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Vous courrez éternel, brillant et chromé! [PV Ginny Kadwell]

Vous courrez éternel, brillant et chromé! [PV Ginny Kadwell] Brandw10
Mer 12 Juin - 19:32
-Papiers s'il vous plait, quelque chose à déclarer?
Si l'eau avait coulé sous les ponts depuis la reprise des marches par Epistopoli, le poste-frontière tout frais qui enjambait l'Adriana restait animé par des soldats au sens du complot plus solide que la foi de l'archevêque de Renon.
Il est donc tout naturel que leur inquiétude prenne une magnitude inhabituelle lorsqu'ils virent un automate à la forme inconnue de leur service rentrer de plein fouet dans une dune pour freiner, soulevant des nuages de sables dans le hurlement monstrueux de ses aérateurs.
Un vétéran augmenté, gradé de la douane qui opérait là, sortit lui-même inspecter l'intrus, découplant légèrement ses pistons pour pouvoir le regarder dans son absence d'yeux, la crosse de la taille d'un cuissot qui dépassait de l'arrière du crane du visiteur n'étant pas pour rassurer le vieux soldat. Le colosse de métal n'émis pas le moindre son nouveau pendant la totalité de l'inspection qui fut particulièrement vexante pour celui qui échoua -après fort ahanement et vocifération- à tenter d'ouvrir une fente qu'il avait pris pour une poche.
Ses papiers lui furent rendu avec un demi-sourire de l'inspecteur après que ce dernier ai vu la mention d'interdiction aramiléenne:
-Traverse au pas comme tout le monde, pas besoin de nous ravager le tablier. Amenez-le derrière! termina-t-il un ton plus haut à l'attention de l'un des sentinelles en faction le long du parapet.



L'automate parcouru la dernière centaine de mètre qui le séparait de la ville de Renon du même pas tranquille avec lequel il entra dans la ville, tandis que le regard suspicieux des gardes accompagnait celui inquisiteur de quelque mécano et celui amusé de nombreux passant envers celui qui était arrivé dans une fanfare d'aérateur.
Si ce genre de "musique" pouvait paraitre plus régulière ici qu'en Aramila, les modèles du calibre de Mordekai restait plus fréquente à la capitale que dans les marches depuis la fin de la guerre.
Restait à espérer que cette habitude rende les vendeurs plus enclins à lui fournir le précieux carburant pour rentrer chez lui. L'automate entra ainsi dans la première boutique qu'il trouva, les processeurs trop occupés à refroidir pour remarquer l'agitation alentours, spécialement celle à peine deux boutiques plus loin.



Dernière édition par Mordekai Wepnu le Sam 15 Juin - 2:56, édité 1 fois
Jeu 13 Juin - 13:48
Trois semaines ! C’est le temps qu’il m’avait fallu pour atteindre les marches de Renon. Ayant vu en ce voyage l’occasion de récolter quelques Astra, je fis le trajet en compagnie d’une caravane marchande désireuse d'embaucher un membre de la guilde pour les protéger des mauvaises rencontres. Si les premiers jours avaient été marquer d’un certain enthousiasme, le trajet réveillant les souvenirs de mon père me guidant au travers des arbres, je finis par regretter un trajet en solitaire qui, portée par mes implants, auraient put prendre moitié moins de temps. Les derniers jours à longé Le Renon, le fleuve qui avait hérité son nom de ma destination, me parurent durés une éternité, nullement aider par le fils du chef de la caravane et toutes ses questions, auxquelles j’avais eu la mauvaise idée de proposer de monter sur mes épaules au début du périple. Je savais désormais pourquoi le hennissement des chevaux ressemblait à s’y méprendre à un soupir.

Tout juste avais-je fini de prendre mes marques dans le quartier des patrouilleurs qu’un vieil homme barbu s’était présenté en me sommant de me rendre à la ville à l’Est d’Epistopoli, bien connu pour son nuage de smog permanent. Apparemment, mes supérieurs auraient reçu un rapport attestant de l’arrivée récente d’un homme qui deux mois plus tôt se serait enfoncé dans la brume en compagnie d’une procession scientifique, largement financer par de bienfaiteur donateur désireux de savoir ce qu’étaient devenus leurs investissements. Il me fallait donc me rendre sur place pour enquêter et éventuellement retrouver la trace du groupe de chercheur. Après une visite chez Edgar Domhson, mon prothésiste et vieil ami a mon père, pour remplir mon stock de sérum K-8, j’avais donc pris la route après qu’il mes certifiés pouvoir me réapprovisionner une fois sur place.

Maintenant que je passais les portes de la ville, ma crainte était que le dénommer « Frank Andsson » se soit déjà évaporer. N’ayant que très peu d’Infos, à part qu'il avais sejourner au "Lit de Chrome", j’avais peur que l’individu ne soit venu dans l’optique de fuir les autorités et cherche à présent à se cacher. Passant l’air absent devant les quelques lascars regrouper à l’entrer, l’un d’eux, un amélioré lui aussi, me siffla d’une manière des plus graveleuse. En voilà encore un qui me confondait avec un cheval.

- Aller ! Approche ma petite, vais te montrer mon piston !

- Et si tu t’enfoncer celui-là dans le cylindre, lui scandais-je, les yeux au ciel et le majeur bien levé.

Ne désirant pas me faire remarquer dès mon arrivé, je du mobilisé toute ma volonté pour ne pas faire demi-tour pour lui démontrer que mes « coups de sabot » n’avaient rien à envier à ceux d’un cheval. Préférant concentrer mon attention pour trouver l’enseigne que je cherchais. : « L’homme d’acier ». J'avais trouvé la succursale d’Edgar basé à Renon. Avant de faire quoi que ce soit, il me fallait déjà faire du stock, j’entra donc, accompagner par le doux tintement d’une cloche. Un homme aux longs cheveux poivre et sel m’accueillit d’un grand sourire édenté, assis derrière un comptoir entourer de nombreuses prothèses d'exposition dernier cris.

- Bonjour, je viens pour…
- Ginny, je présume, me coupa-t-il, vu la description que l’on m’a donnée, je doute de pouvoir me tromper.

L’homme sortit un paquetage d’un placard avant de le poser devant moi dans un sifflement trahissant ses implants aux jambes. Il y avait facilement de quoi tenir plusieurs semaines.

- Combien je vous…
- Cadeau de la maison, me coupa-t-il encore.

Décidément, c’était une manie, me dis-je, alors que derrière moi, le tintement de la cloche signalait la venue d’un nouveau client.

- Harry a beaucoup fait pour nous lorsque nous avons ouvert cette boutique il y a 5 ans, ce fut un véritable déchirement d’apprendre son décès.
- Ah, merci, dis-je le visage attristé par la mention à mon père, mais je ne peux pas accep...

J’avala la fin de ma phrase en sentant une main se poser sur mes fesses.

- Et bien ma petite, on fait la timide ?

Je n’avais pas encore tourné la tête que déjà j’avais reconnu la voix du siffleur. Son implant d’œil s’agitait frénétiquement tandis qu’il m’imposait un grand sourire malsain, sa forte odeur de tabac me faisant tourner la tête. Plongeant de nouveau mon regard dans celui du marchand, j’articula en silence :

- Vraiment désolé…

Ce qui devait arriver, arriva. Le coup de sabot parti. Montant mon genou jusqu’à mon abdomen, le coup de pied parti vers l’arrière démontrant une détente des plus « percutante ». L’impact sonna comme une détonation, suivie par un grand fracas quand l’individu emporta la porte du magasin en l’arrachant de ses gonds. Oh la boulette ! Je me tourna lentement, anticipant le spectacle qui m’attendais, tout en me sermonnant intérieurement pour mon manque de contrôle. Devant moi, étendu sur le sol au milieu des éclats de bois, l’homme hurlé en se tenant le côté, sans doute plusieurs côtes brisées. Quelle débile ! Il avait eu le temps de voir le coup venir, s'il avait pris le temps de bloquer le coup avec sa prothèse de bras, il n’en serait sûrement pas là… Déjà, ses cinq comparses se trouvaient à son chevet, me jetant des regards méchants, prémices à l’assaut qu’ils s’apprêtaient à sonner à mon encontre. Est-ce qu’il me faisait peur ? Non, certainement pas, mais je ne tenais pas à ce que la nouvelle d’une patrouilleuse cassant des mâchoires se répande en ville ; si effectivement ma cible évitée les autorités, elle aurait tôt fait de disparaître, en supposant qu’elle soit toujours dans le coin.
Je me tourna vers le vendeur et ramassa le paquet pour le fourré dans ma sacoche. Je m’apprêtais à me confondre en excuse quand celui-ci me fit signe de ne pas m’en faire, ayant toute la difficulté du monde à retenir son rire. L’accompagnant d’un clin d’œil, il me désigna du pouce une fenêtre à l’arrière du magasin. Je le remercia d’un sourire avant de m’élancer dans la direction indiquée, deux hommes sur les talons. Sortant mon bras par l’encadrement, ma main droite se détacha dans un claquement pour se saisir d’une cheminée sur le toit quatre mètres plus hauts ; rétractant mon grappin, je fus sur le toit la seconde suivante. En dessous, celui qui désormais sifflerait beaucoup moins bien, vociféré de ne pas me laisser m’enfuir.

Perdant pas de temps, je m’élança, habituer depuis ma naissance à parcourir les toits, bondissant bientôt sur les tuiles de la boutique d’a cotés. Je pris cependant le temps de leur montrer une nouvelle fois mon majeur, avant qu’un nouveau saut me fasse de nouveau survoler la ruelle en contrebas. Je regretta mon geste lorsqu’un grondement retentit, louper de peu par un tir d’arme à feu. Pour ne pas rester à découvert, une nouvelle utilisation de mon grappin me servit à descendre en rappel et à entrée par une fenêtre ouverte du magasin qui soutenait mon poids. Je fis plusieurs roulades dans un fracas ahurissant, sous le regard ébahi de la vendeuse occupé à servir un automate des plus imposant, soulagé de n’avoir rien emporté durant pas cascade.
Pas assez rapide ! Me dis-je en réalisant que trois de mes poursuivants me bloquaient déjà la route devant la porte grande ouverte de la boutique. Bon, ben… Il allait finalement falloir casser des os pour passer, à moins que…

- Grand frère, lançais-je malicieusement à l’automate témoins de la scène, ils m’embêtent !

Je pointa le doigt en direction des individus qui pénétraient dans le bâtiment. Cette dernière réplique n’ayant pour but que de faire croire aux trois hommes que l’être de métal était avec moi. J'espérais que la perspective de voir l'automate se joindre aux festivités soit suffisante pour les faire décampés.


Dernière édition par Ginny Kadwell le Dim 23 Juin - 1:04, édité 2 fois
Sam 15 Juin - 2:55
-Merci, vous me sauvez les...
Le robot s'interrompit dans son geste d'empochement des cartouches de myste lorsqu'un coup de feu fit tinter légèrement les vitres de la boutique. Une forme mi-biologique mi-mécanique vint débouler par une fenêtre ouverte.
-Grand frère, ils m'embêtent!
La vendeuse rattrapa au vol la capsule que l'automate laissa filer entre ses doigts avant de la fourrer dans le sac de son client posé sur le comptoir.


L'analyse avait pris suffisamment de temps pour que les malfrats se déploient dans la boutique, Mordekai repris donc la mesure des événements alors que l'un d'entre eux passait sous le bras de l'automate en se concentrant sur la jeune augmentée:
-Bien tenté sale garce, mais on dirait que le boulon t-GLARGLH
La tenaille mécanique venait de saisir la nuque de l'importun pour le lever à hauteur de capteur:
-Cette unité est bien plus qu'un boulon, bien que j'en possède certainement plus que vos puces ne soit capables d'en calculer. Je vous inviterais également a passer voir un mécanicien pour recevoir une mise a jour du résidu de code qui vous tiens lieu de module social.
Un mouvement leste projeta le malfrat par la porte qu'il avait laissé ouverte. Soulever le second suffit a obtenir la reddition des agresseurs qui furent tout de même raccompagnés au perron, recouvrant le sol de la rue de manière plus délicate sans pour autant toucher plus de surface de la boutique que leur insolent ami.
Mordekai revint vers sa *soeur* et se pencha pour s'immobiliser a une 20 de centimètres, concentrant la quasi-totalité de ces capteurs pour detailler l'assemblage qui lui faisait face.
Après plusieurs longues minutes, il se redressa:
-Vous détenez 73.5937% de ressemblance avec l'unité MORD0104, mais vous ne transcendez pas l'impossibilité d'être l'unité que vous avez désignée. Pouvez-vous vous identifier?
Il laissa passer une seconde avant d'avancer une main.
-Je m'appelle MORD3941, mais vous pouvez m'appeler Mordekai

Sam 15 Juin - 17:17
Visiblement, ma tentative pour les faire déguerpir était tombé à l'eau, me dis-je alors que les trois lascars, très vite rejoints par leurs comparses, pénétraient déjà dans le magasin. L'automate ne semblait pas réagir et je voyais naître la peur que le détenteur du revolver en fasse utilisation au milieu des civils. Me préparant à l'affrontement, un léger pas sur le côté me permit de bloquer la trajectoire jusqu’à la vendeuse ; en cas de coup de feu, mes probabilités de survie semblaient bien supérieures à celles de la jeune femme effrayée.

Le plus téméraire de lot se décida à s’avancer, le regard mauvais, levant déjà ce qui semblait être une barre de fer arraché à un banc dans la rue. Me préparant à la danse, je serra le poing, prête à l’abattre sur le crâne de l’attaquant à la première occasion. Je n’en eus jamais l’occasion. Je lâcha un hoquet de surprise lorsque la main de l’automate se serra autour de sa gorge pour le lever au-dessus du sol. Je trouva la phrase du géant de métal pleine d’humour, même si cela ne semblait pas volontaire, et put m’empêcher de lâcher un gloussement.

- Merci d’être passé, lançais-je au malheureux ainsi empoigné quand mes yeux croisèrent son regard écarquillé.

J’eus tout juste le temps de lui faire « au revoir » de la main que déjà, il était éjecté de la boutique. Il me fallait prendre des notes : le faire par une porte ouverte éviter la casse. Bientôt, un second fut levé du sol, signal de départ pour que les autres prennent leurs jambes à leur cou. Raccompagner à la sortie par l’imposant automate, bien vite, il ne resta d'eux que le clapotement de leurs bruits pas apeuré.

- Merci du coup de main, remerciais-je l’individu, tandis qu’il faisait volte-face pour me rejoindre, je préférais éviter d’avoir à leur casser les…

J’suis interrompu ma tirade quand, l’automate qui était venu s’immobiliser devant moi, s’inclina dans ma direction pour adopter une position voûtée pendant de longues minutes.

- Eeeeeeuh... T’a de beau yeux, tu sais ? Dis-je pleine d’humour, porté par un certain malaise causé par l’instant qui semblait se figer.

Je pouvais deviner que les capacités d’analyse de l’être artificiel devait, en cet instant, totalement se mobiliser à me décortiquer. Je sourit donc de toutes mes dents, à la manière d’un enfant le jour de la photo classe.

- Vous détenez 73.5937% de ressemblance avec l'unité MORD0104, mais vous ne transcendez pas l'impossibilité d'être l'unité que vous avez désignée. Pouvez-vous vous identifier?

Préparant déjà une nouvelle tirade amusée, je la retins, intrigué par les propos de l’automate. 73 pourcent ? Scrutant plus en détail le corps d’acier qui me faisait face, celui-ci me propulsa une décennie plus tôt lorsque, bloquer dans un lit médicalisé, j’étais entouré d’innombrables croquis et schémas tapissant les murs de ma chambre ; mon père bossant sans cesse même lorsqu’il restait à mon chevet. Certains de ses dessins, à l’époque, représentaient des possibilités d’implant qui avait été abandonné avec le temps. L’un d’eux, notamment, me revint particulièrement en mémoire, étrangement semblable aux épaisses jambes qu’on avait assemblé sur la structure métallique qui me faisait face ; un projet avorté dans mon cas, celui-ci ayant été juger trop lourd par mon père. Il avait tenu à ce que sa fille puisse garder la souplesse et l’agilité qu’il appréciait de voir lorsque je gambadais dans les jardins.

Sans doute m’étais-je réfugié trop longtemps dans mes pensées, l’automate reprenant la parole après mes quelques secondes de silence. Plus intrigué que jamais, j’écoutai avec attention mon interlocuteur se présentais. Guidé par mes souvenir, je sourit malgré moi, en l’appelant « grand frère » je n’avais peut-être pas tant exagérer.

- Enchanté Mordekai, répondis-je, nos deux mains provoquant un fort bruissement métallique, trahissant une pression qui aurait pu broyer des os, moi, c’est Ginny. Ginny Kadwell.

Nos mains une fois lâchées, je parcourus une fois encore le corps de l’automate de haut en bas, avant de lui adresser un rictus amusé.

- Tu connais peut-être Harry Kadwell, je crois bien que j’ai failli avoir tes jambes.

Décidément, cette rencontre s’avérait des plus intéressantes.
Jeu 20 Juin - 19:33


-Je n'ai aucun profil enregistré à ce nom. Votre taux de ressemblance avec MORD0104 laisse cependant penser que votre Harry a soit participer au projet qui m'a vu booter, soit à fait l'acquisition auprès d'Ori de la technologie qui me compose, soit travaillé avec Ori sur cette même technologie. Ma banque de donnée ne contient malheureusement que peu de donnée sur l'époque de ma création.

Les capteurs de l'automate qui avait repris leur champ d'action originaux après l'identification de la non-sororitaire augmentée firent attraper sa sacoche à Mordekai qui laissa de la monnaie sur le comptoir:
-Ils semblerait que l'activité de plein-air à laquelle vous participiez à reprise, que diriez vous que nous discution à un endroit plus adapté ?

Suivant les instructions de son module social, il s'écarta en ouvrant le bras vers la porte, suivant les enjambées que Ginny entama vers la sortie. Concentré sur le sujet de la curiosité de son module Dragon et de tout son crystal, il continua à suivre la conversation en marchant, se débarrassant négligemment des obstacle comme on repousse un troupeau de poodie avec une idée fixe, donnant l'impression très curieuse que deux entités pilotait l'immense machine: l'une au commande du corps, l'autre du module vocal:

-Vous avez mentionné que mes jambes devaient être vôtre lorsque vous sortiriez de l'hôpital, quel blessure si importante vous y a amenée? Est-ce également pour cela que le reste de votre corps est modifié? où est-ce par nécessité d'équilibrage et de fonctionnement des jambes que vous avez reçu?



Dernière édition par Mordekai Wepnu le Mar 2 Juil - 9:09, édité 1 fois
Ven 21 Juin - 12:23
Une fois encore mon interlocuteur sembla souffrir d’une légère absence, mon père ayant eu plusieurs assistant automate, je supposa que ce dernier consultait sa base de données. Profitant de l’accalmie, je présenta mes excuses à la vendeuse pour mon entrée fracassante, mais elle préféra disparaître dans l’arrière-boutique ; sans doute motiver par la vision de la bande de lascars se relavant à l’extérieur. Je hocha les épaules, me retournant vers Mordekai qui avais visiblement tourné son attention sur moi.

- Oh, tu sais, moi aussi, je n’ai pas vraiment d’info sur ma conception, et en même temps, je préfère, dit-je en simulant une grimace de dégoût qui se changea vite en rire, mon père a remué ciel et terre pour la technologie qui compose mes prothèses, je ne serais pas surprise qu’il ait dû partager ses connaissances en échange.

Riant toujours de ma propre blague, je posa le regard sur les hommes à l’extérieur qui semblait hésiter à revenir à l’assaut. L’automate avait dû le remarquer également, mentionnant la reprise de mon « activité de plein air ». Un robot qui comprenait l’humour, voilà qui était original. Je me dirigea vers l’extérieur, mon poing de métal produisant un fort craquement dans ma main opposé ; menace silencieuse aux quelques malfrats hésitants. Deux s’enfuir en courant, laissant les trois restant sur place à regarder leurs collègues perplexes.

- J’ai toujours préféré le volley, perso, et toi ? Ta plus une dégaine à préférer les sports Auto.

Mordekai m’emboîtait le pas quand je gagna l’extérieur, bientôt, je me tins devant les hommes pétrifiés face à l’avancer de l’être métallique. L'un d’eux tenta une frappe, hésitante et mué par la peur, que je n’eus aucun mal à éviter d’un pas de côtés. Mon « Grand frère » continua de parler tout en avançant, poussant de son passage les trois hommes comme si il s’agissait de simple ballot de paille. À cet instant, j’aurais pu jurer que les mouvements du corps n’étaient pas dictés par le même individu qui m’adressait la parole ; tant l’action semblait décaler de la parole. Quand il eut fini de poser sa dernière question, me renvoyant à mes souvenirs de maladie, les derniers agresseurs avaient déjà pris la poudre d’escampette.

- Ça a commencé par les bras, puis tout me reste à suivi, expliquais-je en cognant mes phalanges contre mon épaule dans un tintement métallique, je n’ai pas vraiment choisi, j’étais atteinte d’une maladie qui a réduit mes os en poussière alors que j’étais encore une gamine, mon père a tout fait pour que je puisse remarcher un jour.

Pour accompagner mon propos, j’étira ma jambe droite devant moi, faisant tourner mon pied à 360°. Ses souvenirs, notamment celui de mon père, me firent sentir mes yeux s’humidifier. Refusant de pleurer, je força un sourire avant de continuer :

- Ce fut un sacré chantier, j’ai passé 4 ans dans un lit d’hôpital. Des tas de possibilités, on était envisagé avant que Popa ne se prononce pour ce que tu vois là. Je crois que j’ai vu passer les tiennes sur un croquis, mais mon père a rejeté l’idée de peur que je perde en mobilité.

En m’entendant prononcé ses mots, l’enfant en moi eu une idée. Mon sourire triste se changea en un rictus de malice, désireuse de mettre les robustes jambes de l’automate à l’épreuve.

- Ça t’intéresse qu’on vérifie si il a eu raison ? Courant sur place, je souleva un important nuage de fumée avant de reprendre, le pouce orienté vers une ruelle parallèle : il y a une auberge à l’autre bout de la ville, « le Lit Chromé » ça s’appelle. Je dois y chercher un type. Je te propose une course jusque là-bas, le dernier arrivé paye le repas. Enfin… Si je gagne, je te paye ta prochaine révision si tu préfères.

Je présenta toute mes dents dans mon plus beau sourire de compétitrice. La patrouilleuse avait disparu pour les prochaines minutes, j’étais redevenu cette gamine pour qui chaque jour était une raison de s’amuser. Mordekai se montrant volontaire, je me dis que j’aurais apprécié avoir un frère pour jouer de la sorte. L’instant suivant, j’eus les mains au sol et une jambe replier sous mon ventre, à la façon des coureurs pro que j’avais eu l’occasion de voir concourir durant ma jeunesse.

-Pas de triche, OK ? Je compte jusqu’à 3. 1,2… 3 !

Je partie comme une balle ! Poussant mes prothèses à leurs maximums pour tâcher de prendre de l’avance dès le départ. Mes pieds frappaient le sol avec dureté, créant une véritable symphonie de tintement métallique. Je fis au mieux pour éviter les passant, cependant, cela n’empêcha pas certains de se jeter au sol sur mon passage, la plupart me hurlant des propos injurieux.
Après quelques secondes j’avais déjà atteint ma vitesse de pointe, convaincu de ne pas pouvoir être rattraper lorsque je pris le premier virage. Évitant de peu de me prendre une poussette et bientôt obliger de bondir par-dessus un stand de légume, je pus bientôt entendre derrière moi un grondement tonitruant.
Ma première pensée fut de me demander : étais-ce moi qui avais lâché un bulldozer fou en plein centre-ville ?
Mar 2 Juil - 14:20
Une fouille rapide de sa base mémorielle exclua toute pratique d'un sport de manière récréative et volontaire de l'historique. Il du cependant conserver la réponse en tampon le temps que le module Dragon dévore l'information de la création de son interlocutrice.
Un simple calcul excluait aisément l'utilisation des jambes de Mordekai dans le cas décrit: une ossature principale fragilisée n'aurait pas permis de balancer un tel poids à bout de bassin.

-Nom intéressant pour une auberge, vous n'aurez qu'a me payer quelques cartouches myste.

L'automate la suivit jusqu'au point de départ sur lequel il se place lui-aussi en position de sprinteur.



La jeune augmenté s'était lancé en avant avec une aisance bien différente du cargo qui déchira un morceau de sol, lorsque l'un de ses appuis céda un demi-pouce de terrain sous la pression intense. L'automate partit avec une dizaine de mètre de retard et si il ne lui fallut que 0.03679 secondes pour les parcourir, son adversaire ne l'avait pas attendu et profitait au mieux de son avance et de son agilité. Ce qui était enjambé, faufilé en dessous, esquivé au dernier moment, mordekai devait le sauter, esquiver avec une marge, bousculer le plus délicatement possible... Le moins brutalement possible fut rapidement la correction de paramètre apportée alors que la vitesse augmentait et le delta les séparant réduisait.
Mettant en application les leçons sociales de Cathilde et ce qu'il avait observé du relationnel chez les jeunes humains qui jouaient avec lui autour du marché, il décida de jouer une petite farce à l'autre coureuse.
Il ajusta sa vitesse en arrivant auprès de Ginny pour la cueillir doucement de son bras sous les genoux, la faisant tomber assis dans le creux de son coude, le dos calé contre son épaule.

Il repris ensuite son rythme de croisière, tentant d'absorber un maximum les secousses que ces pas lourds infligeaient au sol peu égal dont les roches affleurantes craquelaient de mécontentement. Vingt longues secondes de vitesses intense se décomptèrent avant que Mordekai entame un ralentissement doux qui l'arrêta juste avant de toucher le perron de l'auberge sur lequel il déposa la jeune femme, son module social tentant de donner un ton joyeux et amusé à sa vocalisation:
-Bravo, tu as atteinte le perron juste avant moi! Ça s'est pas joué à grand chose.


Mer 3 Juil - 19:39
J'eus un hoquet de surprise lorsque je fus soulevé du sol, agitant les bras dans une tentative désespérée de reprendre le contrôle. Le contact de l'acier dans mon dos me fit lever les yeux, pour apercevoir le buste de Mordekai. La seconde de surprise s'évanouit lorsque je realisa ce qu'il se passait, un sourire béa d'émerveillement se dessinant déjà sur mon visage. Il faut dire que c'était un sentiment nouveau. Personne ne m'avait jamais porté de la sorte, pas depuis ma petite enfance en tout cas, et voilà que l'automate tenait ma carcasse métallique avec facilité, me calant dans ses bras comme on l'aurait fait avec une petite chose fragile à protéger. J'éclata de rire en lui hurlant d'accélérer, enivré par le sentiment de redevenir une petite fille et la vitesse avec laquelle on remontait l'avenue principale. Je leva les bras tout du long, hurlant ma joie comme une collégienne dans un grand-huit sous le regard interloqué des passants, jusqu'à ce que Mordekai commence à ralentir. Je n'avais même pas réalisé que l'on arrivait au "Lit Chromé".
Durant le ralentissement, je posait mon regard sur Modekai qui, à cet instant, me procurait un sentiment nouveau de protection et de sécurité. Je riais encore lorsqu'il me posa sur la ligne d'arrivée en me scandant que j'avais gagné la course. De la pitié ? Non, juste de la bienveillance. Son ton amusé m'alla droit au cœur, me faisant pouffé à nouveau. 

- T'es quand même un tricheur, lui rétorquai-je avec un grand sourire en lui assénant un coup-de-poing dans l'épaule dans un geste fraternel et taquin, tu ne t'en sortiras pas comme ça, je te préviens.

Je lui pointa mon doigt accusateur sous le nez quelques secondes, le visage arborant un masque de colère. Avant d'éclater de rire et de me tenir fièrement, le pouce pointait vers ma personne.

- Mais bien sûr que j'ai gagné, la gazelle va plus vite que le rhino.

Puis, cessant de m'esclaffer à contrecœur, mon esprit s'orienta vers les raisons de ma venue ici. Je me tourna vers la porte de l'auberge pour m'en approcher. 

- Ce n'est pas tout, mais je dois bosser, grand frère, lançais-je en levant une main, n'oublie pas que tu me dois un repas !

Claquant cette dernière réplique d'un ton plein de malice, je fus heureuse de constater que Mordekai m'emboîtait le pas alors que je poussais les portes du lit chromé. Le soleil était à son zénith en cette fin de matinée, expliquant le nombre important de clients occupés à se restaurer dans la salle principale. Les gens riaient et les couverts grinçaient tandis que je balayais le réfectoire du regard à la recherche du propriétaire de l'endroit. Je souris lorsqu'il se présenta à moi sous la forme d'un grand gaillard derrière un comptoir. Je leva une dernière fois les yeux vers Mordekai qui se tenait juste derrière moi.

- Tu veux dire : "Tous à terre !" Ou "Les mains en l'air !" ?

Puis, riant de ma plaisanterie, je m'élance vers le comptoir. Ont dû se frayer un passage à travers les clients, certains nous insultant, d'autre nous déclarant leur flamme, pour parvenir de l'autre côté de la salle. L'aubergiste parut immédiatement interloqué par l'étrange duo mécanique. 

- J'peux t'aider, gamine ?
-Bien sûr que tu peux m'aider, je cherche un type. Frank Andsson.


L'homme fit mine de réfléchir avant de sèchement me répondre :

- Ça m'dit rien.

Un rictus s'étira au coin de ma lèvre. Coincer ! Les infos provenant de l'alliance affirmaient que ma cible avait dormi plusieurs nuits ici, dire qu'il n'était jamais venu ici, c'était y aller vite en besogne. Il lui aurait suffi de me dire qu'il était parti... Et je m'en serais allé, convaincu. 

-Te fou pas de ma gueule ! Aboyais-je soudainement contre l'aubergiste, un index pointait dans sa direction.

L'homme sursauta, plus de surprise que de véritable peur. J'avais toujours voulu faire ça ! Grisé par le moment, je sortis mon insigne de la guilde des aventuriers, et je le posa sur le comptoir.

- Je sais qu'il a créché ici, alors dit moi si il est toujours là. 
- J'le connais pas, j'te dit. 
- Si je commence à te foutre des claques, tu voudra bien être honnête ?


Bon okay ! J'étais peu à être un peu trop à fond dans mon rôle... Et le voyage jusqu'au Renom pesait sans doute beaucoup à mon esprit aussi... Mais quand j'entendis le bruit des chaises qui grinçaient derrière moi, je me dis que je n'avais pas mérité de galérer comme ça. 
Mar 9 Juil - 15:24
Mordekai leva les bras en signe de reddition face aux accusations, notant quelque part le surnom de "rhino" et ajoutant celui de gazelle au profil de Ginny.
Vint alors une question épineuse, d'autant plus complexe qu'il hésitait avec la réponse qu'il avait déjà entendu de la part des jeunes Xandrien qu'il croisait au marché le matin: "Tous en l'air!". Cathilda lui ayant cependant appris par la suite que cette expression pouvait être interprétée bien différemment par certains.

Il n’eut cependant pas le loisir d'avancer la réflexion alors que la gazelle traversait la grande salle animée, dont la réaction fluctua dans un large spectre d'émotion diverses ponctuées de rares indifférences.
La façon scabreuse dont la jeune femme s'adressa au tavernier remit en marche l'automate autant qu'elle provoqua un mouvement chez plusieurs clients, ces derniers semblant vouloir intervenir dans ce qui pouvait difficilement passer pour autre chose qu'un interrogatoire des plus agressif.

Mordekai repoussa simplement les chaises des intervenants annexes volontaires sur son passage, les coinçant entre leur dossier et le bord de la table. Les plus équilibriste réussirent à retomber sur le coussin de leur chaise, les autres chutant avec leur siège sur le planché de l'établissement.
L'ombre de son imposante silhouette s'imposa brutalement aux deux humanoïdes alors qu'il dépassait le plafonnier proche du comptoir. Une large main méchanique vint étrécir un poil Ginny en s'abattant sur son épaule.
- En l'absence de chef d'accusation, il y a de meilleures manières d'obtenir une information, surtout d'un commerçant devant un parterre de ses clients.
La main s'avança vers l'homme, faisant apparaitre une pièce entre les appendices digitaux mécaniques tandis que son poignet restait fermement posé sur la prothèse d'épaule.
- Une cartouche pour moi et un plateau de grignotage informatif pour mon amie.

Sans attendre la réponse du tenancier, Mordekai s'accouda du gauche au promontoire de bois qui grinça et craqua sous le poids soudain.
- Certaines personnes sont beaucoup plus coopératives lorsque l'on se penche sur leurs intérêts.
- Vous devriez prendre exemple sur votre.... l'aubergiste fut coupé dans sa tentative de reprendre de l'aplomb par la main droite que l'automate posa "délicatement" sur le comptoir provoquant son impression dans la surface boisée.
- Oups, pas très solide pour une auberge avec un nom faisant référence à une matière aussi résistante.
Le module social aurait bien ajouté une phrase de plus mais choisi de se murer dans le silence, ayant déjà presque surchauffé pour fournir un tel niveau de conversation et d'intention complexe
Mer 10 Juil - 16:07
Lorsque sa lourde poigne se posa sur mon épaule, je ressentis un grand soulagement à ce que Mordekai m'ait accompagné. La perspective de voir la situation virée en bagarre générale semblant s'éloigner en même temps que les clients qui roulèrent sur le sol avant de jeter un regard inquiet sur l'imposant automate. Riant silencieusement face à ce spectacle, j'eus le plaisir de voir ce dernier prendre les choses en main avec le tenancier. Je pouvais faire mieux en première interrogatoire... Et j'étais juste heureuse d'avoir échappé au pire, en tout cas, jusqu'à ce que je réalise ce qu'était réellement en train de faire Mordekai. Le regard inquiet de l'aubergiste, braqué sur le comptoir qui poussait des râles d'agonies sous le poids du géant de métal, participait à nourrir le sourire qui s'étendait sur mon visage. 

- Si vous avez des frites, je prends, ajoutai-je dans un rire lorsque Mordekai aborda le sujet du repas. 

Le regard du tenancier passait de l'automate à moi, ayant de plus en plus de mal à savoir quoi prendre au sérieux. Sa principale préoccupation étant les craquements, que pousser son si précieux comptoir. Ses craintes semblèrent se confirmer lorsque, sûrement pour reprendre le contrôle de la situation, il chercha à me faire la leçon... J'eus de l'admiration pour mon grand frère du jour lorsqu'il le coupa net dans sa phrase pour affirmer ses intentions. Ses menaces durent monter au cerveau de l'homme qui me jeta bientôt un regard emprunt d'inquiétude. 

- Me regarder pas comme ça, dis-je en levant les mains, il n'est pas de la guilde lui, il fait ce qu'il veut lui. 

Le meuble semblait vivre ses derniers instants tandis que le regard du tenancier s'écarquillait face à ma réponse à sa question silencieuse. 

-Et encore, il ne s'est pas encore assis dessus.

J'explosa de rire face à la grimace d'anticipation que me présenta l'homme, juste avant de me le reprocher. Ce n'était pas le moment de jouer les gamines, ni de se laisser emporter. Cette fois-ci, Mordekai était là, mais il ne le serait peut-être pas là la prochaine fois. Je commença à me frotter les tempes en un geste apaisant, tâchant au mieux de retrouver une attitude « professionnelle ».

- Écoute, dis-je le plus gentiment possible, je ne lui veux aucun mal à ton pote. Je veux juste lui causer. 

Mais bien sûr, Ginny, il allait croire que la meuf qui l'a menacé de lui mettre des claques allait juste "causer" à son pote. Je pouvais faire mieux. 

- J'ai juste besoin qu'il me donne une information. Si je fais bien mon boulot, il n'aura plus besoin de se planquer pour éviter une future visite, qui sera sûrement moins agréable que la mienne.

Cette fois-ci, je sembla faire mouche, l'homme derrière le bar prenant un air abattu et résigné. Les crissements de son comptoir ayant sans le moindre doute joué dans sa prise de décisions. Il fit signe au client encore debout de bien vouloir s'asseoir et d'oublier toute cette histoire, avant de soupirer et de me dire 

- Chambre 22...

Son ton était celui d'un homme contraint. Cependant, on put lire le soulagement dans ses yeux lorsque Mordekai se redressa, libérant le meuble-otage de son emprise. L'aubergiste nous regarda tour à tour, l'automate et moi, avant de fixer un regard accusateur du Mordekai.

- Essayer de ne pas tout casser !

Lorsqu'il dit ces mots, mon compagnon et moi, nous nous frayions déjà un chemin au milieu des regards mauvais de la plupart des clients. Regards auxquels je répondis joyeusement d'un au revoir de la main et d'un petit sourire. Put pas m'en empêcher, heureuse d'avancer dans ma mission. Une fois à l'entrée du couloir menant aux chambres, je posa les yeux sur Mordekai, à la fois heureuse de l'avoir avec moi et inquiète qu'il me juge sur ma manière de procéder. 

- Désolé pour tout ça, je suis un peu à cran... C'est ma première mission officielle, et j'avoue avoir encore beaucoup à apprendre. Tu fais un bon prof, merci d'être intervenu. Je suis vraiment heureuse que tu m'aies accompagné !

Je le gratifiais du plus sincère des sourires alors que nous approchions de la porte 22.

Mer 10 Juil - 17:13
En se relevant Mordekai déposa une petite poignée de pièce dans le creux en forme de main dans le comptoir:
- En dédommagement, je prendrais néanmoins nos consommations en chambre, merci.
Il suivis Ginny en agitant simplement la main en réponse à la supplication du tenancier.
Si certains avait encore un fond de courage pour tenter d'intercepter ou d'intercéder auprès du duo, tous eurent le bon séance de ne pas dépenser une si maigre ressource en vain.

- Désolé pour tout ça, je suis un peu à cran... C'est ma première mission officielle, et j'avoue avoir encore beaucoup à apprendre. Tu fais un bon prof, merci d'être intervenu. Je suis vraiment heureux que tu m'aies accompagné !
- Se présenter en tant que tel aurait sans doute pu faciliter l'échange et épargner une dégradation morale à ton interlocuteur. J'apprends également beaucoup au contact d'autres, il est cependant pertinent de conserver a l'esprit que ton affiliation quel qu'elle puisse être ne donne aucun droit de se comporter de manière impoli quand bien même certains ne le méritent pas. Cela peut même modifier la variable de réputation de l'entité que tu as nommé guilde de manière négative.

Ses capteurs ne renvoyant aucune menace du noeud d'ondes et d'informations de l'autre côté de la porte, il invita la jeune femme à cogner d'une paume ouverte:
- Suggestion pour ce nouvelle essai: Incarner la caractéristique "grâce" de la gazelle dont tu t'est affublé le titre à notre arrivé dans cette auberge.

La porte s'ouvrit après quelque coups:
- Qu'est-ce qu'il y a Herb, tu sais bien que j'aim- wow c'est quoi ce bordel? WOWOWOW CORRECTION C'EST QUOI CET ÉNORME BORDEL?
L'occupant de la 22 tenait le battant de la porte d'une main, un t-shirt encore non enfilé d'une main et l'air mi-endormi mi-craintif d'un voleur qui se réveille avec les flics au pied du lit. Mordekai commençait a avoir un log qu'il s'agisse plus que d'une image.
Jeu 11 Juil - 17:48
Incarner la grâce ? Moi ? Bon, ok... j'allais faire au mieux. Ou du moins, ce fut mon état d'esprit lorsque je frappa plusieurs coups sur la porte. Après quelques secondes d'attente, j'envisageais la possibilité d'entrer sans invitation, lorsque la porte s'ouvrit sur le visage perplexe de l'occupant de la chambre. Les mots de Mordekai encore à l'esprit, je grattifia ma cible du plus grand des sourires alors qu'elle s'interrogeait bruyamment sur la raison de ma venue et de mon imposant compagnon. Prenant soin de bloquer la porte avec mon pied, je pris soin d'adopter une approche moins bourrine. 

- Excusez-nous de vous déranger, vous êtes bien Frank Andsson ? Demandais-je poliment.

L'instant sembla se figer, le regard de l'homme sautant de Mordekai à moi alors qu'il semblait jauger la situation. Je songeais à lui faire remarquer assez sauvagement que je lui avais seulement demandé son nom, quand il se décida enfin à ouvrir la bouche. 

-Euh... Oui, pourquoi ?
- Je m'appelle Ginny, repris-je le plus poliment possible, je suis de la guilde des aventuriers, je voudrais vous poser quelques ques...

Je fus interrompu dans ma tirade par le choc de la porte sur mon pied alors que l'homme s'élançait déjà vers l'autre côté de la pièce, courant comme si il avait le diable aux fesses. 

- Ah, non ! M'exclamais-je agacé en projetant mon grappin, tu restes là !

Ma main droite fut projetée au travers de la pièce, saisissant fermement le bras du dénommé Frank. Stopper net alors qu'il s'apprêtait à sauter, l'homme se mit à vociférer des choses pas très jolies au sujet de ma mère, alors qu'il traînait sur le sol pendant que je rétractais le grappin. Quand je le souleva à quelques centimètres du sol en le tenant par l'aisselle, mon regard croisa celui de Mordekai, ravivant le commentaire sur ma "grâce". Avec un tel faciès, difficile de dire si le regard de l'automate était accusateur.

- Mais c'est lui, là, m'exclamais-je pour me justifier en pointant ma main libre vers le colis gesticulant, je suis gentille, moi, d'abord.

Mon regard croisant celui de Frank, je put lire dans ses yeux l'espoir que mes paroles à Mordekai se confirment. Prenant soin de le déposer le plus délicatement possible, je força l'homme à s'asseoir sur une chaise, avant de me planter devant lui. Il sembla sur le point de tenter de forcer le passage, mais lorsque que mon compagnon vint se placer derrière moi, il se ravisa en s'enfonçant dans le fauteuil. 

- Écoute, je ne vais pas te mettre des claques, lui dit-je les mains levées, je veux juste des réponses. J'ai besoin de savoir ce qui est arrivé à l'équipe scienti...
-J'y retournerais pas ! Cracha l'homme, sans même me laisser finir, hors de question !

Me frottant les tempes en un geste apaisant, et me sermonnant pour rester "gentille", je tacha de parler d'une voix ferme et bienveillante. 

-Te demande pas d'aller ou que ce soit, tu peux rester là, dit moi juste où sont les scientifiques et ce qu'il s'est passé.

Frank semblait paniquer, son regard évaluant son environnement à la recherche d'une échappatoire. À sa manière de regarder l'automate, la présence de Mordekai fut pour beaucoup dans le déballage d'informations qui suivit. 

- Le "léviathan" ? Ça vous parle ? Demanda-t-il résigner.
- Le gros poisson ?
- Non, soupira-t-il avant de reprendre, c'est un vieil aéronef, une antiquité de l'époque où s'est formée la guilde des aventuriers, porté disparu il y à plus de 20 ans. Chez nous, les pirates de l'air, on raconte des légendes là-dessus, qu'il serait plein de trésor, bla bla bla... Alors autant dire que lorsque l'on a découvert sa localisation, mon chef à immédiatement voulu qu'on y mette le cap... C'était une très mauvaise idée. ! Une de nos équipes nous a doublé et on s'est crashé comme des merdes... M'en suis sortie de justesse, tout ça pour être capturé par des membres de la guilde. J'ai pu négocier pour ma liberté en m'engageant à les guider jusqu'au "Levianthan". Encore une putain d'idées de merde !
- Oui, oui, si tu veux, dis-je pour le forcer à se concentrer sur ce qui m'intéressait, et ils sont où maintenant ses scientifiques ? Et qu'est-ce qu'ils voulaient ?
- Apparemment, le levianthan dispose d'un prototype unique de pile à réaction, fruit d'une coopération entre Opale, Epistopolie et Xandrie tel qu'on n'en n'a plus vue depuis la grande époque de la guilde. Ils voulaient le récupérer... Mais à peine arrivées, les choses sont parties en couille ! J'ai failli me faire bouffer par des morts-vivants pour ses conneries, me suis enfu...

Il s'interrompit quand je posa, le plus délicatement possible, mon doigt sur ses lèvres. Je commençais à voir où tout ça allait mener, et je redoutais la réponse à ma question : 

- Où ? 
- Dans un vieux cimetière d'Aéronef, à l'Ouest des Aiguillères, dans une crevasse aux pieds des montages... S'il vous plaît, ne me forcez pas à y retourner...

Je ne l'écoutais déjà plus, mon esprit se représentant mentalement la carte de l'enclave qui trônait autrefois au-dessus de mon lit. Il me fallut quelques secondes, durant lesquelles je jeta plusieurs regards à mon compagnon métallique du moment, avant de visualiser l'emplacement de la chaîne de montagnes…

- Et merde ! Va me falloir quinze ans pour arriver là-bas !