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[Quête] Projet OMS : Offensive de Morbidité Supervisée

[Quête] Projet OMS : Offensive de Morbidité Supervisée Brandw10
Jeu 13 Avr - 11:31

Projet OMS : Offensive de Morbidité Supervisée

Avec Fleur de Lune



- Êtes-vous au courant Lewën ?

Face à la mine interrogative de l’intéressé, Izydore - pharmacien alchimiste de renom dans le quartier - informa le médecin des dernières nouvelles sanitaires peu réjouissantes. Une étrange maladie se propagerait dans les Hauts Quartiers de la ville Lumière, le corps médical n’y avait prêté que peu attention, quelques fièvres ci et là d’habitants se côtoyant. Sûrement une petite grippe, avec du repos, du froid sur la tête et des vitamines le mal passerait rapidement. Sauf qu’il en était allé autrement, après 24h à 48h de somnolence liée à la forte température qui ne baissait pas, le malade entrait dans un état délirant, déblatérant des inepties et s’agitant. Cela pouvait arriver lors des pics de température, malheureusement ça ne s’arrêtait pas là. La folie se muait en agressivité, comme si l’être atteint ne reconnaissait pas son entourage. Il entrait dans une sorte de paranoïa violente, repoussant quiconque tentait de le calmer. Les sédatifs à dose préconisés n’étaient pas suffisant pour stopper le dément qui voyait le monde en rouge. De longues heures de débats commençaient, il fallait plusieurs hommes pour arriver à arrêter le malade et l’enfermer dans une pièce aux portes endurcies. Et soudain, en plein accès de rage, le coma. La fièvre ne cessait d’importuner les malheureux qui se déshydrataient dans leur sommeil imposé, peinant à respirer. Le cas zéro était encore en vie, mais pour combien de temps ?

- A ce qu’il paraît il n’a plus que la peau sur les os … Aucun médecin n’a encore réussi à le réveiller de sa léthargie. Sa vie tiendrait qu’à un fil … Les autorités appellent tout corps médical à enrayer la maladie. Les gens commencent à s’enfermer de peur. J’ai rendu visite à une enfant hier d’une famille du quartier. Je leur ai fourni des décoctions pour booster le système immunitaire, ça ne semble pas faire grand effet. Pourriez-vous leur rendre visite ?

Sourcils froncés, Lewën prenait conscience du mal qui gangrenait Opale et ses conséquences. Y-avait-il un profil particulier qui contractait la maladie ? Où pire, tout le monde pouvait y passer ? Quel en était le mode de transmission ?

- Quand est-ce que le premier patient a eu ses symptômes ? Sait-on combien de cas sont atteints à ce jour ?

Trois semaines auparavant lui apprit le pharmacien, une dizaine d’individus manifestaient les signes du nouveau mal. Notre médecin en déduisit que la transmission n’était pas par simple contact, il y aurait beaucoup plus de cas, à moins que l’incubation fut longue. Il demanda l’adresse de l’enfant malade pour rendre visite à la famille et constater par lui-même l’affection.

Une fois son matériel récupéré, Lewën se rendit chez la famille Fragilis couvert de sa tunique noir de “corbeau”. Il n’avait pas encore mis son masque à bec filtrant, préférant montrer son visage aux tuteurs avant de disparaître sous sa tête d’oiseau de mauvais augure. La demeure était en pierre claire comme la plupart des maisons Opaliennes. Des fenêtres en hauteur révélées un étage propre des familles aisées, le petit jardin entretenu ajoutant de son charme. Lorsque la porte s’ouvrit, les visages des propriétaires étaient loin d’être aussi avenants que leur foyer. L’inquiétude marquait leur peau de cernes et de rides prononcées.

- Elle présente de la fièvre depuis deux jours, et depuis ce matin elle s’agite et marmonne … Nous avons peur docteur ! Vos confrères nous ont donné diverses potions, aucune ne semble faire effet.

Le médecin enfila son masque avant de trouver l’enfant dans son lit, un tissu imbibé d’eau froide sur le front, des mèches blondes collées sur ses tempes, la peau moite, les membres tressautant face aux dangers que seul son esprit dessinait sous ses paupières. Les yeux roulaient sous ces dernières, agités d’une frénésie inhabituelle. La respiration haletante troublait l’écoute au cône, Lewën remarqua néanmoins une gêne. Les bronches ne semblaient pas enflées, un liquide semblait troubler leur fonctionnement. Prenant son carnet, il nota ses observations avant de palper l’abdomen. Tendu sans aucune animation au toucher. L’activité digestive semblait être suspendue. Il posa ensuite sa paume gantée sur le front de la jeune malade, ouvrant une paupière de son pouce. La pupille était dilatée et ne régissait pas aux mouvements ni à la lumière. Une sorte de tétanie du système nerveux. A l'inverse, le système musculaire semblait sollicité plus que de raison.
Méthodiquement le médecin inventoria les médicaments prescrits, certains efficaces contre la fièvre et les spasmes, pourtant impuissant dans ce cas.

- Je vais lui faire un prélèvement de sang, annonça-t-il aux parents présents derrière lui. Monsieur, pourriez-vous maintenir le bras de votre fille ?
Les soubresauts empêchaient Lewën d’effectuer sa prise de sang avec délicatesse. Il installa le garrot sur le biceps de l’enfant avant de désinfecter à l’alcool le creux du coude. La fille d’une petite dizaine d’années ne s’agitait guère plus que depuis qu’il était arrivé. A peine eut-il enfoncé l’aiguille que les paupières s’ouvrirent subitement et un râle rauque sortit des entrailles du petit ange.

- Eden ! C’est papa, tout va bien ma Princesse.

Méfiant, notre homme eut tout juste le temps de retirer la seringue que l’enfant mordit son père au sang avant de se relever d’un bond fugace, se rangeant dos au mur observant tour à tour les trois individus lui faisant face.
L’étape suivante … La démence menaçante.