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Marika Ono

Marika Ono Brandw10
Jeu 20 Juin 2024 - 18:38

Marika Ono

Epistopoli / Chercheuse

27 ans / 26 Pthelior
Humaine / Femme
Epistopoli
Inconnue / Elle
Chercheuse
Utahime Iori

Description

Aux abords d’un étal de gâteaux, il n’est pas rare d’apercevoir une silhouette filiforme, parée de vêtements en coton trop amples pour elle. Un ruban blanc dans une chevelure de jais, aux extrémités quelque peu noircies par le temps ou par les effluves de la ville, elle se penche pour observer la marchandise. Ses prunelles brunes analysent les rondeurs de la pâte et ses fissures, épluchent la consistance de la crème, détaillent les marbrures que forme le sucre. Ici et là, des touches de couleur parfumées captivent son regard et l’invitent à mordre. De justesse, elle retient sa main, prête à enfourner la friandise dans sa bouche. Sa langue baigne déjà dans une mer de salive. D’un air pensif, elle frotte son index contre ses lèvres, essuyant une bave imaginaire. Le regard de la vendeuse, lui, se pose sur la balafre bordeaux qui lui tranche la joue et lui lèche le nez. La plaie, formée d’une avalanche de minuscules cloques tantôt roses, tantôt violacées, ne date pas d'hier. Une marque sanglante sur une figure blanche. Comme si l’envie ne lui tailladait pas l'estomac, Marika interroge la marchande sur ses pratiques : composition, stockage, règles d’hygiène. Rien n’échappe à son examen : la nourriture est affaire sérieuse. Pourtant, au moment où la vieille lui délivre sa friandise du jour, c’est la joie qui détend les traits serrés de son visage, une joie profonde, enfantine.

La vieille relève la tête, fière de satisfaire la gourmandise de sa cliente. Son étal attire peu d’habitués ; aussi les connaît-elle aussi bien que les rides sur ses mains. Celle-ci est exigeante, d’un caractère plutôt doux, et vit dans un monde bien à elle. En bonne petite privilégiée, elle ne comprend rien des problèmes dont souffrent ceux de la Basse-Ville ou de l’extérieur ; elle ne les perçoit sans doute même pas. Elle n’est pas méchante, pourtant. Un peu égoïste, peut-être. Un blessé, un malade ou un cœur brisé jeté sur son chemin trouverait facilement du soutien, une oreille attentive ou une piqûre sur les fesses.

Une pensée devant les yeux, la jeune femme percute un passant. Même d’ici, la vieille sait que la gêne lui mange les joues : si elle avait encore l’audition de ses vingt ans, elle l’entendrait certainement se confondre en excuses. C’est qu’elle se montre généralement distraite, perdue dans ses réflexions. Loin des chambres blanches et de leurs lumières froides, sa confiance s’efface. Elle ne la retrouve qu’avec ses amis, qu’elle convainc de temps en temps de venir croquer une pomme d’amour, souvent lorsqu’ils sont saouls. Il faut les voir, ces jeunes, convaincus que rien ne peut leur arriver et riant aux éclats, les lèvres bordées de sucre. Ils jouent les petits rois, souverains d’une bulle de bonheur et d’insouciance ; la vie n’est encore pour eux qu’un fleuve d’été. Elle est un peu différente. Ses échecs la dévastent, brisent son optimisme et l’envoient valser avec le chagrin. Sous son masque délicat, la panique l’envahit parfois, sans raison. Alors, elle s’attache aux superstitions comme à la promesse d’un miracle, tripote avec frénésie le pendentif qu’elle porte au cou.

La vieille a des hypothèses : peut-être est-ce une faiblesse du sang, ou la certitude de ne pas être à la hauteur de sa propre vie, ou la brûlure sur sa joue, que l’un d’entre eux regarde avec un peu trop de désir et de haine, s’accusant en silence. Son oncle passe quelquefois, souvent à l’approche de son anniversaire, ou lorsqu’elle s’absorbe si pleinement dans ses recherches qu’elle saute des repas et néglige son sommeil. Il parle d’elle avec affection et emplit ses poches de sucreries. Ils s’entendent à merveille : la vieille sait que les relations avec le reste de sa famille ne sont pas si chaleureuses. À présent, elle ne la distingue presque plus : à peine remarque-t-elle une silhouette sombre, que suit un éclair blanc, évanouie dans la foule.

Habiletés et pouvoirs

/

Biographie

Les mains sur les cuisses, Marika tapote le bord de ses genoux au rythme de l’horloge. Le cliquetis de la pendule résonne dans le vide entre deux pensées. De l’autre côté de la table, sa mère sirote un verre de vin en silence. Toutes deux attendent le retour de son père, en charge de la tâche délicate de sortir un gratin du four, et le moment salvateur où la nourriture emplira les bouches, coupant court aux discussions. Bien sûr, ils s’aiment, mais d’une affection distante, qu’une incompréhension mutuelle effiloche au fil des semaines.

« Tu n’as rien de plus à dire, chérie ? Sur quoi tu travailles, en ce moment ? »

Un petit sourire se glisse sur ses lèvres. Elle sait que ses parents ne s’intéressent guère à ses recherches, mais leurs efforts l’attendrissent. Encore aujourd’hui, il ne faut pas grand-chose pour la faire fondre.

« J’essaie de mettre au point un pansement pour les brûlures, à partir de peau de poisson. Pour l’instant, je confectionne des prototypes, mais l’idée est prometteuse. En fait, quand on l’étudie de près, la structure des écailles et de la chair humaine ne sont pas si différentes. Je cherche le spécimen idéal, qui permettrait une assimilation sans rejet. C’est un processus lent, parce que selon les espèces, je n’ai pas droit à beaucoup d’essais, et découper l’épiderme sans le déchirer est un vrai casse-tête. »

« Tu veux dire que c’est toi qui vide les poissons ? Il n’y a personne pour le faire à ta place ? »

De justesse, la brune se retient de rire devant les trilles offusqués de sa mère. Sans doute ne juge-t-elle pas cette besogne assez noble pour sa fille, une jeune femme de bonne famille, ayant brillamment réussi ses études et habilement résisté aux tentations de la jeunesse. Comme bon nombre de ses concitoyens, Sadako distingue les meilleurs des moins bons, les méritants des déchets. Elevée dans le confort de la Haute-Ville et de la liberté de ses choix, Marika partage la mentalité de ses pairs. La loi du plus fort, la sélection naturelle, les principes génétiques… La science ne manque pas de preuves pour attester de la supériorité de certains êtres. À ses yeux cependant, les résultats priment sur le procédé ; il n’existe rien de trop déshonorant pour faire avancer le monde.

« Non. Ce n’est pas si compliqué, et le laboratoire n’a pas les moyens d’embaucher. »

Les lèvres de la cinquantenaire se plissèrent en une moue désapprobatrice.

« Si tu étais restée à l’hôpital… »

La gaieté s’efface du visage de la jeune femme. Toute sa jeunesse se dissout dans le brouillard de l’échec. Quelques échos subsistent dans sa mémoire, comme de jolis cocons abandonnés sur leur branche.

Une enfance rythmée par le rire de ses amis, les crissements d’une craie sur un tableau vert, le bruit des pages qui se tournent. Une enfance où elle n’a manqué de rien, ni d’affection, ni de moyens. Nul besoin de fermer les yeux pour revoir les journées passées à courir dans l’appartement, cherchant les pièces que son père cachait pour elle, et à les rassembler sur le tapis de sa chambre pour enfin révéler l’objet qu’elles formaient, ou les nuits à rester debout, derrière la porte du bureau, à les entendre évoquer leurs inventions. Attentive à l’école, curieuse en dehors, elle ne songeait qu’à les rendre fiers, et ne sortait la tête de ses livres que pour jouer avec ses camarades.

Et puis, sa mère tomba enceinte. Une grossesse sans complications, ponctuée de désirs insensés et d’une humeur en dents de scie. Fascinée de voir un corps changer si vite, Marika l’examinait chaque matin de haut en bas, les yeux rêveurs. En secret, elle notait les endroits où son corps gonflait, se gorgeant d’une vie qu’elle expulserait bientôt. Elle rentra un soir ; son frère était né. Rater la naissance la contraria si fort qu’elle refusa de manger. Sadako, le teint creux d’un cadavre, semblait avoir perdu un bon bout de chair.

Le nouveau-né, si frêle et si rose, attrapa une fièvre que le temps ne faisait qu’accentuer. Une femme en blouse aux cernes bleutés et au parfum de fumée se porta à son secours. Ce fut le premier contact de la jeune femme avec la médecine : l’amour de la science ne devait plus la quitter. Pour avoir le choix de son futur _ et convaincre ses parents de la laisser s’éloigner de l’ingénierie qu’ils avaient tant à cœur _ elle redoubla d’efforts en classe. En secret, elle écuma les maisons de ses camarades, feuilletant ça et là des livres prometteurs sur la confection de remèdes ou l’anatomie humaine. Parmi eux, elle dénicha un traité sur les lois de la chance, recueil compilant des superstitions d’hier et d’aujourd’hui, et fut si convaincue de leur véracité qu’elle le déroba.

Ses années d’adolescence défilèrent, semblables les unes aux autres. Devoirs, sorties entre amis, virées dans les bibliothèques. Puis vint le jour de l’annonce des affectations à l’université. À l’aube, elle déposa un scalpel sur la table de la cuisine, et se rendit chez son oncle avec un sac de vêtements. Ce dernier ne l’accueillit pas les bras grands ouverts : il avait quitté la ville pour une de ces expéditions qu’il aimait tant. Elle ne resta pas longtemps. Son père vint la chercher le lendemain. Ils ne s’adressèrent pas un mot pendant plusieurs semaines, tandis que sa mère tempêtait, avec suffisamment de rage dans la gorge pour développer du venin. Cependant, Marika ne flancha pas : elle avait été admise en médecine, et rien d’autre ne comptait.

Le problème se présenta la première fois qu’un professeur la mena devant un patient. Les doigts fermes et la voix tremblante, elle trouva ce qui clochait, mais s’évanouit à l’instant où elle entailla les chairs. À son réveil, elle prétexta n’avoir pas assez mangé, et l’incident fut vite oublié de tous. Cependant, la terreur avait planté ses griffes en elle : chaque malade la poussait vers le gouffre. Lorsque, diplômée, elle entra finalement à l’hôpital, elle crut le spectre de la peur chassé de son cœur, et se jeta dans le travail.

« Et voilà le dîner ! Attention mesdames, faites place… »

La jeune femme cligne des yeux, dissipant la brume de ses souvenirs. Il ne reste, de toute façon, plus grand-chose qui vaille la peine d’être rappelé : les insomnies, les nausées, les vertiges, et, au bout du chemin, sa démission. C’est avec son oncle qu’elle travaille désormais, dans un laboratoire qu’il partage avec quelques collègues, mêlant ses connaissances en médecine à son savoir de biologiste.

« Tu veux du sel, Mari’ ? »

Jetant un regard suspicieux à la salière que lui tend son père, la chercheuse finit toutefois par la prendre. Les épices tourbillonnent dans ses narines, creusant son estomac. L’enthousiasme illumine ses mirettes lorsqu’elles embrassent le contenu de son assiette.

« Merci pour le repas, pa’. »

Du bout des doigts, elle lance quelques grains par-dessus son épaule, espérant que le mauvais sort ne lui collera pas aux basques, cette fois-ci.

On mange quoi ce soir ? / Elle

J'aime écrire. (Voilà, deux mots !)



Dernière édition par Marika Ono le Ven 28 Juin 2024 - 17:23, édité 6 fois
Jeu 20 Juin 2024 - 19:22
Bienvenue Marika !

Si tu as besoin d'aide ou des questions n'hésites pas à nous solliciter via mp ou sur Discord et lorsque ta fiche sera terminée tu pourras le signaler dans ce sujet
Tu as deux semaines pour rédiger ta fiche.

Bonne rédaction ^^
Jeu 27 Juin 2024 - 19:01
Coucou,

Voilà une semaine que ta fiche est commencée, il te reste une semaine pour la terminer. Si besoin d'un délai supplémentaire ne pas hésiter à le demander à la suite de ce message.

Nous restons disponibles pour toutes questions, bon courage
Ven 28 Juin 2024 - 17:26
Bonjour !

Merci pour l'accueil, ça m'a pris un peu de temps mais ma fiche est terminée et signalée :)
Ven 28 Juin 2024 - 21:56
Bienvenue dans la brume Marika!
Ven 28 Juin 2024 - 23:07

Une chercheuse à croquer

Dans un monde loin d'être en sucre

Une histoire charmante et une fiche qui se dévore d'une traite: Marika a tout pour plaire ! Discrète silhouette que l'on jurerait de sucre - peut-être qu'elle l'est, mais seulement en façade. Au fond, c'est une vraie battante qui ne demande qu'à trouver sa place, et éprouver ses idée - pour la science ! Oui, pour la science. Mais peut-être aussi pour ses idéaux. Uhr n'est pas un monde pour les doux, et l'a mainte fois démontré. Alors que Marika se bat pour ses recherches, mais avant tout contre elle-même, parviendra-t-elle à se faire une petite place sur cette grande tablée? A défaut de la voir briller tout de suite, nous espérons pouvoir la deviner devant la petite étale, en savourant une pomme d'amour.
J'ai aimé tout ce monde gourmant et ces odeurs familières toute au long de ta fiche, et Marika est tout simplement adorable. On a déjà tous envie de la voir s'épanouir et se forger une place de choix ici !
PS: Ryker te propose de faire un tour avec lui - une fine lame de confiance à n'en point douter mais je te laisse donner suite, après tout, ces aventuriers...

Très bon jeu parmi nous

Rang : Citoyen
Affinité : 5 PA
Astra : +200 Astra

La suite logique

Avant d'aller RP, assure toi de bien recenser ton avatar pour que personne ne te le prenne. Si tu ne sais pas avec qui commencer, tu peux toujours faire une recherche de partenaires ou répondre à celles en cours. Accessoirement, tu peux aussi poster ta fiche pour récapituler tes liens, ta chronologie, tes possessions... Enfin, si ton personnage fait partie d'une organisation, n'oublie pas de demander à la rejoindre ou à l'ajouter, si elle n'existe pas encore.