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La douceur de la nuit

La douceur de la nuit Brandw10
Jeu 24 Nov - 20:10

La douceur de la nuit

Opale

Les talons des bottes de Krista claque contre les pavés de la chaussée, cette nuit elle ne la passe pas enfermée dans son laboratoire à enchaîner expérience sur expérience pour toujours avoir les mêmes résultats, rien.
Elle est fatiguée, toutes ses théories se sont avérées fausses et elle n'arrive pas à comprendre ce qui dans la panaché provoque les mutations. Elle a tout essayé pour essayer d'isoler le mutagène, en vain.
Elle est fatiguée de sa routine, de ses échecs, de son laboratoire, de son isolement. Elle est fatiguée de son existence actuelle. C’est son assistante qui l'a convaincu de prendre une pause, se rafraîchir, se changer les idées, essayer d’oublier ses problèmes… Et pour une fois la mutante la écoutée.

La scientifique a tenter de s’habiller chiquement, un peu comme elle le faisais avant, quand elle était vraiment une Reddington, aimé, félicitée quand elle avait une famille en somme.
Elle a dû revoir intégralement sa garde-robe, toutes ses tenues sont bien trop petites pour elle maintenant. Elle porte une robe noire et blanche neuve, l’encolure la couvre jusqu’au cou, les manches sont longue est se termine par de la dentelle blanche au niveau des poignet, le corsage qu’elle n’a pas trop serré donne légèrement du volume à sa maigre poitrine et la jupe noire se termine très bas au niveau des chevilles, une robe sobre et très conservatrice. Krista veut se sentir belle, mais elle ne veut pas montrer sa peau, elle a trop peur de la réaction des autres et pour se dissimuler elle a des gants en lin blanc, des bottes en cuir noir a lacet et surtout un chapeau noir avec un voile opaque qui dissimule son visage.
Ainsi affublé elle ressemble certes a une noble dame, mais à une noble dame en deuil qui déambule dans les rues de la cité des lumières en pleine nuit.

Lassée et dérangée par les regards en biais que les bonnes gens lui lancent, elle décide de s'engouffrer dans une partie de la ville bien moins fréquenté de nuit, un parc. La ville possède quelque petit îlot de verdure, l'avantage du Myste et du manque de pollution c’est que la nature peut s'épanouir à Opale, si l’homme l’y autorise et celui où se rend Krista est sûrement le plus grand des environs. Pendant quelque minutes elle se promène tranquillement profitant d’un calme relatif, on entend toujours les bruits de la ville mais plus étouffée, elle profite du froid revigorant, bien loin des machines du magistère et de la chaleur qu’elles dégagent. Et pour la première fois depuis un long moment elle se sent bien, en paix.

La mutante s'approche d’une fontaine et s'assoit sur le rebord en pierre du monument, ici il y a très peu de lumière mais cela ne gêne pas Krista, son “don” lui permet de voir le paysage comme en plein jour.
Ven 13 Jan - 15:17
Il n’ose plus bouger depuis quoi… Trois, quatre heures? Perché dans un arbre feuillu – véritable bouée de sauvetage ici-bas – Alae a le corps engourdi. Malgré cela, il s’accroche, enlaçant d’un bras le tronc de son perchoir, la tête appuyée contre l’écorce. Il s’est permis de fermer les yeux quelques fois et, chaque fois, les a rouverts juste au moment de sombrer dans le rêve, évitant de justesse une chute. Une autre.

Y repenser lui inspire presque un malaise.
C’était la première fois depuis longtemps, quelques dizaines d’années peut-être, qu’il s’était retrouvé aussi vulnérable en plein vol. En se rapprochant d’Opale une fois la nuit tombée, serrant dans ses bras son manteau replié, il avait senti son aura faiblir et chaque battement d’ailes requérir de plus en plus d’efforts. Afin de tenter d’éviter ce désagrément, il avait tenté de monter plus haut, atteignant une altitude pour le moins vertigineuse. En 400 ans, ce n’était pas la première fois qu’il se rapprochait d’une cité, notamment de celle-ci, mais avant, il n’y avait pas toutes ces lumières ni cette étrange vapeur…
Mais son idée était fixe. Alae voulait voir, de ses yeux, et véritablement ressentir, de tous ses sens, cette ville magnifique. Et voir, surtout, comment ils y vivaient, si nombreux, si bruyants, vivants, comme pressés de vivre; les humains.
Alors il s’était rapproché davantage, aveuglé par sa curiosité, il avait senti ses muscles faiblir, puis ses ailes faillir trop tard.
En chute libre, tête première au-dessus d’Opale qui l’attendait quelques kilomètres plus bas, gueule béante, Alae a perdu conscience. Son manteau lui a glissé des mains et a pris son envol à son tour. Un Opalin ou une Opaline le trouverait peut-être plus tard, peut-être le lendemain, on alors il s’échouerait sur un toit et demeurerait coincé là jusqu’à… Qui sait.
Alae fut heureusement ramené à ses sens quelques secondes avant de s’écraser, une envie de vivre plus forte que nature lui a permis de déployer ses ailes. Dans une spirale beaucoup trop rapide, il est parvenu, tant bien que mal, en s’accrochant aux premiers traits de vert entraperçus, à atterrir ou plutôt, à se laisser tomber entre les branches d’un arbre.

Ainsi, paralysé par une crainte contre laquelle il se sent impuissant, Alae ne bouge plus. À ce point, il parait évident qu’il avait sous-estimé l’effet de la cité sur lui et surtout, le fait qu’il se retrouverait comme l’un de ces grands oiseaux de mer échoué dans un environnement terrestre. Maladroit. Vulnérable. Au point d’en négliger, pour ne pas dire oublier, la part civilisée et douée d’intelligence de sa personne.

Éventuellement, la raison se fraie un chemin dans sa conscience et le calme des alentours lui donne envie de jeter un œil autour de lui. Pas exactement un boisé, mais… Peut-être bien un parc.
Conforté par la nuit et attiré par le faible clapotis qui parvient à ses oreilles, l’Eshim se risque à descendre de l’arbre. Il pose pied à terre. Ça y est. Il y est. Opale, elle est là, autour de lui, et il ignore totalement si la Cité le recrachera vivant de ses entrailles.
La bouche sèche, les cheveux en broussaille, le teint blafard, et le torse parsemé d’égratignures et d’ecchymoses, Alae suit le bruit de l’eau en trainant les pieds. Les bras désormais vides, il regrette la perte de son manteau. Il ne lui reste plus qu’un simple pantalon sombre pour le vêtir. Lourdes, ses ailes trainent derrière lui en semant quelques plumes dans l’herbe.

Le clapotis se fait plus fort. Il se rapproche de la source d’eau et la soif lui fait presser le pas.

Il fige.

Alae la voit à l’instant où il émerge du couvert des quelques arbres à travers lesquels il s’est frayé un chemin.
L’ombre.
La surprise de cette rencontre, presque autant que l’élégance de la silhouette, le saisissent. Est-elle réelle? Le ciel lui semble tellement loin, soudain. Sans lâcher l’ombre du regard, Alae se déplace à pas de loup vers l’extrémité de la fontaine la plus éloignée. Espérant se montrer moins vulnérable qu’il l’est, il tente de déployer ses ailes qui à ce point font toujours poids mort dans son dos, en vain. Osant à peine cligner des paupières, de crainte que l’ombre se volatilise ou autre, il se penche légèrement vers le bassin et y trempe ses mains jointes dans lesquelles il cueille l’eau qu’il porte ensuite à sa bouche. Mécaniquement, il répète le geste plusieurs fois sans se soucier de l’eau qui ruissèle sur son menton et le haut de son corps, dardant plutôt ses yeux grands ouverts sur la nuit qui semble s’être matérialisée là, devant lui. Ou alors c’est cette cité, Opale, qui vient à sa rencontre afin de voir quel corps étranger a percé ses remparts.
Alae frissonne.
Ce n’est encore qu’une étincelle et il demeure sur ses gardes, mais elle est là, vaillante entre ses deux oreilles : l’excitation de se retrouver au cœur de l’inconnu.
Mer 8 Fév - 15:30

LA DOUCEUR DE LA NUIT

Opale


Voilà quelques instants que la mutante regarde le ciel nocturne à travers le voile qui dissimule son visage, pour une fois elle ne réfléchit pas elle se laisse juste portée, appréciant cette absence temporaire de stress et de responsabilité.

Soudain, un bruit, pas un des bruit venant de la cité aux mille lumières non, un son qui provient de derrière Krista, dans le parc, cela peut être un animal, un chien errant ou un chat par exemple. Curieuse, Krista se lève du rebord où elle était assise et en dépoussiérant sa robe pour rester un minimum présentable, elle se tourne dans la direction du son. Et elle le vit, même si sa lumière est étouffée par la technologie aux yeux sensible de Krista cet être semble fait de lumière pure, et pour la première fois le mot “divin” eu un sens pour la scientifique.

Krista reste là, immobile fixant, admirant l'être de lumière, mais peu à peu ses yeux s’habitue et elle le distingue mieux. C’est un jeune homme, voir un jeune garçon, ses traits semblent si délicats, si juvéniles, mais en même temps, il a une taille d’homme, il est difficile de lui donner un âge précis. Mais au-delà de son âge c’est sa tenue qui intéresse Krista ou plutôt son absence, il est torse-nu. La mutante n’est pas gênée pour si peu, elle a déjà vu des corps nus, elle en a même découpé et disséqué certain. Mais elle trouve cela… Déconcertant, puis elle oublie bien vite le fait que l’individu n’est pas de chemise quand elle les aperçoit. Deux ailes immaculées qui émergent du dos de la créature.

Krista fixe les ailes du jeune homme et poussée par le désir elle fait un pas en avant, mais son pied bute contre la pierre de la fontaine la faisant sortir de sa transe contemplative.

Qu'est-ce donc que cet être étrange, un mutant ? Une race inconnue ? Un monstre né de la brume ? Un… Esprit ? La scientifique l’ignore et cela l’excite énormément, car elle adore découvrir.

- Bonjour,

Un mot simple, un premier contact timide visant à mesurer le degré d’intelligence de son interlocuteur, est-ce que l’enfant de lumière peut communiquer comme un être civilisé ? Premier mystère à résoudre.

- C’est la première fois que je rencontre un être tel que toi. As-tu un nom ?

La voix de la scientifique est horrible, ses cordes vocales, mutilées produisent un son des plus désagréable et malgré ça, elle arrive à communiquer une certaine douceur comme si elle parle à un enfant, elle est presque… Maternelle. Oui, Krista sait faire preuve de gentillesse, car un cobaye en confiance, c’est un cobaye plus malléable…