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Quand le destin vous joue un tour

Quand le destin vous joue un tour Brandw10
Mer 20 Déc - 17:58
Quand le destin vous joue un tour


Le bazar, une foule aussi dense de jour comme de nuit qui s'agitait toujours en encore. Des petits et des grands étals à perte de vue. Des vendeurs de fripes, d'armes, de nourriture, d'animaux, rien ne manquait. Ça beuglait en tous sens, les vendeurs ventant leurs produits comme étant les meilleurs.
Akhesh s'engageait dans les allées, ne sachant pas trop où chercher afin de trouver un vendeur bien spécifique dont il avait entendu parler la veille. D'après ce qu'il avait pu comprendre, ce dernier avait un cheval ailé à vendre. Les Pégases étaient réputés pour être facilement domesticables, mais celui-ci avait, selon les dires, une robe bien particulière. Aussi sa curiosité le poussait-elle à vouloir voir l'animal. Et puis voici bien longtemps qu'il voulait acquérir une telle monture. Seulement Xandrie ne se prêtant pas à ce genre de spécimen, il avait renoncé à ce projet. Mais maintenant, avec sa nouvelle vie et ici, c'était tout autre. Avec les étendues sauvages à perte de vue, la place était suffisante pour faciliter son envol ou son atterrissage. Le Strigoi déambulait au gré de ses pas et s'arrêtait parfois devant l'une d'entre elles, afin de glaner quelques informations ou tout simplement pour jeter un coup d'œil sur quelques articles.

Depuis quelques minutes, il sentait une présence dans son dos et cela lui déplaisait fortement. Le suivait-on ? L'avait-on reconnu ? C'était peu probable, mais pas impossible. Une envie de faire face à cette éventuelle menace et d'en finir une bonne fois pour toutes lui passait par l'esprit. Il la refoulait. Il se faisait des idées, à n'en pas douter. À rester toujours sur ses gardes, il en devenait paranoïaque. Mais qui ne l'aurait pas été après tout ? Avoir une prime sur sa tête et deux factions à vos trousses ne laisserait personne indifférent. Et puis ici, en plein milieu du bazar, il ne serait pas du meilleur goût d'éviscérer ou d'égorger quiconque.Avant même que la femme ne s'approchait de lui, il l'avait vu arriver, grâce à son champ de vision panoramique. Elle ondulait des hanches, vraisemblablement à la recherche d'un client.

"Alors mon mignon, on cherche de la compagnie ? Zoolye est prête à satisfaire toutes tes envies pour quelques astras."

Ici comme ailleurs, certaines femmes vendaient leurs charmes, comme les marchands vendaient leurs marchandises. Elle osait quelques caresses sur Akhesh qui la repoussait gentiment.

" Je ne suis pas intéressé. ! "

Piquée au vif, par le rejet du black, elle venait à éructer un peu fort.

" Ouais, c'est ça!  Va donc rejoindre ta morue, espèce de...."

Il lui jetait un regard sombre si bien qu'elle ne terminait pas sa phrase et partait à la recherche d'un autre client. Mais voici qu'une autre prostituée venait à se moquer de la première.

"Zoolye change de métier, tu rapportes rien !"

" Ah toi, je t'ai rien demandé ! Retourne donc à tes passes et mêle-toi de ce qui te regarde, sale putain ! "

Furieuse de se voir ainsi rembarrer, la seconde prostituée lui répondait du tac au tac.

" Quoi ! Tu oses me traiter de putain! Espèce de truie ! Non, mais tu t'es vu, avec ta gueule de poisson mort! Pas étonnant que ton homme soit parti ! Parce qu'avoir une tête de thon comme la tienne devant lui tous les jours, ça devait lui rappeler son ancien métier!"

Le ton montait entre les deux femmes si bien qu'elles en oubliaient Akhesh qui n'était plus de la partie. Il décidait de s'éloigner des deux femmes alors qu'elles en venaient aux mains et se crêpaient le chignon, créant un attroupement et une bousculade.

"Espèce de guenon!"

""Sorcière!"

Tout autour d'elles se formait un attroupement qui encourageait tantôt l'une, tantôt l'autre, tandis qu'elles se battaient comme des chiffonnières. Akhesh était pris au milieu de tout ça, alors qu'il n'avait pour objectif de trouver ce foutu marchand. Une bousculade, puis une seconde, pour savoir qui serait le mieux placé et voici qu'une personne lui rentrait dedans ou inversement. Allez donc savoir.
Il pivotait et se retrouvait face à un visage qui ne lui était pas inconnu. Lui !!! Comment était-ce possible ? Quelle chance pouvait-il y avoir qu'ils se trouvent précisément là, en même temps ? Car oui, c'était bien Keshâ qui se trouvait face à lui. Il n'avait pas spécialement changé, toujours ce ravissant minois et ce beau regard améthyste. Akhesh le dévisageait quelques instants de son regard azur avant se frayer un passage dans la foule et de passer son chemin. S'éloigner et vite avant que son nom ne s'élève.
L'avait-il reconnu ? Sans, aucun doute. Aussi se devait-il de mettre de la distance entre eux. S'étant éloigné, deux possibilités s'offraient au Strigoi, traverser la petite place devant lui ou bien s'engouffrer dans une espèce de ruelle composée d'étals encore fermés qui se trouvait à sa droite. Il optait pour la droite...


Codage par Libella sur Graphiorum
Mer 27 Déc - 16:18



Quand le destin vous joue un tour

Ft. Akesh Ménuza


C’est avec l’innocence de la jeunesse que Keshâ déambulait entre les tentures colorées et les vapeurs parfumées des étals d’étoffes et de friture du marché de Qadsak. Une gaîté insouciante l’habitait. Après avoir aligné trente gardes sacrés d’un sommeil de plomb et fuit la capitale avec des notes dérobées aux archives du Concile, il sentait la pression s’alléger. Le frisson du méfait accomplit se fondait dans l’émerveillement des paysage ensablés de l’erg de Saleek.  Le long voyage dans  et l'anticipation des difficultés passées, c’était la première fois qu’il vivait le voyage au présent en profitant de chaque curiosité, de chaque rencontre.

Maëlstrom avait réussi à accrocher son attention en lui parlant de son totem d’invocation de Félinimbus, à la rouerie incomparable. Il expliquait l'avoir déniché au marché noir chez un commerçant un peu louche. Keshâ espérait à son tour pouvoir en trouver un à bon prix et déserta ainsi la caravane de marchands pour se fondre dans les ruelles. Protégé des flèches brûlantes du soleil par les tentures miteuses tendues au-dessus des passants, le jeune homme rabattit le turban indigo sur ses épaules, ne se faisant plus que clarté entre son ample habit de lin blanc.

Maëlstrom lui fit découvrir une ou deux spécialités culinaires et le fit approcher d’un charmeur de serpents, avant de le mener vers son trophée d’invocation. Le vendeur lui donna l’impression que son âme allait être aspiré par le Félinimbus s’il n’y faisait pas attention et lui donna un petit rouleau de prière adressée à Nagidir, sur un minuscule parchemin. Il en eut froid dans le dos.

Il allait avec Maëlstrom, puisque Seraphah ne leur avait concédé qu’une heure de halte avant de repartir au plus vite en direction des pyramides. Mais leurs chemins se séparèrent par accident. Un regard à gauche, un pas de côté et ils s’étaient perdus de vus. Il commença à errer comme un électron libre, tentant à demi de retrouver son ami et à demi de ne rien manquer des babioles exotiques qui lui attiraient le regard. Certaines femmes plus ou moins jeunes ne manquaient pas de lui sourire de toutes leurs dents, fascinées par la couleur de ses yeux.

Un attroupement bloquait le chemin un peu plus loin et des cris s’en élevaient. Ca bardait aussi à Aramila ! Keshâ se retrouvait à converger vers l’épicentre, plus attiré par la foule que par véritable volonté d’assister à la bagarre.

Tout à coup, son front heurta un mur de muscles. Il recula. La chaîne d'argent pendant à son oreille droite s'agita avec son pendant de pierre violette taillé en pointe. Figé comme la pierre, ses yeux d’améthyste se fondirent dans le bleu de celui qu’il venait de bousculer. Son esprit avait du mal à faire le rapprochement, mais son regard intense exprimait une telle incrédulité en retour que le doute n’était plus permis. C’était Ekiel.

Il était tellement différent, pourtant. Ses cheveux étaient longs et tressés, sa barbe sauvage et racée et tant de bijoux paraient son cou et ses oreilles. Quant à son corps dénudé… il eut fallu le percuter de plein fouet et entrer en contact avec son regard pour faire directement le rapprochement.

Comme un fantôme, Ekiel se détourna et fendit sans mal la foule de ses larges épaules. La marée humaine se referma sur lui, le laissant aucun espace pour le suivre. Passée la stupeur, Keshâ lui emboîta le pas, tentant de percevoir son crâne entre les têtes qui étaient parfois assez grandes pour lui masquer la vue. Pareille à une anguille, il joua des coudes, pivotant ses hanches pour se faufiler.

Keshâ pensait apercevoir le strigoi de l’autre côté d’une place. Ce jeu ressemblait étrangement à leur première rencontre. A présent qu’il était un fugitif recherché, il était peut-être plus dangereux. Aussi devrait-il se montrer plus prudent. Mais il était moins fragile qu’à l’époque. Et cela, Ekiel, si c’était vraiment lui, ne pouvait pas le savoir.

Au lieu de le suivre directement dans la ruelle où il l’avait vu s’engouffrer, Keshâ sauta sur un tonneau et d’un bond s’agrippa au rebord d’une fenêtre, avant de se hisser le plus discrètement possible jusqu’au toit. Le rebord friable de terre séché ne pardonnait pas l’approximation. Heureusement, l’escalade urbaine était son péché mignon depuis toujours pour prendre de la hauteur et fuir les ennuis. Contournant des fils à linges chargés de draps, il sauta l’infime espace entre deux bâtisses et vint se pencher en contrebas pour observer la position de sa proie.

Ekiel semblait toujours là, vérifiant derrière lui s’il était suivi. Keshâ se renfonça derrière l’angle du toit et devança quelque peu la progression du strigoi dans la ruelle. Il employa une ruse pour distraire Ekiel.

~ ° Par ici… ° ~ souffla un murmure dans son esprit sur sa gauche, légèrement en retrait derrière son épaule. Keshâ profita de la surprise pour marcher sur une poutre de bois allongée au-dessus de la ruelle, qui servait à accueillir les tentures lorsque les étals étaient occupés. S’y accrochant, il se laissa glisser souplement au sol. Il lui était bien entendu impossible de savoir que toute surprise était vaine si tant est qu’Ekiel aie activé son cristal de vision augmentée.
-« C’était donc vraiment toi. » déclara-t-il alors qu’ils se faisaient face.

La vérité est qu’il n’avait pas vraiment réfléchi à la suite. Sous l’impulsion du moment, il avait suivi Ekiel, animé par l’envie d’en avoir le cœur net. Et après ? S’il décidait de le supprimer, puisqu’il ne faisait aucun doute qu’il l’avait identifié ? Eh bien, tant pis pour lui.



Dernière édition par Keshâ'rem Evangelisto le Ven 5 Jan - 0:39, édité 1 fois
Lun 1 Jan - 13:52
Quand le destin vous joue un tour


Pourquoi avait-il fallu qu'ils se croisent ici et maintenant ? Tout avait été trop simple jusqu'à présent, beaucoup trop simple. Aussi fallait-il que le destin en décide autrement. Combien de possibilités y avait-il pour qu'ils se croisent de nouveau ? Une sur cent mille, un million ? Quoi qu'il en soit, il fallait qu'Akhesh s'éloigne de lui et vite. Il était recherché et le revoir c'était prendre le risque de se faire repérer, poursuivre et arrêter.
Alors oui, le Strigoi pressait le pas, se retournant de temps à autre pour s'assurer qu'il n'était pas suivi par Keshâ. Il semblait que non, mais son instinct lui soufflait que le jeune homme ne renoncerait pas, qu'il chercherait à s'assurer que c'était bien lui et pas le fruit de son imagination.
Tous les sens de l'ancien ministre étaient en éveil et son pouvoir de vision panoramique activé par mesure de sécurité. À vrai dire, il était presque toujours actif depuis sa fuite de Xandrie.
Dès lors, il avait mis tout en œuvre pour que l'on ne puisse pas lui tomber dessus et jusqu'à présent cela avait fonctionné à merveille. Aussi ne pouvait-il se permettre de tout compromettre alors qu'il avait refait sa vie ailleurs.

Sa vie était différente, loin du pouvoir et cela lui convenait parfaitement. Keshâ pouvait être celui par qui tout pouvait basculer et il ne le voulait pas. Si le jeune homme devait être un danger, si minime soit-il, Akhesh devrait l'éliminer comme il en avait éliminé tant d'autres depuis sa fuite. Il allongeait le pas, avançant rapidement dans la ruelle déserte, bifurquant à gauche, puis à droite entre les tentes et autres baraques. Seulement Keshâ avait emprunté un autre chemin. Un chemin plus aérien. Aussi, lorsqu'il atterrissait devant le Strigoi ce dernier le saisissait à la gorge de son bras gauche, prêt à en finir avec cet importun qui lui broyant la nuque.
Mais voilà, c'était Keshâ et l'homme en cavale ne lui avait pas jadis donné une chance de s'en sortir pour lui ôter la vie maintenant. Aussi relâchait-il le cou de l'Epistopolien où la marque de ses doigts restait imprimée. Il avait serré un peu trop fort. Et voici que la question franchissait les lèvres de Keshâ, demandant si c'était bien lui. Comme s'il ne l'avait pas déjà deviné. Comme s'il n'avait pas reconnu ce regard azuré et ce corps musclé qui l'avait percuté. Voulait-il sans convaincre en entendant la voix du Strigoi ? Akhesh reculait d'un pas, sur ces gardes, tous les muscles de son corps tendu. Il restait silencieux quelques secondes , une éternité.

"C'est moi. Mais, si tu es là pour la prime, tu sais où cela va nous mener, Keshâ."

Il venait de prononcer son nom, de son timbre de voix si particulier. Quiconque le connaissait bien pouvait aisément affirmer, les yeux fermés, qu'il s'agissait bien de l'ancien noble. Akhesh n'avait nullement envie de devoir en découdre avec son ancien protégé, mais si cela devait advenir, il le ferait sans état d'âme. On sentait que le Strigoi ne reculerait pas, le cas échéant. Il l'observait, se rendant compte que le miséreux d'autrefois avait fait du chemin. Tous deux avaient changé, mais jusqu'à quel point ?

" Passe ton chemin Keshâ. Oublie m'avoir croisé et même connu, c'est préférable."

Il passait près de Keshâ, le frôlant, ne souhaitant visiblement pas prolonger cet intermède. Plus pour le protéger lui que se protéger lui-même. Il ne savait que trop comment toute personne aidant ou même côtoyant un fuyard serait traitée par la suite et il ne  voulait pas ça pour Keshâ.


Codage par Libella sur Graphiorum
Ven 5 Jan - 2:58



Quand le destin vous joue un tour

Ft. Akesh Ménuza


La chance était parfois farceuse. Même si plusieurs de ses rencontres fulminaient contre elle en la prétendant excuse des faibles, Keshâ trouvait qu’elle l’accompagnait bien souvent de façon avantageuse. Ekiel l’avait quitté d’une manière subite, laissant beaucoup de questions sans réponse et un sentiment d’inaccompli. Une telle projection dans sa nouvelle vie ne pouvait être qu’une opportunité. De quoi, on ne sait pas.

Car à sa surprise, la poigne coriace du strigoi se referma sur lui. Malgré le jour, il conservait encore une force prodigieuse. Sa pression intracrânienne augmenta drastiquement dans ses globes oculaires alors que l’air ne circulait plus dans sa gorge. Passé le choc, il se demanda s’il devait essayer d’atteindre la ceinture sur son torse à travers les replis de vêtements pour en tirer une potion de robustesse.

Mais Ekiel relâcha sa prise et battit en retraite. A son tour, il recula d’un pas en titubant, pris de toux, ses mains portées à la gorge. Un regard plein de rancœur frappait Ekiel alors qu’il reprenait haleine. Ses cheveux noirs dont il avait dû rafraîchir le henné pour continuer à faire illusion durant leur voyage en caravane tombaient sur son front en bataille.
-« Ocyän… » dit-il d’une voix sèche, la gorge encore endolorie.
« Je suis Ocyän. »
Son agacement était perceptible. Il jeta un regard derrière son épaule pour voir si ce n’était pas Ekiel, au contraire de lui-même, qui réduirait à néant la couverture aramilane de l’autre.

-« Si je voulais une prime, tu ne m’aurais plus revu après tout à l’heure, avant de te réveiller en prison. »

Il était un peu tard pour prétendre ne pas s’être reconnus. L’incohérence n’avait pas l’air d’effleurer Ekiel qui ne fit pas demi-tour, mais le contourna simplement comme un obstacle sur sa route.

-« N’es-tu pas curieux de savoir comment je t’ai retrouvé ? Il pourrait y avoir d’autres mercenaires à ta recherche au marché… » Ses yeux se levèrent vers les fils à linge entre les maisons comme si d’invisibles funambules les parcouraient.
« Peut-être même sommes-nous observés en ce moment même. » sous-entendit-il, un mince sourire étirant ses lèvres, indéchiffrable. Et si, depuis le début, Keshâ, le vagabond Epistote, n'était qu'un avatar d'Ocyän? Et si Ocyän était lui même un avatar caravanier?

Il ne savait pas ce qui le conduisait toujours à improviser des histoires à dormir debout dans les situations impossibles. Mais une fois lancé, il interrompait rarement sa comédie. Ekiel semblait s’être arrêté. Très bien, avait-il capté son attention.
-« Tu ne crois pas que je mérite des excuses ? Je sais que tu sais être rude, mais quand même, est-ce ainsi que l’on salue un vieil ami ? » Un œil appréciateur continuait d’analyser les improbables transformations dans la chevelure et la barbe d’Ekiel, qui passait sans aucun problème pour un combattant des dunes, rehaussé de quelques élégantes breloques.

C’était à se demander s’il s’agissait de Keshâ, à la personnalité plus effacée. Les mois avaient passés et ce qu’il avait dû faire pour arriver là où il était l’avait certainement changé en partie. A quel point ? Au moins à celui d’être capable de se couler quelques instants dans un personnage de composition.

-« J’ai une proposition… N’ait pas l’air si en colère, voyons. Tu pourrais me raconter un peu de tes nouvelles, entre fugitifs. En échange, je ne dirai rien à personne, jamais. »

Il était de fait lui aussi en cavale, à Aramila. Et ce, bien que personne ne connaisse sa véritable identité, sa nation ou même les motifs de l’effraction aux archives du Concile. La rumeur des meurtres de quatre gardes sacrés et l’effondrement dans un profond sommeil de trente autre n’était pas encore parvenue à Qadsak. Mais cela ne saurait tarder. Keshâ avait entendu des marchands de sa caravanes inventer des poèmes sur la voix démoniaque, emprisonnant les hommes dans un sommeil sans fin, car l’Église n’avait pas encore été en mesure de réveiller certains des gardes le lendemain des faits, au moment où le convoi de dromadaires et tamanains quittait la sainte cité pour l’erg de Saleek.

Ven 5 Jan - 13:56
Quand ledestin vous joue un tour.



En saisissant Keshâ à la gorge, Akhesh avait ressenti l'envie primale de serrer encore et encore, jusqu'à sentir la dernière étincelle de vie quitter ce corps. Tuer pour survivre était devenu monnaie courante pour le Strigoi. Il n'avait plus aucun scrupule à laisser sa nature de tueur prendre le dessus. Seulement voilà, il ne pouvait se résoudre à le faire, pas à lui, pas comme ça dans une ruelle sordide. Une fois sa prise relâchée, son ancien amant portait les mains à son cou, pris d'une quinte de toux, le regard plein de reproches, titubant légèrement. L'ancien ministre le détaillait plus avant, insensible à ce qui se passait. L'individu avait teinté ses cheveux et le Strigoi s'en demandait la raison. Était-ce une fantaisie  ? Un moyen de passer inaperçu sur ces terres désertiques où sa blondeur cendrée aurait trop attiré l'attention ? À moins qu'il ne soit lui recherché pour quelques méfaits. Et voici qu'il affirmait s'appeler Ocyän, le répétant par deux fois, ce qui attirait un léger haussement de sourcil chez Akhesh. Un changement de nom, un regard derrière lui, cela ne trompait pas. Lui aussi devait avoir du monde à ses trousses.  Il s'interrogeait sur la raison avant de fusiller l'ancien blondinet du regard lorsqu'il lançait qu'il ne l'aurait jamais revu avant de se réveiller en prison. Il serrait les dents et balançait abruptement.

" Encore faudrait-il qu'ils aient le temps de s'emparer de moi sans crever avant!"  

Il était sûr de lui, comme persuadé que rien ne pouvait l'arrêter. Comme convaincu. Qui ne le serait pas après avoir été équipé d'une prothèse qui vous donne une force surhumaine, sans compter tout ce dont il disposait pour se tirer de n'importe quel mauvais pas. C'était comme cette chaleur qui semblait ne pas avoir d'emprise sur lui. Par quel miracle était-ce possible? Les Strigois étaient pourtant sensibles au soleil, non ?
Ils s'étaient reconnus, ni l'un ni l'autre ne pouvaient le nier, et cela, malgré leurs aspects physiques différents. Comme si cela ne suffisait pas, la tension montait d'un cran quand Ocyän en rajoutait, provoquant délibérément Akhesh alors qu'il était désireux d'en rester là. Il s'arrêtait alors que son amant laissait sous-entendre que des mercenaires étaient sans doute à sa recherche. Il ricanait alors et le fixait, un rien amusé.

"Si tel était le cas, tu serais toi aussi en péril, Ocyän."  

Il se rapprochait dangereusement, se penchait et murmurait d'une voix suave et chaude, tandis que sa main droite effleurait le visage angélique.

"L'idée de me retrouver seul avec toi dans un lieu exigu ne serait pas pour me déplaire."  

Son ancien amant jouait les provocateurs et bien le Strigoi faisait de même.

"Si nous étions suivis comme tu sembles l'affirmer, ils nous seraient déjà tombés dessus. Quant à savoir comment tu m'as trouvé, je dirais le hasard. Tu as été tout aussi surpris que moi lorsque nous nous sommes percutés. Cela ne trompe pas."  

Il laissait son souffle courir sur la peau d'Ocyän avant de s'écarter de lui, s'amusant une fois encore des paroles prononcées.

" Des excuses?! Un ancien ami?!"  

Il se frottait le menton en souriant.

"Je n'ai pas d' explication à te fournir. Tu sais certainement ce qu'il en est, à mon propos, puisque Xandrie et Epistopoli sont à ma recherche. La roue a tourné et je suis passé à autre chose. Quant à être ami..."  
Son regard courait sur Ocyän, laissant suggérer qu'il pensait à autre chose.

"Ami... J'avais une autre perception. Je me rappelle une nuit torride avec une personne désireuse d'en vouloir plus. M'avouant n'avoir jamais connu ça et avoir passé la plus belle baise de sa vie. Quant à être rude, cela semblait te plaire."  

Il jouait avec les mots, retournant la situation comme bon lui semblait, provoquant son amant qui semblait avoir pris de l'assurance depuis leur dernière rencontre. Cea lui plaisait d'avoir en face de lui une personne avec du répondant.  Jadis, Keshâ n'aurait jamais osé lui parler de la sorte. Son ancien amant lui proposait de passer un peu de temps ensemble afin de discuter et le Strigoi acquiesçait tout en retrouvant son sérieux. Il en avait fini de badiner pour le moment.

"Je ne suis pas en colère, juste méfiant. Cela n'est pas tourné contre toi. Suis-moi."  

Il l'invitait donc à lui emboîter le pas sans détours. Ils cheminaient dans le dédale des allées, tantôt tournant à gauche, à droite, s'enfonçant de plus en plus dans le bazar. Il était évident que le Strigoi connaissait bien les lieux, suffisamment pour ne pas s'y perdre.

"Tu as changé. Tes leçons ont-elles porté leurs fruits ? Sais-tu lire et écrire à présent ?"  

Même en cavale, le Strigoi avait fait en sorte de faire parvenir les fonds nécessaires à l'apprentissage de son protégé. Après tout, ils avaient passé un accord et l'ancien ministre tenait toujours ses engagements. Ils parvenaient devant une petite maison sans prétention, faite en torchis, dont Akhesh poussait la porte.

"Entre."  

Un dernier coup d'œil panoramique avant de pénétrer dans l'habitation à la suite d' Ocyän. A l'intérieur, tout le confort nécessaire. Des gros coussins moelleux au sol, un coin cuisine fonctionnel, un espace nuit et bain. Personne ne s'attendrait à trouver tout cela derrière les murs modestes de cette bâtisse. Même en cavale, le Strigoi gardait un certain mode de vie.

" C'est une de mes planques, compromise à présent. Installe-toi et mets-toi à l'aise. Tu veux boire quelque chose ? J'ai du thé, du whisky et une boisson locale pas mauvaise du tout qui enivre rapidement.  

Le Strigoi paraissait plus détendu.

"Tu m'expliques ça? "

Il désignait les cheveux teintés du jeune homme.


Codage par Libella sur Graphiorum
Lun 22 Jan - 18:59



Quand le destin vous joue un tour

Ft. Akesh Ménuza


Ils n’étaient que deux pièces sur l’échiquier d’Urh balayé par les vents du Mandebrume. Le poids de leurs actions et la portée de leurs désirs étaient moindres. Pourtant, ils s’étaient retrouvés. Était-ce un hasard, ou une toile savamment tissée de coïncidences apparentes.

Face à sa mort imminente et la sensation de perte de ses sens, il ne lui restait plus que le bluff. Il cracha piteusement à plusieurs reprises quand le point d’Ekiel se relâcha.

-« Présomptueux. »

Loin d’être sûr de ses facultés, Keshâ se prenait néanmoins un peu moins pour une serpillère que lors de leur dernière rencontre. Il avait déjà relevé l’imprudence de son protecteur. L’avertissement s’était avéré prémonitoire, précédent sa chute de quelques semaines à peine. Toujours splendide, Keshâ constatait que Reyes-Ekiel était toujours aussi confiant en lui-même malgré sa condition de fugitif. Sa morgue était intacte.

-« La force ne fait pas tout. » ajouta-t-il sombrement, sans vouloir ouvrir un débat.

Aussi ne répondit-t-il rien quand Ekiel lui annonça qu’il serait aussi dans de beaux draps s’ils étaient poursuivis ; ce sans considérer la possibilité qu’ils pourraient œuvrer de concert avec les traqueurs, pourquoi pas en tant qu’aspirant caravanier ?

Son corps entier se raidit quand le strigoi approcha, redoutant une nouvelle attaque. Mais sa caresse le fit tressaillir tout aussi sûrement. Sa plus grande faiblesse serait de ne pas vouloir lui résister.
-« Tu marques un point. »

Sans le savoir, il profitait de derniers moments d’insouciance avant que l’échiquier ne se renverse et que le destin du continent ne s’accélère. Lui qui n’avait jamais vraiment eu d’adolescence se prenait au jeu de « faire le mur » en faussant compagnie à ses compagnons pour trainer avec de la mauvaise graine. La perspective qu’il évoquait de sa voix rauque lui faisait perdre toute mesure et il ne pensait plus qu’à se retrouver seul enfermé avec lui.

Un certain sens du danger l’aiguillonnait lorsque ce dieu du désert l’invita à lui emboîter le pas à travers les ruelles abandonnées. Ils gagnaient en effet à ne pas relater leur passé à voix haute au milieu d’un repère d’espions et de marchands mêlés au tout venant des vagabonds de Contade et d’Aramila. Cette procession silencieuse rendait sa promenade beaucoup plus intéressante, même s’il se demandait encore si Ekiel ne l’attirait pas simplement dans un endroit résolument plus écarté des foules pour lui régler son compte sans être dérangé.

Il était assez impressionnant pour Keshâ de constater à quel point le strigoi était à son aise dans le fourmillement d’impasses et de ruelles, se coulant entre les tentures et poutrelles basses comme s’il en était né. Alors que quelques mois plus tôt, il lui ouvrait les portes secrètes de la basse-ville d’Epistopoli. Curieux personnage que ce ministre métamorphe sinuant dans les quartiers malfamés.

-« J’ai beaucoup travaillé avec mestre Garibaldi. Il serait exagéré de prétendre que je suis aussi efficace qu’un lecteur natif. Cela me demande encore beaucoup d’effort et je fais preuve de lenteur. Mais je suis devenu autonome, oui… d’ailleurs, il n’a eu de cesse de m’inculquer en vain les bases des sciences physiques. Déformation professionnelle j’imagine. »
Il revoyait encore les tableaux de conversion du souffre et les écrits des premiers alchimistes tirés des archives de l’université, datant de l’époque de Sancta où les expérimentations étaient proscrites et ramenaient les savants au rang de clandestins.

Quand il entra dans la masure, Keshâ fut surpris d’y trouver un nid douillet, voire des plus confortables selon les standarts Aramilan. Bien qu’il soit désormais habitués aux prouesses d’élégance du Marquis, après un mois de déambulation sous un soleil brûlant, ce raffinement exotique était un délice pour les sens du voyageur.

Emerveillé, il répondit :
-« Oh mais je ne dirai rien. » fit-il mine de s’offusquer. « Croix de bois, crois d’airain, si je mens, je vais dans les Limbes… et puis, qu’est-ce que je gagnerai à te dénoncer ?... je veux dire : à part l’argent. Les gens comptent plus pour moi que la monnaie. Et je n’en manque plus autant qu’avant, d’ailleurs. »

Le jeune homme repéra un étalage de coussins colorés aux motifs attrayant pour s’accouder au sol. L’alcool n’attirait pas sa préférence. Il était néanmoins trop curieux pour laisser passer sa chance de faire couleur locale en découvrant quelques us et coutumes.

-« Je vais essayer cette drôle de boisson locale. Ça a quel goût ? C’est à base de fruits ? »
Ekiel paraissait plus relâché à présent qu’ils se trouvaient dans son domaine réservé. Il le trouvait plus beau ainsi. De fait, il n’avait pas l’air de vouloir mettre fin à ses jours. Le poison ne semblait pas être sa tasse de thé.

-« Oh… mes cheveux ?! Eh bien. Il y a moins de gens à Aramila qu’à Epistopoli. Entre les yeux lavandes, les cheveux cendrés, la peau blanche et un accent distinct, cela commence à faire beaucoup d’éléments pour attirer l’attention. J’ai voulu me fondre un peu plus dans le paysage, des fois qu’on recherche quelqu’un qui réponde à ma description. Et puis, je rêvais de savoir l'air que j'aurais eu si rien n'avait changé.»

Pas besoin de se ruer vers les détails. Il les lui demanderait sans doute assez tôt. Il devrait en éluder une partie. Cela faisait partie du jeu. Maintenant qu’il avait sa propre vie, des intérêt, il avait également des enjeux à protéger, des choses à perdre, des marchés à honorer.

-« Et… tout ça… » dit-il avec feu en effleurant les bouclette de sa barbe et en laissant ses doigts papillonner dans l’air en direction de ses tresses scandaleusement volumineuses et parées de bijoux dorés.

-« Qui se trouve aujourd’hui devant moi ? Un garde ? …. » Il ne lui laissa pas le temps de répondre, ses yeux se perdant dans la fiction qu’il bâtissait en goutant sa saveur. « Oh oui, j’aimerais bien me faire coincer par un garde tel que toi… mais ce serait dangereux de jouer à ce point de l’ignorance des autorités… un marchand peut-être ? Un marchands de pierres précieuse ? Qui s’appellerait…. »
Sam 27 Jan - 10:40
Quand ledestin vous joue un tour.


Akhesh esquissait un mince sourire au mot présomptueux, comme si cette remarque lui passait au-dessus de la tête.

"Moi, présomptueux !  Allons, allons, c'est un bien grand mot, mon ami." 

Il accentuait volontairement sur le mot ami.

 "Je suis réaliste et quant à ma force et ce n'est qu'une infime partie de mes capacités. Je constate cependant que tu as pris de l'assurance depuis notre dernière rencontre. Tu t'affirmes. Je ne me suis donc pas trompé sur ta personne en te donnant une chance de t'en sortir. D'ailleurs, cela te réussit plutôt bien." 

Le suceur de sang sentait son amant se raidir, puis le léger tressaillement dont il était pris alors qu'il l'effleurait. Ainsi, il exerçait toujours les mêmes sentiments chez le jeune homme, la crainte et la fascination. En cela, rien ne semblait avoir changé, si ce n'est la condition de l'ancien chez d'État.
Contre toute attente, Keshâ s'était laissé guider au travers du bazar sans penser qu'il s'agissait peut-être d'un piège. Voilà qui était bien imprudent, mais en son for intérieur, Akhesh était certain que son protégé était à même de se défendre. Alors pourquoi aurait-il craint pour sa vie, en le suivant ? Lui, qui lui avait apporté le savoir et de l'argent.
Très vite, Akhesh apprenait que son amant s'était investi avec ténacité dans son apprentissage de la lecture et de l'écriture et cela tintait agréablement à ses oreilles, bien que ce dernier avouait être lent, mais qu'il se débrouillait bien.

"Je suis heureux d'apprendre que tes leçons de Garibaldi portent leurs fruits. Néanmoins le laisse pas t,embringuer dans les sciences, sauf si tu y trouves un quelconque intérêt .Garibaldi peut se monter pugnace de ce côté, mais c'est un excellent précepteur."

Ce qui était certain, c'est que Keshâ ne s'attendait pas à trouver un tel confort en entrant dans l'habitation. Il prenait pourtant vite ses aises, s'installant confortablement sur les coussins moelleux, comme s'il n'avait pas connu couche plus douce depuis plusieurs semaines.

" Si tu venais à parler, tu sais parfaitement ce qu'il t'en coûterait. De toute façon, si l'envie m'avait pris de me débarrasser de toi, je l'aurais dehors, pas ici. Les limbes attendront encore, je ne serais pas l'instrument de ton trépas. "

Akhesh ne relevait pas le fait que les gens comptaient plus que l'argent, mais notait que le jeune homme n'en manquait plus autant d'avant. Ainsi, il avait trouvé d'autres mécènes, rien d'étonnant à ça avec sa mignonne petite gueule. Contre toute attente, il annonçait vouloir goûter l'alcool local et Akhesh haussait le sourcil.

"Fort bien, je nous sers ça. Si tu as une gueule de bois demain, ne va pas te plaindre, tu es prévenu. C'est une liqueur faite à base de figue de barbarie. D'après ce que j'ai pu apprendre, les figues sont plongées dans un alcool de qualité afin que leurs arômes naturels soient préservés. Puis, l'ensemble est écrasé pour ensuite être filtré et mélangé avec un peu d'eau et du sucre."

Tout à son explication, Akhesh disposait deux verres et la bouteille sur un plateau et venait s'installer à son tour sur les coussins, posant le plateau entre eux. Venait la raison concernant la couleur de cheveux que Keshâ et cela tenait la route. Mais c'est une autre remarque qui retenait l'attention du Strigoi. Comment ça, il se pouvait qu'on recherche une personne qui puisse lui ressembler ? Dans quel merdier était-il donc allé se fourrer ? Et surtout, pour quel crime serait-il recherché ? Voilà bien des questions qui brûlaient les lèvres de l'ancien ministre et pourtant il se gardait de les poser, pour le moment.
Akhesh remplissait les deux verres tout en écoutant lorsqu'une main venait effleurer sa barde puis montait en direction de sa chevelure, retournant la question concernant la transformation physique. Il rebouchait la bouteille, laissant Keshâ jouer quelques minutes avec les dreadlocks avant de lui saisir le poignet et de l'écarter avec douceur.

"Ça et bien c'est le résultat de quelques mois de cavale. Et puis, on recherche un homme aux cheveux courts, sans barde, élégant et sobre, tout le contraire de ce que j'arbore présentement. Bon, je te l'accorde, j'ai un peu poussé sur les accessoires et autres bijoux, mais le résultat est plutôt pas mal et je me fonds parfaitement dans le décor. Je fais très couleur local. À croire que j'ai toujours vécu ici."

Il se penchait au-dessus du plateau, rapprochant son visage de celui de son amant et soufflait d'un ton suave.

"Quant à savoir qui se trouve devant toi... Que cela soit un garde, un caravanier, un marchand ou je n'ai quoi d'autre, cela importe peu. Je constate simplement qu'il semble te plaire énormément, n'ai-je pas raison ?  Tout ce que tu as à savoir, Ocyän, c'est qu'il s'appelle Akhesh et qu'il escompte bien profiter du moment."

Voici qu'une fois encore, il jouait de séduction, attisant le désir du jeune homme. L'attirant comme un papillon de nuit le serait par la lumière d'une chandelle. Mais, oserait-il une fois encore s'encanailler entre les bras du Strigoi. Comme pour le pousser à prendre une décision, le Strigoi passait une main langoureuse derrière la nuque de son amant et l'attirait à lui . Leurs visages ne se tenaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

" Alors, tentez ou nous en restons à une discussion plus terre à terre ?"



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