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[Flashback] Les têtes de mules – Ft Ginny

[Flashback] Les têtes de mules – Ft Ginny Brandw10
Sam 15 Juin - 16:22

Les têtes de mules

Ft. Ginny



— Regardez-moi cette bande de lâches ! Ouais, c’est ça, barrez-vous !  cria Maden en accompagnant la parole par des gestes obscènes en direction des fuyards.

Kailan rangea sa barre de fer en l’accrochant à son dos tout en regardant le groupe ennemi fuir. Il fallait dire qu’ils leur avaient botté les fesses en beauté. Accroupie au sol, Loreleï fouillait l’un des sacs que le groupe avait abandonnés dans sa fuite.

— Alors ? Rien d’intéressant ? demanda Elain en se penchant au-dessus d’elle.
— Nan,  répliqua Lo’. Que de la merde, et pas un sou.
— Quelle perte de temps, commenta Kailan en croisant les bras. On ne fait que croiser des marioles depuis ce matin.
— Ça va, faut dire qu’on s’amuse un peu, pas vrai ?

Kailan répondit à l’adolescent en haussant les épaules. D’accord, c’était sympa de traîner avec ses amis et de coller quelques corrections aux abrutis qui les prenaient pour des faibles, mais tous ceux qu’ils avaient croisés depuis ce matin étaient encore plus fauchés qu’eux. Le seul avantage était qu’ils avaient trouvé de quoi manger sans dépenser un astra pour une bonne partie de la journée.

Loreleï termina d’emballer son sac quand elle eut fini de récolter tout ce qui pouvait les intéresser, puis secoua la tête pour déporter sa crinière dorée sur son épaule, le temps d’enfiler son sac à dos sur son autre épaule. Maden continuait de déblatérer des conneries pour amuser la galerie, mais Kailan l’ignora tandis qu’Elain s’immobilisa soudainement, aux aguets.

— J’entends du bruit, lâcha la rouquine, les sourcils plissés de concentration.

Tous firent de même, puis Kailan l’entendit aussi. C’était des pas de courses, des bottes lourdes, et le son du métal qui s’entrechoquait.

— Dispersion ! cria Kailan en comprenant que les flics rappliquaient.

Les ados se séparèrent aussitôt, empruntant chacun une rue au pas de course.

— Kai !

Un coup d'œil derrière elle fit comprendre à Kailan que ces putains de flics avaient décidé de se concentrer sur elle. Elle accéléra le pas le long de la ruelle, puis escalada un muret pour atterrir dans une autre rue. Les flics derrière elle avaient décidé de faire de même, action prévisible. Mais elle ne s’était pas attendue à ce que deux autres l’attendent au tournant, droit devant elle. Elle eut à peine le temps de freiner que les deux hommes la saisirent et la plaquèrent contre un mur. Kailan se mordit la langue sous l’impact, se retenant de réagir violemment en sentant des mains la palper pour la fouille.

— Lâchez moi, vous croyez que je vais faire quoi ?
— Ferme la ! répliqua l’un des flics en appuyant sa tête contre le mur de sa main. Qu’est-ce que tu nous caches, la gamine ?
— Mais rien, putain !
— Si tu courais c’est que t’as bien un truc à te reprocher.
— On nous a dit de courir quand on voit les flics, c’est comme ça partout ici.

Le demi mensonge ne parut pas convaincre le flic, qui appuya un peu plus la pression de sa main contre son visage :

— Ne crois pas que tu vas t’en sortir comme ça.

Kailan n’ajouta rien, continuant de jouer les innocentes, en espérant que ses amis n’aient pas été pris eux aussi.

Lun 17 Juin - 13:21
Je me souviens avec nostalgie d’une époque bien plus simple où, libre de toute contrainte, je parcourais les toits de la ville dans une totale insouciance. Je me rappelle notamment, d’une douce soirée estivale, prémices à une nouvelle soirée mouvementée. Mon père étant aux abonnés absents depuis déjà plusieurs semaines, une nouvelle expédition l'ayant conduit dans les profondeurs de la brume, je m’étais rendu dans la basse ville en quête d’une nouvelle distraction. Me souvenant avec dureté de la veille, j’avais pris pour résolution de me tenir tranquille, ne tenant pas à passer une nouvelle nuit sur le sol froid des geôles de la ville. Ça se saurait si j’étais capable de me contrôler…

Arpentant les toits de la ville, j’observais les passants en contre bas, à la manière des héros de l’ombre présent dans les histoires que me raconter mon père le soir lorsque quelques années plus tôt j’étais coincé dans mon lit d’hôpital. De mon perchoir, rien n’échapper à mon regard : ni le tavernier qui faisais pour énième fois rentrer sa maîtresse en douce, ni le cuistot du coin collectant les rats qui finiraient dans son ragoût le lendemain. Dans la cacophonie ambiante, je pus reconnaître le son caractéristique d’un affrontement en cours ; les cris et les chocs qui se répercutaient en échos me guidèrent jusqu’à la scène qui se déroulait en contrebas. Quatre mètres plus bas, je fus témoins d’une course effrénée que pratiquer une jeune fille blonde, à peine plus jeune que moi, au travers des petites ruelles labyrinthique.

Ma première pensée fut de ne pas m’en mêler, mais vous savez ce que l’on dit : Chasser le naturel… L’instant suivant, je me laissais tomber du toit, fracassant les pavés en frappant le sol de mes prothèses de jambe, juste devant la fuyarde qui s’arrêta, stupéfait par la soudaine apparition. Note à moi-même : demander à papa de m’intégrer un grappin !

- Ah, c’est toi ! Lança la petite blonde une fois la surprise passer.

Je ne l’avais pas reconnu tout de suite, mais sa tignasse dorée me renvoya à la veille lorsque j’avais jeté un parpaing au visage d’un garde de la ville. Je me rappelais l’avoir vu au coin d’une rue, m’encourageant avec véhémence. Mon père m’avait appris à ne pas me sentir supérieur à ceux de la basse ville qui, tout comme tout être humain, ne méritaient pas de se faire ravager leurs boutiques pour avoir refusé d’offrir un rabais.

- T'as une banshee aux fesses ? Pourquoi tu cavales comme ça ?
- Les flics ! Scanda-t-elle en jetant des regards par-dessus son épaule, je crois qu’ils ont eu Kai !

J’aurais volontiers pris le temps d’en savoir plus, mais ce n’était visiblement pas son cas, cette dernière reprenant sa course pour me passer à côté. Figé sur place quelques secondes, je m’interrogea sur la marche à suivre. Devais-je faire preuve de retenue… ? La blague ! Déjà, le bruit de mes jambes de métal frappant le sol résonnait dans les ruelles alors que je me lançais dans la direction opposée de la jeune fille anonyme.

Il ne me fallut pas longtemps, guidé par des voix courroucées, pour voir le spectacle de quatre membres des forces de l’ordres, fouillant avec force une fille qui devait être d’un an ma cadette. Certes, leur boulot était de contrôler les délinquants, mais, à supposer que leur cible en soi une, je n’appréciais pas leur manière de faire. On lisait sans leur attitude un air supérieur, de ceux venant de la haute ville ou fier de s’être élevé de leurs basses extractions. Sans aucun scrupule, je ne ralentis pas ma course, et vins percutant de plein fouet les deux gardes qui rester en retrait, les envoyant valdinguer dans un tas d’ordure.

- Encore toi ! Hurla l’un d’eux en lâchant sa cible.

Il faut dire que j’étais une célébrité dans le coin, et pas vraiment dans le bon sens du terme. Jaugeant la situation, je leva les mains devant leurs regards accusateurs, un rictus sur le visage. Deux flics peinaient à s’extraire des déchets tandis que la jeune marginale n’était retenue plus que par un seul d’entre eux. Ayant aperçu la peau écailleuse de ma cadette, je ne pus m’empêcher de répondre :

- Oups ! Désolé, j’ai paumé mon poisson rouge. Et tout ce que j’ai trouvé, ce sont quatre connards !

Le résultat fut celui escompter. Le visage des deux hommes me faisant face vira au rouge, en venant même à totalement lâcher leur prise.

- Petite salope ! Tu vas voir !

Les deux soldats me saisirent les bras, leurs deux compagnons encore sonnés presque remit sur leurs pattes. Mon regard croisa celui de celle qui se voyait libre de toute entrave, je lui fis un clin d’œil avant de crier :

- Cours la poiscaille !

Au même moment, j’intima à mes prothèses d’effectuer une rotation à 360 degrés. Tournant sur un axe au niveau de ma taille, les deux membres de l’ordre furent surpris par la manœuvre qui les fit perdre l’équilibre. Plusieurs rotations plus tard, et avec un léger tournis, je m’élança sur les traces de la fuyarde.

- Merci pour la danse ! On se fait une bouffe à l’occaz !

Derrière moi, je pus bientôt entendre les vociférations de mes poursuivants.
Jeu 4 Juil - 17:16

Les têtes de mules

Ft. Ginny



Et merde.
Maintenant, elle sentait le goût métallique du sang dans sa bouche alors que le mec continuait de la fouiller. Et elle ne pouvait même pas cracher. Elle aurait bien aimé lui cracher dessus, tiens. Elle attendait son ouverture, un instant d’inattention de la part du flic qui la maintenait plaquée. Cela arriva bien plus vite qu’elle ne l’aurait cru. Son ami le flic aux mains baladeuses cria en apercevant une personne. Une boîte de conserve, de ce que pouvait en penser Kailan. La personne était bizarre, entre l’augmentée et l’automate, mais avait l’apparence d’une jeune fille d’environ son âge.

Il se passait des choses étranges dans les cerveaux des inventeurs épistotes.

Kailan écouta les paroles de la chose et fronça les sourcils. Poisson rouge ? Sérieusement, c’est d’elle qu’elle parlait comme ça ?! Pas le temps de réagir à ses propos, les deux représentants des forces de l’ordre l’avaient lâché pour s’intéresser à l’autre. Elle eut le temps de cracher de la salive mélangée à son propre sang. Elle hésita devant la jeune fille à la race non identifiée, mais cette dernière lui cria de courir. C’était la deuxième fois qu’elle se foutait de sa gueule, mais Kailan avait assez de sang froid pour savoir que ce n’était pas le moment de répondre. Elle se mit à courir le long des rues de la basse-ville, vite rejointe par celle qui l’avait aidée. Reconnaissant un pâté de quartier qu’elle connaissait comme sa poche, elle accéléra l’allure.

— Suis moi, la canette !

Elle se glissa le long d’une petite rue, puis le long d’une autre qui croisait la première. Les flics derrière elles commençaient à trop s’échauffer, elle le comprenait au bruit de leurs pas qui se faisait de plus en plus lointain. Ni une ni deux, Kailan profita de ce petit instant où elles n’étaient pas à leur vue pour se hisser sur la terrasse d’un appartement délabré. Elle ouvrit la vieille porte dégondée du logement abandonné, laissa l’autre blonde entrer, puis referma la porte et s’engouffra au fond du taudis. Encore quelques minutes de silence, et bientôt il n’y eut plus aucun son, ni aucun signe de la présence des forces de l’ordre. Kailan se redressa et étira ses muscles endoloris par la course :

— Merci bien, la boîte de conserve. Mais je suis ni ton poisson rouge, ni de la poiscaille, c’est compris ?

Le ton était sans appel. Si elle l’entendait encore dire de la merde, elle ne saurait pas se retenir, qu’elle l’eut aidé ou pas. Elle avança vers la sortie de la planque en évitant les morceaux de meubles pourrissants de l’appartement délabré :

— D’ailleurs, t’es qui et tu fais quoi ici ? Les canettes sophistiquées, elles nettoient les culs des bourges en général.

Ven 5 Juil - 16:20
Les gens s'écartaient sur le passage de notre bruyante procession, la jeune Tritone ouvrant la marche quelques mètres devant moi, tandis que je m'attelais à jeter tout ce que je pouvais trouver à mes poursuivants. J'eus même un cri de victoire, quand l'un des gardes s’effondra après qu'un sac-poubelle ne le percute de plein fouet pendant sa course. Constatant l'avance que prenais ma guide, j’accélèra l’allure pour revenir à son niveau juste avant le premier virage. Cette partie de la basse ville était un vrai labyrinthe, et bien que j’en connaisse certains dédales, personne ne pouvait se vanter d’en connaître chaque détour. Alors qu’on prenait le second virage, et que les cris de nos poursuivants se faisaient plus lointains, je fus heureuse de constater que la jeune fille semblait connaître l’endroit comme sa poche. Comme elle sembla me le prouver une fois de plus lorsqu’elle m’exhorta à grimper sur un vieux balcon délabré, devant lequel je marqua un temps d'arrêt.

La tritone semblait sous-estimer mon poids... Mais les vociférations de nos poursuivants dans le lointain me poussèrent à saisir le rebord. Le grincement que produisit le bâtiment ne fut pas des plus rassurants, il semblait me promettre une belle gamelle au milieu des décombres. Quand je posa le premier pied, les yeux fermés d'anticipations, le sol poussa un craquement, mais il tint le coup. Sans perdre de temps, je m'élança après ma cadette, entrant à mon tour dans le vieux logement à l'abandon. À peine avais-je pu humer l'odeur de renfermé, que je dus lever les mains en signe d'apaisement, un rictus amusé sur le visage face à la mise au point de mon interlocutrice. Visiblement, elle était susceptible la poiscaille. Mais niveau remerciement, elle pouvait faire mieux ; peut-être pensait-elle qu'elle aurait pu mieux s'en sortir sans l'intervention de la "Boite de conserve". Je songeais qu'elle pourrait mieux parler à celle qui lui avait sauvé le cul, amusée par son énervement manifeste, tandis que je la suivais au milieu du vieux mobilier pourrissant. 

- Alors déjà, tu vas baisser d'un ton, finis-je par lancer malgré moi, agacée par le ton de la tritone qui, manifestement, avait oublié comment se présenter. Moi, c'est Ginny, et faut croire que certaines canettes descendent de la haut-ville pour nettoyer ton petit cul. 

J'avala la suite de ma phrase, m'immobilisant après un craquement dans le plancher. L'oreille tendue, aucun autre bruit ne sembla répondre au premier : ni sol qui lâche, ni bruit de garde en colère. À cet instant, je réalisa qu'on était sorti d'affaire. Je ne dormirai peut-être pas en geôle cette nuit-ci. Mais dans le cas contraire, la jeune fille avec moi, elle, n'aurait pas un père capable de la sortir de là au petit matin... Et avec ça, elle n'était pas plus reconnaissante que ça. D'ordinaire, je m'en suis toujours moqué, mais couplé à sa mauvaise manie de vouloir renchérir avec la "canette" : cela expliqua, en grande partie, ma réaction lorsque je me remis à avancer.

- Et puis, je peux savoir ce que vous foutiez à emmerder les gardes ? C'est vraiment con, après le tapage d'hier, la poiscaille.

Ce dernier mot était sorti de ma bouche sans même que je le remarque, poussée par mon esprit détaché et moqueur, tandis que mon esprit était déjà tourné vers la suite de cette nuit, et l'itinéraire qu'il me faudrait prendre pour rentrer. Mais je ne peux nier que je ressentis une certaine satisfaction à voir l'agacement s'étendre sur le visage de ma désagréable interlocutrice, l'accueillant avec un rictus révélateur.
Sam 6 Juil - 23:25

Les têtes de mules

Ft. Ginny


On dirait que ses répliques avaient fini par éveiller la colère de la blonde. Kailan sourit en écoutant la réponse de la dénommée Ginny.

— Merci, ô Ginny Canette d’Or, héroïne autoproclamée de la basse-ville, d’avoir nettoyé l’humble petit cul de Kailan, ce jour.

Fallait être sacrément culotté pour se dresser en sauveuse des pauvres, quand elle n’avait jamais à se soucier de manger à sa faim. Ce soir, la miss rentrera au chaud dans sa belle maison, pendant que Kailan risquerait de se geler son petit cul, si elle ne trouvait pas un coin où passer la nuit. Quel privilège d’avoir été aidé par une telle personne…

Peut-être Kailan aurait-elle été plus reconnaissante envers Ginny si elle ne s’était pas montrée aussi condescendante avec elle. Et elle avait la flemme de le lui faire remarquer, parce qu’elle n’avait pas de temps à perdre avec miss boîte de conserve. Elle pensait à ses amis, elle pensait au butin qu’ils devraient se partager, aussi. Etaient-ils en lieu sûr ? Ils avaient leur petite planque attitrée, mais elle ne savait pas si elle la retrouverait vide en rentrant dans la soirée, ou s’ils seraient à l’intérieur, ou si la planque aurait été investie par un groupe ennemi durant leur absence. Qu’est-ce que ça faisait chier, de vivre en insécurité dans cette putain de basse-ville, pendant que ces sales bourges ne se souciaient que de leur paume.

En parlant de paume de bourge, l’ultra augmentée ouvrit à nouveau sa gueule. Pour encore l’appeler poiscaille. Bon. Là, elle n’avait plus de quoi garder son sang froid. Kailan s’approcha de Ginny tout en lui répondant :

— Déjà, qu’est-ce qui te dit qu’on emmerdait les gardes, et que ce sont pas eux qui sont venus nous emmerder ? Tu crois qu’ils sont tous tout blancs et sans bavure ?

Elle était désormais arrivée à son niveau, à environ un mètre d’elle. Assez pour lui mettre une droite bien placée au niveau de son petit minois.

Ce que Kailan ne se gêna pas de faire.
C’était pas comme si elle ne l’avait pas prévenue.

— Je t’avais dit de plus m’appeler la poiscaille. J’crois que c’est toi le poisson rouge, avec ta mémoire de merde.

Bon sang, ce que ça faisait du bien.

Dim 7 Juil - 17:27
Est-ce que je pensais que les gardes étaient tout blancs ? Certainement pas. Je devais la majorité de mes nuits en geôle au fait que je n'arrivais pas à accepter la manière satisfaite avec laquelle ils s'en prenaient aux gens de basse ville, les gens qu'ils devraient normalement protéger, pas oppresser. Mais est-ce que je les pensais tous noirs ? Voilà un débat mental qui aurait pu s'avérer intéressant, mais il fut violemment interrompu par un violent impact dans mon visage. À cet instant, je vis rouge ! Comme la couleur du sang qui perlait de mon nez gonflé, alors que je perdais tout contrôle. Encore étourdi par la frappe, un pas en avant me fit envoyer toute la détente dont était capable ma prothèse de jambe droite.

-Espèce de sale... !

Ma rage sourde s'évanouit dès l'instant où je sentis l'impact... Le mur de la vieille bâtisse volat en éclats, mon coup de pied envoyant des gravats s'éparpiller dans la pièce de l'autre côté. Le râle que poussa l'immeuble en réponse ne me plut pas vraiment, mais je ressentis un grand soulagement à ce que la jeune fille est esquivé. Constatant les conséquences de ma bévus, je fus heureuse de ne lui avoir pas fendus les os. Alors que les craquements dans les murs semblaient se calmer et que le nuage de poussière retombait, j'aurais pu me calmer à cet instant, ce ne fut vraiment pas loin, mais les rires satisfaits de Kailan derrière moi me firent remonter dans les tours. Tu vas voir ce qu'elle va lui faire la boite de conserve !

- Attends que je t'attrape la poiscaille ! 

Me tournant dans sa direction, je constata immédiatement qu'elle s'était mise hors de portée d'un second coup direct. Qu'à cela ne tienne, j'avais d'autres projets. Saisissant une vieille table dans l'élan, une rapide rotation de 360° sur mon axe de bassin me permit de la transformer en véritable projectile lancé à toute vitesse au travers de la pièce. Qu'est-ce que j'ai ri ! Lorsque le meuble pourri éclata en poussière, en fauchant les jambes de la Tritone, la laissant embrasser violemment le sol. 

- Alors, pour toi, ce sera sa majesté, la sainte canette d'or, s'il te plaît, me vantais-je, un rictus amusé sur le visage, et m'essuyant de la main le sang qui coulait de mon nez, et je me demande si tu penses que ton cul est assez propre, la poiscaille ? 

Le contrôle de soi n'a jamais été une qualité chez moi, et encore moins à cette époque de ma vie où je savais que père était derrière moi... Déjà, j'avais retenu de mes leçons : mieux vaut les meubles que les coups de prothèses. Dans cet esprit, je mettais déjà tourner vers une vieille commode pour la saisir à pleine main. Dans le fond, je crois qu'elle commençait à me plaire et à m'amuser, mais allez savoir pourquoi elle m'irritait autant. 

- N'hésite pas si t'en veux encore ! Je te concocte un carpaccio de thon, avec grand plaisir.

J'avais scandé ses mots en levant la commode au-dessus de ma tête. Je m'apprêtais à me retourner, mon nouvel instrument étant cessé d'avoir un but dissuasif pour mettre un terme à toute cette histoire. Je jure ! Voulait même pas le jeter, juste lui faire peur...
Mais j'ignorais, que dans mon dos, elle s'était déjà relevée…