant d'âmes vagabondes pour les piétiner d’abord. Elle était perplexe: Si Aramila était étouffante, cet endroit-là était un enfer. Son coeur battait à s’en rompre, rempli à rabord de sentiments incessants, sa tête lourde et douloureuse, qui semblait trembler à chacun de ses gestes, faisant palpiter l’arrière de ses yeux comme deux cloches.
Il fallait fuir. Loin. Trouver la forêt. Ce n’était pas sa maison du tout, ici. Non, c’était un four. Fuir.

Opposant aux voiles sont poids, elle se laissa chuter au sol, tombant du convoi discrètement pour épouser un instant le sol chaud et malodorant, une odeur de poussière rance, de fluides en tout genre, de chaussures riches. Elle leva les yeux: personne ne semblait l’avoir remarquée, Lö, et c’était bien. Elle pu se faufiler entre les corps chauds pour trouver un bout de mur contre lequel s’adosser, se cacher. Elle ne payait pas de mine, dans ses frusques aramillanes qu’elle avait volées sur le tas - chemise trop grande, ceinture dorée, un grand voile de noble dame qui recouvrait son visage.

Pendant un instant, elle pu respirer: au dessus d’elle, des tours immenses, entassement de merveilles brillantes qui illuminaient sans soleil, brillant sur la vaste place qu’elle voyait, s’étendant de toute part, rempli de personnes, noir de monde, noir de coeurs. Une nausée s’empara de son estomac vide. C’était révoltant pour Lö. Revulsant. Une issue?

Au loin de la place, ça grouillait fort. Il y avait une masse énorme de gens, entourant d’autre gens qui eux étaient bien moins nombreux. C’était peut-être ça, l’issue? L’hesperide étudiait doucement les alentours. Si elle longeait la place… Oui, si elle faisait le tour, alors elle pourrait quitter cet étau pour atteindre ce havre, où elle pourrait enfin s’écouter ressentir. Comme une petite souris, la lueur se mise en route, avatar discret de la poussière, de la nature et des orages. Cherchant la paix, elle essayer de rejoindre le cortège, espérant y trouver le calme. Espérant, desespérant de retrouver le silence et les dunes. Lö devait se retrouver.
Dim 22 Oct - 4:32
Atahara observait la Grande Place d'Opale depuis l'ombre bienfaisante de la Tour d'Opale. L'effervescence de la cité bourdonnait autour d'elle, un flot incessant de passants se perdant dans les artères débordantes de vie. Des voitures massées sur les avenues semblaient défier les lois de l'espace, mais ce n'était pas cela qui retenait l'attention de la prêtresse. Ici, tout se jouait en hauteur, les tours majestueuses transperçaient le ciel bleu, créant une géométrie complexe. Les reflets du soleil dans les vitraux des demeures luxueuses conféraient à la cité son surnom éclatant.

Pourtant, sous cette apparence de normalité, une tension palpable flottait dans l'air. La gigantesque table ronde dressée au centre de l'arène improvisée, sous l'ombre tranchante de la Tour, était le point de convergence de tous les dirigeants d'Uhr. Le Conseil des Cinq et le Conseil Œcuménique étaient réunis, chacun arborant des visages sévères. Le Roi Dynaste de Xandrie, jovial et ventripotent, trônait au centre, égayant la scène de ses rires sonores. La délégation épistopolienne, dirigée par le Grand Sapiarque Elias Van Beck, défilait avec une aura de gravité.

Atahara, en retrait, observait le déroulement de cette réunion tendue. Les échanges protocolaires sonnaient creux à ses oreilles, tandis que les regards et les gestes trahissaient des enjeux bien plus sérieux. Le Chancelier semblait tenter d'apaiser les esprits, mais l'archevêque de Doulek déversait sa colère sans retenue.

Au milieu de ce tumulte, Atahara ressentait le poids de la responsabilité qui pesait sur ses épaules. En tant que prêtresse de Tohorâ, elle portait en elle l'espoir de paix et de sagesse. Son regard azur plongeait dans l'agitation, scrutant les visages, cherchant des signes d'harmonie dans cet océan de dissensions.

Les paroles s'échangeaient, empreintes d'accusations et de défiance. Atahara sentait l'écho de ces mots résonner en elle, comme des vagues tumultueuses. Elle savait que son rôle dépassait celui de simple spectatrice. Bientôt, il serait temps pour elle d'apporter sa lumière, de guider les esprits égarés vers la clarté de la sagesse.

Dans le fracas des voix qui s'élevaient, Atahara demeurait un phare de quiétude, prête à éclairer les âmes en quête de paix.



Atahara est également de la partie ! Rien à signaler pour ce premier tour de son côté, on attends de voir à quelle sauce on va être mangé !
Dim 22 Oct - 14:50

Opale ne possède pas de Colisée, mais cette Grande Place ainsi dressée commence à en prendre l'allure. Bien évidemment, ici, aucun gladiateur en armes ni bêtes sauvages à occire, mais un ennemi commun qui a fait son chemin dans les esprits voisins. On aurait pu penser que Richard Almond - ou quiconque de prétendument sage - fasse le nécessaire pour calmer les esprits. On aurait pu penser, aussi, que l'arrivée d'une foule toujours plus dense dans les gradins aurait empêché les diplomates de se donner ainsi en spectacle. On aurait pu penser, enfin, que leur expérience les aurait empêché de s'adonner à des échanges aussi vindicatifs dans un temps qui appelait à l'apaisement. On aurait pu penser, oui, qu'ils penseraient eux aussi. Mais il n'en avait rien été, et l'échange de courtoisies s'était mué sous des yeux ébaubis en un combat de vipères.

- Il me semble, votre Altesse, que votre Ministre avait une opinion bien plus élevée d'Epistopoli quand il s'agissait, il y a pourtant peu encore, de venir quémander mes services dans mon propre bureau, explique Elias Van Beck sans se départir de son mince sourire. Le sourire d'un insubmersible, qui sait qu'à ce jeu là, il pourra être touché, mais jamais coulé.

- Miroitant des brumes ! Ombre perfide du bois aux spectres ! C... Connard ! Éructe le Roi en bondissant de sa chaise, faisant claquer le plat de ses mains sur la table, réveillant au passage les spectateurs les moins attentifs.

- Allons, votre Altesse, c'est bien trop de compliments pour un seul Homme. Je ne voudrais pas que vous risquiez de rendre jaloux vos... Bienfaiteurs opaliens. À ce propos, conseiller Almond, comment se portent les ouvriers de vos mines ? J'imagine qu'ils sont traités avec les plus grands égards ! Xandrie vous doit tellement...

- Gardez votre sarcasme pour vous, Grand Sapiarque. Aux dernières nouvelles, Epistopoli n'est pas la capitale du bonheur en Uhr, rétorque le conseiller, manifestement piqué au vif. À défaut d'être la cache de traîtres notoires et de dieux illusoires... Ajoute-t-il, assez bas pour faire mine de ne vouloir être entendu, mais assez haut pour l'être quand même.

La délégation opalienne se dresse d'un bond. Des poings sont brandis, des insultes fusent, il faut plus d'un homme pour empêcher le Roi Dynaste et l'archevêque de Doulek de se jeter sur le Grand Sapiarque qui, de son côté, semble s'amuser de la situation pourtant délétère.

Ce qui est certain, c'est qu'aucun de ces gouvernants ne remarque que la foule continue d'affluer, lentement, mais sûrement. Que, pendant que certains se joignent par les mots à la pièce en cours, d'autres, plus discrets s'assoient, observent, simplement. Des différentes embouchures de la Grande Place, des silhouettes encapuchonnées, drapées de capes plus ou moins sombres, plus ou moins discrètes, prennent place. La mode opalienne a rarement été aux capes, mais personne ne semble leur en tenir rigueur. Après tout, Uhr tout entier s'est donné rendez-vous à Opale aujourd'hui. Un de ses hommes s'assied tout près de Lö. Un autre reste debout, au bout de la rangée occupée par les maraudeurs, après avoir bousculé légèrement de l'épaule Seraphah.

- Qu'Aramila ose venir se pavaner sur cette place après que le fondement même de son existence ait été balayé d'un revers de la main à Dainsbourg en dit long sur la perfidie de ses gestionnaires !
- Que les Douze vous ignorent quand viendra votre heure, conseiller !
- Je lui ferai la peau à cette fiente de brume !
Mar 24 Oct - 17:14

Bon on se fait chier ici nan ?

Event



Tandis que tout le monde se posait sur son siège pour se reposer en l’attente du début des discussions politiques, il y avait une personne qui de son côté ne se reposait surtout pas : Violette. Il suffisait de voir à quel point elle changeait de position toutes les cinq minutes, tantôt droite, tantôt avachi quand elle n’était pas de traviole pour comprendre qu’à ses yeux son siège était profondément inconfortable.

… J’encule les sales gros enculés de fils de pute qui conçoivent ces putains de siège de merde…

De son côté, le maître de guilde restait toujours imperturbable, se frottant la barbe avec son éternel sourire sur le visage. Une expression arrogante d’enflure (il l’est), mais je crois que le narrateur se répète.

Tandis qu’elle se plaignait éternellement en attendant que cela commence, une petite forme bougeait dans son gilet avant de sortir sa tête végétal au niveau du cou de son maître, un visage plus de la joie de l’enfant découvrant le monde avant de lever la tête vers Violette pour chuchoter.

[Event] La cour des intrigants 934385e1d61ee8bb67aabed6a7de1d34

Psss.. Maman !

Toujours en train de se plaindre, Violette ne l’écoutait pas.

Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Maman !Maman ! Maman ! Maman ! Maman !Maman ! Maman ! Maman ! Maman !Maman ! Maman ! Maman ! Maman !

Exaspérée, la portebrume finit par baisser le regard sur elle, avant de lui répondre d’un chuchotement mal contenu.

Mais ta gueule putain. M’appelle pas comme ça, j’suis pas ta mère.

La sale bête grandissait vite. Voilà que maintenant elle pouvait commencer à parler pour faire chier sa mère heu maîtresse comme un véritable bambin.

Mais c’est là que le gros porc doit parler ?

Disait-elle innocemment.

Rapidement presque par réflexe, Violette planquait la tête de Ziel dans ses vêtements.

Dit pas ça putain. Faut pas parler de cette s… du roi comme ça.

La trent ne comprenait pas ce qu’elle avait dit de mal mais soit. C’était sa mère donc elle devait avoir raison. Les mamans ont toujours raison après tout.

Vint ensuite le début des conversations que Violette n’écoutait pas vraiment. Elle avait passé l'âge de réagir aux clashs et aux langues de vampire… Non pas du tout, en fait elle se marrait à chaque fois que le roi de Xandrie ouvrait la bouche et même pas de manière ironique.

Vas y, dit lui à cette salope pensait-elle quand le roi insultait de connard l’epistote. Il avait l’air plus drôle que ce qu’en disaient les rumeurs. Marre de tous ces aristo’ qui pensent qu’on doit forcément bien parler et avoir un langage policé pour bien sucer tout le monde. Un roi qui parle comme son peuple c’est ça qu’on aime.

Cela avait le mérite de raviver son attention plus intéressée par les clashs et les disputes que le fond du sujet. Au point qu’il fallut un coup d’épaule de son voisin pour lui rappeler pourquoi elle était là alors que des types en noirs se ramenaient dans le stade. Le fait de porter une capuche n’était pas problématique, le faire devant des types qui avaient l’habitude d’en porter était légèrement différent. La capuche signifiait que l’individu ne voulait pas que l’on voit son visage. La question était, pourquoi un type qui voulait être discret se rameuterait dans les premiers rangs.

La sécurité opaline allait gérer enfin bon c’était pas la place pour. Sans attirer du soupçon, les maraudeurs gardaient donc un œil sur ce type.

Résumax:
Ven 27 Oct - 10:11
Seraphah Von Arendt a écrit:

Être sur ses gardes

La Cour des Intrigants



Les 4 gardes qui se trouvaient autours de Seraphah et Maelström semblaient avoir du mal à contenir la foule qui voulait à tout prix se compacter. Maelström vint murmurer quelques mots à l’oreille de l’élémentaire et ce dernier semblait en accord avec son conseil. C’était toutefois sans compter sur l’arrivée d’un être que maelström fut le premier à confronter du regard. Il avait une prestance égal à celui qu’il accompagnait désormais depuis dix belles années. Vu le sourire qu’il lui offrit, il vint simplement enquérir Seraphah qu’il devait se retourner ce qu’il fit. Dans la foulée, il intima à ses gardes de laisser passer le visiteur qui déjà le saluait avec joie qui ne pouvait qu’être partagée. Au moins sa venue venait retirer un voile à l’humeur du diplomate. Après s’être serrés dans les bras, il put mieux le contempler : « Contrairement à toi Maël! Tu as décidé qu’il était temps d’assumer toutes ces années? » Un clin d’oeil complice à celui qui lui a tant appris et inversement. Ils étaient si jeunes face au monde en ce temps-là. « En tout cas, il est bon de te revoir. »

Maelström te serra la main, sa cicatrice marquant son visage tranchant avec le vert anis de ses yeux. « Je suis honoré de vous rencontrer enfin Malonim. » Nom de rigueur pour saluer ici aux diplomates de l’alliance desquels Seraphah aurait pu faire partie si la vie n’en avait pas décidé autrement. « Oui, votre nom ne m’est pas inconnu. Et désormais votre visage non plus. » Même s’il avait totalement conscience que ce dernier pouvait voyager à travers les âges.

Par la suite, les deux amis engagèrent la conversation, même si l’élémentaire sentait le poids du regard de son assistant. Ce n’est au final qu’après l’esclandre de ceux dirigeants les citées aux yeux de tous, et après qu’un encapuchonné parvint malgré ses gardes à le bousculer qu’il glissa à Mael : « Maelström m’intime depuis avant ton arrivée, de nous diriger vers la tour d’Opale...en bref, de sortir de cette foule...et au vue du spectacle qu’on nous offre, je trouve l’idée excellente. Nous accompagnes-tu? »

Maelström donna l’ordre aux gardes de les aider à se frayer un chemin dans la foule. Le but premier était de rejoindre le périmètre de la place, et ainsi ne plus être au centre des projecteurs. Le fait d’avoir 4 gardes – deux devants et un de chaque côté de Seraphah-, aidait considérablement à se frayer un chemin parmi la foule qui semblait avoir un avis sur tout ce qui se déroulait entre le Grand Sapiarque et les autres. Au bout de plusieurs minutes, ils se retrouvèrent aux abords, beaucoup moins compressés que précédemment. À l’oreille de Mael, Seraphah demanda : « Avez-vous des nouvelles du régent? » Pas besoin de plus de précisions. L’affaire était tenue secrète, mais tous deux savaient qu’un groupe avait été envoyé à sa recherche...groupe dont il aurait été heureux de faire partie.

Résumons:
Sam 28 Oct - 9:13

Des yeux dans la foule

La Cour des Intrigants - Acte I, Chapitre 2



Autour, chacun y allait de son commentaire et de ses messes basses, sur ces dirigeants qui semblaient s’être réunis uniquement pour se dire leurs quatre vérités plutôt que d’avancer ensemble dans le même objectif. Les jeux de pouvoirs avaient cela de particulier qu’ils se jouent généralement dans des cours inatteignables pour le commun des citoyens. Et là, sous nos yeux, on se rendait compte qu’ils étaient comme tous. On aurait pu avoir le même genre de tension dans une taverne mal famée pour un marin qui aurait engrossé la femme d’un autre. Sauf qu’ici, le marin pouvait très bien déclencher un raid aérien d’ampleur et l’autre faire déferler son armée terrestre. L’agitation de la table centrale n’en finit pas de faire des vagues autour, des mouvements partout, des gens qui arrivent comme aspirés par ce tourbillon, plusieurs fois je me fais bousculer par quelqu’un cherchant à avoir une meilleure place. Petite flamme qui vole entre les jambes, qui serpente entre les gens.

Lö…


Le mot m’avait échappé. Elle est là l’innocente,rapide et fugace, mais je suis sûr de moi. Je l’avais laissée seule, quand bien même elle était loin de chez elle. Était-ce mon problème ? Non… Dans un coin de ma tête pourtant, les images des discussions, si on peut appeler ça comme ça, avec l’Hespéride. Enfin entre elle et Podrick. Elle avait failli m’avoir, mais le palefrenier n’était plus là. Elle avait disparu dans la foule, par les Douze, ça devait être terrifiant pour elle qui n’avait connu que la jungle et avait presque trouvé la paix dans la caravane qui nous avait menés ici.

Une opportunité à saisir, le ton monte, bien ta chance Pietro, à toi de choisir, vas-tu tenter de faire entendre ta voix ? Non, ce n’est pas le moment, tu couves la flamme pour la rendre plus forte, pour l’instant il faut laisser les têtes couronnées déblatérer. Curieux de voir l’archevêque de Doulek aussi vindicatif, il en perdrait presque son image de vieux sage. D’ailleurs, que fait ton cher représentant d’Etyr ? Toujours à végéter sur sa chaise et à regarder les couleurs irisées des tours de verre ? Et celui de Dainsbourg que tu pourrais aussi supplanter un jour ? Ne pense pas à ça maintenant, pense à ce que tu peux faire. Et si, c’était l’occasion de faire joindre l’ancien d’Etyr au pugilat ? Encore faudrait-il qu’il te voie dans la foule, il te sait à sa suite, il n’a pas eu le choix, mais il n’a que faire des ambitieux dans ton genre. Regardez-moi semble brûler ton regard. Regardez-moi, écoutez-moi et ne vous laissez pas damer le pion par les autres comme vous le faites toujours.

Curieux tout de même, est-ce que c’était l'entraînement ou une habitude paranoïaque ? Quelque chose cloche, qui irait se placer de gaieté de cœur à côté des Maraudeurs ? D’ailleurs, qu’est-ce que ce contingent venait faire ici ? La garde du roi ne suffisait-elle pas ? Trop de questions et le centre du cyclone restaient le point chaud à observer. Je voyais bien que Pietro se débattait avec ses pensées, il ne changeait pas malgré ce qu’il laissait penser. Je soufflais de le voir ainsi, quel intérêt avait-il ?

On verra si on devra remercier l’instinct plus tard, mieux vaut prévenir que guérir. Je saisissais ma paire de lunettes que je fis glisser le long de mon nez. Yeux fermés, je savais ce qui m’attendait, même si la sensation n’en devenait pas meilleure avec le temps. On ne s’habitue jamais vraiment à voir soudainement derrière soi, le cerveau n’assimile pas, où est-ce que je suis ? Où est-ce que je regarde ? La vision se trouble, les informations sont trop nombreuses, mais ça ne dure pas, le calme revient, la tempête s’arrête, un sentiment trompeur s’installe. Je vois la foule tout autour, à moi d’assimiler ce qu’il se passe.

Résumé:


Dernière édition par Arno Dalmesca le Mar 12 Déc - 5:37, édité 1 fois
Sam 28 Oct - 16:39
Sous le manteau du ciel, la place comme une étuve
Le sol brûlant accueille les pas perdus.
Retrouver la voie, éviter la brûlure - le ciel comme témoin de ce chemin ardent


Un mulot roux qui court entre les corps, les épaules; un mur s’offre comme point de repère, et doucement, doucement, elle tombe contre la pierre, agenouillée sous les hanches et les genoux des passants qui continuaient de s’accumuler de plus en plus autour d’elle, comme si le groupe en son centre était le coeur de l’étoile vers lequel se pressent lunes et nébuleuses. Et devant cela, Lö, fiévreuse, nerveuse, qui peinait à trouver la large feuille qui pourrait l’abriter et lui offrir un peu de répit.
Le cœur du cortège… Ces quelques debouts, là sur la tribune, seuls face au reste du monde. Le lieu de tous les répits. C’était là son objectif. Arriver à s’y réfugier… Mais l’opération serait compliquée, à première vue. Abritée un temps de la foule, et luttant contre son rythme cardiaque détraqué, la flamme, fille de la jungle, se hissa sur la pointe de ses pieds pour mieux affronter du regard la marée humaine qui déferlait par vagues constantes et de toutes parts.

Ils étaient sur une large clairière - du moins, c’est à cela que ça ressemblait, pour elle. Sauf que les plantes et les arbres étaient humains, zoans, ou autres créatures dont elle ignorait tout du nom, que la terre était étouffée par de la pierre, et que les fleurs étaient des chaises mises à disposition de ceux que ça intéresserait. Ses yeux sombres scrutaient les visages, les expressions, les langues pendues, les sourires, les sourcils froncés, les oreilles rouges… Là, au milieu de la foule, était-ce… Oui, elle reconnaissait l’aura tranquille, la lumière douce. Tohôra, lumière… Flots. La femme rivière était là! Entourée, mais le calme incarné. Une émotion, la sienne, naquit en son cœur. Elle était heureuse de la revoir - mais comme des mots écrits à même le sable, l’énervement un peu trop forte d’un passant vint lisser le sable et recouvrir sa joie.
Un autre visage se détacha de la foule. Un visage familier, synonyme de dunes et de désert, proche de la table centrale et du cœur du cortège. Un visage aux mèches de sable et à l’air radieux.

Podrick? Elle plissa les yeux.

Non.

Pas Podrick.

Podrick, c’était la nuit, les mèches de la couleur de l’encre et des heures obscures bercées d’étoiles. Lui avait tout du soleil; sous le même visage, il attirait l’attention, quand Podrick l’avait à peine prit et vite jeté dans le désert. Ses espoirs balayés en un instant, l’hespéride resta pantoise face à ce double lointain qui rayonnait sous de beaux habits. Elle hésita à avancer, curieuse de savoir qui était ce double et s' il était un ami, lui aussi. Mais la foule la repoussa, et leurs sentiments hurlant… Toujours plus têtue, toujours plus oppressée. Lö se détacha du mur et se lança à l’assaut de la foule pour trouver l’éclairci.

En arrivant plus proche d’eux, elle commença à capter leurs mots qui voletaient au-dessus de la foule. “Bois o spec”.” Murmura-t-elle en miroir, d’une voix si faible qu’un pas suffisait à l’étouffer. Les vagues aigres de la colère lui parvenaient avec une vive force, et elle comprenait que le gros debout était la source - ou la victime - d’un conflit. “Onnard.” Ses premiers noms d’oiseaux? Pour elle, ce n’étaient que mots comme d’autres, vide de toute substance tant qu’elle ne les avait pas rempli.

Il n’y aurait eu qu’eux, ces quelques hommes et elle, elle se serait sûrement amusée de la situation. Mais en ce jour, alors que la ville l’étouffait, qu’elle versait dans ses veines ses émotions en pagaille, ces mots avaient l’air de couteaux plus que d’éclats de rire.
Nerveuse, Lö. Acide, énervée, Lö; la foule avait ses deux mains sur sa gorge et serrait de plus en plus, la poussant à se reculer toujours plus sur l’extérieur de la place, là où étaient disposées quelques chaises - un refuge bienvenu dans sa course, il fallait qu’elle reprenne son souffle et le fil de son instinct pour s’extirper de là.
Elle se ramassa comme elle pu, se plia comme une boule, assise sur les fesses, les jambes contre elle, les deux bras ramassant le tout pour se contenir au maximum. Ses yeux balayaient nerveusement les environs, essayant tant bien que mal de faire le tri entre les visages, les têtes, alors que son cœur faisait de même avec les émotions des autres, et les siennes, à elle.

Trop d’émotions tue l’émotion, et elle l’apprenait amèrement.

Son regard passait sur la canopée de corps. Le grand debout, là bas. Un onnard, alors? Un miroitant des brumes? C’est quoi, brume? C’est qui eux? Elle sentait chaque veine de son cou se détendre et se contracter à un rythme douloureux. Et les debouts qui venaient toujours plus nombreux…
Elle n’aimait pas ça. Fuir. Par la gauche. Oppressant. La droite? Oppressant, et déjà prit. Un debout s’était installé à sa droite. Son visage était obstrué, caché par un tissu. Étrange… Venant de lui, elle ne sentait pas grand-chose. Un souffle bienvenu dans le vacarme de la ville. Mais sa présence n’était pas agréable pour autant. Pas bienvenue… Un frisson parcourut son échine. Le souffle glacé du vent avant la tempête… Elle avait envie de hurler, comme la houle, faire fuir tout le monde. Hurler à s’en décrocher la mâchoire. Hurler.
Dim 29 Oct - 13:33
Le tumulte grondait autour d'Atahara, une cacophonie de voix enflant comme une marée déchaînée. Les mots acerbes résonnaient, portés par des regards féroces et des gestes menaçants. La prêtresse sentait l'atmosphère chargée d'électricité, une tension qui semblait prête à déchirer la Grande Place.

Elle observa Elias Van Beck, le Grand Sapiarque, déployer son calme insubmersible face à l'orage qui grondait. Son sourire mince trahissait une assurance inébranlable, une maîtrise de soi qui défiait les vagues de colère qui s'abattaient sur lui. Le Roi Dynaste, quant à lui, était une tempête en mouvement, une explosion de fureur qui secouait la table de ses mains tonitruantes.

Les échanges venimeux se poursuivaient, révélant des rancœurs anciennes et des ambitions inassouvies. Atahara sentait le poids de la responsabilité s'alourdir sur ses épaules. Elle était l'incarnation de la paix et de la sagesse, mais en cet instant, la violence des hommes menaçait d'engloutir tout espoir.

Alors qu'elle cherchait à se déplacer pour échapper à l'orage humain qui grondait, la foule impétueuse la poussa inexorablement vers un groupe d'hommes qui se démarquaient par leur prestance. Trois d'entre eux étaient accompagnés de gardes, et l'un d'eux semblait émettre une lueur de chaleur, une aura élémentaire de feu. Les regards de ces hommes semblaient porter une charge de détermination et d'objectif.

Atahara se trouva bousculée, emportée par la marée humaine vers ce groupe énigmatique. Elle se sentit une étrangère dans cette effervescence, un élément discordant parmi les dirigeants en furie. Les capes sombres de ces inconnus flottaient dans la brise, se fondant dans l'agitation de la Grande Place.

Soudain, l'un des hommes se tourna vers elle, et leurs regards se croisèrent. Il y avait dans ses yeux une lueur d'intérêt mêlée de curiosité. Atahara ressentit une énergie inhabituelle émanant de lui, une force élémentaire qui vibrait en harmonie avec son propre lien avec l'eau. À ses côtés, les gardes semblaient attentifs, prêts à intervenir si nécessaire.

La prêtresse se sentit à la fois troublée et intriguée par cette rencontre fortuite. En cet instant de chaos, elle se demanda si ces hommes étaient des alliés potentiels dans la quête de paix et de sagesse qu'elle portait en elle. Les murmures et les cris qui résonnaient autour d'eux semblaient s'estomper, laissant place à un instant de calme relatif au cœur de la tempête.



Atahara se retrouvez nez à nez avec le groupe de Seraph, Maël et Maelstrom.
Mar 31 Oct - 19:31

Schemers court

starring Jane Kaldwin & event participants


L'Alliance se remettait en mouvement. Les évènements de Dainsbourg et toutes les informations qui en ont découlé mais aussi les mouvements de foule et les migrations qui en ont résulté n'ont pas échappé à notre vigilance, pile avant une période de congés que je tenais à m'octroyer. Les derniers mois avec cette reprise en main de la guilde avaient été éprouvants car je ne faisais que travailler et je ne me privai pas non plus d'aller parfois aussi sur le terrain. Bref afin de trouver des solutions, l'Alliance appelait à la réunion des chefs d'État d'Uhr. La date de la réunion de l'Alliance à Opale était connu depuis un certain temps dans notre milieu et le siège à Opale avait reçu des ordres directement de ma part : des opérateurs devaient être présents à cette réunion. Nos informateurs présents dans les différents gouvernements nous avaient renseignés sur l'objet de la réunion et qui allait être présent, du moins assis à la table. Concernant Epistopoli, nous étions convaincus que le Régent allait se pointer mais c'était plutôt van Beck qui était là, en compagnie d'un nombre très réduit de sa suite. En d'autres termes, selon nous, le Régent avait d'autres chats à fouetter mais ne voulait pas non plus se foutre de la gueule de l'Alliance aussi ouvertement. Ce n'était pas un deuxième sous-fifre qu'il avait envoyé à sa place mais bien le Grand Sapiarque, pratiquement son double politiquement parlant.

J'avais reçu un message de ma mère. Elle se doutait très bien que j'étais au courant de cette réunion, elle voulait que j'y sois présente en personne pour représenter la famille au milieu des autres nantis et nobliards présents pour bien se faire voir mais qui n'étaient là qu'officieusement et qui pourtant accompagneraient la délégation officielle derrière van Beck. Fut un temps où j'aurai un peu envoyé bouler ma mère ou dit clairement qu'elle y aille elle même mais le temps passé dans le renseignement, à informer les puissants ou encore être simplement à leur contact avait fait évoluer mon point de vue sur le paraître en politique. Ma mère aussi devait s'en douter car elle me suggéra de venir directement à la maison après cette réunion. La perspective m'en réjouit d'autant plus que je savais aussi que mes agents présents à cette réunion allaient me laisser un rapport de première main sur mon bureau à mon retour.

Venant de Xandrie, je fis un crochet express par Epistopoli, histoire de n'éveiller aucun soupçon où un bagage m'attendait et je suivis bien docilement le flot des voyageurs d'Epistopoli proche de la délégation de van Beck, bien informée par une note laissée par ma mère et étonnamment, assorti d'un message écrit de la main de mon père me souhaitant bonne chance. Certaines personnes durant le voyage furent un brin surprises de me voir, elles ne se doutaient pas que les Kaldwin, en ma personne en seraient mais les faits étaient là. Je venais surtout faire acte de présence... et bien sûr mon petit Bob m'accompagnait. C'était plaisant pour une rare fois, de pouvoir me balader ouvertement avec mon automate au milieu de mes congénères sociaux dont certains en possédaient un aussi. Assurément nous nous ferions remarquer à Opale mais nous représentions Epistopoli, nous devions donc faire dans le tape-à-l'œil.

Ce très cher van Beck tenait à nous faire arriver en dernier. Autrement dit, monsieur voulait faire une entrée remarquée malgré la discrétion requise de son travail. Le savoir me fit sourire intérieurement. J'avais l'impression d'être une touriste assez privilégiée... J'arborai une tenue sobre et même mon petit drone arborait sur son écran qui lui servait de visage un col de cravate dessiné. La coiffure était différente, beaucoup plus ébouriffée que d'ordinaire, à la fois pour des raisons de sécurité et de discrétion. Au milieu des autres epistopoliens, je taillai volontiers la bavette avec mes voisins, si ceux là voulaient bien m'adresser la parole afin de donner des nouvelles de la famille. J'avais aussi attiré le regard d'un gradé que je connaissais, avec ses barrettes indiquant son affection à l'état-major mais surtout plus discret, un insigne montrant qu'il était du renseignement militaire. Il était toujours dans le métier celui là... Je lui fis un sourire un brin moqueur en voyant son air étonné et le salua avant qu'il ne détourne le regard. Le trajet jusqu'à la place devenait difficile sur la fin car la foule était nombreuse. Si Bob jusque là avait pu voler un peu comme il le voulait, je lui imposais cette fois de se faire plus discret et de se poser sur mon épaule ou de se planquer dans une poche avec seulement le haut qui dépassait.

Hmmm, me dis-je en m'asseyant enfin, après m'être frayée un chemin dans la foule en compagnie des autres, parmi les premiers rangs et au milieu des epistopoliens, si le chef du siège d'Opale avait suivi mes ordres, il y avait au moins cinq opérateurs présents sur zone. Impossible pour moi bien sûr de les repérer dans la foule mais je n'étais pas là pour ça. Comme prévu, le niveau de sécurité avait été rehaussé de plusieurs crans car s'il n'y avait pas un nombre de sièges très important, rarement autant d'autorité avait été concentrée au même endroit. J'échangeai un regard avec Bob qui me leva un petit pouce pour me confirmer ce dont nous avions convenu plus tôt. D'où j'étais, j'étais idéalement placée pour observer tout ce qui se passait autour de la table des dirigeants. Le geste de Bob voulait m'indiquer qu'il avait presque le même visuel que moi et qu'il commençait son travail d'automate. Observons à présent...

Résumé:
Jeu 2 Nov - 5:39

Les insultes fusent toujours du centre de la place. Le pugilat imposé par les dirigeants s'immiscent maintenant en tribunes, où quelques citoyens chauffés à blanc prennent partie pour leur champion, invectivant des voisins ou des ennemis à l'autre bout de la place. La cacophonie ne permet plus à quiconque de s'entendre. L'immondice du séparatisme se répand comme un cancer et bientôt toute la place semble prête à en venir aux mains. De l'Alliance, on pourrait croire qu'il ne reste aujourd'hui plus rien. Rien que quelques débris d'un rêve d'unité face au mal. Des bouts d'idéologie éclatés sur le sol de la Grande Place d'Opale.

Le clocher de la Tour sonne mollement la mi-journée. Même lui semble fatigué de la marche de l'Histoire à laquelle il assiste, impassible, à des dizaines de mètres plus haut. C'est à peine s'il peut se faire entendre. Pourtant, quand sonne son douzième coup, tout le monde semble marquer une pause. Celui-ci a résonné tout particulièrement. Il a claqué dans l'air comme un tonnerre. Le silence se fait, chacun se regarde comme pour confirmer l'étrangeté de ce bruit sourd. Quelques secondes plus tard, un cri d'effroi émerge du côté septentrional de la place. Un cri à faire blêmir les spectres.

Partout autour de vous, des hommes et des femmes ont abaissé leurs capuches sur leurs épaules. Le premier a manifestement tiré, abattant un civil de sang froid. Il est rapidement imité par plusieurs de ses acolytes. Leur équipement dernier cri ne fait aucun doute sur leurs intentions véritables. La plupart portent une armure lourde sous leurs tenues et rares sont ceux qui ne tiennent pas en main une arme automatique flambant neuve. Ils sont éparpillés partout dans la foule, et partout le bruit des balles les suit. Les corps tombent, les cris s'élèvent.

Dans la panique, la Garde devient le seul pilier organisé. Les soldats, sous le commandement direct du Capitaine, se détachent en deux bataillons distincts. Un premier contingent encercle la table ronde du centre de la place, intimant aux dirigeants de se mettre à l'abri sous le meuble. Un second, constitué de soldats postés aux extrémités de la place, se regroupe pour traquer les assaillants. Mais la lutte apparaît rapidement déséquilibrée : l'ennemi se niche au sein même de la foule, et leur nombre est difficile à estimer avec précision.

La foule se masse autour de Seraphah, cherchant à fuir par sa porte la Grande Place. Le mouvement de panique rajoute à la confusion du moment. Arno, Lö et Atahara sont bousculés sans ménagement, tandis que Violette et Jane, plus proches du centre, profitent de la désertion des premiers rangs et des actions de la Garde pour échapper au mouvement de foule si elles le souhaitent.

Il est midi, Opale s'éveille.
Ven 3 Nov - 19:58

Alors toi t'es mort

Event



Tandis que Violette baillait pendant que les dirigeants se disputaient comme d’habitude en la faisait marrer de temps à autre, soudain, un coup de feu. Évidemment, dans la foule, tous n’avaient pas reconnu du premier coup la nature de ce bruit toutefois pour des gens ayant l’habitude du combat comme les mercenaires et les gardes, cela sonnait comme une évidence absolue.

Sans même attendre une validation ou une confirmation par la répétition des tirs, tous, y compris Violette, se jetèrent à terre histoire de se mettre un instant à l’abri le temps de comprendre protégé par les gradins pour masquer la vue des assaillants.

En effet, des tirs et pas qu’un peu. Alors que les cris et le sang se répandaient dans l’arène, Violette fronçait les sourcils. Se posant quelques questions, presque indifférentes aux sorts des nombreuses victimes qui commençaient à l’entourer de toute part. Cet endroit… c’était Opale… Comment un groupe armé, et fortement armé en plus, pouvait s’introduire ici dans le plus grand des calmes. Un plan douteux de la cité ? Une trahison interne ? Il était évident qu’Opale allait devoir rendre des comptes sur sa responsabilité dans cette affaire après ça, que ce soit vis à vis des autres pays comme de ses citoyens. Des têtes allaient tomber.

Quoi qu’il en soit, ce n’était pas le moment de penser politique quand des balles fusaient au-dessus de sa tête. En voyant tout ça, la xandrienne faisait la moue. Pour une fois qu’elle pensait avoir une mission tranquille. Après les rixes, les swat, les tortures voilà maintenant les attaques terroristes.

Oh… c’est plus de mon âge tout ça…

Le chef des maraudeurs de son vielle age ne s’attendait pas non plus à ça. Il n’avait plus la condition physique pour ce genre d’aventure malheureusement pour lui.

J’m’en occupes. T’inquiètes.

Fallait protéger ses vieux… et l’autre empaffé de Roi.

Tandis que les maraudeurs en faisaient chacun à leur tête selon leur style, c'est-à-dire sans grande organisation, comme prévu Violette n’en faisait qu’à sa tête. Allant dans le sens inverse des fuyards, elle se séparait du gros de la foule avant de devenir invisible pour ne pas être une cible isolée à la fois des terroristes mais aussi potentiellement des gardes. Il y avait toujours un risque de tomber sur un utilisateur de pouvoir de détection, mais vu la difficulté que la garde avait à régler le cas de ses terroristes, il était peu probable qu’ils aient de quoi faire une analyse de zone ici.

Une fois en dehors de la zone de confusion, restait une question à se poser. A cause de la suspicion légitime des gardes, elle ne pouvait certainement pas venir protéger directement le Roi et même s’approcher de la zone sans se faire attaquer. De l’autre, elle ne pouvait pas simplement laisser faire les gardes et leurs faire confiance, ce serait prendre trop de risques vis-à-vis de la mission qui lui était confiée.

Il lui était venu à l’esprit de créer une zone de malchance, mais manipuler la destinée d’autant de personnes consommerait trop d’énergie, de même elle risquait avec ce genre de chose de tuer plus de gens que les terroristes eux même surtout dans un mouvement de foule. Finalement, il n’y avait qu’une conclusion à cette histoire, elle devint régler ce genre de cas, un par un. Problème, elle devait trouver les personnes qui foutaient la merde, sans pour autant s’éloigner trop de l’endroit où était le Roi Xandrien pour pouvoir intervenir à tout moment.

Chiant, beaucoup de variables dans cette mission. Mais bon, elle n’avait pas trop le choix alors c’est ce qu’elle ferait. Elle maugréait alors de ne pas avoir sur elle, de quoi renforcer sa vision et ses capacités sensorielles. Encore un investissement à faire dans un futur plus ou moins proche pour la gloire de sa nature de portebrume de la fortune.

Enfin bon, à défaut de pouvoir faire totalement ce qu’elle voudrait par souci de ne pas être la cause de massacre, elle pouvait toujours se défouler sur quelqu’un. Si elle ne savait pas où se trouvaient la quasi-totalité des ennemis, il y en avait bien qui n’avait pas eu beaucoup de chance en se pointant juste avant l’attaque sous les yeux de la maraudeuse.

Oh, lui, elle l’avait très bien repéré et il allait le regretter amèrement. Toujours invisible, Violette pointa son attention sur lui avant de lui attribuer comme altruiste cadeau, une malchance absolue. Désormais, toutes les probabilités de réussite de ses actions seraient réduites au minimum, toutes les actions de ses adversaires au maximum. Dans cette situation, les variables et les marges d’incertitudes étaient presque infinies, bonne chance à lui.

Jusqu’ici toutefois, la xandrienne n’avait pas prévu d’intervenir ou de se montrer directement. Ce serait gênant de devoir gérer les gardes, c’était pour cette raison qu’elle n’était pas allé lui tirer dessus elle-même. Dans la confusion, elle pourrait être identifiée comme une ennemie.

Attendons de voir comment les choses évoluent…

Résumax:
Dim 5 Nov - 5:26
Atahara se retrouva engloutie dans la marée humaine, ballottée par la panique qui s'emparait de la Grande Place. Les cris et les hurlements se mélangeaient, créant une symphonie discordante de terreur et de chaos. Les capuches abaissées autour d'elle dissimulaient des visages terrifiés, des regards écarquillés qui cherchaient une issue. Elle sentit la pression de la foule, une force aveugle qui la poussait vers l'inconnu. Son cœur battait la chamade, sa respiration était rapide, mais la prêtresse puisa dans sa détermination, dans la force tranquille qui émanait de son lien avec Tohorâ. Elle devait agir, elle devait protéger les citoyens innocents pris au piège de cette violence aveugle.

"Calmez-vous, s'il vous plaît ! Restez calmes !" implora-t-elle, sa voix s'élevant au-dessus du tumulte, mais ses paroles furent englouties par les cris de terreur.

Atahara chercha des regards désespérés, des visages en détresse. Elle repéra une mère tenant son enfant dans ses bras, les yeux écarquillés de terreur. Elle se fraya un chemin à travers la foule, se rapprochant d'eux malgré la résistance de la marée humaine.

"Je vais vous aider, restez avec moi !" assura-t-elle, tentant de projeter du calme à travers sa voix, de transmettre un peu de la sérénité de Tohorâ.

Elle fit signe à d'autres, appelant à la raison dans l'agitation qui les emportait. Certains se tournèrent vers elle, cherchant un refuge dans ses yeux empreints de compassion. D'autres étaient trop terrifiés pour réagir, englués dans la peur qui les paralysait. Alors que les tirs résonnaient autour d'eux, Atahara sentit une urgence grandissante. Il fallait les éloigner de cette mêlée mortelle, trouver un endroit où ils pourraient se mettre à l'abri. Mais la foule était devenue un océan tumultueux, une force indomptable qui menaçait de tout engloutir.

Les citoyens paniqués étaient des éclats brisés de l'Alliance, des âmes désorientées cherchant désespérément un refuge. Atahara savait qu'elle ne pouvait pas sauver tout le monde, mais elle devait essayer. Elle puisa dans sa force intérieure, invoqua la bienveillance de Tohorâ, et se lança dans la mêlée tourbillonnante, une lumière d'espoir au milieu de l'obscurité qui les engloutissait.



Atahara tente d'aider autant qu'elle le peut les citoyens sans céder à la panique du moment ! Qui l'aime la suive !
Dim 5 Nov - 8:49
Je ne te connais pas, mais tu me fais tes adieux
Tu n’auras été qu’un visage dans la foule.
Pourtant en un murmure, furieux comme la houle,
Je crois déjà voir la vie quitter tes yeux

Un bruit retentit. Le tonnerre assourdissant d’une balle que l’on tire, le couperet sec et enflammé de la mort par détonation. Comme un battement de coeur. Juste un souffle.

Le corps tombe. Il est étrangement mou. Lö le regarde droit dans les yeux: le tire est parti non loin d’elle, juste assez pour qu’elle puisse braquer ses yeux vers la source du bruit. Elle n’en a jamais entendu, des bruits comme ça. Comme un tissu qu’on déchire, mais avec le volume à fond. Qu’on déchire tout contre son oreille. Ou alors c’est son oreille qu’on a déchiré - ça expliquerait pourquoi elle avait mal aux tympans.
De la confusion.
Des corps en masse.
Sa vision se trouble.

La mort.

La couleur des émotions de la foule change. L’excitation, la petite électricité qui parcourait le fond de l’air s’était mué en toute autre chose, une couleur cramoisie et obscure qui trahissait la panique, la fièvre furieuse, la peur viscéral des animaux traqués, épiés par les prédateurs. Elle se voyait dans la jungle. Elle se voyait regarder les panthères face aux macaques qu’elles allaient dévorer. Le regard de mort, implacable, qui crépitait sur leur face insondable.

La mort.

La foule hurle.
Mais Lö ne crie pas.
A la place, elle a le souffle coupé, se laissant couler au sol comme un tas de boue. Dans son esprit s’emmêlent pêle mêle les images que lui renvoient ses yeux, les émotions des passants qui s’écartent des corps comme si c’étaient des bombes, et son instinct qui lui imposait de fuir. Tout ne formait qu’une pensée abstraite. Un bloc impassible. Elle n’arrivait plus à respirer. Son esprit était lourd.
Lourd.
Impossible à soulever.

C’est là qu’elle les capta. Ces yeux. Deux yeux gris qui la regardaient, tout au fond de son crâne, comme si ils tombaient dans ses prunelles, deux puits sans fond qui menaient à ses entrailles souillées par la peur, la sienne et celle des autres. Deux yeux d’un homme en train de se vider de son sang, victime sans nom, innocente, dans l’arène froide. Tombé sous les balles des agresseurs. Et il regardait Lö comme épitaphe. Ses émotions tendues comme un fil rouge, les liant à jamais à l’horizon de sa vie.
L’espoir. La panique. La trève. La lutte. La rage. La peur. L’acceptation.

Mort.

L’hespéride venait de mourir, elle aussi. Par procuration. Une grosse larme coule sur sa joue - ce n’est pas la sienne, mais un peu quand même. Avant qu’elle ne tombe au sol, elle était debout. La mort avait un goût de poussière et de sel. Et elle lui avait murmuré qu’elle était encore en vie.

Fuir.

Elle n’avait même pas regardé d’où venait la mort. Qui était la panthère. A la place, elle se mit à suivre la masse pour s’échapper de l’assaut. La foule qui comme un seul corps se pressait vers des issues trop petites, trop éparses, pour s’y coincer. Rapidement bloquée, elle essaya de s’imposer entre les épaules et les torses. Elle n’était pas bien grande, Lö, mais son corps d’adulte l’empêchait de bien se fondre dans les creux et les recoins.
Mais quand elle voyait une ouverture, elle s’y engouffrer sans réfléchir, comme un poisson discret, un éclair roux, ignorant où elle allait, hormis qu’elle fuyait la mort.

Elle ne sentit pas le clic. Le petit embrayage dans son corps et son esprit. La petite étincelle. La naissance de son pouvoir, réflexe animal pour tromper le trépas. La foule s’écarta autour d’elle, brusquement. Naturellement. Car dans leurs esprits, des illusions dansaient, terrifiantes, viscérales - la matérialisation de leur plus grande peurs, tartinées dans un contexte terrifiant. L’hypersensibilité des hespérides était à double tranchant. Mais désormais, Lö trouvait un peu plus de paix… Et un chemin à suivre.

Fuir.

Fui…

Podrick?

Ses yeux s’arrêtèrent un instant sur la foule morcelée, qui dansaient de folie et de peur autour d’elle, se dissolvant comme les comètes qui entrent dans une atmosphère trop instable. Un visage dans la foule - bien vivant - lui évoqua une foule de souvenirs. Ils lui semblent lointains, quoique si proches. Mais elle avait vu la mort, Lö. Et maintenant, rien ne serait pareil.
Mécaniquement, elle se tourna, avança vers les mèches noires et les yeux de ciel comme un phare sur l’horizon. Elle devait - voulait retrouver Podrick. Qu’il soit à l’abri. Qu’ils fuient.

Amis… Non?

Autour d’elle dansent les illusions.
Adieu.

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Lö a aperçu Arno et part à sa rencontre. A partir de maintenant, son pouvoir est activé et elle manifeste les peurs pour tout le monde, friends or foes!
Dim 5 Nov - 9:30

Être sur ses gardes

La Cour des Intrigants



Tandis qu’il écoutait son ami, un regard attira son attention. Il ne saurait dire exactement ce qui flirtait autour de cette femme, mais il y avait à la fois une sérénité et une contradiction. Il sentit en son ventre un frémissement et il sut pendant un bref instant qu’il avait là un être à l’opposé de lui...Détonation. Hurlements. Mouvement de foule. Le regard se fit engloutir et tandis que les gardes du corps leur crièrent : « Bougez, vite! » et prenaient sur eux la première vague de la foule en panique, il sentit la main de Maelström se saisir de la sienne, et il eu le réflexe de faire de même avec celle de Maël! Sans qu’il n’ai eu le temps d’analyser la situation, ils se retrouvèrent à l’intérieur d’un bâtiment où une femme ferma la porte avec un mécanisme de serrure qui relevait de l’ingénierie. En effet, tandis que les cris se poursuivaient à l’extérieur ainsi que des bruits de tir, le regard de Seraphah coula sur cette porte sur laquelle courrait tout un mécanisme qui retenait puissamment la porte fermée.

Il sentit une main sur son épaule, et c’est le regard de Maël déterminé qu’il trouva. Ce dernier avait analysé la situation avant que cette dernière dérape. Il avait remarqué l’entrebaillement de la porte, ne pensant tout de même pas qu’ils devraient l’emprunter. À la base, il faisait avant tout attention à ce que personne n’en sorte et s’en prenne à eux. Sa méfiance légendaire les aura aidé, ainsi que son sens de l’observation. Mais là où était la surprise, c’était quand Seraphah constata la femme qui se trouvait là. Son regard s’illumina d’un sourire tandis qu’il s’exclamait, sortant de son choc. « Madame Langmark! Mais quelle surprise! » La femme avait une soixantaine d’année et l’embrassade qu’ils eurent marquaient un lien certain.

C’est à ce moment là qu’il remarqua qu’il n’y avait plus qu’un garde avec eux. Les autres avaient été pris par la foule...

Pendant ce temps, Maël s’enquit que toutes les fenêtres du rez-de-chaussée étaient bel et bien fermées et observer les sorties possibles. La femme semblait avoir pris des mesures en ayant rabattu les volets. « Nous avons besoin d’avoir une vue sur la place, c’est possible? » Sans attendre sa permission il était déjà entrain de monter les marches de l’escalier. Seraphah et Maël se joignirent rapidement à lui. Par sécurité, ils allèrent au second étage, là où ils pouvaient avoir une vue complète sur la place. « Qui a pu demander une telle attaque? » demanda Seraphah à Maël, tandis qu’en arrivant à l’étage, il demanda à Maelström de rester en retrait, qu’ils prenaient la situation en main à partir de maintenant. Ce dernier décida donc d’inspecter l’étage, il savait qu’à Opale d’après Seraphah qui y avait vécu, il y avait des chemins sur les toits...

Résumons:

Dim 5 Nov - 12:49

Schemers court

starring Jane Kaldwin & event participants


Dire que les dirigeants s'envoyaient des poèmes était un euphémisme. Rarement une discussion des puissants n'aura autant ressemblé à un échange entre piliers de comptoir... Mais ce qui commença à me gêner un peu plus fut lorsque des spectateurs ou devrais-je plutôt dire des supporters commencèrent à s'y mettre aussi pour essayer de nous faire croire qu'ils s'y connaissaient mieux en politique que les gus assis au milieu. Peut-être n'avaient-ils pas tort mais je désapprouvai ce genre d'ingérence dans la conférence organisée par l'Alliance. Bob, flottant à quelques centimètres au dessus de mon épaule ne ratait rien de ce qui se passait pendant que je demeurai les mains sur mes cuisses. Hm, nous aurons sûrement beaucoup d'images à analyser à l'avenir...

Nous fûmes sauvés par la cloche si je puis dire. Ce n'était qu'une pause mais elle était bienvenue car je commençai à en avoir assez de l'incompétence de ce Roi Dynaste et de son incompréhension de la situation qu'il cachait derrière une forme de colère ou encore du Grand Sapiarque qui ne faisait rien comme tout le monde. On va attendre un peu que ça se vide. Je n'ai pas forcément envie de jouer des coudes pour aller me payer une bouchée qui vaudra aussi cher que mes chaussures. Mon petit Bob opina, ce qui revenait à pratiquement baisser le regard pour mon automate. Bien sûr mademoiselle.

Toutefois, quelque chose se chargea de me faire assez rapidement changer d'avis. Le dernier coup du clocher sonna mais il y eut comme un bruit bizarre sur le dernier coup, quelque chose de pas normal. Sans détecter la source du bruit, je tournai la tête vers ma droite, interpellée. Ce son... Il y avait un je ne sais quoi qui me chiffonnait... Le cœur battant inexplicablement, ce dernier monta en régime lorsqu'un hurlement se fit entendre, glaçant et perçant le silence étrange qui s'était installé sur la place. Qu'est ce que... commençai-je à me demander pour moi même lorsqu'un coup de feu, sonore et détonant zébra l'atmosphère. En une fraction de seconde, la panique se répandit... Je tournai la tête pour essayer de découvrir la provenance du tir lorsqu'un autre, beaucoup plus près, trop près à mon goût me vrilla les tympans et couvrit à peine les cris de la foule paniquée. Quelqu'un venait de mourir à quelques mètres de moi...

Les fesses sur un escalier de la tribune, ignorant la douleur de la chute, incrédule... Je regardai le terroriste exécuter le couple assis derrière moi, les yeux écarquillés avec une arme de gros calibre qui faisait des dégâts effroyables. Madame avait été tuée et... je crois que l'humidité que je ressens sur moi... D'une main tremblante je me tâtai le visage... et horrifiée, je me rendis compte que le sang de la femme avait giclé sur moi avec un bout de cervelle. La gerbe de sang m'avait aspergé une moitié de visage et éclaboussé un côté de mon costume tandis que le reste du sang maculait la tribune. Le terroriste tirait et tuait encore, l'homme s'était effondré au pieds de sa compagne en me fixant de ses yeux désormais morts... Dans un élan de courage incroyable, ce fut Bob qui de la force de son petit bras mécanique m'attrapa la veste pour me tirer, sa voix robotique pourtant harmonieusement modulée me parvint de loin puis de plus en plus proche. ... oiselle Kald... On doit... vite, mademoiselle ! ... Mademoiselle Kaldwin, il faut fuir !! Mon regard livide se tourna enfin vers lui.

Mon esprit était hors service mais ce fut mon corps qui passa en pilote automatique. Le cerveau avait déconnecté, tombé dans les pommes, les muscles avaient pris les commandes. Bob avait raison je devais me mettre à l'abri et espérer qu'aucun de ces terroristes ne me trouve. Mon petit drone était à deux doigts de devenir comme fou, il essayait de se cacher comme il pouvait mais il surveillait autour de moi. Les réflexes de l'entraînement militaire ainsi que de l'opératrice prirent le dessus. Il fallait comprendre où j'en étais et me défendre. D'où j'étais je pouvais voir qu'un cordon de gardes était massé autour de la table des dirigeants. Bon l'ennemi ne viendrait pas de par là... Par dessus les cris de panique, je pouvais déjà entendre des échanges de coups de feu... Une arme. Il me fallait une arme. Bob vrilla en me prévenant qu'aucun terroriste ne regardait dans ma direction. À quatre pattes, je me déplaçai telle une dératée pour m'éloigner de la foule. L'adrénaline était encore telle que je n'étais plus que concentrée sur une chose, trouver de quoi faire feu et anéantir ces fumiers. Maugréante, je me calai derrière un siège renversé. C'est pas vrai, ça continuait... Mademoiselle Kaldwiiiiiin ! À droite ! Je crus qu'on m'avait pris pour cible, à cause du ton paniqué de mon drone mais c'était en fait un cadavre d'un terroriste, son arme bien en vue... C'était le moment où jamais.

Merde mais... ! à peine eus-je mis le nez hors de mon couvert qu'une salve m'accueillit. Grimaçante, je me tassai... Les gardes protégeant les chefs d'État se mirent à ouvrir le feu plus sporadiquement, signe sans doute qu'il devait y avoir moins de gens. C'était l'occasion que j'attendais pour bondir hors de mon couvert et en deux mouvements, être auprès du cadavre du terroriste, le visage défiguré. Tu n'en auras plus besoin, ducon... Je luis pris son fusil d'assaut, un beau modèle qui sentait encore le neuf et rutilant, on commençait à en recevoir de ce modèle quand j'étais encore en service... Sur mon épaule, Bob s'agitait, regardait dans tous les sens pendant que je m'affairai. Des munitions... Bien. Son arme... le chargeur vide. Hin, sans doute n'avait-il pas eu le temps de recharger qu'il s'est fait cueillir... Je pris en main le fusil puis je relevai les yeux vers la tribune. Par tous les esprits, quel massacre... Il y avait du sang et des cadavres partout... Armée, je devais quand même faire attention, que la garde ne me prenne pas pour un terroriste aussi je me gardai bien de tirer. Bob, signale moi le moindre ennemi qui va dans ma direction. Je dois à coup sûr faire mouche si je dois tirer, la garde doit voir que je suis de son côté et non de l'ennemi. J'avais repris un peu plus le contrôle, l'adrénaline était toujours là quoique moins forte mais j'étais alors pleinement dans la bataille.

Résumé: