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Mer 4 Mai - 22:43

Religion

Histoire fantasmée ou réalité altérée

Si pour certaines factions la religion est un sujet important, presque fondateur, pour d'autres elle peut aussi être considérée comme fallacieuse, voire nocive. Pourtant il n'existe pas un culte unique, mais une pluralité de croyances plus ou moins importantes, la moitié gravitant autour de la « religion des Douze » : le Panthéisme. Ainsi, chaque Haute Cité vient avec son degré de tolérance vis à vis de la pratique religieuse : à Aramila, un agnostique ou un athée sera mal perçu, tandis qu'à Xandrie, il sera libre de pratiquer, tant que cela ne cause pas de grabuge ; à Opale et Epistopoli, la religion est respectivement proscrite officieusement et officiellement, quand bien même personne n'est assez fou pour révéler ses croyances dans ces deux villes. En cause : le conflit millénaire entre religion et science, même s'il peut exister des points sur lesquels les deux idéologies s'accordent.

Depuis la découverte des sites archéologues dans la Mer de Brume puis des Archives de Dainsbourg, bon nombre de convictions religieuses ont été brisées, morcelant la foi sur l'intégralité du continent en une pluralité de cultes. Le Panthéisme lui-même est aujourd'hui menacé par les découvertes qui s'enchainent et explications que le Concile Œcuménique se refuse à donner sur ce qui apparaît de plus en plus comme des mensonges, des secrets ou de la manipulation. Parmi les croyants qui se sont désolidarisés de l’Église, certains se sont tournés vers des cultes mineurs, dont le très en vogue Kobolisme, reprenant les préceptes d'une religion antique autour d'un dieu unique et ne possédant pas encore de structure bien définie. À Aramila plus qu'ailleurs, les Panthéistes craignent donc de se faire progressivement détrôner et certains demandent déjà à faire preuve de fermeté à l'encontre des adeptes du Kobold.

À coté de cette lutte interne, ce sont aussi les sectes très virulentes, comme le Treizième Cercle, qui se frottent les mains. Bien qu'au centre de très lourdes accusations, l'organisation se maintient et fleurit même au sein de certains pays où elle est la bienvenue.


Dernière édition par Uhr le Dim 31 Déc - 2:04, édité 5 fois
Mar 16 Aoû - 19:25

Panthéisme

Culte millénaire en déclin

Si à l'origine le Panthéisme était un simple culte dédié au divin, plus particulièrement aux figures protectrices d'Uhr, les Douze, la religion a évolué au fil des années pour devenir progressivement plus tolérante et plus proche, en pratique, d'une religion monothéiste. Certaines branches, considérées comme « extrémistes » en raison de leurs croyances controversées, vont jusqu'à prétendre que les Esprits loués seraient une seule et même entité, ce que le Concile Œcuménique d'Aramila conteste encore aujourd'hui. D'autres proposent de nouvelles lectures de l'Ahad, le premier texte sacré, identifiant les Douze comme des émissaires ou les témoins d'un véritable Dieu omnipotent : c'était là l'hypothèse de l'une des branches les plus contestées avant que les révélations de Dainsbourg ne la pousse à se défaire définitivement du Panthéisme. Pour d'autres, les Douze ne représenteraient pas les uniques survivants parmi les Esprits, théorie à laquelle adhère notamment le Panspiritisme, mais aussi la secte du Treizième Cercle en prétendant que les Douze sont en réalité des imposteurs et qu'il existerait un treizième dieu oublié et renié. Ce dernier cas fait toutefois figure d'exception car, bien qu'Aramila soit une terre prônant la liberté de culte, tout sympathisant du Cercle encourt le risque d'être jugée coupable de félonie par une délégation spéciale de l’Église traquant activement l'organisation terroriste.

Véritable institution personnifiée par l’Église, le Panthéisme a marqué les débuts de l'éon actuel en imposant une base culturelle commune à tous les peuples, quitte à sombrer dans l’extrémisme religieux et à mettre en place une inquisition durant un temps communément appelé « l'Âge Noir ». Aujourd'hui, la croyance est fortement remise en question par les découvertes faites dans la Brume et contestent le premier texte sacré, l'Ahad, contant essentiellement l'Ère des Esprits et la guerre qu'ils auraient mené contre la Brume, provoquant la fin de leur espèce. Les nombreux questionnements des croyants depuis les trente dernières années ont provoqué une scission de l’Église et permis à l'agnosticisme de se développer, puis de gagner de l'ampleur après les découvertes faites sur le Kobolisme.

Rites et pratiques

Les rites panthéistes varient grandement en fonction de l'affiliation à l'une des deux branches principales considérées comme « officielles » : la branche orthopraxe et celle orthodoxe. Ces deux branches sont nées au fil des siècles de la différence de vision entre le Concile d'Aramila et celui de Dainsbourg, auquel était affilié celui de Sancta. Tandis que l'une loue la pratique intensive de rites, l'autre se concentre uniquement sur la véritable ferveur et s'avère davantage punitive envers les « faux croyants ». Car il est plus simple de prier, allumer un cierge ou participer à la messe en faisant partie des orthopraxes, il est plus difficile de réfuter des suspicions de pêché ou d'impiété chez les orthodoxes qui s'en sont toujours remis à l'ordalie comme véritable testament de foi. C'est essentiellement pour cette raison que Dainsbourg et Sancta ont été les principaux persécuteurs lors de l'Âge Noir, quand le meilleur moyen de ne pas être suspecté, à l'époque, était d'entrer dans l'ordre et de progresser dans la hiérarchie ecclésiastique.

Liées par la révérence des mêmes dieux, ces deux branches n'ont donc rien à voir, jusque dans la structure même de l'Église. Et si pendant longtemps les orthodoxes ont été les plus nombreux et les plus influents, ils ne sont aujourd'hui représentés que par quelques diasporas éparses de réfugiés de Dainsbourg et de descendants de nobles de Sancta ayant fui la révolution il y a plus d'un siècle. Désormais, plus personne n'a à se cacher pour nommer ceux-là les « fanatiques », en raison de leur discours et de leur pensée obsédée par la religion, à l'inverse des orthopraxes qui sont majoritaires et représentatifs de l'Église, au point où il est devenu désuet de faire la distinction.

Au-delà de cela, les pratiques religieuses, orthopraxes donc, sont assez communes et civilisées. Une prière quotidienne est fortement recommandée par le Concile pour rester proche des dieux et douze fois par mois des messes sont réalisées dans les lieux de culte. En fonction de la taille de la paroisse, il est possible d'être accueilli par un diacre ou un prêtre, lesquels peuvent offrir le pardon divin aux fidèles souhaitant se confesser. Car en l'absence de scientifiques ayant étudié la psyché humaine, ce sont souvent les curés qui endossent le rôle de psychologues ou de confidents ; à Aramila, ils sont même formés pour écouter et conseiller les pêcheurs. Et aussi les encourager à faire des dons à l'Église.

Valeurs et dieux

Car chacun des douze dieux représente une vertu, six majeures et six mineures, ce sont aussi les valeurs prônées par l'Église. Elles font l'objet de lois religieuses décrites en détail dans l'Ahad, ces règles que l'on nomme « l'Ordonnance » et dont le manquement entraîne le pêché qu'il faut confesser pour pouvoir accéder à l'Isthe, la terre sacrée où festoient Esprits et défunts. Si la simple confession entraîne généralement le pardon chez les orthopraxes, à moins que le crime soit trop grave, les orthodoxes eux considèrent que le moindre écart est susceptible de condamner à l'Exil, où l'âme reste sur terre après la mort, condamnée à errer dans la Malice jusqu'à ne faire qu'un avec elle.

Les Douze sont donc largement perçus comme à la fois les entités régnant sur l'Isthe et les gardiens de la terre sacrée : ce sont eux qui jugent les âmes après la mort, en fonction de leur vertu et des bonnes ou mauvaises actions du croyant. Évidemment, chacun des Esprits vient avec sa propre mythologie et ses propres histoires, consignées dans des centaines de registres, et tous ne sont pas forcément égaux lorsqu'il s'agit d'accorder le repos éternel. Certains sont réputés comme plus influents que d'autres, provoquant un déséquilibre des cultes et apportant avec le temps la nuance de dieu majeur et dieu mineur. Par ailleurs, ce qui est connu des Douze permet aussi à certains théoriciens, religieux ou non, de soupçonner la cause de leur disparition.
Liste des divinités majeures
Raphalos, Esprit de l'Empathie

"Raphalos, par son Empathie, apprit aux hommes comment s'aimer et s'entraider. Elle apporta la coordination et forgea l'amour qui permit au peuple d'avancer ensemble, de construire des cités et d'y vivre en paix."

Célébrée en février, Raphalos est la divinité symbolisant l'Empathie. Représentée sous des traits féminins et illustrée comme la Mère, elle est louée pour son écoute et sa douceur. On la décrit comme un Esprit bienveillant ; c'est la divinité protectrice des enfants et des femmes enceintes.
Pthelior, Esprit de l'Autorité

"Pthelior, par son Autorité, donna les premiers ordres. Tous les hommes l'écoutèrent et cessèrent de s'entre-déchirer, puis agirent selon sa volonté et érigèrent des monuments à la gloire du divin, condamnant les fausses idoles."

Célébrée en mai, Pthelior est la divinité symbolisant l'Autorité. Représentée sous des traits masculins et illustrée comme le Roi, elle est louée pour son pouvoir et sa rigueur. On la décrit comme un Esprit sévère ; c'est la divinité protectrice des dirigeants et des bergers.
Lugrilen, Esprit de la Volonté

"Lugrilen, par sa Volonté, fit naître l'envie dans le cœur des hommes. Pointant la lumière des étoiles dans le ciel, il les inspira, les guida à travers le continent et étendit le royaume des hommes à travers les terres sauvages."

Célébrée en août, Lugrilen est la divinité symbolisant la Volonté. Représentée sous des traits masculins et illustrée comme le Voyageur, elle est louée pour son ambition et sa curiosité. On la décrit comme un Esprit clairvoyant ; c'est la divinité protectrice des explorateurs et des marchands.
Uhr, Esprit de la Pureté

"Uhr, par sa Pureté, emprisonna la Malice au-delà des terres sacrées, offrant un refuge aux hommes. En son centre, il planta un arbre imposant et majestueux, croissant éternellement et irradiant de sa divine bénédiction."

Célébré en septembre, Uhr est la divinité symbolisant la Pureté. Représentée sous les traits d'un châtaigner et illustrée comme l'Arbre Divin, elle est louée pour sa force et son courage. On la décrit comme un Esprit chaleureux ; c'est la divinité protectrice de l'Église et de la vie sauvage.
Azoriax, Esprit de la Justice

"Azoriax, par leur Justice, départagèrent les hommes. Aux bons, ils apportèrent richesse et bonheur et aux mauvais, misère et famine. Puis ils érigèrent un rempart, emprisonnant ainsi le mal et poussant les criminels à s'entre-dévorer."

Célébré en octobre, Azoriax est la divinité symbolisant la Justice. Représentée sous les traits de jumeaux et illustrée comme la Balance, elle est louée pour sa perspicacité et sa neutralité. On la décrit comme un Esprit inexpressif ; c'est la divinité protectrice des magistrats et des médecins.
Demephor, Esprit de la Connaissance

"Demephor, par sa Connaissance, gratifia les hommes d'une goutte de savoir pour éclairer leur chemin, suffisante pour ne pas les noyer. Par les mots, il enseigna aux anciens à transmettre leur expérience aux plus jeunes."

Célébré en Décembre, Demephor est la divinité symbolisant la Connaissance. Représentée sous les traits masculins et illustrée comme l'Ancien, elle est louée pour son intelligence et sa pédagogie. On la décrit comme un Esprit studieux ; c'est la divinité protectrice des sages et des marins.
Liste des divinités mineures
Fanthret, Esprit de la Tempérance

"Fanthret, par sa Tempérance, donna aux hommes les outils. Avec ceux-ci, ils purent apprendre, comprendre et transmettre. La terre ne fut plus jamais stérile et l'obscurité n'occupa plus jamais les esprits."

Célébrée en janvier, Fanthret est la divinité symbolisant la Tempérance. Représentée sous des traits androgynes et illustrée comme l'Anonyme, elle est louée pour sa patience et son sens de la diplomatie. On la décrit comme un Esprit aux paroles mesurées ; c'est la divinité protectrice des paysans et des émissaires.
Nagidir, Esprit de l'Harmonie

"Nagidir, par son Harmonie, fit coexister les langues, les cultures, les sexes et les nombreuses autres différences entre chaque homme. Sous sa gouverne, ils apprirent à se compléter et, dans l'union, faire la force."

Célébrée en mars, Nagidir est la divinité symbolisant l'Harmonie. Représentée sous des traits féminins et illustrée comme la Demoiselle, elle est louée pour sa beauté et sa perfection. On la décrit comme un Esprit aux paroles envoûtantes ; c'est la divinité protectrice des innocents et des prostituées.
Themiatis, Esprit de l'Impulsion

"Themiatis, par son Impulsion, démarra les grands chantiers et insuffla la force, l'endurance et la vigueur dans le cœur et les muscles des hommes. Sous son égide, des merveilles défiant les cieux et des navires gigantesques furent construites."

Célébrée en avril, Themiatis est la divinité symbolisant l'Impulsion. Représentée sous des traits masculins et illustrée comme le Bâtisseur, elle est louée pour sa force et sa spontanéité. On la décrit comme un Esprit préférant le geste à la parole ; c'est la divinité protectrice des architectes et des sapeurs-pompiers.
Ioggmar, Esprit du Discernement

"Ioggmar, par son Discernement, indiqua aux hommes les terres arables, propices à l'élevage du bétail ou à la construction. Il fit dresser des fortifications et des tours autour des villes pour guetter le moindre danger."

Célébrée en juin, Ioggmar est la divinité symbolisant le Discernement. Représentée sous des traits masculins et illustrée comme le Guetteur, elle est louée pour son analyse et son sens de l'observation. On la décrit comme un Esprit aux paroles indéniables ; c'est la divinité protectrice des chasseurs et des propriétaires terriens.
Keladron, Esprit de l'Abnégation

"Keladron, par son Abnégation, s'échina sans relâche pour œuvrer aux côtés des hommes. Elle leur montra le véritablement dévouement, posant les premières pierres, guidant la flamme jusque dans les premiers fourneaux."

Célébrée en juillet, Keladron est la divinité symbolisant l'Abnégation. Représentée sous des traits féminins et illustrée comme la Flamme, elle est louée pour son énergie et sa résignation. On la décrit comme un Esprit aux paroles altruistes ; c'est la divinité protectrice des artisans et des vagabonds.
Bahlam, Esprit de l'Intégrité

"Bahlam, par son Intégrité, apporta la stabilité et la transparence aux hommes. Rédigeant les premières lois, il les guida sur le chemin vertueux de la vérité et promit aux justes que nulle corruption ne les couvrirait d'opprobre."

Célébrée en novembre, Bahlam est la divinité symbolisant l'Intégrité. Représentée sous des traits masculins et illustrée comme la Cruche, elle est louée pour son honnêteté et sa loyauté. On la décrit comme un Esprit aux paroles sincères ; c'est la divinité protectrice des ermites et des gardes.
Aujourd'hui, le Panthéisme est en déclin : interdit dans la moitié des Hautes Cités et de moins en moins influent jusque dans sa capitale, il peine de plus en plus à s'imposer à l'échelle du continent. Pour nombre de religieux baptisés dans les trois dernières décennies, ce n'est plus qu'une étiquette, parfois une « assurance » de pouvoir rejoindre l'Isthe. Avec les récentes découvertes archéologiques, le culte des Douze sonne de plus en plus comme un mensonge et la disparition de ces derniers pousse les non-croyants à se questionner sur leur existence même. Pourtant, l'Église ne baisse pas les bras et lutte toujours contre ses détracteurs, affirmant que le texte sacré a pu être mal interprété au fil des siècles, mais que la vérité continue à y résider.


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Dim 18 Sep - 20:44

Kobolisme

Renouveau d'une mythologie antique

En l'an 952, un inquisiteur du nom d'Ader'rhazak affirma avoir découvert l'existence d'un culte voué à un dieu unique qui aurait précédé les Esprits. Conséquence de ses propos, l'homme fut désavoué par l’Église, tourné en ridicule par ses pairs et disparut peu de temps après, laissant seulement ses notes derrière lui. Longtemps confisquées par les Archives d'Aramila, celles-ci furent rendues publiques plusieurs siècles plus tard, le Concile imaginant alors qu'il ne s'agissait que d'élucubrations inoffensives. Toutefois, alors que des ecclésiastes d'Aramila s’interrogeaient sur la façon de donner un nouveau souffle au Panthéisme après la Chute de Dainsbourg, l'un d'entre eux trouva le manuscrit et envisagea sérieusement les découvertes d'Ader'rhazak. Par la suite, les découvertes réalisées à Dainsbourg au cours de l'année 1900 dévoilèrent l'existence d'une religion pratiquée il y a plusieurs centaines de millions d'années par le peuple Alrune : le Kobolisme. Son étude et son déchiffrage, mises en parallèle avec les notes d'Ader'rhazak, laissèrent supposer fortement qu'il s'agissait bien de la même religion.

Comme le Panthéisme, le Kobolisme tient ses préceptes d'un livre sacré dont seuls quelques extraits ont été révélés au grand jour : le Kobold. Car bon nombre de ces préceptes semblent vérifiables scientifiquement, il est d'ailleurs présumé que les Alrunes étaient une civilisation avancée, bien au fait du fonctionnement du monde, et que leur religion était basée dessus ou en tout cas ne rentrait jamais en contradiction avec les lois de la physique. Encore à ses balbutiements, le Kobolisme s'inscrit donc progressivement comme une croyance scientifique, compatible avec le monde actuel, contemporaine. Déjà, certains extrémistes de l'Eglise réclament l'interdiction pure et simple du Kobolisme sur le territoire, craignant un futur revirement quand le Panthéisme est sur le déclin ; d'autres, plus mitigés, proposent d'accueillir la religion et de s'en servir pour permettre à Aramila d'exporter à nouveau son influence dans les Hautes Cités voisines, y compris à Opale, historiquement réticente aux croyances spirituelles.

Rites et pratiques

Encore peu de choses sont connues à propos du Kobolisme : bien que les découvertes faites à Dainsbourg aient été révolutionnaires, elles ne dressent qu'un portrait partiel de la religion, essentiellement à travers des comptes-rendus archéologiques et des études de théologies yféennes. Aussi bien le quotidien des adeptes du Kobolisme que l'architecture de l'organe religieux alrune demeurent donc un mystère, paralysant la croyance dans son développement et lui forgeant aujourd'hui une nature plutôt identitaire. Sans fêtes, ce sont donc plutôt les découvertes dans la Brume qui font l'objet de célébrations, au même titre que les percées scientifiques et la compréhension des civilisations antiques.

Le Kobolisme commence par ailleurs à jouir d'une notoriété importante dans le domaine scientifique, parvenant à allier la réalité physique, observable de la science et les superstitions et théories ésotériques. Il s'agit d'un point important que les mestres ne manquent jamais de prêcher, donnant l'impression aux fidèles scientifiques de renouer avec quelque chose de plus grand et aux profanes de ne pas se sentir en retrait vis à vis du progrès technique. En l'absence de lieux de cultes, les messes se font souvent dans la rue, sur la base de passages traduits du Kobold, attirant aisément les badauds et contribuant à passer le mot. Contrairement au panthéisme, n'importe qui peut prêcher la bonne parole du Kobolisme, le sacerdoce y est universel sans intronisation nécessaire, puisqu'il n'y a aucune promesse de rédemption ou de paradis à la clé.

Valeurs et dieux

L'une des valeurs principales du Kobolisme est qu'il ne remet pas en question les avancées scientifiques. C'est aussi une promesse pour Aramila d'attirer des cerveaux depuis les pays voisins, en dépit de la guerre et des conflits. Pour cela, le Kobolisme est symbole de paix et de progrès, la religion au service de l'humanité et non des Dieux : un dicton qui peut faire sourire à Aramila, mais qui est pris à cœur par les communautés croyantes des cités bénéficiant de la technologie. Par causalité, il promeut aussi une union des peuples, ce qui peut parfois fâcher, comme à Opale où la religion est très mal perçue.

Loin de faire l'éloge d'une terre divine promise aux croyants les plus assidus, le Kobolisme se base sur la réincarnation du corps et de l'esprit. Il véhicule l'idée que tout est lié et que les particules qui composent un corps ne sont pas si différentes de celles qui constituent la terre, l'air ou les astres dans l'espace. Pratiquement associée au divin, la planète elle-même, ainsi que son atmosphère et ses saisons, sont célébrés dans les longues prières des mestres car elle est constituée de l'âme et des corps des défunts.

En bonne religion monothéiste, le Kobolisme place Orzad avant toute chose comme l'Initiateur, le point de départ de la matière, de la vie ; quelque chose qui ne peut être ni réfuté, ni confirmé par la science. La description de Dieu est volontairement floue pour laisser à chacun son interprétation : certains le voient comme une entité à l'apparence humanoïde pouvant déplacer des montagnes, d'autres comme un être désincarné, une formule mathématique ou juste une constante. Les archemestres rappellent souvent à leurs subalternes de ne jamais représenter la Lueur aux fidèles, car celle-ci doit exister dans le cœur de chacun. L'universalité est donc l'une des valeurs les plus importantes du Kobolisme. Certains voient cela comme une opportunité, mais les détracteurs le perçoivent comme une menace, puisqu'il est facile de se laisser séduire et de faire la promotion du Kobolisme.

Si Orzad est le dieu au centre des croyances kobolistes, ses premières créations jouent aussi un rôle important dans l'Histoire religieuse : tandis que le Premier-qui-vint aurait été une engeance du mal et de l'imperfection, grand perdant de sa rébellion infantile contre la Lueur à la genèse de l'univers, les Seconds-qui-vinrent seraient les saint patrons des Alrunes, les fédérant tels des rois. De façon générale, le Premier-qui-vint est largement décrié dans les textes religieux comme possédant tous les vices et son retour serait annonciateur de la fin du monde : le Gogmagog.
La Lueur
Orzad, le Monde

"À l'origine était le Néant, dénué de substance, de vie et de tout ce qui est précieux. Puis émergea la Lueur qui, dans le silence assourdissant de l'univers, décida de s'éveiller. Sa curiosité façonna les étoiles, les fit s'illuminer dans le noir infini, et avec cette lumière, elle créa la vie."

Venant sous de nombreux noms, la Lueur est celui qui revient le plus souvent pour identifier Orzad, l'entité omnisciente et omnipotente au centre du Kobolisme et responsable de la Création. Ce serait elle qui aurait initié l'univers, les astres et la vie. La Lueur est généralement perçue comme une entité bienfaisante et souhaitant la prospérité de ses créations. Les Alrunes véhiculaient l'idée que la Lueur se trouvait dans toute chose et dans tout ce qui était observable.
Le Premier-qui-vint
Rhijn, la Fin

"Pour braver la solitude, elle matérialisa le Premier-qui-vint et lui donna tout ce qu'elle avait. Il serait un ingénieur, il manipulerait la réalité. Mais la progéniture grandit et, en vieillissant, elle se compara à l'entité créatrice et estima qu'il lui fallait plus. Affligée par son ingratitude, la Lueur la brisa et dispersa les éclats de son âme sur l'une de ses étoiles pour qu'ils puissent renaître sous une forme plus pure : les Seconds-qui-vinrent."

Le Premier-qui-vint était la première création de la Lueur. Il l'aurait assistée dans la création d'Adhra, mais se serait enorgueilli et aurait tenté de renverser l'entité divine pour prendre sa place. Le récit de la « Première Trahison » est fondateur dans les mythes kobolistes. Les mestres enseignent ainsi qu'en aucun cas la fin ne justifie les moyens et qu'il ne faut jamais chercher à être plus que ce que l'on est déjà, se rapprochant ainsi de la philosophie stoïcienne étudiée à Epistopoli. Peu de choses sont connues à propos du Premier-qui-vint, sinon qu'il s'agissait d'une entité malfaisante et qu'Orzad décida de la sceller en la dispersant dans toute chose. La confession est un geste religieux fort du Kobolisme découlant de son interprétation du Premier-qui-vint : car l'entité malfaisante est en chacun d'entre nous, il est possible de se confesser pour l'empêcher de gagner du terrain sur l'âme et corrompre le corps, même au-delà de la mort.
Les Seconds-qui-vinrent
Rveelion, le Royaume Terrestre

"L'amour de Rveelion ne connaissait nulle limite, faisant corps avec Adhra et tout ce qui l'habitait. Il étudia l'ordre des choses et donna un sens à la nature, de sorte à conserver l'équilibre voulu par le Divin. Sous son règne, nulle espèce ne proliféra au dépend d'une autre et même les plus gros prédateurs trouvèrent leur nuisible. Il apporta la paix dans le Royaume Terrestre."

Saint patron des sciences de la vie, Rveelion est le maître à penser des ethnologues, zoologistes, bactériologistes... Sa soif de savoir dans le domaine du génie biologique aurait permis aux Alrunes de vivre en accord avec la nature, parvenant à préserver l'équilibre entre la civilisation et la vie sauvage. Sa vie est marquée par sa grande sensibilité lui permettant de comprendre chaque forme de vie, du plus petit microbe au plus grand des reptiles. Et sous son œil savant, nul n'était invulnérable, mais nul ne pouvait outrepasser son rang au sein de la chaîne alimentaire. Car la vie était ainsi : régulée, équilibrée. Et il en était le gardien.

Son symbole est le Faon, son élément est la Terre.
Sohrias, le Royaume Éolien

"Nul n'était plus véloce que Sohrias, car il avait la particularité de pouvoir être à plusieurs endroits au même instant. Messager du divin, il apportait le Mot à chaque être. Sans lui, Adhra se serait divisée et jamais les Royaumes n'auraient pu rester unis. D'un regard vers la voute céleste, d'aucuns voyaient ses ombres se déplacer dans le Royaume Éolien."

Sohrias est décrit comme un génie. Il aurait joué un rôle important dans le développement de la technologie à l'ère des Alrunes, principalement en mettant au point des moyens de transport rapides pour assurer une communication directe entre les Royaumes. Considéré comme le maître des cieux, il ne gouvernait aucune nation antique et préférait passer son temps à voyager ; on lui prétait toutefois un rôle de conseiller auprès de chaque Second-qui-vint et d'aucuns prétendent qu'il était directement en lien avec la Lueur.

Son symbole est la Colombine, son élément est l'Air.
Thamtish, le Royaume Imaginaire

"Thamtish apparut avec un esprit fertile ; dès ses premiers instants, il se mit à créer.  Il parcourait le monde en s'inspirant des œuvres de la Lueur pour leur donner de nouvelles formes, de nouvelles couleurs. Le monde était une toile et il ne faisait qu'y dépeindre les inventions que son cœur lui dictait, les extrayant du Royaume Imaginaire."

Thamtish est le saint patron des artistes, qu'ils soient peintres ou mélomanes, qu'importe la toile. Son Royaume était virtuel, n'ayant de limites que l'imagination. Selon les textes qui le louent, ses créations étaient exposées partout, faisant naître des rêves, inspirant d'autres artistes, inspirant le monde. Il voyageait outre les terres, outre les océans et même, selon certains, jusque dans le ciel étoilé, son imagination ne connaissant aucune limite.

Son symbole est l’Étoile, son élément est la Lumière.
Fhkali, le Royaume de l’Éveil

"Car Orzad enseigne que toute chose a un début et, pour tout début, une fin. Fhkali était le Début, mais aussi la Fin. Il donnait et retirait la vie, la renvoyant dans le cycle éternel. Le moment venu, il venait procurer le repos des esprits et les aidait à migrer vers leur nouvelle nature. Il gardait le Royaume de l’Éveil, où toute vie devait passer après s'être incarnée et avant de disparaître à nouveau."

Les textes religieuses le prétendent à l'origine de la médecine. Maître en matière d'anatomie, d'étude du corps alrune, mais aussi des autres formes de vie, il est à l'origine de la déontologie qui a longtemps fédéré les médecins de son Royaume. Son savoir fut précieux dans tous les domaines, gravant l'image d'un docteur pouvant donner la vie, la maintenir ou décider d'y mettre un terme. Il est fréquemment mentionné comme l'un des plus importants parmi les Seconds-qui-vinrent et joue un rôle prépondérant dans l'Histoire religieuse.

Son symbole est le Scarabée, son élément est les Ténèbres.
Qlaadron, le Royaume Abondant

"Doux était son toucher, elle qui pouvait faire fleurir des champs de tournesols au milieu du désert. Qlaadron, principauté de l'abondance, symbole de fertilité pour les récoltes. Elle irrigua les terres les plus sèches et offrit une nouvelle vie à un Royaume plongé dans le désespoir, rongé par la faim et la pestilence. Sous sa coupe, chaque terre resta nourricière et jamais plus il n'y eut le moindre manque."

On vénérait Qlaadron comme la préceptrice de l'agriculture, inventrice de procédés efficaces en matière d'agronomie et d'horticulture. Elle partagea volontiers son savoir avec les autres Royaumes, s'assurant que l'herbe ne serait jamais plus verte ailleurs pour les rendre indivisibles. Sa bienveillance a fortement contribué au libre-échange entre les nations, éliminant complètement la notion de pauvreté au sein de la civilisation alrune.

Son symbole est le Tournesol, son élément est l'Eau.
L'Anonyme

"En regardant la statue de l'Anonyme, vous avez la curieuse impression que c'est elle qui vous dévisage. Les Saraphs préfèrent ne pas s'en approcher."

Parmi les cinq statues des Seconds-qui-vinrent trouvées dans les ruines de Padra, au sein de la Crevasse, il en existe une pour laquelle aucune information n'a pu être trouvée. A défaut d'avoir un nom ou une légende, elle a simplement été nommée « l'Anonyme » par les mestres et archéologues. Le peuple Saraph n'a évidemment aucune idée de ce dont il pourrait s'agir et les écritures gravées au pied du monument sont depuis longtemps illisibles. Toutefois les flammes qui brûlent dans ses mains ont la solide réputation de ne jamais s'éteindre.

Son symbole est inconnu, son élément est inconnu.
La liste des Seconds-qui-vinrent n'est pas exhaustive : elle reprend uniquement ceux dont l'existence et les faits sont connus aujourd'hui. Certains partagent des similitudes criantes avec les Douze, raison pour laquelle d'aucuns considèrent que les Esprits ont été inspirés des Seconds-qui-vinrent. Évidemment, il s'agit d'un des points de contention les plus importants entre les deux religions.


Dernière édition par Uhr le Dim 31 Déc - 15:44, édité 10 fois
Dim 18 Sep - 21:00

Autres croyances

Et il y en a énormément...

Le Panspiritisme

Dérivé de la branche orthopraxe, le Panspiritisme suggère que les Douze ne seraient pas les seules Esprits à avoir survécu à la Catastrophe Primordiale : certains n'auraient pas pu accéder à l'Isthe ou seraient volontairement restés guider les Hommes de façon plus discrète. Issues d'une interprétation longtemps critiquée des textes, considérée par les orthodoxes extrémistes comme une hérésie, ces thèses ont pourtant continué à exister, bien que rarement mises en pratique. Or, depuis quelques décennies, la doctrine tend à se répandre, remplaçant dans certaines communautés le Panthéisme originel. Plus laxiste que la branche parente, les adeptes du Panspiritisme sont laissés libres de vénérer des icônes païennes et autres mythes ancestraux à condition de les considérer comme des Esprits mineurs. Les messes mensuelles ne sont pas non plus prescriptives, permettant ainsi aux croyants de pratiquer la religion dans le plus grand des secrets. Si la croyance prévaut, seul le jugement des Esprits fait foi. Les puristes y voient d'ailleurs une religion molle, avec des pratiques à la carte, détournant du chemin de la véritable vertu ses fidèles et affaiblissant in fine l’Église.

La volonté qui transparaît dans cette adaptation idéologique pourrait faire sourire, mais celle-ci est aussi perçue comme progressiste et ouverte à la technologie. Les Panspiritistes espèrent ainsi que leurs concessions permettront, à la longue, un retour de l'Église sur la scène internationale et un regain d'influence dans les autres Hautes Cités. Si le culte est d'ores et déjà implanté à Xandrie, il va sans dire que les ambitions du Panspiritisme sont grandes et visent à toucher les laissés pour compte épistopolitains, sans espoir ni croyance vers lesquels se tourner. Les adeptes ne perdent donc pas de vue la mission ecclésiastique, estimant simplement que que des ajustements sont nécessaires à une époque où tout est remis en question. Pour préserver l'humanité, il faut agir avec les moyens à disposition, au risque d'ouvrir la porte au scientisme et à l'obscurantisme à nouveau, sinon à une nouvelle secte ?

L'Athéisme

Très présent dans Uhr depuis plusieurs siècles et ne cessant de se démocratiser, l'Athéisme est à l'origine un courant de pensée visant à critiquer la doctrine l’Église panthéiste. Des traces de son existence peuvent être trouvées jusque dans les premiers siècles avec, en parallèle de la fondation du Panthéisme, celle d'une loge secrète de fanatiques refusant son autorité : le Treizième Cercle. Il existe donc plusieurs niveaux de nuances à l'Athéisme : des simples non-croyants à ceux luttant contre l'application d'une religion en particulier ainsi que de toutes les religions. La plupart de ceux qui se considèrent comme « athées » sont en vérité plus proches de l'agnosticisme, n'ayant pas ou peu de considération pour la chose spirituelle. En raison de son ostracisation et des préjudices subis au cours de l'histoire, la sphère scientifique d'Uhr est généralement attachée à l'Athéisme ; quand bien même il peut exister des savants férus de religion, ceux-ci demeurent encore aujourd'hui marginaux.

L'Athéisme n'est donc pas mal perçu, sauf à Aramila où l'orthopraxisme traditionnel de l’Église impose de pratiquer un culte ; certains athées sont parvenus à y résider malgré tout en créant des religions factices telles que le Cafétarisme et son dieu Cafétier, ou le Naturalisme, un ordre faussement religieux croyant en la suprématie de la nature. Et si certains aramilans voient ces pratiquants d'un mauvais oeil, force est de constater qu'au regard de la loi, les cafétaristes et naturalistes sont dans leur bon droit.

Le Culte du Mandebrume

Longtemps, le culte du Mandebrume est demeuré secret, conservé entre les murs des loges du Treizième Cercle. Entre culte de la personnalité et religion, le Treizième Dieu a longtemps été perçu comme une superstition, un tissu de mensonges qu'aucun texte, aucune archive ne pouvaient corroborer. Jusqu'à la Chute de Dainsbourg. Par la suite, les rumeurs au sujet du mystérieux Mandebrume n'ont cessé de s'amplifier au fil des décennies, jusqu'en l'an 1900 où les Archives de Dainsbourg furent révélées et, avec elles, ce qui semblait faire office de prison pour un être surnaturel, la Citerne. En plus des restes fossilisés qui y ont été trouvés et des dernières paroles prononcées par l'un des membres du Cercle, il ne fait plus aucun doute qu'une entité aux pouvoirs divins a jadis existé et été enfermée et condamnée à l'oubli par l’Église. Le Mandebrume qui était sur toutes les bouches et le Faux Dieu loué par le Treizième Cercles sont en réalité la même personne.

Beaucoup de mystères demeurent autour du Mandebrume et l'Alliance s'est donnée pour mission d'investiguer à son sujet jusqu'à ce que la vérité soit dévoilée. Cette vérité qui, ironiquement, semble se rapprocher de celle de la loge secrète considérée comme organisation terroriste par l’Église, dont la légitimité est plus que jamais en péril. Toutefois il ne fait aucun doute que le Treizième Cercle, au même titre que son maître, n'a pas que des bonnes intentions et peut s'avérer dangereux, si l'on en croit les derniers mots du traître Stolos au sujet du Faux Dieu : « Oubliez Dainsbourg. Mon maître a rendu cette ville maudite à la Brume [...] et Epistopoli a eu l'honneur de devenir sa première conquête. » Chaque Haute Cité s'avère donc plus méfiante que jamais, dans un contexte où la chasse aux sorcières paraît une solution aussi sinistre qu'adaptée pour empêcher une nouvelle catastrophe de survenir, cette fois-ci on le sait : de la main du Mandebrume.