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Money and intelligence never looked that good

Money and intelligence never looked that good Brandw10
Ven 26 Jan - 21:32

Money and intelligence never looked that good

starring Jane Kaldwin & Chāyā Lelwani

Une lettre, légèrement parfumée et avec l'une des écritures les plus élégantes qui m'était donné de voir avait fait son apparition dans une de nos boîtes aux lettres mortes. L'agent l'ayant récupéré, intrigué par la faible odeur émanant de l'enveloppe l'avait faite analyser lorsqu'il la ramena au siège et l'expert l'ayant évalué certifia qu'elle était sans danger. Le plus intrigant encore, était que la lettre portait le sceau de la guilde des monétaristes. Les "banquiers" comme ils étaient surnommés chez nous voulaient donc nous parler. À l'intérieur de la lettre, je pus constater à nouveau à quel point la détentrice d'une telle écriture nous montrait toute l'étendue de sa calligraphie. Le contenu fut cependant très succinct, rien d'anormal à cela. La guilde des monétaristes demandait à rencontrer la nôtre afin de lui faire part d'une affaire importante. En temps normal, une affaire se concluait par un échange de lettres, un lieu de rendez vous pouvait être aussi convenu avec un contrat ou encore dans de rares occasions, un contact électronique se nouait, pour celles et ceux qui en possédaient les moyens. Ici, la lettre comportait quelque chose qui ressemblait à une signature, assorti de deux vers d'un poète agalien. Ils n'étaient pas là par hasard, c'était un code établi entre nos guildes, celui qui était employé ici était pour signaler que leur cheffe serait bien présente. En effet, c'était important...

La réponse ne tarda pas à être envoyée. Un lieu y fut indiqué ainsi qu'une heure. À compter de la réception de la lettre, sur confirmation de l'agent surveillant la boite aux lettres morte, les monétaristes disposaient de 3 jours pour prendre leurs dispositions. Quant à moi, je me préparai à la négociation qui allait survenir et nous fîmes la requête à nos indics au sein des monétaristes de nous renseigner autant que possible sur eux et leur préparation. Lorsque je recevais des clients, je ne faisais pas comme les officiers à indiquer des taudis comme lieux de rencontre ou encore des endroits abandonnés. Lorsque la Courtière en personne se déplaçait, c'était dans un cadre très différent. Une maison coquette non loin du lac Xandrie fut investie. Officiellement elle appartenait à une riche famille de Xandrie mais pour services rendus, la famille nous prêta la demeure en échange d'un tarif privilégié à nos services car c'était aussi des clients de longue date. Le Guet du coin fermait les yeux sur ce que nous y faisions tant que la petite localité demeurait dans le calme. Tout était prêt.

La maison, peu massive mais très accueillante avait été spécialement refaite pour pouvoir héberger des agents et que des affaires y puissent se conclurent en toute quiétude. Les murs furent protégés afin que le son ne s'en échappe pas et de multiples échappatoires avaient été aménagées si le lieu était pris d'assaut. Un mur protégeait les accès et il y avait un petit quai non loin menant au lac en suivant le petit cours d'eau qui se jetait dans le dit lac. La végétation et les arbres formaient une protection naturelle tandis que des fleurs de lotus et des nénuphars finirent d'égayer des lieux déjà fort plaisants. Dans la maison il y avait peu de lumières, tout était fait pour la tranquillité des transactions avec la Courtière. Les premiers opérateurs arrivèrent sur place deux jours avant le rendez-vous afin de préparer la maison et de sécuriser les lieux. Le dispositif de surveillance et de protection augmenta au fur et à mesure que notre rencontre approchait alors.

Chāyā Lelwani avait reçu comme instructions complémentaires provenant d'un message déposé à son attention au siège de la guilde et à n'ouvrir sous aucun autre prétexte à part que ce fut en sa présence, qu'elle pouvait venir accompagnée mais que lors de la négociation, elle devait être seule et qu'enfin, un agent allait se présenter à elle et sa troupe pour les guider jusqu'au lieu de rendez vous. Je l'autorisai à garder ses armes, je le serai moi même mais sa garde devait rester à l'écart de la pièce principale. Quant aux miens, ils resteraient éloignés de nous. Un mot de passe avait été fourni seulement à Chāyā par l'agent venu les récupérer et qu'elle seule avait le droit de prononcer. C'était ensuite un premier barrage d'opérateurs à l'entrée de la propriété à franchir, où la cheffe des monétaristes donnait son mot de passe. Une fois ce barrage passé, il y en avait un second qui contrôlait les arrivants en s'assurant du mot de passe à son tour et que les gardes de Lelwani restent bien en dehors de la pièce principale de la maison même s'ils avaient le droit d'entrer dedans.

Une trentaine d'agents environ montaient une haute garde, des agents à l'entrée de la propriété à mes gardes du corps affectés à la mission, en passant par les agents de contrôle aux entrées et ceux patrouillant dans les jardins de la propriété, au mur de la propriété et même de l'équipe fluviale auprès du quai. Il y avait du plus des drones qui surveillaient des endroits déserts afin de laisser le moins d'angles morts possibles. Bob, mon automate allait rester en surveillance juste sous le toit avec vue imprenable sur la table des négociations.

Nous fûmes prévenus de l'arrivée de la délégation des monétaristes un peu rapidement, ils étaient en avance... Dans nos oreillettes, les agents informèrent dûment leurs collègues de l'arrivée de l'équipe des financiers ainsi que de leurs passages aux différents postes de contrôle. Des agents ouvrirent les portes pour Lelwani et les refermèrent d'eux mêmes afin que tout se passe au plus vite avant de revenir patienter à leur poste les mains jointes. La maison était peu éclairée, les gardes de Lelwani furent invités à se mettre à l'aise dans une salle à manger de la maison tandis que leur cheffe était conduite dans le salon principal. Ce fut une double porte ouverte par deux opérateurs à l'instar de leurs collègues costumés qui donnèrent à Lelwani le temps d'embrasser les lieux de la négociation. Le salon était richement décoré, la famille habitant ici avait un faible pour les plantes xandriennes en pot et la verdure. Des peintures représentant des paysages comme des calligraphies parsemaient les murs et un tapis représentant le dragon de Xandrie occupait une bonne partie du sol de la pièce. Des bougies enfermées dans des prisons de papier tamisaient leur lueur sauf une suspendue au dessus de la table, donnant l'impression d'un rai de lumière éclairant pour le moment seulement une paire de main enchevêtrées, les miennes en l'occurrence. Lelwani si elle faisait attention pouvait à peine remarquer les ombres furtives de mes gardes du corps dans les recoins sombres du salon et les deux autres se tenant derrière moi à moyenne distance.

Lelwani s'approcha de ma table et ce fut à mon tour d'entrer en scène. Assise bien droite sur mon siège, je m'avançais légèrement afin que le rai de lumière éclaire mon visage masqué. Bonsoir... mademoiselle Lelwani... dis-je, douce.

Money and intelligence never looked that good V6sk
Mer 7 Fév - 19:30


Women of power

En compagnie de Jane Kaldwin


Épineuse était la rose parée de rouge. Entre deux hommes en costumes noirs, le yukata d'un éclatant écarlate aux motifs modernes ne saurait passer inaperçu. Se plait-elle à jouer les jeunes filles nobles, elle qui était née loin, bien loin, des dorures. Mademoiselle Lelwani pouvait-elle vraiment passer inaperçue ? Ou qu'elle aille, roulaient astras et contrats, ils tintaient dans son sillage, les délicats grelots de son ascension. Alors, non, elle ne serait pas anonyme dans les rues de Xandrie, même à l'heure du loup. On l'imagine se rendre à quelques soirées mondaines ou auprès d'une riche famille prête à ouvrir les portes de sa précieuse fortune. Certains l'imagine, dragon de rubis, lovée sur une montagne d'or. D'autres connaissent celle qui arpentait les rues de Xandrie, aimable visage toujours prêt à donner son aide. Dans les ombres peut-être, un frère verra la Renarde sous le masque de la belle.

Et aucun ne verrait, celle qu'elle était.

Cela n'avait aucune importance. Celle qu'elle était n'existait pas, seule comptait celle qu'elle donnait à voir. Ce soir, elle devait être la banquière. Demain elle serait une rose. La nuit suivante, un poignard. Elle n'était rien de plus que ce qu'on lui demanderait d'être. Pieuse. Monstre. Sainte. Démone. Soeur. Mort.

Cela avait toujours été ainsi. Bien avant qu'elle ne rejoigne les caravaniers, elle avait fabriqué ses propres masques et avait choisi, délibérément, de ne plus croiser le regard de celle qu'elle avait été. Elle était ce qu'elle dessinait sur ses traits, elle était ce qu'elle voulait. C'était sa plus grande force, son don le plus précieux et certainement le plus désiré par ceux qui désormais, désignaient les masques qu'elle devait porter. Elle avait toujours aimé ce jeu, toujours éprouvé du plaisir à s'emparer des codes de ceux qui se pensaient intouchables ou invisibles, peu lui importait, l'enfant qu'elle avait abandonnée sur une décharge épistote.

Alors, pourquoi devrait-elle s'interroger aujourd'hui ? Pourquoi sentait-elle sur son épaule, le menton de son éternelle amie, attendant, patiente, qu'elle se saisisse du sanglant trésor qu'elle avait volé quelques jours plus tôt ? Pourquoi, la question s'insinuait dans son esprit, serpent diabolique, lorsqu'elle essayait de faire le vide dans sa tête pour trouver l'approche la plus logique ? Elle ne voulait pas se perdre dans la bibliothèque d'Omniscience, il lui fallait un plan clair et défini à l'avance. Une méthodologie stricte. Elle n'avait pas l'intention de se servir de l'âme d'un dieu pour des desseins égoïstes. Pourtant, le serpent revenait, harcelant sa psyché et la seule question qui suintait de sa langue fourchue était on ne peut plus égocentrique.

Qui es-tu ?
Toi qui n'a pas de nom.

- Madame ?

Ses paupières sont closes depuis un moment maintenant alors qu'elle marche entre ses deux chaperons, elle ne s'est pas rendu compte qu'elle avait dépassé les portes de leur destination. Elle devait se reprendre. Et immédiatement. Revenant sur ses pas, elle observe le lieu du rendez-vous et son oeil de renarde s'aiguise. Ils n'avaient pas lésiner sur la sécurité, les espions. Elle avait déjà pu s'en rendre compte par des moyens bien moins officiels mais, la guilde avait beaucoup changée depuis l'avènement de leur nouveau dirigeant. Ou nouvelle dirigeante. Peut-être répondrait-elle à cette interrogation une fois à l'intérieur ?

Les trois monétaristes passent un à un les différents contrôles, se soumettant volontiers à ce protocole qui devaient tous les rassurer mais qui faisait grimper d'un cran la vigilance de la caravanière. Si c'était un guet-apens, elle aurait du mal à s'en extirper. Ses hommes étaient loyaux et capables mais ils n'étaient pas caravaniers. Et si sa couverture avait été compromise ? S'ils étaient tous ici pour le cristal ?

Sa respiration mesurée, contrôlée, ne laisse rien percevoir de la paranoïa qui s'insinue dans ses veines, poison latent. Ne pas faire de conclusions hâtives. Observer, analyser, s'adapter. Ses hommes restent dans une pièce voisine, gardant avec eux un coffret de bois laqué qui avait, lui aussi, passé les contrôles. Les doubles portes s'ouvrent devant elle. Les prunelles rubis détaillent l'intérieur du salon, richement décoré, dans le style traditionnel xandrien, un délice pour les yeux et une multitude d'armes possibles dans ces babioles métalliques exposées ici et là. Les portes se referment derrière la monétariste alors que ses prunelles se posent enfin sur les mains puis le visage de son hôte.

Elle avait l'art de la mise en scène, Chāyā l'admettait bien volontiers, elle avait du style. La monétariste avançait d'un pas, inclinant légèrement le menton, rendant son port altier d'autant plus solennel.

- C'est un plaisir de faire votre rencontre.

Relevant le menton, elle esquisse un sourire à destination des ombres qui veillent bien sagement, dans le dos de leur supérieure.

- À tous.

Polie et malicieuse, la jeune femme les saluent tout en soulignant leur nombre. Y avait-il besoin d'autant d'oreilles ? La table se dresse entre elle et son hôte, un fauteuil confortable attendait son délicat derrière. Elle restait cependant tout à fait immobile, ses yeux posés sans agressivité sur le visage masqué.

- Avant que nous commencions, me permettez-vous de vous offrir un modeste présent ?

Est-ce qu'elle avait instantanément deviné qui se tenait devant elle ? Non. Mais. La sécurité relevée au maximum. Le lieu cossu. Et le cadeau. Ce cadeau qui était vraisemblablement destiné à la Courtière. S'il ne s'agissait en face d'elle que d'une subalterne, elle n'oserait pas s'emparer du présent de sa cheffe, non ? Et s'il s'agissait de la cheffe en question, elle devrait quitter son bureau si elle voulait son cadeau.

On apporte de la salle annexe, le coffret de bois fort simple que les monétaristes avaient pourtant pris la peine de porter jusqu'ici. Chāyā s'en empare avant qu'il n'ait pu approcher le bureau et la voilà qui se met à genoux, passant élégamment une main sous ses genoux pour éviter de froisser le bas de son kimono. Elle s’assoit à peine sur ses talons alors qu'elle ouvre le coffret sur un service à thé.

- Peut-être l'un de vos nombreux hommes aura la gentillesse de nous trouver de l'eau chaude ?

C'est qu'elle demande des faveurs avec une voix si aimable qu'on peinerait à lui refuser un si petit effort. Non ? Elle reste en tout cas au sol, visiblement peu décidée à s'installer au bureau de la Courtière. Qu'elle vienne distribuer ses cartes sur le tapis. Assises au sol plutôt que de chaque côté d'un imposant bureau, elles seraient plus à égalité. Et c'était certainement ce que cherchait la monétariste, briser l'ascendant qu'avait prise l'espionne en choisissant le lieu, les hommes, les règles. Après tout, Chāyā Lelwani n'était certainement pas parvenue au poste qu'elle occupait en se laissant dicter les règles du jeu.  
Jeu 22 Fév - 20:26

Money and intelligence never looked that good

starring Jane Kaldwin & Chāyā Lelwani

Le... "présent" en question avait été inspecté de fond en comble après un passage au détecteur de métaux, sous l'œil d'un agent issu des gardes. Je fus prévenue en amont que mon invitée ne venait pas les mains vides. Tentative de corruption ou bien simple politesse visant à gâter son hôte ? Difficile à dire et c'était ma première rencontre avec Chaya Lelwani. Je considérai donc avec attention une femme plus petite que ce à quoi je m'attendais mais avec un doux visage de porcelaine et un habit xandrien pour l'occasion, un yukata. Travailler dans les finances assurait un bon train de vie visiblement... On m'avait faite une description de la cheffe des monétaristes mais ça ne rendait pas vraiment honneur à la personne physiquement présente devant moi. Chaya Lelwani était une belle femme, avec une aura étrange autour d'elle qui plus est...

Elle se savait surveillée. Elle se doutait sans doute de qui elle avait en face d'elle, je n'avais pas besoin d'en dire plus. Elle fit immédiatement appel à son cadeau, resté dans la salle précédente et que j'autorisai sur un mouvement de tête et du menton à entrer dans le salon. Ce fut une femme agente qui avait quitté son poste près de la double porte qui s'absenta momentanément et revint avec le coffret en bois contenant le service à thé que Lelwani voulait m'offrir. Malgré le fait que je m'interrogeai sur ses motivations, je ne pus m'empêcher de trouver délicate l'attention, en grande amatrice de thé. Chaya délesta le chargement des bras de la collègue et revint se poster sur le tapis, devant le bureau. L'opératrice en fut surprise mais elle reprit son poste. Moi, je fixai Lelwani...

Elle avait des manières ce petit bout de femme, c'était agréable... un peu trop parfait même à mon goût qui n'était pourtant pas à ce point versé dans la culture xandrienne. C'était tout de même admiratif que de la voir faire, j'en aurai été incapable. Lorsqu'elle exprima sa requête, je ne répondis pas immédiatement. Elle ne voulait donc pas s'assoir à ce bureau ? Voilà qui était étrange... D'ordinaire quelqu'un qui se permettait ce genre de remarque se prenait une réplique bien méritée et d'ailleurs, je sentis bien que ça s'agitait derrière moi. Je tournai légèrement la tête pour faire comprendre à mes agents de rester à leur place. Pour une fois, j'avais envie de faire une exception. Cette femme avait le don de se faire "obéir"... Et puis je n'avais pas très envie de refuser la perspective de boire un peu de thé. Je confirme le rapport de l'équipe 1, madame. Le service à thé de mademoiselle Lelwani est clair et limpide, sans danger. Dans mon oreillette, si cela était nécessaire, Bob me confirma à nouveau que je pouvais y aller. Je me levai donc de mon bureau, toisant la petite Lelwani agenouillée sur le tapis de toute ma hauteur pendant un instant... avant d'enchaîner. J'ai même mieux que ça à vous proposer. Apportez donc l'eau chaude demandée. Amenez aussi une table à thé.

Je fis signe à deux agents qui gardaient une autre porte et l'un d'eux s'exécuta. La table à thé arriva derrière moi, dans les mains d'un colosse en costume qui posa délicatement la table sur le tapis avant de reprendre son poste derrière.

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Je fis le tour de mon bureau pour m'assoir confortablement sur le tapis en tailleur, de l'autre côté de la petite table à thé où Lelwani avait déjà posé le service dessus. Je faisais face à ce petit visage et ces yeux de plus près... Je ne dis rien avant que l'eau chaude n'arrive. L'agent eut même une attention supplémentaire et en plus de l'eau chaude, il avait apporté une petite plante en pot pour agrémenter la table. Je le remerciai d'un signe de tête avant de laisser Lelwani faire sa petite cérémonie du thé. Quant à moi, assise en tailleur, les mains posées sur les genoux, je l'observai faire. Fascinante à regarder... Mais je ne pus m'empêcher aussi de détailler sa personne et je devais admettre que tout devant moi était agréable à regarder. Je savais qu'elle était armée mais pour le moment, je ne détectai aucune menace imminente. J'eus même une impression étrange, cette sensation de déjà-vu, comme si je l'avais connue ailleurs ou déjà croisée. Une familiarité très bizarre alors que je n'avais sûrement jamais vu cette femme de ma vie avant ce soir... Je regardai dans ces prunelles rouge sang, je ne pus m'empêcher de ressentir un frisson mais ce n'était pas de la peur que je ressentais... Au moment où Lelwani allait mettre les feuilles de thé, j'arrêtai son geste d'une main délicate. J'ai mieux à vous proposer qu'un simple thé vert... Amenez-nous le Montagne Bleue ordonnai-je assez sèche.

Mes gardes du corps les plus proches connaissaient ce thé dont je raffolai. Issu d'un producteur local mais qui vendait sa marchandise dans tout le pays voire au delà -où là il était vendu à des prix exorbitants- le Montagne Bleue était un thé noir très fruité et un brin sucré, aux arômes de fleurs et de fruits rouges, notamment de fraise. Je ne le partageai pas avec n'importe qui à vrai dire mais au vu du numéro de Lelwani, j'avais bien envie de le lui accorder. Le thé arriva rapidement, dans un bocal et laissé à disposition de la cheffe des monétaristes.

Le thé était en train d'infuser doucement... Trois minutes, pas plus. Je fixai à nouveau la jeune femme devant moi... et prit la résolution de tomber le masque. J'aurai de toute façon l'air très bête à vouloir boire mon thé avec. Le masque disparut et se transforma instantanément en un léger foulard autour de mon coup, révélant par là même mon visage à mon interlocutrice. J'aurai pu en faire un moment solennel mais je n'en voyais pas l'intérêt. À présent, mademoiselle Lelwani... Je vous écoute enchaînai-je après que nos coupelles furent remplies du beau liquide ambré et floral. J'attendis cependant pour boire mon breuvage.