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Une nouvelle erreur ? [Arno]

Une nouvelle erreur ? [Arno] Brandw10
Dim 19 Fév - 11:42
Après ses quelques voyages récents, Halie s'était prise d'affection pour la découverte des humains d'autres horizons. Oh, bien sûr, elle aimait toujours autant rester dans sa forêt et observer ceux qui y passaient pour des raisons aussi diverses que leurs personnalités, mais dernièrement, elle s'était dit qu'elle pouvait également se déplacer elle-même, aller à la rencontre de ces étrangers, qui n'avaient en fait pas grand-chose de commun avec ceux qu'elle avait l'habitude de rencontrer. Et, qui savait, en se déplaçant ainsi, peut-être aurait-elle l'occasion de rencontrer d'autres hespérides ? Faire la connaissance de l'une de ses soeurs plus âgées qu'elle sonnait comme un rêve. Après tout, pour une curieuse avide de connaissances telle qu'elle, qui de mieux pour répondre à ses questions qu'une grande soeur ?

Mais pour le moment, il fallait choisir dans quelle direction aller. Elle tourna la tête vers Opale, la ville la plus proche d'elle. Non, décidemment, elle n'appréciait pas cette ville. Puis elle se concentra vers la direction de Xandrie. Là-bas, elle avait rencontré des personnes dignes de cette humanité qui la fascinait tant. Des personnes intéressantes et compréhensives... Mais qui lui avaient clairement fait comprendre qu'à Xandrie, elle n'était pas à sa place.

Alors, où aller ? Après tout, pourquoi ne pas faire comme d'habitude : laisser son instinct la guider, et réfléchir après ?

Aussitôt pensé, aussitôt fait. Elle se lança dans une direction jamais explorée auparavant... Avant de faire marche arrière. Elle revint dans son arbre, où elle préleva une partie de sa réserve de miel. Après tout, si le troc n'avait plus cours à Xandrie, peut-être n'était-ce pas le cas partout ? Alors, par simple précaution, elle se munissait de son moyen de paiement à elle. Son miel, qu'elle adorait, et que les autres semblaient également apprécier. C'est la ressource, parmi celles qu'elle pouvait se procurer, qu'elle estimait valoir le plus cher. En effet, on pouvait s'en servir pour à peu près tout, et il était dangereux de s'en procurer... Elle ne voyait rien d'autre qui pourrait augmenter la valeur de quoi que ce soit. Et elle comptait bien défendre son point de vue, cette fois, si elle croisait encore des marchands. De plus, elle avait appris sa leçon : si elle voulait voyager avec eux, elle ne le ferait plus en cachette, et le leur demanderait directement. Enfin... C'était ce qu'elle pensait. Serait-elle capable d'appliquer ces beaux principes en situation réelle ? Seul l'avenir le dirait... Ou pas.

Toujours est-il que, le miel en main, elle reprit la route dans la direction inconnue indiquée par son instinct. Rapidement, le paysage changea, la nature forestière qu'elle connaissait si bien laissant la place à un paysage mort, sableux... Etait-ce cela, le fameux désert dont lui avait parlé la tritonne qu'elle avait rencontrée il y avait un moment ? Serait-elle inconsciemment en train de s'approcher de chez elle ?

Quoi qu'il en soit, elle regrettait amèrement de ne pas avoir emporté d'eau. Et le miel ne pourrait pas l'aider : sucré, il aggraverait la sensation de soif. Elle soupira. Il lui fallait soit trouver des marchands et s'arranger pour qu'ils lui cèdent un peu d'eau, soit attendre la nuit, en espérant qu'elle soit plus fraîche... Et qu'elle-même ne se soit pas desséchée entre-temps.

C'est alors qu'elle sentit des présences en approche. Pleine d'espoir, elle pensa à les attendre... Avant de réaliser que les signatures émotionnelles qu'elle percevait étaient bien trop nombreuses. Etait-ce une ville entière qui se déplaçait ? Alors, elle tenta de se cacher... Mais, habituée à le faire en hauteur, elle réalisa bien vite qu'ici, elle ne pourrait pas se dissimuler dans les arbres ou sur les toits. Elle devait trouver autre chose. Et vite. Tant que le groupe était encore loin, elle pouvait s'attarder. Tiens, voici au moins un avantage à ce terrain dégagé : il ne lui permettait pas de se cacher, mais c'était également réciproque : elle pouvait voir les inconnus arriver de loin.

Alors, renonçant à se cacher, elle décida malgré elle de passer à l'attaque. Si elle pouvait semer assez de confusion dans le groupe, peut-être qu'une partie de ce dernier s'en irait, la laissant plus à l'aise avec un nombre réduit d'êtres ? Cela valait le coup d'essayer. Visant la signature émotionnelle la plus puissante, elle projeta cette magie vers la personne dont elle ne savait rien. Et, comme d'habitude, elle pria sa chère Nature que la peur qu'elle susciterait ne soit pas trop horrible. Elle voulait simplement faire fuir cette personne, et peut-être d'autres. Pas leur faire de mal... Ni s'en faire à elle-même, puisqu'elle percevrait tout.
Jeu 23 Fév - 13:11
Peste soit de ce bon à rien d’opalien qui avait promis d’attendre pour embarquer. Je me retrouvais pantois, mes sacs sous le bras alors qu’il me semblait voir une main s’agiter sur le navire. Dans la mienne, je serai une preuve de commande, la requête de mon contact écrite en filigrane dans « Urgence, stocks au plus bas, besoin de poivre dans le mois ». Le prochain navire sûr que je connaissais ne serait de retour que sous quinzaine. Le temps jouait contre moi.

Pas seul dans la tourmente, je voyais autour de moi d’autres épaules s’affaisser, d’honnêtes travailleurs qui n’avaient pas eu de chance certainement. Retroussons nos manches, il reste encore la voie terrestre et ses opportunités sur le chemin. Changer ses habitudes par ce qui semble être un aléa, ne pas se laisser sombrer. Glissant à travers la foule, j’entends la rumeur d’un nouveau groupe se formant pour le nord.

Echange brillant et cliquetant, des cordons d’une bourse se referment. Je voyais un grand sourire se dessiner à travers la barbe hirsute du chef de la cohorte qui allait se mettre en route. Le camp de Oman était leur destination, d’autres marchands et opportunistes s’étaient greffés à la procession comme, créant un ensemble de calèches et de carrioles, de bourriques et de purs sangs, de métal et de chair, de bois et de poussière qui ravivait les mercenaires se faisant un joli pactole en protégeant le convoi. L’hétéroclite caravane avançait en effrayant les bêtes et en dissuadant les pillards, si ceux-ci n’avaient pas déjà pourri la pomme.

Déjà plusieurs jours que je voyais ce manège se faire, cette confiance tacite, souvent brisée, et les voleurs fuyant dans la nuit et les dunes avec leurs larcins, heureux du coup facile. Nous avançons ainsi de manière organique, grossissant et rapetissant à mesure des étapes, le sable chaud d’Aramilia se faisant de plus en plus frais en arrivant vers l’ombre et les ondulations du mont Adriane.

Le rituel du campement se mets en place, le barbu grisonnant sonna la halte et, lentement, le message passa de rang en rang. Comme à notre habitude, nous nous retrouvions avec un vieux xandrien volubile qui rentrait à Doucerive et un timide amarilien qui nous utilisait comme excuse pour s’approcher d’une jouvencelle posée quelques encablures plus loin. Des jours qu’elle nous avait rejoint et qu’il l’observait du coin de l’oeil, ne répondant souvent que pour donner le change. J’essayais d’en tirer distraitement des informations et rumeurs qu’il avait laissé chez lui en partant pour le sud, il y a souvent un fond de vérité après tout.

Un vin épicé coulerait dans la zone ce soir, agrandissant sensiblement le cercle des curieux, les soldats ne tardèrent pas à approcher aussi avant de regagner leurs positions quand le barbu souriant approcha. Il se faisait appeler Borek et son estomac tendu comme ses mèches grises montraient qu’il avait depuis longtemps passé le cap de prouver sa valeur sur le champ de bataille, s’il avait survécu jusque là et jusqu’à devenir aussi gras, c’est qu’il le méritait, bien que cette gourmandise m’ulcérait, je devais le reconnaitre.

Il commença a raconter des histoires aux plus jeunes qui l’écoutaient avidement. Tout était romancé, mais si un quart était vrai, alors cet homme avait vu bien des choses, dont la chute de Dainsbourg qui semblait l’affecter particulièrement. Voilà la raison égoïste qui avait mis en branle cette procession, celle d’un homme qui voulait, dans un baroud d’honneur, retourner chez lui, peut-être tenter d’y retrouver les traces d’une adolescence depuis longtemps révolue en profitant de l’opportunité donnée par les grandes nations. La nuit avançait, le cercle de veilleurs et les langues se déliaient, jamais de trop, mais chaque phrase pouvait être une pièce d’un puzzle plus grand. J’en jouais, relançant, critiquant, simplifiant, reformulant pour essayer d’en tirer plus, d’une curiosité avide, je me livrais en même temps pour donner du grain à moudre.

"Et toi garçon, tu nous suis jusqu’au bout ?
- Non sire Borek, nos chemins se sépareront. Sans doute à l’Arbre Dieu si ce n’est à Katorin, mon chargement et moi allons vers Opale."


Je l’avais vu bomber le torse à la mention de « Sire », il aimait être reconnu et qu’on lui donne du monsieur, ça me permettait d’être dans ses bonnes grâces. Etrangement, malgré la potentielle valeur de mon chargement, je n’avais pour l’instant pas été inquiété du voyage. Il sourit en se replongeant dans sa boisson et en regardant autour de lui. Je sentais une tension montée, sans bien comprendre pourquoi, des têtes se tournaient en tout sens, des épaules se tassaient et les mains se rapprochaient instinctivement des lames ou des armes à feu. Je ne comprenais pas bien. C’était le plus visible sur Borek qui s’était redressait, tremblant d’un seul coup. Un sixième sens acquit avec l’expérience. Il était plus que sur le qui-vive, les pupilles dilatées, il appela son second.

"Remballez tout, nous devons partir. Vous, avec moi."

Il partit précipitamment, vers sa tente, ne sachant pas que, plus loin une Hespéride était la raison de la peur viscérale qu’il ressentait. S’il voulait retrouver la joie de son adolescence, c’était plutôt l’angoisse de tout perdre à nouveau qui venait de l’étreindre, le renvoyant à des images de sa ville natale, mangée par la Brume. D'autres autour rangeaient leurs affaires dans la précipitation.

Ce n’était pas normal, pas aussi soudainement, une force était à l’oeuvre ici, quelque chose de surnaturel. Alors que nous quittions ma terre, j’avais la conviction qu’on cherchait à nous repousser en coupant notre gros moteur. Je suivais Borek des yeux, son regard n’arrêtant pas d’aller vers les dunes à l’est avant de rapidement revenir vers le camp. C’était le regard d’une proie qui entendait du bruit autour d’elle. J’attrapais le bras d’un garde qui passait par là et qui semblait hagard, mais pas aussi marqué que son chef, il sentait le vin. Je le ramené à sa fonction en le secouant avant de pointer la colline de sable.

"Ça vient de part là!"
Jeu 23 Fév - 14:05
Une ville, noyée par la Brume... Halie se sentit désolée. Elle le savait, cet homme ne méritait pas un tel traitement. Néanmoins, il lui fallait diviser le groupe, afin de limiter le risque de se retrouver noyée sous un flux trop important d'émotions. Qu'il s'éloigne un peu plus d'elle, et tout irait de nouveau pour le mieux pour lui. Peut-être, plus tard, aurait-elle l'occasion de s'excuser. Mais pour le moment, elle devait prendre ses marques, et se ménager jusqu'à ce que ce soit fait.

Alors, se désintéressant du groupe, elle reporta son regard sur les environs. Décidemment, il n'y avait rien pour se cacher ou se protéger, comment faisaient ceux qui... Attendez. On venait vers elle, non ? Et avec des intentions... Elle n'aurait pas vraiment pu les définir, mais quelque chose lui disait qu'elle devait partir, faire demi-tour. D'un autre côté, si elle s'éloignait, elle n'aurait probablement jamais l'occasion de poursuivre son exploration de ces lieux qui, bien que totalement différents de ce qu'elle connaissait, l'intriguaient. Et, peut-être qu'ici aussi, elle pourrait apprendre en observant les humains ? Sauf que, comment s'y prendre si elle ne pouvait pas se cacher ?

Après avoir perdu un peu plus de temps en réflexion, elle finit par prendre une décision et s'avança vers le duo qui s'approchait. Elle voulait leur parler, mais que dire ? Finalement, les mots s'échappèrent sans qu'elle n'aie vraiment eu le temps de les contrôler :

- Bonjour ! Excusez-moi, mais y aurait-il une forêt par ici ?

Mais quelle idiote ! Il était évident que non, autrement, elle l'aurait vue ! Enfin, maintenant que la question était posée, autant attendre la réponse. Après tout, peut-être apprendrait-elle quelque chose d'intéressant ou d'utile ?

Et, mine de rien, son action précédente avait eu l'effet escompté : il n'y avait à présent que deux personnes face à elle, elle pourrait le supporter.
Sam 25 Fév - 19:59
Nous marchions péniblement dans le sable caillouteux, les pas peu sûrs en plus de devoir assurer l’homme d’arme que j’avais amené avec moi. Il semblait plus lucide à mesure que les pas s’enchainaient, c’était peut-être grâce à l’alcool qu’il avait évité le sort de Borek ? Ce n’était pas encore bien clair, je devrais tirer ça au clair une fois trouver la source de l’effroi qui s’était emparé du camp.

Derrière nous, l’adrénaline sortait de la léthargie ceux qui n’avaient pas été touchés. La rumeur d’une attaque d’ampleur enflait alors que les torches étaient allumées au fur et à mesure pour percer l’obscurité alentour. D’autres petites patrouilles allaient prendre le pas sur mon binôme. Une sécurité supplémentaire si nous tombions dans une embûche dont je ne pourrais pas nous tirer.

Ma hanche commence à me lancer quand enfin le mercenaire se rend compte du poids qu’il a été et se redresse avant de me mettre un tape sur l’épaule de remerciement. Qu’est-ce qu’ils peuvent être bourru parfois. La nuit est sombre, mais je devine une silhouette qui s’approche, à peine a-t-elle parlé que, surpris, l’homme qui m’accompagne dégaine une lame.

Arrête ça.

Autoritaire, ce n’était pas un militaire à proprement parler, mais il était important qu’il comprenne qui commandait ici. La fine silhouette se transforma en une jeune fille, mes yeux louchaient sur sa tête, des cornes ? Une couronne ? Difficile à dire dans la pénombre, mais je devais montrer que, tant qu’elle n’est pas menaçante, je jouerai le gentil. Un rire partit de la bouche du garde quand elle posa sa question, je lui mis un coup dans les côtes.

Une forêt ? Non, il y a une oasis assez importante au sud mais je ne suis pas sûr que c’est ce que vous cherchez ma dame...


Interrogatif, il fallait en apprendre plus sur cette personne, j’avais la conviction que c’était la source du raffut dans le campement. A présent que nous étions proches moi aussi je ressentais une certaine anxiété.

Vous êtes arrivée seule ici ? Le coin n'est pas très sûr pour qui ne connait pas le désert.

S’assurer de comprendre la situation, risquons-nous de nous faire encercler ? Est-elle seule ? Diminuer la menace et ensuite, poser des questions. Je doutais d’une autre menace mais qui sait, si loin dans le désert sauvage. Elle n’avait pas pu arriver là par enchantement, quoique. Je jetais des coups d'œil autour de nous, comme je le pensais, des patrouilles partaient du camp. On devait avoir une petite dizaine de minutes avant d’être retrouvé, utilisons ce temps à profit si on le peut.
Sam 25 Fév - 21:57
Elle recula. Etait-elle si menaçacante qu'il fallait une arme pour lui faire face ? D'un autre côté, aucun de ces deux-là n'avait été ciblé par son sort, ils ne devraient donc pas en subir les effets... Ou alors, était-elle tombée sur quelqu'un de particulièrement méfiant ? Sa cible avait-elle la capacité d'influencer les émotions des autres ? Si tel était le cas, elle aurait peut-être dû cibler quelqu'un d'autre... D'un autre côté, ce qui était fait était fait, elle ne pouvait rien y changer. Néanmoins, celui qui ressemblait à un soldat commençait à sérieusement l'agacer. Voilà qu'il se moquait d'elle, maintenant !

Elle eut envie de lui décocher une réplique bien acérée, mais... Ne trouva rien, et préféra donc rester silencieuse, se promettant néanmoins de parler s'il l'insultait de nouveau. D'accord, elle n'était pas d'ici. D'accord, elle ne maîtrisait pas les codes de ceux qui vivaient en société. Mais il était hors de question qu'elle se laisse insulter à répétition sans rien faire, que ses actions soient ou non couronnées de succès.

Heureusement, l'autre homme détourna son attention.

- Une... Oasis ? Qu'est-ce que c'est ?

Evidemment. Elle aurait dû se douter qu'en s'éloignant de son milieu, elle serait amenée à entendre des mots jusqu'ici encore inconnus. Elle était d'ailleurs surprise d'avoir réussi à prononcer le mot correctement. Enfin, il s'agissait probablement d'un coup de chance.
Au lieu de se torturer l'esprit plus longtemps à ce sujet, elle préféra se concentrer sur autre chose. Cet homme, celui qui ne s'était pas moqué. Il n'était pas totalement à son aise, et, n'ayant rien fait pour la convaincre du contraire, elle se fit un devoir de l'apaiser. Levant les mains comme elle l'avait vu faire à des humains semblant vouloir montrer qu'ils n'étaient pas armés, elle déclara :

- Si c'est à cause de moi que vous vous inquiétez, vous n'avez aucune raison pour ça. Je ne suis qu'une étrangère poussée un peu trop loin par son impitoyable curiosité !

Néanmoins, après cela, elle décida d'adopter une attitude plus en accord avec ce qu'elle connaissait. Sans formalité, exposant simplement et sans filtre son ressenti :

-D'ailleurs... Je suis désolée, c'est de ma faute. Ce qui vient de se passer... Je voulais juste rencontrer moins de monde. J'aimerais m'excuser auprès de cet ancien, il ne le mérite pas. Je... Je ne peux juste pas supporter trop d'émotions au même endroit...

Puis elle baissa la tête.

- Mais si vous voulez le venger, je comprendrais. J'en suis la cause, faites ce que vous voulez. Il y avait sûrement un autre moyen de vous séparer ou de vous éviter, mais je ne le connais pas. D'autant plus que je ne connais pas les lieux... Enfin, inutile de tenter de vous amadouer. J'ai été égoïste, je le sais, maintenant.

Et elle resta là, attendant son châtiment. Tout reposait à présent sur le duo et la manière dont il interpréterait ses paroles.
Ven 3 Mar - 16:16
Comment expliquer ce que c’était, pour qui ne connaissait que ça, une oasis était une oasis et voilà tout. Je m’imaginais dans l’autre sens, poser la question en tant qu’étranger sur ce qu’était un paysage à l’horizon. Une île au milieu du sable pourrait être une image, mais sait-elle ce qu’est une île ? Elle me parait tout de même bien candide et innocente, un appât parfait, mais j’ai du mal à imaginer du vice en elle. Elle n’a pas l’air de jouer un rôle.

« Disons que c’est comme si une source d’eau luttait au milieu du sable, et que la végétation était arrivée ensuite, grignotant sur le désert pour proposer une halte appréciable pour les caravanes et pour les animaux de la région. »

Poussée loin de chez elle, à la façon dont elle parle, il y a un côté un peu sauvage, mais les intonations et expressions me rappelle Opale. Peut-être ne vient-elle pas de si loin que ça. Mais si elle a réussit venir seule jusqu’ici, son étrange talent ne doit pas être la seule raison de sa survie. Quand elle déplaça ses mains, mon compagnon se tendit l’espace d’une seconde avant de comprendre l’intention.

« J’imagine que vous venez du nord, Katorin peut-être ? »


Volubile, elle s’ouvrait comme un livre, exprimant simplement ses pensées. Non définitivement, elle ne serait pas une menace si ce n’est sa capacité sidérante. Elle leur avoua être l’autrice de la panique dans le camp, ayant ciblé Borek pour l’effrayer. Peut-être une carte à garder en réserve à l’avenir selon comment la discussion évoluera.

Elle s’excusa, courtois mais ferme, je regardais à notre gauche et à notre droite les mouchetures de lumières des torches des rondes de garde.

« Ce n’est pas à nous que vous devrez vous excuser, mais j’apprécie que vous ne vous défiliez pas. »


Me tournant vers le mercenaire, je lui indiquais de signaler notre présence au reste du groupe, idéalement si le barbu pouvait venir avec seulement un petit contingent, ce serait parfait. Le vacarme du cor retentit dans mes oreilles. On devinait rapidement à l’écho que des choses bougeaient dans le camp maintenant que la source avait été découverte.

« Si vous le voulez bien, attendons ici. Je crois comprendre que la foule ne vous plait pas. »


Je m’assoies dans le sable et sens alors les grains frais rouler sur mes mains. La rosée ne tardera pas à apparaitre avant de s’évaporer à la seconde ou le soleil percera l’horizon. J’aimais ce moment d’incertitude que, enfant, je vivais en un moment mêlant crainte et émerveillement, et si le soleil ne se levait pas aujourd’hui? Détendre l’atmosphère, apaiser les craintes.

« Ne vous inquiétez pas, Borek n’est pas un mauvais bougre, je lui expliquerai la situation. Mais dites moi, qu’est-ce qui vous a amené ici ? Simplement la curiosité ? Non pas que je doute, mais vous ne me semblez pas bien préparé pour ce qui vous attends plus au sud si telle était votre intention… »

Sans passer pour un donneur de leçon, je jouais mon jeu, essayer d’être agréable et de bon conseil comment avait pu l’être mon frère fut un temps. Je pensais souvent à lui dernièrement, sans doute que j’avais toujours l’espoir de le voir lors de mes passages à Aramila. Combien de temps avait passé depuis ?
Ven 3 Mar - 20:50
Oh. La définition qui lui fut donnée lui sembla soudain très attirante. Et, apparemment, cette oasis était appréciée des animaux ? Pour elle, qui devait sa connaissance des meilleurs lieux de récolte aux patientes filatures effectuées sur diverses espèces animales, c'était un gage de qualité.

- Alors, c'est apprécié des animaux ? C'est donc probablement quelque chose qui vaut le détour... D'ailleurs, j'imagine que vous n'avez pas les mêmes animaux qu'au Havre. À quoi ressemblent-ils ? Ils sont agressifs ? Ou vous pouvez les approcher et interagir avec eux ? Comment ils survivent dans la chaleur et sans rien pour se protéger ? Oh, peut-être qu'ils se réfugient sous le sable ? Je devrais essayer, tiens...

Et si elle se taisait, un peu ? Trop de questions risquaient de le faire fuir... Et ce n'était plus ce qu'elle voulait. Mais, d'un autre côté, elle avait envie de découvrir ces fameux animaux. Etaient-ils aussi dignes de confiance que ceux de la forêt ?

Elle fut sortie de ses pensées par la question qui suivit.

- Kato... Non, je ne connais pas. Je viens du Havre... Hum... La forêt de l'Arbre-dieu. Euh... Opale ?

Au fur et à mesure, elle se disait qu'il ne connaissait peut-être pas les lieux précis, et tentait donc d'élargir l'horizon. Arrivée à Opale, elle s'arrêta. En effet, les grandes villes semblaient connues de tous. Et de toutes façons, s'il venait à ne pas savoir situer Opale, elle ne saurait pas l'aider. Après tout, elle n'était jamais venue dans cette région, elle ne connaissait pas les noms qui étaient probablement des évidences pour les locaux.

- Oui, je sais bien... Mais c'est à vous que je peux parler, en ce moment.

Elle tourna son regard dans la direction dans laquelle il lui semblait avoir vu sa victime partir. Elle espérait sincèrement pouvoir lui parler pour s'excuser en bonne et due forme...

Puis, sans autre forme de procès, une fois le soldat parti dans une fanfare qui la fit grimacer tant le son lui semblait puissant, l'autre homme s'assit par terre, confirmant dans ses mots qu'il désirait patienter. Alors, celui qu'elle avait ciblé allait les rejoindre ? Bien, ce serait l'occasion de dissiper tout malentendu. Néanmoins...

- Dites-moi... Ce soldat était là pour vous protéger, non ? Vous n'avez pas peur de rester avec quelqu'un que vous ne connaissez pas et qui vient de vous déclarer avoir semé la panique dans votre camp ? Et pour ce qui est de ce... Borek, c'est ça ? C'est moi la coupable, c'est à moi de m'expliquer avec lui. Vous êtes plein de bonne volonté, mais laissez-moi affronter les conséquences de mes actes.

Elle était déterminée. En effet, elle sentait que jamais elle n'apprendrait si elle passait son temps à esquiver et à se reposer sur autrui. Elle souffrirait certainement, mais c'était le prix à payer pour ne pas reproduire les mêmes erreurs à l'avenir.

Enfin, pendant qu'ils attendaient, elle pouvait répondre à ses questions. Le rejoignant au sol, elle baissa un peu la voix. Lui faisait-elle une confidence ? Non, pas spécialement... Simplement, cette ambiance plus détendue, en pleine nuit, la motivait à ne pas parler plus fort que nécessaire pour être entendue et comprise. Et puisqu'elle n'avait plus qu'un interlocuteur, tout cela était plus facile à évaluer.

- D'abord, vous ave raison. J'ai toujours vécu seule, et c'est ce qui me convient. Croiser une personne ou deux de temps en temps est toujours intéressant, mais plus, ça devient compliqué.

Elle marqua une pause, le temps de réfléchir à la réponse aux questions suivantes. Ce faisant, elle observa un scorpion qui passait, se faisant la réflexion que les fourmis étaient étranges, ici...

- En fait... J'ai commencé à beaucoup voyager, dernièrement. Et cette direction est la seule que je n'avais pas encore testée. Donc oui, je suis certaine de ne pas être prête pour quoi que ce soit. Mais... Qu'est-ce qu'il y a, au sud ? Pourquoi est-ce qu'il faudrait s'y préparer ? Ah, et le désert continue encore longtemps ? D'ailleurs, est-ce qu'il sera possible d'aller voir cette... Oasis ? Et d'ailleurs, vos fourmis sont grosses... Ah pardon, je pose trop de questions.

Néanmoins, elle n'en regrettait aucune. En effet, même s'il ne voulait pas répondre à certaines d'entre elles, il répondrait au moins à l'une d'elles. Ainsi, elle lui laissait le choix. Et elle apprendrait forcément quelque chose, ce qui la ferait en ressortir gagnante.
Lun 27 Mar - 21:34
Elle… parle beaucoup, comme si le flot ne devait pas se tarir, je compris rapidement la raison avec l’une de ses réponses. Une fille qui vivait dans la forêt, sans doute avec une compagnie limitée pour échanger et une curiosité débordante. Une Hespéride comme je le compris alors, ce n’était définitivement pas habituel, on en voyait quelques représentants à Aramilia, mais ça restait rare.

Allons dans son sens, elle a envie de parler et dans savoir plus, peut-être qu’il y aura des choses à apprendre. Je souris aimablement en essayant d’imaginer comment lui donner une image un peu candide de l’oasis qui pourrait lui plaire. Essayons d’être plaisant.

Il y en a oui, de toute sortes, mais ils sont principalement amicaux autour de l’eau. Ils profitent de la présence de l’Homme qui éloignent les prédateurs…

Même si l’homme reste le principal prédateur quand des braconniers viennent les chasser.

Je suis sûr que tu pourrais les approcher. Il y a souvent des petits hameaux qui se forment autour, des marchands qui font des haltes. C’est toujours en mouvement, mais il y a toujours des gens de qui apprendre… Moins de monde que dans cette cohorte en tout cas !

Une légère brise fait rouler les grains de sable autour, la nuit étant claire, je peux voir les vaguelettes de sable se former sur les dernières dunes du désert.

J’avoue ne jamais avoir eu l’occasion d’aller dans votre région, il y a des choses intéressantes à voir ?


Au loin, je vois les torches se réunir, peu à peu, Borek serait certainement dans le petit groupe qui nous rejoindra alors que le garde faisait des signaux avec sa torche, l’ancrant dans le sol et passant devant à intervalle régulier pour se signaler, tel un phare. Je souris à la remarque.

Honnêtement, il était plus là pour le nombre qu’autre chose, il est encore en train de cuver son vin et puis… Qui vous dit que je suis sans ressource ?

Petite sourire, les yeux dans le vague sans aucune animosité pour autant. J’aurais remarqué s’il y avait eu d’autres présences hostiles et, si elle avait voulu nous faire du mal, elle l’aurait déjà fait. Elle s’assit à côté de moi.

Rares sont les gens à passer par votre forêt, j’imagine que ce sont des personnes intéressantes!

Un intrus approchait, rien de bien dangereux néanmoins, les scorpions le deviennent surtout quand on les surprend et qu’ils ont peur. Pour le coup, nous n’étions pas une menace pour lui, immobiles dans le désert. L’air se rafraichissait dans la nuit, la légère brise continuait à faire son effet alors que je reserrais ma tunique sur mes épaules.

Du doigt, je commençais à dessiner des lignes et des triangles dans le sable, une croix pour indiquer l’oasis, une longue sente s'arrêtant légèrement sur la gauche où je dessinais un cercle pour la capitale.

L’oasis est là et, au sud, il y a Aramilia, le dernier bastion de la Foi dans ce monde. La ville est belle, offrant un refuge pour tous, tant qu’ils croient. Mais avant ça, il y a le désert, sur des jours et des jours et, à part les oasis que je vous mentionnais… Il n’y a que du vide, de la solitude et peu d’abris.

Le vent faisait déjà s’effacer la carte sommaire. Je frottais mes mains l’une contre l’autre pour faire partir les derniers grains. Je m’en serais voulu si elle était partie seule à la mort.

Voilà pourquoi je vous parlais de préparation. Je ne peux pas vous empêcher de continuer, mais faites attention et je ne suis pas sûr que vous apprécierez d’être autour de tant de monde si notre groupe vous a perturbé.


Un temps d’attente, j’observais le ciel au-dessus de nous, les étoiles nombreuses permettaient de se repérer. J’avais appris en mer à suivre un cap de nuit grâce à elles, ce n’était pas mon ciel habituel, mais seuls quelques nuages venaient couvrir la voûte céleste. Mon souffle se mêla au vent. Borek approchait avec sa garde rapprochée.
Dim 2 Avr - 12:15
Plus amicaux autour de l'eau ? Elle réfléchit. Oui, elle pouvait comprendre. Après tout, dans un tel environnement, l'eau était une ressource précieuse, elle avait eu le temps de s'en rendre compte. Alors, si, loin de ce lac, ils manquaient d'eau, ils pouvaient en effet être rendus plus agressifs... Mais ne devraient-ils pas non plus tenter de protéger leur source d'eau une fois trouvée, sachant combien elle était précieuse ? Cependant, quelque chose lui disait que ce marchanc n'était pas le meilleur interlocuteur pour ce genre de considérations. Elle devrait apprendre auprès des animaux eux-mêmes, comme elle en avait l'habitude.

- Apprendre ? Je suis partante ! Vous savez où est le groupe le plus proche ?

Peut-être était-elle trop enthousiaste ? Juste un peu ?

Enfin, le voilà qui lui posait des questions à son tour. Visiblement, la curiosité était contagieuse. Elle laissa s'échapper un petit rire à cette pensée. Mais le sourire qui lui était lié se figea bien vite lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait pas de réponse satisfaisante à lui apporter.

- Euh... En fait, je ne connais bien que la forêt. Mais si un jour vous en avez l'occasion, passez au Havre ! Il porte bien son nom : c'est comme... Une oasis de paix au milieu de cette forêt maudite de réputation.

Oui, seulement de réputation. En tant qu'habitante des lieux, elle n'avait jamais été inquiétée par quoi que ce soit parmi les plantes et animaux qui y vivaient. La forêt se défendait, ni plus ni moins. En étant la gardienne, elle n'était pas considérée comme une menace, et n'était donc pas traitée comme telle, voilà tout. Et lorsqu'elle prenait des voyageurs sous sa protection le temps d'une traversée, elle arrivait également à leur éviter la plupart des pièges. Lorsqu'on voulait traverser cette forêt et qu'elle ne nous connaissait pas, il fallait simplement être prudent à l'excès.

Ainsi, il sous-entendait qu'il savait se défendre ? Elle hocha la tête. Bien. Elle ne demanderait pas de preuve. Après tout, si elle le provoquait, elle risquait de ne pas pouvoir s'en sortir. Manipuler ses émotions ne serait pas suffisant dans toutes les situations, elle le savait.

Mais le voilà qui la relançait. Ses rencontres... Cette fois, elle ne pouvait plus se taire, il fallait qu'elle déverse sa passion :

- Oh oui, il sont tous intéressants, chacun à sa manière ! J'apprends avec tous... Et pas seulement dans ma forêt. Vous, par exemple. Je suis sûre que quand on se séparera, on sera tous les deux bien plus riches !

Evidemment, elle ne parlait pas de richesse monétaire. Elle avait déjà eu l'occasion de voir des astras, mais ne leur avait pas vraiment trouvé d'intérêt. Non, elle, elle parlait de richesse mentale, culturelle, de connaissances. En parlant de connaissances... Elle étudia la carte éphémère qu'il lui traça. Une ville ?

- La population... Elle est plus importante qu'à Xandrie ? Et croire... Croire en quoi ? Je ne crois qu'en la nature, vous savez.

Elle était prête à lui faire un nouveau discours passionné sur le sujet, mais réussit à se retenir au dernier moment. Non. Ne pas l'assommer de paroles. Sa description du désert était par contre parfaitement déprimante. Du vide ? Pas d'abris ? C'était le parfait opposé de la forêt bien fournie qu'elle avait quittée... Pourquoi l'avait-elle quittée, d'ailleurs ? Elle commençait à regretter... Mais elle savait que, si elle voulait faire demi-tour, il lui restait peut-être plus de désert à parcourir que si elle continuait vers la ville. Mais que vaudrait une ville bâtie dans une telle désolation ?

Mais ces considérations furent interrompues par l'arrivée d'un nouveau groupe. Après avoir silencieusement, d'un regard, demandé à son compagnon d'assise dans le sable s'il s'agissait de celui qu'ils attendaient, elle se leva, fit quelques pas dans sa direction, puis, dans un semblant de courbette dont elle ne connaissait pas les codes, déclara :

- Veuillez m'excuser. Je ne voulais pas vous traumatiser, juste... J'ai eu peur en voyant votre groupe approcher. Vous étiez trop nombreux pour moi. Punissez-moi si vous voulez, je promets de ne pas me défendre.